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A la une / Environnement

Énergies renouvelables

L’étrange intrusion du directeur du CDER

Le site du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) a publié le 11 août un texte signé par son président, le professeur Noureddine Yassaa. L’écrit sous forme d’une contribution s’intitule “De nouvelles technologies smart pour un déploiement à grande échelle du renouvelable”. Le professeur Yassaa revient sur les projections de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena). “L’Irena prévoit que les coûts de l’éolien terrestre devraient baisser de 26% en 2025 par rapport à 2015, ceux de l’éolien offshore (en mer) de 35% tandis que ceux de l’énergie solaire photovoltaïque pourraient chuter de 59%, ce qui permettrait au renouvelable de franchir le seuil de 40% de la production globale d’électricité à l’horizon 2030”, cite-t-il, sans oublier de souligner le nombre d’emplois, dans le monde créés en 2015 dans la filière des énergies renouvelables. Passant à une autre source, le rapport New Energy Outlook 2016, du cabinet d’experts Bloomberg New Energy Finance (BNEF), il reprend les projections établies par BNEF à l’horizon 2040 qui “montrent qu’aux États-Unis, les énergies renouvelables vont passer de 14% en 2015 à 44% du mix électrique en 2040, tandis qu’en Europe, elles passeront de 32% en 2015 à 70% en 2040. Cette mutation profonde du système électrique mondial est tirée par la baisse continue des prix des technologies du solaire et de l’éolien”. Force est de faire remarquer que ces projections sont étroitement liées aux évolutions politiques et économiques de cette partie du monde. De telles projections sont souvent destinées à influencer des décisions politiques à venir comme l’élection américaine. Il n’est pas inutile de signaler que Michael Bloomberg est d’abord un banquier qui a racheté à son ancien employeur la banque d'investissement Salomon Brothers, une base de données historiques sur les courbes de taux des emprunts d'État du Trésor américain. Par ailleurs, tout le monde sait que l’Accord de Paris sur les changements climatiques n’est en rien contraignant. Il ne peut constituer dans l’immédiat une base de projection sur le mix énergétique mondial futur. Quant à rappeler que “l’Algérie a adopté, d’une manière volontaire, un programme de développement des énergies renouvelables pour produire 22 000 MW à l’horizon 2030, diversifier son bouquet énergétique et préserver ses capacités d’exportation du gaz et du pétrole”, il faut donc oublier que l’ex-directeur général de Sonelgaz, Nordine Bouterfa, a publiquement qualifié ce programme d’“utopie” devant son ministre de tutelle. C’est lui maintenant qui préside au secteur en tant que nouveau ministre de l’Énergie. Quand des pays comme les États-Unis, la Chine ou des États de moindre influence fixent des objectifs à atteindre au plan des énergies renouvelables, à côté des contraintes économiques, sociales ou technologiques, ils se fixent des objectifs accompagnés des volumes d’investissements dans la recherche et le développement, les projets pilotes et les futures installations. Quand les résultats ne suivent pas, ils s’arrêtent pour faire le bilan. On aurait donc attendu de cette incursion publique du directeur du CDER un éclairage sur le devenir de la promotion des énergies renouvelables, les contraintes réglementaires et financières, les perspectives de partenariats et les éventuels écueils. En un mot, autre chose qu’un listing de lieux communs. À moins que la rupture de la traditionnelle discrétion du professeur Yassaa ait d’autres objectifs.

R. S.


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