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L’Algérie profonde / Est

KAMEL BAGHLOUL, président de la section ordinale régionale des pharmaciens

“Nous avons besoin de pharmaciens industriels”

Tout doit être mis en œuvre pour que chaque pharmacie d’hôpital puisse avoir un pharmacien responsable du médicament et encourager le système d'assistanat au niveau des officines. ©D. R.

“Nous voulons mettre un terme à la formation de pharmaciens d'officine et réorienter la formation vers les pharmaciens industriels, car le pays a besoin de ces derniers”, a affirmé M. Baghloul.

Rencontré en marge de la journée d'étude sur l'hépatite virale à Oum El-Bouaghi, Kamel Baghloul, président de la section ordinale régionale des pharmaciens regroupant Oum El- Bouaghi, Mila, Constantine et Jijel, a soulevé les préoccupations majeures de la profession. S'exprimant sur le problème d'implantation des nouveaux diplômés dont le nombre augmente d'année en année, M. Baghloul a précisé qu'“il y a un afflux de demandes d'installation en matière d'officines, ces installations sont régies par les textes réglementaires, les normes sont fixées par un arrêté ministériel, soit une pharmacie pour 5 000 habitants”. Et de préciser : “Cela se fait toujours dans le cadre du programme de carte sanitaire arrêtée en commun avec la DSP, le conseil de l'ordre et l'administration sanitaire et depuis l'arrivée de l'actuel ministre, il a inclus une commission au niveau des wilayas en matière d'installation et une commission nationale qui va entériner les décisions locales.” Pour notre interlocuteur, “il y a saturation en matière d'implantation et le problème inhérent à cet afflux de pharmaciens”. Il ajoutera que : “L'officine n'est plus en mesure d'absorber cet afflux de nouveaux diplômés lorsqu'on compte des promotions de 120 chaque année avec 12 universités à l'échelle nationale.” À cet effet, le président de la section avance des propositions qui ont déjà été faites, à savoir faire en sorte que chaque pharmacie d’hôpital, d'EPSP, puisse avoir un pharmacien responsable du médicament et encourager également le système d'assistanat au niveau des officines, car  aujourd'hui, avec le système de garde actuel, on encourage les pharmaciens à prendre des pharmaciens assistants. M. Baghloul évoquera, par ailleurs, un important problème, celui du manque de pharmaciens spécialistes dans un pays qui s'engage dans l'industrie pharmaceutique. “Le pays n'a pas de pharmaciens industriels, nous n'avons pas de formation de pharmacien industriel et ceux qui travaillent dans des unités de production du médicament occupent aussi la fonction de pharmacien industriel : le texte, actuellement provisoire, dit que celui qui a travaillé pendant deux ans dans une unité de production devient pharmacien industriel, cela suppose qu'il n'a pas la qualification nécessaire. Nous voulons aussi mettre un terme à la formation de pharmaciens d'officine et réorienter la formation vers les pharmaciens industriels, si le pays a besoin de ces derniers”, dira M. Baghloul.
Et de poursuivre : “Il faudra donc ouvrir des postes de spécialités et de résidanat.” Revenant sur la situation des officines en activité, M. Baghloul parlera d'une préoccupation en ce qui concerne l'officine qui, actuellement, “semble s'orienter vers une dérive que nous avons dénoncée. On a maintenant l'impression que cette officine n'est plus un espace de santé mais un espace commercial et un espace administratif à cause de la carte Chifa, le pharmacien passe son temps à s'occuper de paperasse, le volet commercial a pris le pas sur l'activité purement scientifique, technique de conseil et d'assistance au malade, nous avons tiré la sonnette d'alarme pour que la pharmacie retrouve sa vocation initiale”, a-t-il conclu.

B. N.



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