Liberté Algérie Liberté Algérie - Le Quotidien http://www.liberte-algerie.com Liberté Algérie 2011 fr Liberté Algérie - Le Quotidien http://img.liberte-algerie.com/liberte_logo_black.jpg http://www.liberte-algerie.com Quand Chihab perd son sang-froid http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/quand-chihab-perd-son-sang-froid-172640 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/quand-chihab-perd-son-sang-froid-172640 2012-02-22 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche Seddik Chihab a illustré, hier, au cours du meeting du RND à la Maison du peuple, un de ces morbides effets de la fraude électorale. N’ayant pas éprouvé le chemin de croix qui mène aux responsabilités politiques, les dirigeants parvenus au pouvoir par la voie de la cooptation et de l’obédience finissent par croire que leurs positions leur sont vraiment dues et qu’elles les autorisent à mépriser, du haut de leur strapontin, ceux qui ont choisi le difficile du combat de conviction.
Pour faire carrière dans notre système, il n’a jamais été exigé autre chose que d’être dépourvu de convictions politiques. Les symboles de la révolution populaire, dont le peuple a justement été exproprié dès le lendemain de l’indépendance, tiennent lieu de capital militant légitimant l’emprise d’une caste sur une rente providentielle. Au milieu de naïfs abusés qui servent de “base”, des armées d’opportunistes et d’intrigants, organisées en clans, en régions et en cliques, se relaient et se pressent autour de cette rente dans une curée qui n’en finit pas.
Le sigle détourné leur tient lieu de faire-valoir.
Au milieu des années 1990, des circonstances particulières ont fait que le FLN, globalement déserté, pour cause de chute de prix du baril et de sécurité individuelle, l’État rentier ne pouvait plus compter sur des fonctionnaires attachés au budget nourricier. Croyant que la fuite du FLN épouvanté par un FIS conquérant le condamnait à la disgrâce, ils se créèrent un appareil de rechange. Pour être né dans l’enceinte du pouvoir, le RND a hérité de la culture du FLN et faute d’alibi révolutionnaire, ses “militants” se décrétèrent un monopole du “nationalisme” et en firent une identité qu’ils n’ont même pas à argumenter.
Et voici comment Chihab, parvenu aux responsabilités en enfourchant un appareil créé par décision administrative, remet en cause la légitimité de l’existence du RCD. Un parti, dont l’émergence s’est naturellement imposée, comme expression de convergences de luttes multiples, dans les campus, les usines, les places publiques, les clandestinités et… les prisons, est remis en cause par un membre d’un parti monté au cours d’une réunion ! Pour les créateurs du RCD, même l’amalgame du FIS n’a rien d’infamant : celui n’étant pas contestable dans sa représentativité, mais dans l’antihumanisme de son projet.
Mais quand on fait de la politique dans un contexte où l’on ignore qui décide de la politique qu’on défend, on ne peut qu’être dérangé par d’authentiques expériences de luttes humaines. L’existence d’étalons de lutte politique est la pire des gênes pour les indus occupants des fonctions d’autorité. On a vu comment, en 1962, et même avant, les véritables héros du combat furent décimés par les chasseurs de pouvoir pour qu’ils puissent faire place nette à leurs illégitimes ambitions.
C’est vrai que le boycott, s’il s’étend, empêche de frauder en rond. C’est vrai que le “changement” à la tunisienne constitue un acte historique inaugural d’une nouvelle ère dans le monde dit arabe, une ère sans dictateurs inéluctablement. Un acte qui vaut mieux que des insultes à nos voisins tunisiens ! Cela devient simplement dangereux, quand on confond des expériences historiques avec des témoins gênants. Surtout pour celui qui n’a pas les moyens intellectuels de garder son sang-froid.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

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Égoïsmes individuels et solidarité de système http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/egoismes-individuels-et-solidarite-de-systeme-172553 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/egoismes-individuels-et-solidarite-de-systeme-172553 2012-02-21 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche La situation est un peu cocasse : parmi les maigres concessions de l’autoritarisme à la démocratie, dans l’intervalle de la campagne électorale, les ministres n’ont pas le droit d’aller en visite de travail dans les wilayas où ils sont candidats.
Qu’à cela ne tienne, ils se présenteront à Alger. Voyons comment ils se battent tous pour être sur les listes de la capitale. On ne pourra pas leur reprocher d’y aller ; ils y sont déjà. Autre avantage : ce sera probablement la circonscription qui comptera le plus grand nombre de sièges ; il y en aura donc pour tout le monde ou presque. Autre avantage encore : si dans les circonscriptions de province, la distance rend plus aléatoire le résultat de la fraude, Alger est directement maîtrisable et les responsables peuvent contrôler, pratiquement en temps réel, le déroulement du scrutin et la trituration des bulletins de vote. À Alger-Centre, l’on a même pu filmer les opérations de fraude et en faire un documentaire à succès sur une chaîne “culturelle”. Justement, la ministre de la Culture qui, à l’époque, était du côté des victimes de la fraude, en sait quelque chose pour avoir participé à la mise en boîte du forfait.
C’est ce personnel, déjà engagé dans les bagarres, les manœuvres et les transactions autour des positions les plus sûres dans les listes électorales, qui nous appelle à des élections qu’il jure transparentes, cette fois-ci. Qu’il commence par bannir la culture de la manœuvre, du rapport de force et de l’arbitraire dans la gestion des questions organiques ! Et l’on pourra alors considérer la virtualité de leur impartialité dans la gestion de la vie publique.
Les responsables de formation au pouvoir qui trouvent, d’ailleurs, une certaine fierté à désigner leur parti comme des “machines électorales”, avouant, dans un élan d’arrogance récurrent et propre aux appareils de pouvoir, qu’ils doivent leurs scores aux performances de leurs machines électorales plutôt qu’à l’adhésion que leurs programmes suscitent auprès des électeurs. En fait, le mécanisme consiste en une imbrication fonctionnelle des partis et des institutions, transformées pour la circonstance en organes communicants unis dans une même opération de travestissement de la volonté populaire. Le jour du vote est un jour de mobilisation… politique, aussi bien pour les partis, syndicats et organisations “officiels” que pour les administrations et les corps constitués. Le service public, loin d’en être la finalité, devient un prétexte à cette animation partisane de tout un État.
Nos responsables essaient de résoudre dans la discrétion cette bataille des listes. La guerre des sièges et des postes a ses règles : les gesticulations ambitieuses sont tolérées jusqu’à un certain point, jusque-là où elles commencent à remettre en cause l’homogénéité du système. Sinon, c’est la sanction de la touche qu’ont connue les Bambou ou autres Benbaïbèche, ou le bannissement que connaît Benflis.
Mais, justement, ce sont ces ambitions individuelles et claniques qui organisent le fonctionnement global de l’État. Elles fondent l’équilibre en lui procurant une espèce de solidarité antidémocratique. Pour rentrer dans cette bataille, il faut faire partie de ce système, sinon on fait partie des élément exogènes éligibles… à l’exclusion par le procédé des entraves bureaucratiques et de… la fraude.


M. H.
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Les voix du silence http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/les-voix-du-silence-172457 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/les-voix-du-silence-172457 2012-02-20 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche “Tous les moyens et les conditions sont réunis pour garantir des élections législatives honnêtes et transparentes, et nul ne peut douter ou remettre en cause la crédibilité de cette consultation”, disait Ouyahia avant-hier à Oran.
Personne ne doute justement, surtout si “les moyens et les conditions sont réunis”, que, par nature, le régime ne peut organiser que des élections truquées. Dans son acharnement à amener les Algériens à voter le 10 mai prochain, il y a un aveu de sa consubstantielle tricherie. Même les partis éprouvette veulent nous convaincre qu’ils vont naître, croître, et conquérir du pouvoir en deux mois et demi !
Tous, appareils de pouvoir et particules de comparses invités, appellent à voter. Sans même nous dire pour quoi. La transparence prétendue du scrutin fait office de programme commun. Ils sont dans la situation consensuelle où leurs quotas respectifs tiennent lieu de programmes distinctifs.
La participation n’a jamais, à ce point, préoccupé le pouvoir en place, habitué qu’il a toujours été à décider de nos choix. Nos abstentions, qui ont toujours servi à arrondir les scores des candidats favorisés, s’avèrent encombrants, aujourd’hui que des observateurs risquent de mesurer l’ampleur de la contestation passive de nos comédies d’élection.
Bouteflika, qui rechignait à descendre dans l’arène électorale, quand elle ne concerne pas la présidentielle, ne rate plus une occasion pour appeler au vote en arguant de la régularité du prochain scrutin. Même quand son élection était en jeu, il lui est arrivé d’exiger “une majorité significative” sinon, il rentrerait “chez lui” et nous laisserait à “notre médiocrité”. Il semble que, une fois n’est pas coutume, nous ayons droit, en cette occasion, à quelque empressement. Après un discours à la nation dédié à la convocation du corps électoral, il a pris prétexte de la Journée du chahid et de la commémoration, quelque peu anticipée, de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures, pour appeler les Algériens à élire une Assemblée “mandatée pour participer, au nom de la nation, à la révision constitutionnelle”.
Il n’y a pas meilleur argument pour démotiver l’électeur. Celui-ci, et pour ne parler que de la plus récente réalisation législative, a eu le loisir d’apprécier la nature de la contribution de l’Assemblée maison dans la conduite des réformes à l’occasion de l’examen des lois sur les partis, les élections les associations et l’information. Le Parlement a réussi à faire pire qu’un Exécutif pourtant pas spécialement acquis à la révolution démocratique, en maintenant les ministres candidats à leurs postes, en réduisant le quota de femmes élues, en interdisant aux associations de…. s’ingérer dans les problèmes de l’Algérie !
On ne sait pour quelle raison le régime a décidé de faire passer une élection législative de la continuité, jusque dans les candidatures déjà pressenties, pour un acte de rupture démocratique. Il lui reste à obtenir le consentement populaire qu’exprimerait un taux de participation honorable pour confirmer cette illusion d’évolution.
Là est le problème : comment faire voter un peuple après avoir longtemps manipulé sa volonté à tel point qu’il n’a plus d’autre issue pour faire valoir sa voix que de… se taire ?


M. H.
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Après le mauvais temps, l’essaimage http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/apres-le-mauvais-temps-l-essaimage-172397 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/apres-le-mauvais-temps-l-essaimage-172397 2012-02-19 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche L’Algérie a connu, ces derniers jours, une offensive exceptionnelle de neige et de froid. L’État n’a pas pu répondre à cette situation inédite. Et, dans beaucoup de cas, les villages et les familles isolés ont dû se débrouiller seuls pour survivre. Quelques-uns ont péri.
Pendant ce temps, les préparatifs pour les élections législatives se sont poursuivis. Ainsi que les activités traditionnelles. Figurez-vous que les autorités ont même trouvé le temps et les ressources pour programmer une opération de chasse aux couples sur la plage de Tichy, le soir de la Saint-Valentin !
Comme quoi rien ne peut détourner notre pouvoir de ses préoccupations puritaines. Ce pouvoir, qui nous appelle à voter pour barrer la route aux islamistes, barre quotidiennement la route aux amateurs d’alcool qui, de Bordj Bou-Arréridj, désormais sous prohibition, viennent s’approvisionner en vins ou bières, du côté de la vallée de la Soummam.
On comprend la difficulté à ouvrir des routes fermées pour un système qui a plus l’habitude de dresser des barrages que de lever des obstacles. Tout en veillant à la vertu de nos mœurs et de notre modèle de consommation, le pouvoir agite l’épouvantail de la prise de pouvoir par les vigiles de Dieu. Il a tout organisé : des lois censées nous projeter dans l’ère du vote propre, des observateurs qui arriveront aussi bien de démocraties que de dictatures et de républiques bananières et surtout une copieuse fournée de partis politiques qui, à peine nés, montent déjà à l’assaut de l’Assemblée, et un surplus de sièges pour faciliter la répartition des quotas.
De toute manière, un minimum de temps leur suffit à expédier un congrès constitutif et contacter des relations pour monter des listes de candidatures. Il y en a même qui, comme Zeghdoud, lance des appels à candidatures ! On se souvient que ce “dirigeant” politique avait, avant que la loi de 1996 ne vienne soulager le paysage politique de ses petits partis, organisé un meeting à l’ombre d’un arbre.  Voici donc revenu le temps des “sanafir” !
On ne demande pas plus que de recruter des candidatures à cette classe politique additionnelle de comparses créée pour les besoins d’une échéance. On a juste besoin de gonfler la liste de “formations politiques” engagées dans le scrutin. Contre quelques sièges chacune.
Ces réunions tiennent lieu d’activités et l’on a pu, ainsi, observer que les partis politiques étaient “sur le terrain”, ce week-end. En attendant le prochain BMS qui fera suspendre leurs chantiers pour cause d’intempéries. La politique, comme le bâtiment, ne supporte plus le mauvais temps. L’éparpillement
de la classe politique en ce  week-end ensoleillé rappelle  l’essaimage de fourmis ailées,  pour la circonstance, qui dépend, lui aussi, de la météo. Et si le mauvais temps devait revenir, les sms combleront le vide laissé par la retraite des politiques entre deux accalmies.


M. H.
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Margallo, “un ami qui nous veut du bien” ? http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/margallo-un-ami-qui-nous-veut-du-bien-172179 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/margallo-un-ami-qui-nous-veut-du-bien-172179 2012-02-16 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche Le ministre espagnol des Affaires étrangères a fait hier l’apologie des réformes dont les Algériens ignorent encore la consistance. Il aurait été plus courtois de nous laisser le temps d’en prendre connaissance, mais José Manuel Garcia Margallo ne donne pas beaucoup de crédit à notre jugement et préfère prendre les devants.
L’hôte de Medelci ne s’est pas arrêté à vendre aux Algériens leur réforme, il a conseillé “à tous les pays de la région qui ont connu des troubles” d’en faire un modèle. En attendant d’être au même niveau d’information que l’État espagnol sur ces réformes, on peut s’interroger sur les mobiles qui poussent l’Espagne, et d’autres États partenaires, à prendre part à la campagne de promotion des réformes promises par le président Bouteflika.
On sait qu’il y a quelques litiges pétroliers et gaziers qui attendent d’être résolus ; et il semble que, dans la plupart des puissances démocratiques, nous n’en sommes pas encore à l’ère des principes où les positions politiques ne se mesureraient plus à l’aune des avantages commerciaux qu’on en tire.
À propos de principes, l’Algérie et l’Espagne en partagent, justement, ce qui fait d’elles deux des dernières nations à mettre des crimes de masse à l’abri de la justice. L’Algérie a fait de l’impunité des terroristes un programme politique et l’Espagne a érigé l’amnistie des crimes franquistes en raison d’État.
En Algérie, la “Charte pour la paix et la réconciliation nationale” punit jusqu’au fait d’appeler un terroriste un terroriste pour le simple fait qu’il fût administrativement lavé de ses forfaits et élargi. Il bénéficiera même du titre, que lui-même refuse, de “repenti” par le seul fait d’avoir été arbitrairement élargi. En Espagne, le juge Garzon vient d’être banni de la magistrature pour avoir voulu… enquêter sur des crimes du régime franquiste. Il y a un vrai terrain de convergence philosophique entre les deux régimes, l’un voulant bâtir la démocratie sur une période indéfiniment enterrée de son histoire et l’autre promettant une démocratie qui concilie l’arbitraire et la liberté, le droit sur la vie et le droit à la vie.
En gros, les régimes algérien et espagnol ont tous deux un problème de mémoire. Si cela suffit à fonder une solidarité, cela se verrait dans d’autres aspects de leurs relations.
L’Espagne a le droit d’appliquer à sa démocratie la méthode de la culture sur brûlis. Mais cela commence à faire beaucoup que cette succession de délégations qui viennent témoigner, a priori, de la pertinence démocratique de nos réformes. De son côté, notre régime se fait un plaisir de répercuter le geste de “la main de l’étranger”, quand elle vient forcer l’opinion des Algériens. Il y a comme un appel à une espèce d’ingérence “positive”.
Nous n’avons pas su imposer le même rythme de croissance que l’Espagne, partie de plus loin et avec moins d’atouts, certes. Mais ce n’est que le fait d’un déficit de bon sens populaire. On sait encore discerner ce qui, politiquement, nous convient, même si nous n’avons jamais eu le choix.
N’est-ce pas assez pour que “des amis qui nous veulent du bien” s’y mettent aussi ?


M. H.
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Luttes, compromis et mémoire http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/luttes-compromis-et-memoire-172143 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/luttes-compromis-et-memoire-172143 2012-02-15 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche Il y a des évènements comme ça qui nous renvoient inévitablement à notre histoire récente. C’est le cas avec la disparition du général Lamari.
Le débat, même feutré, que suscitent immanquablement de telles circonstances, dénonce l’illusion d’une “réconciliation nationale” qui aurait frappé d’oubli la période la plus tragique de l’Algérie indépendante. L’action de l’ancien chef d’état-major de l’ANP, jusqu’à sa démission “pour des raisons de santé”, fut toute entière une illustration de l’imbrication de l’état politique et de l’état sécuritaire du pays.
En matière de lutte antiterroriste, il symbolisait l’option dite éradicatrice que les contingences politiques et la compromission socialisée ont déclassé au rang de maladie honteuse. À la position “éradicatrice”, aux relents exterminateurs, on oppose aujourd’hui… l’humanisme de “la réconciliation” ! Les progrès sécuritaires, butin de guerre, entièrement dus à la lutte armée contre le terrorisme, ont été déposés en offrande sur l’autel d’une “réconciliation” unilatérale qui ne se nourrit que de renoncements de la République !
Des années durant, l’empressement autour des islamistes a constitué un programme de sauvegarde nationale. Pour dépeupler le maquis de ses terroristes, on a livré la société à l’islamisme. Même les institutions de la République surenchérirent dans “l’islamisation” de notre environnement. Le général Lamari, étiqueté “éradicateur” de principe, ne se faisait pas d’illusion : le 3 juillet 2002, à partir de l’Académie interarmes de Cherchell, il faisait ce constat d’une froide lucidité : “Le terrorisme est vaincu, mais l’intégrisme, lui, est resté intact.” Il cite même les lieux de prolifération : la mosquée, l’École et la Télévision.
Ironie de l’histoire, ce responsable militaire, qui ne cachait pas ses convictions politiques, s’éteint à la veille d’une campagne pour des élections qui probablement verront l’intégrisme conquérir la majorité à l’Assemblée nationale, nonobstant l’effet de la fraude.
La dernière décennie aura servi à trancher la question de la place de l’islamisme dans la vie politique, en faveur d’une légitimité démocratique du courant islamiste. Entre-temps, tout ce qui était “janviériste” a appris à faire profil bas et à s’arranger avec sa conviction républicaine pour qu’elle admette la virtualité d’un gouvernement théocratique. Fallait-il, sous prétexte de transformer une armée de pouvoir en armée républicaine, s’offrir une armée désincarnée, versant dans ce mouvement qui consiste à “enciviler” la façade politique d’un pouvoir plus autoritaire que jamais. Tenue de proclamer sa “dépolitisation”, elle se contraint à envoyer des sms pour nous pousser au vote en agitant la peur de l’islamisme belliqueux.
La confusion programmatique finissait de placer tous les errements sous le signe de l’intérêt national : ainsi, les “droits” des terroristes élargis relèvent de la CNDDPH, organisme officiel de défense… des droits de l’Homme !
Miracle de la confusion “réconciliatrice” ! Après la décennie noire, la décennie du silence : il fallait que l’Algérie sombrât dans la régression sans le chahut des hommes de convictions.


M. H.
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Projet automobile : en parler faute de le réaliser http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/projet-automobile-en-parler-faute-de-le-realiser-172061 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/projet-automobile-en-parler-faute-de-le-realiser-172061 2012-02-14 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche Finalement, il n’en faut pas plus pour le bonheur du gouvernement. Que les discussions avec le patron de Renault se poursuivent. À voir la mine satisfaite de Benmeradi, on s’aperçoit que le fait même de parler d’un hypothétique projet peut constituer un programme pour un ministre de l’Industrie !
On se demande pourquoi le gouvernement a fait de ce songe un sujet national. On ne rencontre pas beaucoup d’Algériens inquiets de ne pas voir une usine de montage de véhicules installée dans le pays. De toute manière, leurs besoins, leurs goûts et leurs moyens sont trop différents pour qu’une même unité de fabrication réponde à leur demande. On n’en est plus à l’offre nationale uniforme de type soviétique et une fabrication locale ne changera rien au marché national, nécessairement branché sur l’offre mondiale. Le projet ne réglera donc, même pas en partie significative, le problème de l’importation de véhicules. Et même s’il en réglera une partie, ce sera au prix de l’importation de presque tous les composants du produit, le tissu industriel n’étant pas en état d’en fournir une partie.
Les dimensions envisagées ne permettant pas d’économie d’échelle et la productivité étant, comme pour toute activité, contrariée par l’environnement global, il est à craindre que le véhicule ne revienne plus cher que l’équivalent importé. Si la production est destinée à l’exportation, c’est l’affaire du constructeur, même si on ne voit pas pourquoi il délocaliserait pour un investissement à 49%.
Si la virtualité d’une usine de montage automobile ne constitue point une revendication même tacite des Algériens, aucun responsable ne nous a expliqué la pertinence sociale économique ou industrielle de cette idée. Elle a tout l’air d’une question de principe entretenue par un débat de connivence politico-médiatique.
Que la question de la fabrication de l’insuline, du ciment ou de tout autre produit dont la pénurie a éprouvé le consommateur national prête à discussion, mais l’approvisionnement du marché de l’automobile n’est pas ce qui inquiète le plus nos concitoyens. Et comme produit de fin de filière, ce n’est pas ce qui pénalise le plus la structure du tissu industriel et le développement de l’industrie nationale. Et encore moins le consommateur qui a plus de soucis avec la bonbonne de butane qu’avec la voiture.
Dans notre situation, caractérisée par l’absence d’une stratégie industrielle d’État, l’étouffement de l’initiative privée, la virtualité d’une usine automobile est érigée en dessein national. Il trouve son utilité dans sa fonction d’abcès de fixation : rien ne se réalise, mais un grand projet se discute. Et le ministre vient régulièrement nous tenir informés de l’avancement… des discussions. Alors même quand le patron de Renault est dubitatif quant à l’issue à terme  de ces marchandages, Benmeradi y trouve motif à se réjouir : la question n’est pas d’aboutir mais d’en parler.
La question du délai de négociation ne semble même pas se poser. Un projet, chez nous, c’est comme une guerre : on la déclenche mais on ne sait pas quand elle finira. Dans toutes ses étapes, de la maturation à la mise en service, l’évolution est aléatoire.
Le temps, c’est de l’argent. Mais alors pourquoi se priver de prendre son temps quand on a de l’argent ?


M. H.
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Vigilance sécuritaire et campagne électorale http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/vigilance-securitaire-et-campagne-electorale-171969 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/vigilance-securitaire-et-campagne-electorale-171969 2012-02-13 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche Depuis quelques jours, le  ministère de la Défense nationale appelle, par sms, les citoyens à contacter un numéro vert  pour signaler des agissements susceptibles de relever de l’activité terroriste.
L’initiative ne manque pas de surprendre. La démarche traduit, en effet, une rupture avec la représentation de la situation sécuritaire que le discours officiel tente d’imposer depuis des années. Depuis le référendum pour “la paix et la réconciliation nationale”, en septembre 2005, il n’était plus question que de “paix revenue”. Jusqu’à ces derniers mois, la paix n’a fait que “revenir”. Comment interpréter l’appel à la vigilance citoyenne alors que jusqu’ici, il était question de désarmer les Patriotes engagés dans la lutte antiterroriste, sous prétexte que la “réconciliation nationale” avait réduit la nuisance terroriste à quelques irréductibles criminels, le plus grand nombre de “jeunes égarés” ayant répondu à l’appel de la nation clémente. Pas plutôt que le 15 avril dernier, le président de la république le rappelait : “après le recouvrement de la paix et de la sécurité, le lancement de programmes de développement ambitieux et la levée de l’état d’urgence, j’ai décidé de parachever cette démarche par un programme de réformes politiques, visant à approfondir le processus démocratique.”
Les “réformes” en cours de mise en œuvre sont donc elles-mêmes la preuve de la sécurité retrouvée. Faute de clarification politique préalable, le message téléphonique ne peut qu’intriguer. Au plan strictement sécuritaire, il n’y a de place que pour deux interprétations possibles. La première est que le pouvoir veut s’émanciper du discours désarmant de la “réconciliation nationale” sans supporter le coût politique de l’échec. Il a voulu faire oublier une phase historique et politique par la “réconciliation nationale” ; il est contraint de faire oublier la phase historique et politique de la “réconciliation nationale”. La seconde est que l’absence d’homogénéité entre l’approche politique et l’approche sécuritaire fait coexister deux politiques qui s’appliquent à deux réalités, l’une, magique, d’un pays pacifié sans coup férir, et l’autre, plus réaliste, d’un pays encore victime de la barbarie islamiste.
Peut-être que le sms en question, en plus d’être un appel salutaire à la vigilance civique, procède d’un effort de communication sur la mission de lutte antiterroriste. Ce qui explique la simultanéité avec la diffusion de reportages télévisés sur le sujet. Mais dans ce cas, la radio, la télévision et les journaux auraient été d’une meilleure efficacité parce qu’ils socialisent l’information, alors que le “short message” l’individualise.
En ces circonstances préélectorales, l’usage politique du sms tend à se dissimuler derrière son utilité civique. Pour cette raison, l’alerte au terrorisme aurait gagné à éviter la coïncidence avec l’approche des élections. Elle fait craindre la résurgence de la fonction épouvantail du terrorisme qui a longtemps justifié tant de restrictions aux libertés publiques et tant de manipulations politiques.


M. H.
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Après les élections, le déluge ! http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/apres-les-elections-le-deluge-171881 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/apres-les-elections-le-deluge-171881 2012-02-12 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche Ou plutôt, les élections avant le déluge ! Le Conseil des ministres de mardi passé, en omettant d'évoquer l'impact social des intempéries, a montré que le pouvoir n'entendait pas être perturbé par d'autres soucis que celui d'attirer le maximum d'électeurs vers les bureaux de vote, le 10 mai prochain. Le discours du Président, jeudi, a confirmé la priorité absolue de l'opération électorale.
Quelle idée de s'adresser à la… nation un jour où de multiples recoins de cette nation étaient coupés du reste ! Quelle idée d'appeler un peuple au vote quand des villages entiers appelaient au secours ! Sans être toujours entendus. Et surtout pas à temps. Peut-être n'étaient-ils pas si nombreux à endurer les affres du froid, de l'isolement et, parfois, de la faim, mais en la circonstance, la répartition géographique inégale du calvaire constitue une circonstance aggravante. L'appel au vote, dans ces conditions, semble procéder d'une démarche mécanique, déconnectée de l'état de cette nation.
Cela faisait longtemps qu'il n'y a pas eu de discours à la nation, avant celui du 15 avril dernier, annonçant, en plein questionnement sur l'opportunité de changement politique, des “réformes approfondies” et celui de jeudi pour convoquer le corps électoral. Il faut dire que, excepté la Charte pour la réconciliation dont ont bénéficié les terroristes, puis la révision constitutionnelle levant la limitation du nombre de mandats présidentiels, le régime n'a pas eu d'autre initiative marquante au cours de la dernière décennie. Même l'annonce inaugurale de réformes tous azimuts n'a pas eu d'effet, en douze ans de régime : les institutions concernées par ces réformes oubliées — justice, École, administration, économie — en sont au même point qu'en 1999 quand leur situation n'a pas empiré. La bureaucratie prospère, l'École se complaît dans sa productivité quantitative, la justice a encore perdu de son indépendance, la culture a normalisé la création subventionnée, l'économie s'est réduite à une ressource rentière qui finance une offre de bazar…
Le discrédit politique du régime et de ses institutions politiques est patent. Il y a cinq ans, l'actuelle Assemblée nationale était élue par 35% des électeurs. Officiellement. Et par 26%, selon d'autres sources. Pour contourner l'abstention, ultime arme de l'électeur contre la fraude, le régime prétend avoir changé et s'être enfin converti à la régularité électorale. Or, les mesures censées assurer des élections transparentes n’ont rien d'inédit. “Les nouveaux textes législatifs” auront juste permis de réveiller un maximum d'ambitions dormantes, sans envergure, pour multiplier la force de vente de ce scrutin. Les instances de supervision ont régulièrement montré leur neutralité… devant la manipulation des opérations électorales. Et les observateurs ont déjà averti que leur vocation est d'observer. Pas même l'effort de mettre en congé les ministres engagés dans la compétition. Ce qui fut fait en 1995. Pour une élection aux prétentions de transparence, ceci constitue un net recul. En continuant, dans un empressement désordonné, sa campagne pour le vote, reléguant au rang d'affaire courante l'urgence créée par les intempéries, le pouvoir a laissé se révéler de manière frappante le déphasage, en termes de préoccupations, entre lui et les populations.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

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Perturbations atmosphériques et bulle politique http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/perturbations-atmospheriques-et-bulle-politique-171726 http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/perturbations-atmospheriques-et-bulle-politique-171726 2012-02-09 09:00:00 Contrechamp Mustapha Hammouche C’est un Conseil des ministres “dépaysé”, comme on dit dans le jargon judiciaire, qui s’est tenu avant-hier. Il a eu lieu dans une bulle, loin de l’Algérie.
L’ordre du jour était ficelé depuis quelques jours, voire quelques semaines : loi de finances complémentaire, ordonnance portant augmentation du nombre de sièges à l’Assemblée nationale et décret concernant la supervision des élections législatives. Aucun imprévu ne pouvait le détourner de ces préoccupations prioritaires entre toutes.
Et, si l’on s’en tient au communiqué officiel, le Conseil s’est déroulé dans un “climat” qui n’était pas celui du pays. Rien n’y évoque le calvaire que les intempéries imposaient, depuis vendredi soir, à des régions entières.
Des dizaines de communes et des centaines de villages galéraient depuis cinq jours déjà, sans électricités ou sans gaz, ou sans les deux parfois, sans approvisionnements pour certains ; des routes sont coupées et des agglomérations isolées, la liste des victimes s’allongeait… Mais cela n’a pas agi sur l’attention du Conseil des ministres apparemment machinal. Seul compte le dessein d’élections législatives qui doivent enfin emporter le label démocratique.
Pour les souffrances des villageois et des ruraux engourdis par le froid, affamés par le manque de denrées, ou affectés par l’inaccessibilité des centres de soins, les institutions font ce qu’elles peuvent. Les statistiques de sorties d’unités de l’armée, de la gendarmerie, de la police et de la Protection civile tiennent lieu de communication sur l’efficacité de la réaction de l’État devant les effets de l’évènement climatique. Question de méthodes ou de moyens, le bilan humain de ces quelques jours de neige et de froid est calamiteux.
Cette nonchalance officielle semble s’être décentralisée. Voici en effet ce que déclarait, lundi dernier, à Liberté, M. Kertous, du cabinet du wali, sur la situation qui prévaut à travers la wilaya de Béjaïa : “Nos équipes sont toujours en opération de déneigement des axes principaux jusque, du moins, au niveau des chefs-lieux communaux, pour permettre aux équipes de Sonelgaz d’intervenir pour le rétablissement du courant électrique et à Naftal de ravitailler en gaz butane ces contrées très touchées”, ajoutant, en conclusion : “Pour l’instant, il n’y a pas de quoi s’alarmer (!).”
On sait, depuis, combien il y avait de raison de s’alarmer.
Et voici ce qu’on pouvait lire des propos de Djamel Boucharf, climatologue à l’Office national de météorologie, dans El Watan d’avant-hier :
“L’Algérien doit s’adapter aux conditions climatiques qui peuvent varier. L’Algérie se situe dans une zone de "variabilité climatique" due aux impacts des changements climatiques que connaît désormais le monde.” Le scientifique ne dit pas ce que l’État doit faire pour répondre à cette évolution. Est-ce à dire que c’est au citoyen seul de se débrouiller avec des éléments désormais versatiles.
Le précédent des inondations du 10 octobre 2001, quand gouvernement et députés, réunis à l’Assemblée nationale, mirent une partie de la matinée à se rendre compte que Bab El-Oued comptait déjà ses premiers noyés, n’aura pas servi. Constance d’un pouvoir autiste : dans ce domaine comme dans d’autres, même les pires épreuves ne lui sont d’aucune utilité pédagogique.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

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