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Auto / Événement Auto

LE PDG d’Alliance assurances à Liberté

Hassen Khelifati : “La crise automobile a impacté les assurances”

© D.R.

Dans cet entretien accordé à Liberté, le patron d’Alliance Assurances revient sur la crise qui frappe le secteur de l’automobile et son impact sur les assurances, les solutions préconisées pour faire face à cette situation  et sa participation au SIAA-2016.

Liberté : Le SIAA-2016 a coïncidé avec une crise sans précédent qui a touché le secteur automobile, notamment la limitation des importations. Est-ce que cette situation a eu un impact sur le secteur des assurances ?
Hassen Khelifati : Oui certainement. D’ailleurs on a commencé à le ressentir. D’abord, il y a plusieurs éléments à prendre en considération. Les chiffres publiés par le Conseil national des assurances (CNA) depuis deux semaines, révèlent que la partie dommage pour l’année 2015, a progressé, en globalité, de 0,2%, ce qui représente 92 % du marché. L’automobile représente 56 % du marché dommage en Algérie. La partie automobile en 2015 a reculé de 1,3 %. Donc si on prend tous ces éléments, avec un autre facteur aussi important, à savoir les importations, la situation devient très complexe. En 2014, nous avons importé 450 000 véhicules. En 2015, ce chiffre a été revu à la baisse pour atteindre quelques 300 000 unités alors qu’en 2016 on a plafonné le marché à 152 000, comme quotas arrêté par les pouvoirs publics. Donc, si on perd 300 000 véhicules en deux années, c’est une moyenne de 15 milliards de dinars du chiffre d’affaires qui ne va pas être là en 2016. Du coup, le marché des assurances sera impacté dans un premier niveau par le recul du chiffre d’affaires, mais aura un second impact, beaucoup plus important, qui est lié à la dépréciation de la valeur du dinar. Ce dernier est lié à trois facteurs. D’abord, on a le changement de comportement du consommateur qui va réduire les achats des assurances tous risques. Nous avons déjà commencé à le ressentir lors des renouvellements. Le deuxième facteur concerne le prix chez le concessionnaire avec l’augmentation de 30 à 40% du prix de la pièce de rechange. Donc, la facture des assureurs a augmenté de fait avec le même taux, mais les prix des assurances n’ont pas connu de hausse, bien au contraire, ils ont baissé à cause de la guerre des prix. Il faut aussi souligner que les prix des assurances obligatoires sont réglementés. Tous ces phénomènes prédisent des années à venir difficiles.

Quelle a été votre réaction ?
Les solutions se situent à deux niveaux. Chaque compagnie d’assurances à ses propres solutions en interne et elles concernent la maîtrise des coûts, la diversification des produits, la fidélisation des clients etc. Ensuite, le niveau le plus important, mais qu’on n’arrive pas à mettre en place, concerne une réponse-marché. C’est-à-dire la nécessité pour le marché de réagir. Le marché doit trouver des solutions pour se maintenir et assurer la survie du secteur. Pour cela, il faut mettre fin à la guerre des prix. Que les tarifs RC soient réglés, en expliquant aux pouvoirs publics que l’assurance est un produit économique et qu’on ne peut plus le gérer d’une manière administrative. J’ai appris alors que j’étais dans un Forum à Abidjan que le ministre des Finances avait dit que l’assurance est un produit économique et qu’il doit être géré économiquement. On n’est pas passé à une vraie rupture sur le plan de tarification, mais j’espère qu’on va y arriver. Après, les compagnies doivent réduire le temps de remboursement et améliorer la qualité de leurs services. Tout cela peut être fait, notamment avec un engagement sincère de tous les acteurs pour au moins limiter les dégâts.

Qu’en est-il du règlement du contentieux des années 2010 à 2015 ?
Le secteur passe par une mutation. Il y a eu trop de passifs à gérer, mais nous avons commencé à mettre en place, en tant qu’union des assureurs, une politique pour y faire face. Nous avons décidé de faire le travail au niveau interne, avec le règlement des problèmes entre les compagnies, essayer de trouver un consensus et tenter d’aller de l’avant. En 2015, nous avions pu signer l’accord de règlement des coûts moyens des sinistres automobiles. C’est un accord historique, dont les premiers résultats se sont soldés par régler tous les litiges de 2010 en décembre 2015. Dans cet accord, un programme est tracé et précise qu’à fin mars, tous les litiges de 2011 seront réglés, mai et juin verra le règlement de ceux de 2012, et si tout va bien, nous allons régler ceux de 2013, 2014 et 2015, et ce avant la fin de l’année en cours. Pour cette année et l’avenir, nous avons signé une convention qui concerne l’indemnisation des sinistres automobiles matériels. C’est une première. Les délais de réponse sont définis entre les compagnies et cela sans dépasser les deux mois, avec un mécanisme de suivi et de règlement de litiges. C’est alors que nous allons donner la preuve aux autorités que nous nous engageons à honorer nos promesses. Mais il ne faut pas nous imposer des tarifs administratifs. Qu’on laisse des acteurs casser le marché avec des tarifs à perte ou du dumping. On espère que les choses écrites et signées par les acteurs soient réellement appliquées sur le terrain, car nous avons, aujourd’hui, des managers du secteur public qui se sont engagés avec nous et qui font l’effort d’adhérer à cette politique globale. Cela aidera à changer l’image des assureurs algériens

Alliance Assurances participe, comme chaque année, au Salon de l’automobile d’Alger. Quelle est votre appréciation de cette édition ?  
Pour nous, le Salon automobile est une vitrine. Nous ne visons pas à faire un chiffre d’affaires. Notre but est de maintenir l’image et le contact et essayer de conquérir de nouveaux assurés. Cette année, il est un peu spécifique avec l’absence de l’offre, les quotas etc. Mais, il reste un Salon qui se tient en plein vacances scolaires, donc il y a beaucoup de monde, ce qui nous permet de maintenir le contact. À Alliance Assurance, nous avons essayé de sortir du tout automobile pour proposer des produits diversifiés. Nous avons donc adapté pour cela la politique des packs et qui ciblent toutes les activités professionnelles, qu’on essaye d’expliquer et de vulgariser. La carte bonus est aussi lancée.


F. B.


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