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A la une / Environnement

Fournitures scolaires écologiques

Une coquetterie de riche ?

©D. R.

Il peut paraître inconvenant de s’intéresser à des fournitures scolaires écologiques pendant que des millions de familles se triturent les méninges pour trouver le moyen de faire face aux dépenses de ce retour à l’école des enfants qui coïncide, en plus, avec la fête de l’Aïd, traditionnellement synonyme de dépenses incompressibles.

En effet, on pense souvent que les produits écologiques comme les productions bio d’ailleurs (respectueux de l’environnement) sont toujours plus chers et réservés à une clientèle aisée. Rien n’est plus faux dans de nombreux domaines cependant. Comme pour tous les circuits économiques, consommer sain, il s’agit de cela, implique impérativement deux choses : l’existence d’un marché qui fabrique de tels produits et des consommateurs avertis (demandeurs de ces produits). Il faudra donc se pencher sur les deux tableaux, le marché des fournitures scolaires (l’offre) et l’existence d’une demande de produits écologiques, c'est-à-dire des articles qui n’influent pas négativement sur l’environnement, à commencer par la santé humaine.  

Un marché livré aux importateurs  
En août 2015, l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement de la wilaya d’Alger (APOCE) a rendu public un communiqué dans le quel elle s’alarmait sur les dangers de la prolifération de fournitures scolaires ne répondant pas aux normes et contenant des produit toxiques. L’association a révélé que “le marché est inondé, ces jours-ci, d’articles scolaires de différentes marques et provenances à des prix défiant touteconcurrence…. L’APOCE met garde contre cette tentation de vouloir faire des économies en optant pour des articles pas chers et qui peuvent s’avérer dangereux pour la santé de leurs enfants”. Dans cette gamme, l’association mentionnait les tabliers contenant des produits chimiques inflammables, des protège-cahiers contenant du plomb, des gommes, des pâtes à modeler et des colles contenant des produits toxiques ou des métaux lourds. Comme pour d’autres secteurs, le respect des normes et la délivrance d’autorisation de mise sur le marché de produits potentiellement dangereux sont au cœur du problème. Il y a donc maldonne dans l’offre.
Même si elle paraît étoffée, quand on y regarde de près, on se rend compte qu'il y a énormément de matières plastiques, de matériaux synthétiques, de polluants et de gadgets comme pour les sacs ou les trousses très peu solides et agrémentés souvent de photos de héros de séries télévisées ou autres images pour peser sur le choix des chérubins et même de jeunes garçons.

Le choix des fournitures ou le “cartable sain”
Les fournitures scolaires sont des produits de consommation courante qui ont un impact sur l’environnement et sur la santé humaine. Les articles non conformes aux normes n’inondent pas uniquement le marché national mais ils sont écoulés dans le monde entier. Plus facilement dans les pays comme le nôtre où la part de la production est faible, à peine 30% -20% selon les estimations de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca)-, une partie importante de la distribution des produits importés étant écoulée sur le marché informel, les associations de consommateurs sont réduites à la diffusion de communiqués que la presse veut bien reprendre et les pouvoirs publics n’agissent souvent que dans l’urgence ou avec très peu de moyens.
Solvants, chlore, vernis, métaux lourds ou  conservateurs garnissant les fournitures scolaires que les enfants manipulent et mettent à leur bouche toute la journée, durant une année scolaire entière, peuvent contenir des produits nocifs pour la santé (maux de têtes, irritations des voies respiratoires, des yeux, de la peau, hyperactivité et peut être d’autres pathologies en cas d'exposition à long terme) et l’environnement (qualité de l’air dans les classes ou à la maison…). Dans beaucoup de pays, des ONG de l’environnement ou des structures institutionnelles s’attachent à guider les parents et les enfants dans le choix des articles scolaires, une opération communément appelée le “cartable sain”. La première règle est de passer en revue le matériel de l'année passée (paquets de feuilles, cartouches d'encre, effaceurs, classeur, règle...). On n’a pas toujours besoin de tout racheter. La deuxième est de ne pas se précipiter dans les magasins avant de connaître les recommandations des enseignants et d’éviter les achats inadaptés et donc inutiles. Éviter au maximum des effets de mode avec les produits souvent de moindre qualité en privilégiant la solidité et la durée de vie. Dans le même sillage, les produits rechargeables sont mieux indiqués à l’usage que les jetables aux plans économique et écologique. Les produits les plus simples sont à privilégier : gommes en caoutchouc naturel non teintées, règles non colorées et non vernies et colles sans solvant. Enfin, pour choisir des produits contenant le moins de polluants possible, la plupart des fournitures qui constituent les trousseaux étant importées, les fabricants les plus en vue apposent un écolabel. On peut citer les plus en vue comme Ecolabel européen, NF Environnement, Nordic Swan, FSC et PEFC (gestion durable des forêts pour le bois), Öko-Test (garantie l'absence de produits nocifs pour la santé et l'environnement, avec les mentions “Bien” ou “Très Bien”) et d’autres qui précisent le taux de matière recyclée utilisée….

L’obstacle n’est pas le coût
Ce n’est pas le coût qui est l’obstacle à l’exigence de fournitures scolaires écologiques mais les défaillances à plusieurs niveaux à commencer par le circuit économique.
Les causes sont diverses et ne se trouvent pas toujours du côté de parents qui ne veilleraient pas à l’achat des bons produits. Tant que l’école ne se libère pas des considérations idéologiques, le débat autour de telles problématiques paraîtra toujours décalé aux acteurs de l’éducation.
Pour preuve, à la veille d’une rentrée socialement difficile pour de nombreuses familles, la ministre de l’Éducation n’est pas interpellée sur l’accélération de l’allégement du poids du cartable, l’ouverture des cantines scolaires dès les premiers jours de la rentrée, le transport ou la surcharge des classes…mais elle est sommée de ne pas toucher à l’épreuve de l’éducation islamique dans les examens en dépit, par ailleurs, des assurances du Premier ministre à ce sujet. Dans ces conditions comment par exemple focaliser l’attention des enseignants sur le fait que tous les produits des listes de fournitures puissent être écologiques, triables et recyclables ou sur des élèves en situation de handicap pour lesquels les fournitures classiques traditionnelles ne sont pas toujours adaptées ou encourager des achats groupés moins cher et qui évitent la compétition… ? Rêvons tout de même… comme les enfants !

R. S.


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