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A la une / Environnement

Tourisme et tourisme durable

Mêmes chiffres, même rengaine

“Le tourisme, qui est l’un des plus importants secteurs dans le développement économique du pays, nécessite l’évaluation de sa situation et l’accélération de toute prise de mesures contribuant à sa véritable relance”, lance Abdelouahab Nouri, ministre de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat lors de la  rencontre nationale du secteur à Alger les 18 et 19 juillet derniers. Thème choisi “Le développement du tourisme et de l’artisanat, vecteur de diversification économique et de dynamique territoriale”. À l’annonce de cette rencontre de deux jours, les professionnels du secteur pensaient qu’après les Assises de 2015, on allait venir avec un schéma d’étape à discuter et à mettre en œuvre. Il n’en fut rien. Il s’est agi de généralités et de vœux avec les habituels chiffres, lesquels, souvent, biaisent tout débat. Côté quantitatif donc, c’est le même et unique indicateur (nombre de lits) et on apprend que le secteur enregistre 1.548 projets touristiques (privés) avec un montant global d’environ 664 milliards de dinars, 551 projets sont en cours de réalisation avec une capacité d’accueil de 72.535 lits pour un montant estimé à 259 milliards de dinars. La capacité d’accueil actuelle serait de 195 000 lits. Au plan général, les participants ont eu droit à la panoplie de formules habituelles : “le tourisme doit participer activement à la transition économique du pays” ou “il est temps de faire de l’Algérie une destination touristique et il est impératif de relever tous les défis et dépasser les obstacles impliqués dans le freinage de son développement” ou encore, “l’identification, le plus rapidement possible, des contraintes freinant le lancement des investissements dans le secteur”.

À défaut d’une stratégie, on s’est concentré sur les contraintes immédiates. Quelles mesures prendre pour parvenir à un équilibre entre les touristes “exportés” et ceux qu’on reçoit ? “En dépit de la dynamique que connaît l’investissement dans le secteur, nous restons encore loin d’asseoir une assise solide d’une destination touristique capable d’absorber la demande interne et d’attirer plus de touristes étrangers en tenant compte de la forte concurrence des marchés extérieurs”, explique le ministre qui ajoute  que “pour y arriver, le changement est tributaire d'une réelle volonté de rupture des opérateurs avec les anciennes pratiques de gestion (notamment dans les hôtels publics)”. Pour l’état des lieux, 1867 agences ont été agréées par le ministère. La grande majorité ne s’intéresse qu’à vendre des destinations à l’étranger. Elles vivent, pour la plupart de la billetterie aérienne de la omra, selon le ministre. Sur le transfert de devises par ces agences qui usent du change parallèle, point de proposition “il est temps de trouver une solution”. Sur les visas pour les étrangers désirants visiter notre pays, Abdelouahab Nouri estime “qu’il ne faut pas oublier que notre région connaît des perturbations sécuritaires et nous avons le droit de délivrer un visa après une étude minutieuse”. En somme, un air de déjà entendu.

Le Séminaire international sur la paix, la sécurité et le tourisme durable
Lors de la 58e réunion du comité de l'Organisation mondiale du tourisme pour l'Afrique en Côte d’Ivoire en avril dernier, Amar Ghoul, alors ministre du secteur, avait annoncé la tenue d’un “Séminaire international sur la paix, la sécurité et le tourisme durable qui sera organisé par l'Algérie en novembre 2016 dans la wilaya de Constantine en coordination avec l'Organisation mondiale du tourisme et l'État de Malte”. Cette conférence, si elle est maintenue traitera de thèmes importants. Mais elle ne doit pas cacher le marasme d’un secteur qui n’a jamais constitué un axe important pour les pouvoirs publics du pays. Déjà pour Amar Ghoul, ce séminaire devrait servir à “classer le tourisme parmi les priorités du développement durable” et “accorder la priorité au secteur du tourisme dans les programmes de développement des pays pour un développement durable et une maîtrise du volet sécuritaire à travers la mise en place d'une charte internationale qui portera sur la paix et la sécurité et le développement durable du tourisme”. Il est à se demander de quelles pratiques et expériences ou de quelles performances pouvons-nous nous prévaloir pour être aux avant-postes de telles problématiques et préoccupations quand on peine à gérer des parkings de plages. Sans stratégie et loin des initiatives citoyennes à l’image du regain pour les randonnées (Sud et Centre), il est vain de se plaindre de la  médiocrité des prestations des structures d’accueil. Quant aux pratiques durables, elles ne peuvent prendre forme sans l’implication de la société civile et des citoyens pour changer leur cadre de vie. C’est déjà une autre vision de la gouvernance.

R. S.


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