Liberté Algérie Liberté Algérie - Le Quotidien http://www.liberte-algerie.com Liberté Algérie 2011 fr Liberté Algérie - Le Quotidien http://img.liberte-algerie.com/liberte_logo_black.jpg http://www.liberte-algerie.com Quel statut ? http://www.liberte-algerie.com/contributions/quel-statut-l-opposition-politique-en-algerie-172262 http://www.liberte-algerie.com/contributions/quel-statut-l-opposition-politique-en-algerie-172262 2012-02-18 09:00:00 Contributions Ramzi Larkem (*) L’opposition peut être définie comme l’ensemble des forces politiques qui expriment des divergences importantes par rapport aux détenteurs du pouvoir. Cette opposition peut prendre deux formes différentes. Elle peut s’exprimer au sein du Parlement à travers des représentants élus, mais également en dehors, c'est-à-dire dans un cadre extra-parlementaire.

Pour Maurice Duverger : “Le critère fondamental de la démocratie libérale se trouve dans la reconnaissance de l’opposition, la proclamation et l’application du droit à l’hétérodoxie”1.  L’importance de cette reconnaissance est également soulignée par Kelsen, pour qui “la fonction essentielle” des libertés fondamentales est de protéger la minorité.
En Algérie, les premières élections législatives pluralistes ayant été annulées en 1991 après la victoire du FIS, ce n’est qu’en 1997 que différentes sensibilités politiques ont pu intégrer et être représentées au niveau de l’Assemblée nationale. C’est la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie qu’on parle de majorité et d’opposition au sein de cette assemblée.  Ainsi, à la veille des nouvelles réformes qui sont annoncées par le gouvernement et face à un régime qui a fait le choix de verrouiller la scène politique, la question du statut de l’opposition politique en Algérie mérite d’être soulevée.

1) L’opposition parlementaire
Le Parlement est un instrument incontournable de la vie politique dans toutes les démocraties. Il est chargé de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement. C’est aussi un instrument de débat et d’échange qui permet la discussion en public des affaires du peuple. Si la vie politique se caractérise par l’existence de clivages plus ou moins marqués, le Parlement reste le moyen d’expression de ces clivages. C’est donc au Parlement que les droits de la minorité doivent être protégés. C’est en ce sens que la 28e  Conférence de l’Union parlementaire africaine qui s’est tenue en novembre 2005 à Brazzaville a invité la majorité au pouvoir à reconnaître les droits et devoirs de l’opposition.  Ces partis qui sont donc au Parlement ont vocation de s’opposer à la politique de la majorité parlementaire qui soutient le gouvernement.
L’avènement d’une opposition au Parlement permet d’enrichir le débat ainsi que de renforcer le contrôle sur l’action gouvernementale à condition que le règlement intérieur et que certains principes soient respectés. Malheureusement, le pouvoir algérien a fait du Parlement une chambre d’enregistrement chargée de légitimer et de donner une existence légale aux projets de lois élaborés par ses membres. En effet, contrairement à beaucoup de pays démocratiques, l’ordonnance dans le droit  constitutionnel algérien a un caractère très spécifique. C’est une législation non-exceptionnelle qui est compétitive plus que complétive de la législation parlementaire. Cette pratique porte inévitablement une atteinte aux droits des parlementaires et notamment ceux de l’opposition puisque l’éternel recours aux ordonnances présidentielles vient concurrencer et priver le Parlement de son rôle fondamental : celui de débattre. La loi en Algérie n’est donc que le prolongement législatif des souhaits présidentiels.
En légiférant systématiquement par ordonnance, le pouvoir exécutif écarte le Parlement du jeu institutionnel.
Par conséquent, l’absence de débats contradictoires, le blocage des initiatives de l’opposition et le refus systématique des propositions qui émanent des différents parlementaires hors de la majorité sont des pratiques qui discréditent encore plus notre Parlement.
Ce discrédit est aussi la conséquence de l’opacité et des irrégularités qui entourent chaque scrutin. C’est d’ailleurs ce qui explique le boycott massif des urnes par les citoyens. Ainsi comme le souligne G. Ferrero, pour que l’opposition soit loyale et respectueuse des institutions, encore faut-il que son respect soit garanti par l’existence d’une majorité qui “ne soit pas une minorité camouflée par la violence ou la fraude”2.
L’opposition parlementaire en Algérie est donc marginalisée et mise à l’écart, alors même que le bon fonctionnement d’un régime démocratique dépend du traitement et des droits qui sont reconnus à l’opposition au sein du Parlement.
Néanmoins, si l’opposition au sein de l’assemblée parlementaire est très importante, celle qui s’exprime en dehors du cadre parlementaire joue également un rôle déterminant. Cette dernière est constituée des partis politiques qui ne sont pas représentés au niveau du Parlement. C’est l’opposition extra-parlementaire.

2) L’opposition extra-parlementaire
L’opposition peut également s’exprimer en dehors de l’arène parlementaire, à travers des partis politiques non représentés au sein du Parlement. Cette non-représentation est la conséquence soit d’un boycott des élections, soit d’un échec après une participation aux compétitions électorales. En Algérie, l’opposition extra-parlementaire est généralement composée des partis politiques qui ont boycotté les élections. Puisque le mode de scrutin proportionnel plurinominal favorise la représentation des partis même les plus modestes.
La participation de l’opposition extra-parlementaire au jeu politique reste extrêmement limitée, puisqu’ elle est loin des centres de débats et de décisions. Elle ne participe à la vie politique que par la confrontation des idées à travers les médias ou par l’organisation de rassemblements ou manifestations dans le cadre de ses activités partisanes. L’opposition extra-parlementaire utilise donc les différentes libertés qui sont consacrées comme la liberté d’expression, de presse, de réunion pour essayer de se faire entendre et porter ses revendications.
Néanmoins, le pouvoir algérien ayant décidé d’instaurer l’état d’urgence en 1992, ces partis non représentés n’ont rien pu faire ou entreprendre durant ces années et même jusqu'à aujourd’hui après la levée de l’état d’urgence, le changement est toujours en attente. Deux années à peine après la libéralisation du champ politique en Algérie, celui-ci a été verrouillé de nouveau  par la mise en œuvre de cette mesure.
Si le décret du 9 février 1992 était dicté par la situation de l’époque, notamment “les menaces visant la stabilité des institutions et les atteintes graves et répétées portées à l’encontre de la sécurité des citoyens et de la paix civile”, il a surtout été utilisé pour museler les libertés individuelles et collectives. Le pouvoir a trouvé par cette mesure le moyen de contrôler et restreindre drastiquement l’activité des partis politiques.
Par conséquent, cette situation qui a duré dix-neuf années a permis au pouvoir de socialiser et récupérer certains petits partis politiques non  représentés au niveau du Parlement et voir d’autres disparaître tout simplement de la scène politique. Quelle soit parlementaire ou extra-parlementaire, l’existence de l’opposition et le renforcement de son rôle et de sa capacité passe inévitablement par l’adoption d’un cadre institutionnel précis. Si l’opposition extra-parlementaire joue un rôle primordial dans le renforcement de la démocratie en dénonçant la mauvaise gestion des affaires et les abus du pouvoir, sa marge de manœuvre reste limitée.
En effet, sa présence hors du Parlement ne lui permet pas de voter les lois, ni de participer efficacement au contrôle du gouvernement. Dans une société démocratique, la contradiction est l’élément de référence dans le processus de dynamisation de la vie politique. L’opposition encadre le gouvernement et l’oriente, mais faut-t-il encore que cette opposition soit consacrée juridique pour jouer pleinement son rôle.

3) l’État face à l’opposition
Face aux partis de l’opposition, le régime algérien a mis en œuvre une série de mesures, pour essouffler les petits partis de l’opposition et essayer de museler et restreindre l’activité des autres partis. On peut soulever trois points importants pour expliquer le jeu et le comportement du régime pour avilir l’opposition politique :

a) Les irrégularités et l’opacité
du processus électoral
Comme l’expliquent certaines spécialistes, les partis au pouvoir en Afrique ont développé des techniques de fraude électorale très sophistiquées et subtiles, rendant difficile la détection de certaines pratiques aussi bien par le chercheur que par les observateurs électoraux. Ainsi la plupart des processus électoraux qu'a connus le continent depuis les années 1990 ont été entachés d'énormes irrégularités.
Dans le cadre de l’Algérie, les partis d'opposition et les candidats libres lors des différentes élections et notamment présidentielles et législatives ont dénoncé ce qu'ils estiment être des pratiques de fraude électorale. Néanmoins, le pouvoir et ses institutions ont fait en sorte de ne donner aucune suite à ces accusations.
Ainsi on apprend par exemple dans un câble WikiLeaks  que le chef de la mission des observateurs mandatés par les Nations unies Abdool Rahman a confirmé que le gouvernement algérien en 1999 “a largement utilisé la fraude durant cette élection présidentielle pour bourrer les urnes”,en expliquant qu’à “chaque inquiétude que nous soulevions, le gouvernement pouvait sortir un point du code électoral….les autorités algériennes ont utilisé des procédures compliquées pour maintenir l’apparence de transparence”. L’observateur onusien rajoute qu’à l'exception de Bouteflika, aucun candidat ou parti de l'opposition n'a pu avoir suffisamment accès aux médias pendant la période de campagne officielle s'étalant du 19 mars au 7 avril. Tout au long des élections, les partisans du boycott ont été interdits de s'exprimer. Ces pratiques utilisées par le pouvoir rentrent incontestablement dans la catégorie de la fraude électorale.

b) L’état d’urgence
Le pouvoir a utilisé l’état d’urgence comme un outil pour restreindre et étouffer la liberté partisane dans ses diverses dimensions. La prolongation de l’état d’urgence instauré par le décret du 9 février 1992 jusqu’en 2011 n’a été qu’une violation flagrante de la norme suprême algérienne.
Comme l’a reconnu Khaled Nezzar en 1994 : “Cette mesure exceptionnelle a été méditée de longue date, un système prémédité pour museler un adversaire politique et, à travers lui, toute opposition légitime”.
Pendant toutes ces années, cette mesure sans fondement politique, ni juridique a été le moyen utilisé par le pouvoir afin de verrouiller la scène politique.
La levée de L’état d’urgence en 2011 n’a apporté aucun changement majeur, le pouvoir comme à son habitude fait du changement dans la continuité.
c) La loi organique de 1997 relative
aux partis politiques
L’adoption de cette loi n’avait qu’un seul objectif, celui d’interdire la création de nouveaux partis politiques. Le choix d’un régime d’autorisation préalable et d’une procédure très complexe qui confère au ministre de l’Intérieur un large pouvoir d’appréciation est contraire à la Constitution algérienne de 1996 qui consacre dans ses articles 41 et 42 les libertés fondamentales qui permettent aux partis politiques d’exister et de déployer leurs activités partisanes dans l’espace public. Cette loi va également à l’encontre des engagements internationaux de l’Algérie, notamment l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Ces instruments et pratiques utilisées par le pouvoir contre les partis de l’opposition confirment bien la nature du régime. Celles-ci sont consubstantielles à un régime autoritaire, dont la première préoccupation n’est pas d’ouvrir le débat et consacrer l’opposition comme un pilier majeur de la démocratie, mais plutôt de restreindre les libertés en essayant de faire perdurer une façade démocratique. Le pouvoir algérien a fait le choix du pluralisme autoritaire depuis la réforme constitutionnelle de 1989.

4) La nécessaire consécration  juridique de l’opposition en Algérie
L’adoption d’un statut juridique de l’opposition n’est pas une garantie fondamentale. Cela dépend aussi des autres facteurs relatifs à la culture et à la tradition de chaque pays. Ainsi dans certaines démocraties stables parvenues à maturité, l’opposition peut prospérer et jouer pleinement son rôle sans garanties légales.
Cependant, l’Algérie est loin de cette maturité, il est donc nécessaire que l’opposition soit reconnue constitutionnellement. L’ancrage de la démocratie doit absolument passer par l’adoption d’un statut juridique qui confère à l’opposition des droits spécifiques lui permettant d’être une force de proposition capable d’exercer efficacement son rôle de contrôle sur le gouvernement. Nier le rôle de l’opposition, c’est tout simplement nier la démocratie et ses fondements essentiels. Cette reconnaissance doit également passer par l’abandon de certaines pratiques héritées du temps du parti unique. L’institutionnalisation de l’opposition doit se faire concrètement en prenant exemple sur certains pays, comme le Royaume-Uni qui a consacré la notion d’opposition officielle en 1826 en accordant un statut particulier depuis 1937 à son chef.
D’autres pays plus proches de nous n’ont pas hésité à franchir le pas avec plus ou moins de succès comme le Sénégal qui a instauré un véritable statut de l’opposition dans la Constitution du 22 janvier 2001. Le Bénin, le Burkina-Faso ont fait de même.
D’autres pays, sans conférer un statut juridique ont reconnu des droits particuliers à l’opposition, comme la France ou l’Allemagne.
Face aux bouleversements actuels que connaît le monde arabe, il est plus que nécessaire pour le pouvoir de revoir sa copie. Le changement est inévitable et le pouvoir doit prendre ses responsabilités dans l’intérêt de la nation. Il doit organiser une transition pacifique du pouvoir pour aller vers une République démocratique et sociale. Une République qui respecte ses citoyens et ses engagements.

R. L.
(*) Attaché temporaire d'enseignement et de recherche (Ater) à l'université du Littoral Côte d'Opale (Ulco). Membre du laboratoire Force du droit : paradoxes, comparaisons et expérimentations (université Paris-8)


1. M. Duverger, Démocratie libérale et démocratie totalitaire, Vie intellectuelle, juillet 1948, pp.57-58.
2. G. Ferrero, Pouvoir. Les génies invisibles de la cité, (1943), trad. Fr. le livre de poche, 1988, p. 174. Cité par Marie-Claire Ponthoreau.

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Pourquoi l’Algérie est à la traîne http://www.liberte-algerie.com/contributions/pourquoi-l-algerie-est-a-la-traine-logistique-172204 http://www.liberte-algerie.com/contributions/pourquoi-l-algerie-est-a-la-traine-logistique-172204 2012-02-16 09:00:00 Contributions Kamel Khelifa (*) Peut-on valablement parler de logistique sans avoir à l’esprit le concept de logique d’une chaîne intégrant un ensemble de fonctions homogènes et cohérentes pour répondre à la satisfaction de besoins  socioéconomiques ?
En effet, l’activité logistique existe depuis les Romains, et si l’expression “Tous les chemins mènent à Rome” ouvre la voie à une fonction stratégique, en réalité son existence remonte à l’invention de la roue, il y a six mille ans, dont l’utilité est de faciliter la mobilité et d’augmenter les déplacements.

En Algérie, la logistique est une idée encore dans les limbes. Dès lors, elle suscite peu d’emballement de l’aréopage politique, tant que la problématique posée par cette fonction est seulement d’ordre économique. En l’absence d’enjeux politiquement porteurs, il semble qu’aucun département ministériel ne veut s’emparer d’une thématique sans retombées politiques prégnantes. Qui gère la logistique en Algérie ? Tout le monde et personne !                                                                                                                                          
Si la logistique est à la traîne en Algérie, avec un classement mondial peu flatteur (148e sur 178 pays), se traduisant par des manques à gagner de l’ordre de 5 à 7 milliards USD/an, les causes en sont multiples : d’abord, le peu de vision et de volonté politique ; l’incompétence des administrations en charge de ces fonctions stratégiques ; l’absence de contenu intellectuel et culturel de la notion de résultat et le manque évident de logique économique. À cela s’ajoute la persistance de pratiques et comportements bureaucratiques outranciers, hérités de l’ère des monopoles, avec l’ingestion de surcoûts énormes, camouflés artificiellement par l’argent du pétrole.
Les derniers chiffres publiés par la Cnuced en 2010 situent le commerce mondial per capita à : 10 000 USD pour les pays occidentaux ; la moyenne mondiale à 3 000 USD et la part de l’Afrique à 800 USD ; celle de l’Algérie (y compris les hydrocarbures) est de 1 600 USD. D’après les calculs de l’auteur, faits à partir d’extrapolations, la part de notre pays (hors hydrocarbures) se situe entre 60/80 USD par habitant, puisque les exportations des hydrocarbures représentent 96 à 97%, de l’ensemble de nos échanges extérieurs. En somme, si l’Algérie n’avait pas de pétrole, elle ferait partie des 10 derniers pays les moins avancés (PMA), que sont les Comores, Somalie, Éthiopie, Zimbabwe, Ouganda, Bengladesh, Lesotho, Togo, Rwanda… Parmi les critères d’identification de la cinquantaine de PMA, on trouve, au-delà de la faiblesse des indices humains, la vulnérabilité économique caractérisée par : l’insuffisance de production alimentaire, la faiblesse des exportations, l’absence d’innovation, l’inexistence d’organisation logistique, etc. Par certains aspects, malgré la manne pétrolière, l’Algérie est éligible à ce scénario cauchemardesque… D’ailleurs, il suffit d’une étincelle dans un puits de pétrole, pour que tout bascule…  En lançant cette petite phrase : “Importer, c’est épargner ; exporter, c’est s’enrichir”, Lord Keynes (1883-1946) ignorait sans doute, que cette formule allait redimensionner le commerce mondial, moins d’un demi-siècle après, en plaçant l’exportation au cœur de l’entreprise et des préoccupations des pays, faisant des chefs d’État les premiers représentants de commerce, en quête de contrats fabuleux, lors des visites d’État. Si nous sommes loin de ces grandes manœuvres, plus prosaïquement apprenons au moins à maîtriser les dépenses. La logistique n’est-elle pas à cet égard un puissant facteur de réduction des coûts ?                                                                                                                             En l’espèce, il faut savoir que le coût d’acheminement de "porte-à-porte" de et vers l’Algérie, atteint jusqu’à 35 % de la valeur d’achat d’un produit, alors que ce coût se situe à 5 % dans les pays qui maîtrisent parfaitement la chaîne logistique ; la moyenne mondiale variant entre 15 à 16 %. Mais au-delà des coûts, il y les surcoûts générés par une chaîne logistique, où l’opérateur doit obéir au diktat de payer, par exemple, des frais de transferts de conteneurs vers des ports secs à Alger, appartenant à des transporteurs maritimes ou loués par eux.
Le coût de cette opération est de 20 000 DA pour les conteneurs de 20’ et de 40 000 DA les 40’, alors qu’elle est menée dans l’intérêt exclusif du transporteur pour réduire ses frais d’escale, en faisant libérer plus vite le navire... La notion de coût et fret, implique la livraison dans un port et non dans une zone extra-portuaire, sauf si cette condition est explicitement mentionnée, dans le contrat commercial, ce qui ne peut être le cas, eu égard aux us et coutumes.                                                                                                                                        À cela s’ajoutent les tarifs exorbitants des transports maritimes, en raison de l’absence de performance de la chaîne logistique portuaire, stérilisée notamment par un environnement bureaucratique outrancier.
En somme, tant que le marché (les consommateurs) supporte les frais, cette chaîne continue d’exister, mais avec un fonctionnement paradoxal, pour ne pas dire boiteux. Pour cerner la chaîne logistique, dont la finalité est l’interopérabilité entre le fournisseur, le prestataire logistique et le client, un certain nombre de conditions sont nécessaires : l’organisation et la mise à niveau de l’environnement de l’entreprise ; le partage de l’information par l’ensemble de la chaîne ; l’aménagement de plateformes logistiques, les facilitations dans le cadre de pôles de compétitivité, de compétence, voire d’excellence, désormais indissociables des nouvelles exigences de la mondialisation, marquées par ces nouvelles notions de flux tendus, de just in time, etc. Comme on peut le constater, nous sommes encore loin de tous ces schémas organisationnels, en raison principalement de l’éviction de la société professionnelle des centres de décisions, dominés, il faut le dire, par une  bureaucratie impotente, mais installée aux commandes de tous les leviers de l’État. Les opérateurs doivent se créer les conditions d’émergence de contrepoids, à travers notamment des associations de chargeurs, des communautés portuaires à créer, des Chambres de commerces véritables, des bourses de fret, etc., pour rentabiliser ces camions qui partent pleins et reviennent vides, etc. En outre, l’Algérie est le seul pays du bassin méditerranéen où les transports maritimes sur courtes distances sont effectués par conteneurs, alors que partout ailleurs (Maroc, Tunisie, Égypte, Libye, Liban, Turquie, Syrie, etc.) ce genre de trafic est dominé par le roulant (remorques), dans un but évident de rentabilité et de compression des coûts. De plus, avec un pavillon en berne (?!?!), l’Algérie n’a plus de marge de manœuvre pour exercer une quelconque souveraineté sur ce plan. Donc, les transporteurs étrangers (en position de force) dictent leur implacable loi… Il faut dire que chaque fois qu’un problème s’est posé à l’Algérie, les solutions ont été généralement envisagées en termes, au mieux, d’injection d’argent, d’injonctions administratives ou de répression à travers des interdits et au pire par le laisser aller ou laisser faire, alors que les réponses résident souvent dans l’écoute et la concertation avec différents acteurs structurés en associations, pour ne pas dire en lobby, en vue d’un management commun en temps réels des différentes problématiques.                                                                                                                                             
Il y a des pays enclavés d’Afrique qui ont des organisations logistiques, même si elles ne se situent pas au niveau d’efficience des standards internationaux elles fonctionnent suivant des logiques d’ensemble acceptables, tendant vers une “logistique globale et intégrée”, à plus ou moins long terme.                                                                                  À quoi sert la convention TIR, si les camions et les conducteurs algériens ne sont pas mis aux normes et standards internationaux pour être apte à emprunter l’asphalte étranger en vue de limiter la facture transport en devises ? Cela n’avance pas à grand chose l’Algérie d’avoir une façade maritime de 1 200 km tant vantée, 14 ports de commerce mais sans équipements (seule Béjaïa dispose d’un portique, à la faveur d’une joint venture), sans partage de données entre les différentes administrations (port, douanes, PAF, et autres services de contrôle), outre l’absence d’intégration à un computer commun des autres acteurs du commerce extérieur (transitaires, logisticiens, transporteurs, chargeurs, etc.), dans une gestion informatisée propre à réduire les interventions humaines et l’usage du papier.
On peut également disposer de milliers de km de voies de chemins de fer et d’autoroutes, mais en l’absence d’aménagement de liaisons vers des plates-formes logistiques de stockage, de froid, de distribution, d’éclatement, etc., à quoi serviraient ces infrastructures ? Quand le véhicule quitte l’autoroute, il retrouvera inévitablement l’enfer des dos d’ânes improvisés, nids de poules, barrages, villages anarchiques qui s’étirent tout le long de la route hyper saturée de toutes sortes d’engins, y compris des tracteurs et charrettes… Aujourd’hui, on met 1 heure et demie à 2 heures, pour effectuer le trajet  d’Alger à Ahnif, et environ 4 heures de cet embranchement au port de Béjaïa, pour une distance équivalente… 6 heures pour un trajet de 250 km, soit une vitesse moyenne de 40 km/h… Engloutir des milliards de dollars pour arriver à de telles contreperformances, ne sommes-nous pas dans l’anti-économie?                                                                                                                                                      Le "projet du siècle", dominé par l’improvisation, les retards dans la réalisation et les surcoûts, n’est-il pas temps de le soumettre à la réflexion critique ? L’Algérie a plus que jamais besoin de schémas d’ensemble, s’inscrivant dans le cadre de manœuvres stratégiques de l’aménagement de l’espace, à partir d’une réflexion globale, homogène et cohérente, y associant impérativement la société professionnelle. En attendant ce terme lointain, la fonction logistique a besoin d’être débureaucratisée, à tout le moins limiter les pouvoirs de ces administrations stérilisantes, dont aucune n’a confiance en l’autre, d’où cette redondance des contrôles et inspections par les différents services avec des propensions à faire croire que la mission de chacun est plus "sacrée", que celle des autres. Pour mettre à nu ce système confinant à l’absurde, puisant sa force dans les ressorts éculés de l’interdit, au service de l’opacité et les micmacs en tous genres, la solution réside, sans conteste, dans les guichets uniques, avec la mise en œuvre généralisée des EDI (Échanges de données informatisées). Le sous-développement, n’est-ce pas davantage la paresse intellectuelle, le manque de volonté et l’absence d’organisation que le manque de cadres ou de moyens matériels et financiers ?


K. K.
(mk.khelifa@gmail.com)
(*) Expert en échanges internationaux, transports et logistique

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La santé, enjeu des prochaines élections américaines http://www.liberte-algerie.com/contributions/la-sante-enjeu-des-prochaines-elections-americaines-171975 http://www.liberte-algerie.com/contributions/la-sante-enjeu-des-prochaines-elections-americaines-171975 2012-02-13 15:09:56 Contributions Dr Nazim Benhabib La réforme du système de Sante ‘’ loi sur les soins abordables’’ ( ACA en anglais) proposée par Obama et adoptée le 21 mars 2010, demeure l’une des principales réalisations du mandat du président actuel . Tous les observateurs se souviennent du débat enfiévré  qui a précédé l’adoption de ce dispositif promis par Barak Obama candidat. Que ce soit chez les républicains ou dans  le propre  vivier électoral des démocrates, les critiques n’ont pas taris. Deux années après, il ressort que seul 41% des électeurs démocrates ont sont favorables contre 19% seulement du coté républicains 1.

Cette loi qui a eu une audience relative au regard des innombrables amendements qui ont été apportés, est devenue le réceptacle de tous les  ‘’contrariés’’ de la gouvernance modèle Obama, accusée de dirigisme, d’atteintes aux libertés et d’hégémonie. Pourtant, elle lie les deux candidats Démocrate et Républicain et ne sera surement pas un airain sonnant dans le grondement d’une campagne qui s’annonce difficile.

La réforme du système de couverture maladie américain est bien loin des exemples de modèle de sécurité sociale que nous connaissons. Dans la plus part des pays, l’assurance maladie est couverte par l’Etat, c'est d'ailleurs une des composantes fondamentales de la sécurité sociale, et un devoir de l’État selon la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Cependant, aussi complexe qu’est  pour nous le système électoral américain, le système de l’Assurance Maladie américain l’est autant et ne trouve aucun semblable dans le monde.  C’est un alliage composé d’assurance privée et  de couverture médicale publique soutenue par l’Etat .Le privé y est régalien  et décide des règles et des modalités de contrat et de souscription pour toute assurance maladie. Ainsi, les personnes souffrant de pathologie chronique ne sont en général pas couvert par les compagnies d’assurance et se voient  amputer des soins spécifiques2. Les compagnies d’assurance ont aussi la liberté de mettre  fin aux contrats en cas de maladie.

Au dernier recensement, on estime que 51 millions d’américains n’ont aucune couverture sante  soit environ 17% de la population. Ce taux, certes important,  doit néanmoins être relativisé car  en son sein, une proportion non négligeable refuse de souscrire volontairement à une assurance maladie. Pour autant, on évalue à plus de 20 millions le nombre de personne exclu des programmes d’assurance de sante public ( medicare et medicaid3). Ces personnes n’ont, donc,  pas accès au soin si ce n’est dans les cas extrêmes  ou ils se retrouvent aux urgences. Si au demeurant à ce niveau, la loi oblige les établissements de santé a accueillir  et traiter les patients quels que soit leurs origines et leurs capacités de paiement (Loi de 1986), cela n’oblige pas  l’Etat fédéral à prendre  à son compte les frais inhérents. Des sommes faramineuses découlent alors de ces prises en charges en soins intensifs en raison de l’absence en amont de traitement de base, de diagnostic précoce , de suivi et de prise en charge  à temps. Des sommes que les patients ne peuvent évidemment pas payer et qui fait qu’une grande majorité des hôpitaux publics restent déficitaires. Cette situation tant décriée depuis des années est responsable selon une étude  publiée en 2009 dans l’American Journal of Public Health  de 45000 décès  liés au défaut d’assurance.

Quand Obama, poussé par l’aile gauche de son parti,  a voulu proposer une réforme de ce système de santé, seul un  Etat des Etas Unis d’Amérique : le Massachusetts, avait promulgué en 2006 une loi créant l’Assurance-Maladie Obligatoire. Cet Etat était gouverné alors par le Candidat républicain à l’investiture  Mitt Romney. Depuis la promulgation de la loi assurance maladie obligatoire, 98% de la population du Massachusetts est assurée contre 84% à l’échelle nationale. La loi a permis de couvrir 400.000 nouveaux assurés autrefois exclus sans couter plus cher au contribuable et de donner à Mitt Romney la stature d’un réformateur pragmatique. Son successeur démocrate et afro-américain Deval Patrick,  actuel  gouverneur du Massachussetts avait déclaré en février 2011 ‘’ un de ses plus grand succès a été d’être le coauteur de notre (Massachusetts)  loi sur la réforme du système de sante  qui est devenue un modèle pour la  reforme nationale de la santé’’

Aujourd’hui, Mitt Romney  semble le plus à même de remporter l’investiture républicaine. Après sa victoire annulée  dans l’Iowa ou il a été en fin de decompte  battu par le chrétien ultraconservateur Rick Santorum (ancien sénateur de Pennsylvanie), ses victoires4 nettes le 10 janvier 2012 dans le New Hampshire  puis en Floride le 31 janvier en font  le seul candidat  ayant pu décrocher deux Etats et ainsi  le mieux placé pour gagner l’investiture républicaine. Mitt Romney, fils d’un ancien gouverneur du Michigan, ancien gouverneur du Massachussetts de 2003 à 2007, représente le candidat républicain classique, même si sa religion (il est mormon) pose un problème aux évangélistes républicains particulièrement au Tea Party5 qui a réussi l’année dernière à paralyser le congrès sur le vote du relèvement du plafond de la dette et la réduction du déficit budgétaire. La flambée du conservatisme extrême après l’élection du premier président noir des Etats Unis Barack Obama ne semble pas inquiéter le camp démocrate et plus particulièrement Barack Obama qui reste face à la multiplicité des candidatures fragiles et peu crédibles  républicaines le plus avantagé pour gagner la bataille. Par contre, cela oblige le candidat ‘’modéré’’ Mitt Romney, soumis à la pression de ses adversaires actuels et futurs colistiers probables, à durcir son conservatisme pour rallier le plus de soutien  et   tenter un dangereux jeu d’équilibriste : promettre l’abrogation de la reforme Obama, honni par les républicains, tout en soutenant son alter ego la loi assurance maladie obligatoire  qu’il a lui-même promulgué. Ses critiques de la réforme engagée par Obama et inspirée en partie par la sienne seront difficiles à entendre par les électeurs républicains.   Une tartufferie politique que ses partisans auront du mal à accepter.

Dr Nazim Benhabib

 

 

NB :

 

1-  Philippe Bernard  ‘’ La santé au cœur de la bataille pour la maison Blanche ‘’ Le Monde.

2-  Une consultation chez le un médecin généraliste commence à partir de $70 pour atteindre plus de $300. Les consultations chez un spécialiste sont beaucoup plus élevées et  Les médicaments sont beaucoup plus chers qu’en Europe. une simple analyse de sang peut coûter facilement $150.

3-  Medicare : assurance de sante publique qui couvre les personnes âgées de plus de 65 ans. Medicaid couvre les plus démunis, ces deux dispositifs ont été adoptés sous la présidence démocrate de Lyndon Johnson en 1965.

4-  Mitt Romney a remporté mardi 10 Janvier 2012 le caucus du New Hampshire avec 36% de voix devançant  le candidat libertaire Ron Paul arrivé en deuxième position avec 26% puis Jon Huntsman ex-ambassadeur d’Obama en Chine avec 17% ;  le très controversé  Newt Gingrich pour ses déclarations sur la Palestine, a recueilli 11 % ;  Rick Santorum, la surprise de l'Iowa, vainqueur de cet Etat, a mobilisé 10 % des voix.

5- Michèle Bachman fondatrice du Tea Party a été battue platement le 3 janvier dans l’IOWA, et s’est retirée des primaires.

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Division des pays en mini-états faibles http://www.liberte-algerie.com/contributions/division-des-pays-en-mini-etats-faibles-171785 http://www.liberte-algerie.com/contributions/division-des-pays-en-mini-etats-faibles-171785 2012-02-11 09:00:00 Contributions AlI EL HADJ TAHAR Ce ne sont pas uniquement Bachar El-Assad et la Syrie qui sont visés par le complot actuel mais tous les pays, Jordanie et Liban, Irak et Iran inclus et même des régions beaucoup plus lointaines ! Refaçonner le monde pour l’asservir est son objectif final en faisant tomber région après région, pan après pan !
Dans son entreprise belliciste, l’Otan veut nous réduire à des tribus et des factions minuscules et vulnérables, qui s’entredéchirent de préférence afin, également, que la seule entité puissante et cohérente soit l’état hébreu, qui n’aura qu’à mettre en œuvre son plan du Grand Israël s’étendant jusqu’au Sénégal et même au Soudan dont la partie Sud vient de lui être offerte sur un plateau.
Instrumentalisant la religion et la culture à des fins de division, les chaînes occidentales ne cessent de parler de supposés conflits entre chiites, sunnites, alaouites, de chrétiens persécutés alors que le Syrie est la plus belle mosaïque de cultes, de cultures vivant depuis des siècles en paix, en parfaite harmonie et dans le respect mutuel. Les chaînes agissent sur instructions directes ou indirectes des chancelleries.
Le but à court terme de ce complot est l’instauration de l’anarchie et de l’insécurité et une situation d’ingouvernabilité. Son but lointain est la balkanisation, la division en petits états à caractère confessionnel et culturel. Or, nous sommes des nations et des peuples composés d’une myriade de cultures, de cultes, de coutumes et de couleurs et nous vivons unis dans nos pays respectifs et en paix avec nos voisins respectifs, comme toutes les autres nations du monde.
Nous voulons continuer à vivre ainsi, à rester fidèles à nos drapeaux sauf si nous décidons nous-mêmes de créer des entités politiques ou économiques nouvelles, sans verser une goutte de sang, en civilisés, surtout sans cette “ingérence humanitaire” aux mains tachées de sang irakien, de sang libyen, ivoirien...
Mais il faut désormais être clair, si les USA ont mis au point la méthode islamiste pour déstabiliser nos pays, ce sont les Émirats, l’Arabie Saoudite et le Qatar qui nourrissent cet extrémisme avec divers moyens médiatiques, financiers, militaires et logistiques.  
Une victoire contre la Syrie sonnerait le glas de nos acquis politiques, économiques, sociaux et culturels, aussi minimes soient-ils. Elle sonnerait le glas de notre quiétude, notre stabilité et notre sécurité comme le prouve ce qui se passe actuellement en Libye. La guerre et l’insécurité sont les pires des tragédies et ce n’est pas aux frères Syriens que nous les souhaitons, ni à aucun autre peuple du monde ! Une vraie opposition ne courtise pas les tanks et les bombardiers de l’Otan !
L’enjeu est grave. Si le plan atlantique- nord réussit, l’histoire qui se joue aujourd’hui devant nos yeux aura des conséquences dramatiques non seulement pour la Syrie mais pour tout le monde arabe et même pour le monde entier. Le pétrole du Qatar s’épuisera et ce pays reviendra à ses chameaux : mais il nous aura ramené des siècles en arrière si nous le laissons nous mener à l’abattoir comme un troupeau !
Le but des “révolutions” sponsorisées par Qatar est de jeter tous les pays arabes en appât aux salafistes qui, à l’image des princes et émirs d’Arabie, ne se soucient que de jouissances, de polygamie et tant pis si les richesses de leurs peuples vont à leurs séides occidentaux.
Doha et Ryad ont acheté le silence de la “communauté internationale” avec l’or noir de leurs peuples, ils ont corrompu l’ONU avec le sang des Libyens et des Syriens et veulent nous mener tous à l’abattoir pour satisfaire leur horrible ego de jouisseurs !
Destructrice est la “démocratie” de l’Otan financée par une poignée d’émirs insensibles au malheur des Palestiniens, insensibles à la famine des Somaliens et qui permettent la survie de l’industrie militaire américaine en achetant des armes à coups de milliards, des armes qu’ils utilisent contre les Libyens, les Syriens et partout ailleurs où ils ont semé la fitna du terrorisme et de la haine, de la division et de l’intolérance en déformant les paroles d’Allah et du Prophète, en divisant entre sunnites et chiites, entre chrétiens et musulmans, semant la zizanie avec des conflits qui ne profitent pas aux peuples mais aux marchands de canons. L’Irak n’aurait jamais été envahi et détruit, n’était leur perfidie !
Damas a depuis plusieurs mois ouvert les portes du dialogue politique. Le gouvernement d’El-Assad ne cesse d’appeler l’opposition basée à Paris et Londres à un dialogue sans armes pour préparer l’avenir et préserver l’intégrité territoriale du pays ainsi que le sang et l’unité du peuple. Les réformes engagées sont sur le point de promulguer la Constitution la plus démocratique du monde arabe mais les pays de l’Otan et certains de leurs satellites semblent vouloir l’en empêcher, en dépit du rapport de la Délégation des observateurs qui accuse clairement les “groupes armés” de violence et blanchit presque totalement les forces régulières. Mais une même stratégie que celle adoptée en Libye, et définie longtemps à l’avance, semble avoir mis El-Assad dans son viseur. Il semble qu’elle ne veuille ni céder, ni sortir de son tracé quels que soient les couacs et grains de sable dans l’engrenage de sa machination. Couac comme ce rapport défavorable établi par une Délégation dont les membres avaient pourtant été choisis et désigné par le Qatar plus que par la Ligue arabe selon un CV répondant à des critères draconiens. Mais la conscience de la majorité de ses membres s’est réveillée devant tant d’horreurs observées dans les hôpitaux et devant une masse énorme de témoignages populaires accablant les terroristes, tout comme les innombrables preuves relatives aux sabotages, destructions, kidnappings…
Le terrorisme qui frappe actuellement en Syrie semble plus sauvage que celui que nous avons vécu en Algérie, une décennie durant. Il semble même plus impitoyable que celui qui sévit en Irak, du fait de la sophistication de ses armements et équipements plus que de son professionnalisme, de son acharnement ou de la monstruosité de ses éléments.
Chaque jour, de nombreux civils et militaires sont frappés. Les éléments des forces de l’ordre sont désignés par leurs uniformes et sont ciblés comme tels, mais les civils sont souvent tués aveuglément, sans distinction, rarement sur indication.
Une partie des terroristes qui activent en Syrie sont Syriens, salafistes et takfiristes, mais leur majorité est formée d’étrangers, qui eux se font la main sur tout ce qui bouge, à l’aveuglette, piétons, automobilistes, voyageurs d’autobus. Méthodes du GIA, qui est très similaire à celles des Contras au Nicaragua et d’autres pays d’Amérique centrale.
Le journaliste américain Webster Griffin Tarpley (auteur de La Terreur fabriquée) qui a visité plusieurs villes syriennes dit : “Ce qu’il y a ici (Syrie), ce sont des escadrons de la mort, des commandos terroristes, comme en en voyait en Argentine, en Amérique centrale : ce sont des méthodes typiques de la CIA.
Dans le cas actuel c’est une coproduction de la CIA, MI6, Mossad, DGSE… Ils reçoivent de l’argent de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar…”(1)  
Les médias syriens et ceux de nombreux autres pays pointent ce pays du doigt, ce Qatar qui se croit intouchable et ne daigne infirmer ou même s’offusquer de tant d’accusations et qui ne se cache pas d’héberger des terroristes notoires, à quelques kilomètres seulement de la plus grande base US au Moyen-Orient, ce qu’il ne peut faire sans quitus.
L’émir Hamad a d’ailleurs reçu à plusieurs reprises Abassi Madani, ce résident très fréquentable du Qatar.


A. E. T.

http://rt.com/news/syria- terrorism-cia-destabilization-863/

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Les révolutions Photoshop ! http://www.liberte-algerie.com/contributions/les-revolutions-photoshop-171786 http://www.liberte-algerie.com/contributions/les-revolutions-photoshop-171786 2012-02-11 09:00:00 Contributions AlI EL HADJ TAHAR La terreur frappe sans distinction en Syrie, avec comme intention préméditée de causer un maximum de pertes humaines civiles pour faire imputer le crime aux forces régulières. Les mercenaires frappent aveuglément car ils ne connaissent pas l’identité de leurs cibles et opèrent comme des chasseurs, mettant tout le monde dans le viseur. Dans certaines villes, des quartiers ont pu être investis par les terroristes mais ces poches sont loin de constituer des “territoires libérés” comme l’affirme parfois l’opposition qui n’a certainement pas les 40 000 ou 50 000 hommes qu’elle prétend avoir. Une force pareille aurait mis le pays tout entier à feu et à sang, comme c’était le cas en Algérie durant les premières années du phénomène terroriste. Certainement beaucoup mieux armés et formés que les terroristes du MIA, de l’AIS et même plus tard, du GIA, l’“Armée Syrienne Libre”(ASL) dispose d’armes hyper perfectionnées de fabrication israélienne, française, américaine ou allemande, fonds des arsenaux qataris ou saoudiens, expérimentées en Libye, comme elle dispose d’outils électroniques de communication et d’espionnage qui lui permettent de repérer l’ennemi, de déjouer les embuscades et de frapper, comme l’ont montré de nombreux prises présentées les chaînes de télévision syriennes et les aveux des criminels… Les éléments qui agissent en Syrie, dans de nombreux cas, semblent bien formés et aguerris au point de pouvoir attenter à la vie de soldats professionnels dans des embuscades, comme ce fut le cas dimanche 29 janvier où 16 militaires ont été tués dans deux attaques distinctes : 10 dans l'explosion d'une bombe au passage de leur convoi à Kansafra (nord-ouest) et 6 autres tués à Sahnaya, près de Damas, dans une embuscade. Ces baroudeurs de haut niveau semblent avoir bien profité de la formation par les forces spéciales françaises, allemandes ou américaines présentes en Turquie, d’autant qu’il s’agit de frapper dans le dos, de se camoufler, de cibler des civils, de saboter, détruire des pylônes, des oléoducs, kidnapper des innocents... Les méthodes apprises sur le tas en Afghanistan, en Irak, au Pakistan ou ailleurs semblent avoir été affinées, améliorées ou corrigées par un enseignement qualitatif qui est parfois en train de surprendre les forces syriennes. Mais les  opérations les plus réussies de ces sicaires semblent se dérouler près de la frontière syro-turque où ils peuvent se replier après leurs forfaits. Plusieurs déclarations de l’ASL démentent certaines de leurs affirmations oiseuses et prouvent qu’ils ne sont pas légion et qu’ils ont de plus en plus de difficultés à recruter des nationaux vu le nombre élevé de victimes qu’ils ont fait, leur actes aveugles ayant eu l’avantage de faire parler d’eux à l’étranger mais de faire baisser leur cote nationale. Le nombre de repentis syriens ne cesse d’augmenter, réduisant les espoirs d’une ASL qui a cru que les forces et moyens fournis par la Turquie et le Qatar et l’intelligence d’Israël et de l’OTAN suffisaient pour balayer une armée syrienne aguerrie et la faire basculer dans le camp des adeptes du changement de régime par la violence.
Comme en Algérie, les velléités de prise du pouvoir par la force armée semblent vouées à l’échec et si les Syriens n’osent encore parler d’un terrorisme résiduel, ses opérations de sabotage de plus en plus nombreux ne prouvent que sa désespérance et son rejet par la population. Délégitimée à l’intérieur, la “révolution armée” ne trouve encore preneur qu’auprès de ses sponsors et commanditaires. Fondamentalement étrangère et importée, soutenue par une opposition politique basée à Paris et Londres, soit sans assise réelle sociale, cette guérilla n’avait aucune chance de prendre. Contrairement à la situation libyenne où Benghazi avait servi de base à l’opposition armée, base vite renforcée par des milliers éléments étrangers et moyens qataris, l’opposition syrienne n’a aucun fief. La base dont elle dispose en Turquie permet son approvisionnement et ses attentats mais la discrédite sur le plan national où la vie se déroule normalement, n’étaient quelques fiefs où la violence semble concentrée. Les images que montre la chaîne Syria chaque soir prouvent que la guerre civile n’existe que sur les écrans d’Al Jazeera et ses fake vidéos fabriquées en studio ou bricolées sur un portable. Les grandes villes, notamment Damas, vivent allègrement le rythme diurne et même à leur rythme nocturne habituel avec magasins et cafés ouverts, sorties familiales et balades de couples, soirées animées dans les cinémas et les salons de thé, choses que beaucoup de pays sans terrorisme leur envieraient ! Comment des manifestations que l’on dit rassembler des centaines de milliers d’opposants ne peuvent-elles fournir une seule photographie à haute résolution ou une vidéo vraiment crédible ? Bricolées en Turquie ou détournées de leur contexte voire du pays où ils ont été filmés, ces documents sont ridiculisés sur Internet, notamment You Tube, qui leur a servi de relais. La chaîne syrienne s’est amusée un certain temps à démonter, détail après détail, leur caractère fabriqué ; et il suffit de les regarder deux fois pour s’en rendre compte soi-même. Les fake vidéos fabriquées par l’opposition se comptent par centaines, ce qui discrédite même les plus vraies d’entre elles. Cette semaine même le magazine français, L’Express (1), se fait berner en passant une de ces photos de manifestations où, n’était la fausse banderole, on voit clairement qu’il s’agit d’une scène de fête ou autour d’un événement sportif transformée en manifestation anti-régime par le subterfuge informatique. Qui ne se souvient pas du méga mensonge de la fille de l’ambassadeur koweitien aux USA, manipulée par son père pour dire que des bébés avaient été assassinés par les soldats irakiens dans les hôpitaux du pays qu’ils venaient d’occuper en 1991 ! Décidément les gens du Golfe optent toujours pour les meilleures agences de propagande et de communication US pour nuire à leurs coreligionnaires ! Créées pour la propagande Al Jazeera et Al Arabia, tout comme France 24, hurlent avec les hyènes et comme elles, attaquent en meute en faisant chorus pour diaboliser, voire déshumaniser la cible. Après le monstre Saddam, ce fut le tour du tyran Kadhafi, puis du vilain El-Assad ! Durant la première guerre du Golfe les journalistes ont été embedded, c’est-à-dire équipés et pris en charge par l’armée américaine d’invasion de l’Irak. Ils avaient une certaine liberté bien qu’ils aient majoritairement agi dans le sens de la propagande. Durant l’invasion de ce pays en 2003, leur mission a été complice mais dans une mesure acceptable par la morale et l’éthique professionnelle. En Libye, ce sont carrément des espions et des militaires qui ont usurpé le titre de journaliste avec une carte de presse octroyée par les organes eux-mêmes ! Le journaliste Thierry Meyssan révèle que ces “journalistes” occidentaux ont participé à l’assassinat de Libyens en plaçant des balises dans des bâtiments civils et militaires, balises qui ont servi de repères pour le lancement de missiles parfois quelques minutes seulement après le départ des groupes de journalistes dont Meyssan faisait partie ! France 24 a même signé un contrat avec le CNT pour faire sa campagne médiatique alors que ses équipes couvraient les événements in situ ! Juge et partie ! La télévision syrienne, Syria (sur Nilesat) présente presque quotidiennement de nombreux terroristes faisant des aveux, de nombreuses victimes de ces crimes, assassinats et kidnappings ainsi que des comptes rendus des sabotages, destructions et pillages mais ils sont ignorés par les médias occidentaux qui ont également toujours posé la question du “Qui tue qui ?” en Algérie malgré des centaines d’aveux des terroristes et des reportages faits par leurs équipes avec ces criminels !


A. E. T.


NOTE 1 :
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/syrie-66-morts-dimanche-l-opposition-veut-presser-l-onu-d-intervenir_1076696.html

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Alliance Otan-Al Qaïda ! http://www.liberte-algerie.com/contributions/alliance-otan-al-qaida-171686 http://www.liberte-algerie.com/contributions/alliance-otan-al-qaida-171686 2012-02-09 09:00:00 Contributions AlI EL HADJ TAHAR C’est une banalité de dire aujourd’hui que ce sont les terroristes libyens d’Al Qaïda qui ont fait la révolution libyenne, et quatre de leurs chefs ont d’ailleurs été largement récompensés par des postes de responsabilité civils ou militaires. Il s’agit d’Ismael As-Salabi, Abdelhakim Al-Assadi, Ali Salabi et Abdel Hakim Belhadj (1). Ce dernier avait été promu  par Abdel Jalil chef du Conseil militaire libyen avant d’être envoyé le 26 novembre 2011 à la tête d’un bataillon de 700 hommes à la frontière syro-turque où il participe au commandement de l’Armée syrienne libre (ASL).   

Membre d'Al Qaïda, Abdel Hakim Belhadj avait été emprisonné par Kadhafi et de le libérer sur demande de son ministre Abdel Jalil, qui préparait donc son plan !
Pour l’histoire rappelons que les USA et tous les autres membres de l’Otan ou presque ont soutenu le terrorisme islamiste en Algérie via un soutien logistique saoudien et des pays du Golfe. Aujourd’hui, cette liaison apparemment incestueuse mais logique de l’Otan avec l’islamisme et le terrorisme salafiste a éclaté au grand jour, en Libye d’abord et en Syrie actuellement. Le Canard enchaîné du 23-11-2011 a révélé que plusieurs membres du Service Action de la DGSE et le Commandement des Opérations Spéciales étaient déjà à cette date en Turquie pour former les “déserteurs” à la guérilla urbaine, tout comme des éléments de la CIA et du BND allemand et du Mossad. C’est désormais un secret de Polichinelle, les “déserteurs” syriens sont en vérité des terroristes islamistes venus de Libye, Tchétchénie, Afghanistan, Pakistan et d’ailleurs. Les services secrets occidentaux travaillent donc en étroite collaboration avec le fameux Abdel Hakim Belhadj à la formation des terroristes ! Vu les dégâts que le terrorisme fait en Syrie, il est patent que les bénéficiaires ont mis en pratique ces cours de perfectionnement pour tuer et mourir en “chahid”, pour s’exploser avec le dernier engin de mort, pour faire dérailler des trains, saboter des usines, balancer des roquettes et tant pis si au passage ils tuent un Gilles Jacquier !
Ce n’est pas pour rien qu’Ayman al-Zawahiri, le chef d'Al Qaïda (qui a déjà rendu de fiers et loyaux services à l’Occident) a soutenu ses amis de l’ASL avec ces mots touchants : “S'il n'y avait eu ces problèmes (des frontières), mes frères, et moi-même, serions parmi vous et avec vous, et vous défendrions avec nos vies.” Ce n’est pas pour rien non plus que début janvier 2012, Doha a accepté d’abriter un bureau des Taliban, ce que le Qatar ne peut faire sans l’accord de Washington, qui programme donc une longue et nouvelle vie au supposé ennemi taliban ! C’est peut-être pour engager le deuxième épisode du feuilleton que l’agent Ben Laden aurait été tué, à bout portant, au lieu d’être capturé et ramené devant un tribunal américain. La complicité avec les terroristes islamistes car il n’y a pas de hasard et ce n’est pas pour rien que les commanditaires de l’ASL au Conseil national syrien sont quotidiennement soutenus par des centaines de chaînes de TV étrangères et des milliers de journaux et sites web, ce qui donne une idée de la puissance de feu impérialo-sioniste. Cette mainmise des média de la planète entière par le sionisme ne pose pas problème. La Syrie, si, car l’ennemi principal d’Israël !
Comment cet Occident et les USA en tête veulent-ils la démocratie et le bien-être pour les Musulmans alors qu’ils ont toujours imposé des dictateurs véreux même en Amérique latine, chez des Chrétiens comme eux ?! Nombreuses sont les velléités US de déstabilisation des pays d’Amérique du Sud : Cuba, Venezuela, Honduras, et surtout la Bolivie où les USA financent une opposition à Evo Morales en vue de la division du pays si ce n’est à lui imposer un régime pro-américain qui dénationaliserait les hydrocarbures ! Soutenus par les USA, les opposants soutenus par des escadrons de la mort avaient des velléités de cession placées sous ce slogan : “Avant que le sang ne coule dans le fleuve, ne serait-il pas mieux de nous séparer en amis pour que chaque nation gère ses propres ressources et règle ses propres problèmes ?”
Testée au Nicaragua, en Bolivie, en équateur et au Venezuela, la méthode du diviser pour régner par l’entremise du terrorisme (2) est adoptée avec brio à un monde arabe où ils gagnent même l’organisation censée défendre les pays membres et qui se met à les exclure, les placer sous embargo et les menacer de l’ingérence de l’Otan ! Comment des musulmans et des Arabes peuvent-ils accepter une intervention dans un pays frère par la coalition militaire la plus prédatrice du monde ? Est-ce un hasard si les deux pays qui s’opposent aux visées sionistes (Syrie et Iran) sont devenus les cibles de la propagande politique et médiatique la plus féroce de l’histoire de l’humanité ? Il a suffi d’adjoindre un ou deux associés arabes pour que la “charité” impérialiste devienne crédible ! De nombreuses vidéos sur la Libye ont été fabriquées dans les studios d’Al-Jazeera. Abdel Jalil a d’ailleurs dit, au sujet de l’une d’elles, que cela faisait “partie des ruses de la guerre” ! Une “ruse de guerre” a donc servi d’alibi à l’ONU pour décréter une invasion et à l’Otan pour tuer des dizaines de milliers de Libyens ! Le “droit international” basé sur une fausse vidéo d’Al-Jazeera !
Bien que la Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie ait rendu son rapport accusant clairement les “groupes armés” de crimes commis en Syrie et relativisant les supposées exactions de l’armée, des dizaines de fausses vidéos sont diffusées sur les chaînes occidentales et même arabes ! Les crimes perpétrés par les escadrons de la mort en Syrie, tout comme les méga mensonges des médias, visent à créer le chaos pour une “intervention humanitaire” assassine. Ce sont les états arabes les plus avancés, les états arabes les plus opposés à l’expansionnisme israélien qui sont visés en premier. L’état syrien a donné à son peuple une autonomie alimentaire, une autonomie en médicaments, une autonomie en produits de confection et de textile, il a développé le tourisme, l’éducation et vient de promettre une nouvelle constitution multipartiste qui est en phase finale de rédaction !
Mais l’Otan et ses pitbulls ne veulent pas d’une constitution démocratique comme ils ne la voulaient pas pour la Djamahiria, qui était elle aussi sur une bonne lancée économique et dont le peuple a été privé d’une résolution du conflit de manière pacifique et sans effusion de sang. Le complot actuel vise non seulement la Syrie mais tous les états ayant un soupçon de démocratie : l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Liban… On se souvient que dans les années 1990, George Herbert Walker Bush promettait un Nouvel Ordre mondial, garant d’un “monde où la primauté du droit remplacer la loi de la jungle”. Il a alors envahi l’Irak avant que son fils ne vienne le détruire et y instaurer la loi de la jungle. Aujourd’hui, cet Ordre promet d’instaurer la “démocratie” chez les Arabes, c’est-à-dire son contraire. L’exemple libyen est encore frais ! Nous sommes en pleine concrétisation du plan, qui a mûri et bénéficié de l’apport du combatif allié qatari ! Le plan impérialo-sioniste vise tous les pays ayant des potentialités à même de les rendre économiquement indépendants. Modèles vassaux à imposer aux Arabes, l’Arabie Saoudite, les émirats et Qatar sont devenus des maillons essentiels de l’impérialisme actuel théorisé par Bernard Kouchner et Zbigniew Brzezinski, actuel conseiller d’Obama, l’usurpateur du prix Nobel de la paix. Son livre, Le Grand Échiquier, où il préconise l’instrumentalisation des terroristes islamistes est plus que jamais d’actualité comme le prouvent les opérations en cours, opérations que les peuples occidentaux se doivent de méditer pour connaître les véritables chefs et commanditaires du terrorisme islamiste international. Dans Le Grand Echiquier, il écrit sadiquement : “Pour utiliser une terminologie qui utilise les concepts des âges les plus brutaux des anciens empires, les trois grands impératifs de la géostratégie impériale sont de prévenir la collusion et d’entretenir la dépendance de la sécurité parmi les vassaux, de les maintenir dépendants et dociles et, enfin, d’empêcher les barbares de s’unir.” Obama prend ce théoricien du mal comme conseiller car il nous veut du bien !
L’acte le plus barbare, le plus abject, le plus terrible, c’est la guerre, ce n’est pas le kadhafisme ni le Livre vert qui ont au moins donné richesse et sécurité aux Libyens, ni le baathisme socialiste syrien qui a édifié un pays stable et économiquement solide ! Aucune conscience, aucune morale ne peut soutenir le contraire, excepté les théoriciens et les adeptes de l’“ingérence humanitaire”, ces ennemis jurés de la nation arabe et du monde.
La Syrie a payé un lourd tribut dans ses guerres contre Israël et à travers l’annexion du Golan par l’état hébreu. Les “opposants syriens” de Paris et de Londres n’osent pas revendiquer la restitution du Golan mais promettent une rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, l’ennemi juré d’Israël !


A. E. T.



NOTE 1 :
http://rt.com/news/syria-terrorism-cia-destabilization-863/

NOTE 2 :
Le Monde diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2010/06/CALVO_OSPINA/19232

Bio express  de Abdel Hakim Belhadj
Né en 1966, il fait ses premières armes en Afghanistan dans les années 80. Après le 11 septembre, il s’installe au Pakistan et aussi en Irak, où il s’est lié d’amitié avec Abu Musab al-Zarqawi. On imagine les crimes qu’il a pu commettre ! En 2003, il est arrêté en Malaisie puis transféré dans une prison secrète à Bangkok jusqu’à 2004, date de sa remise par la CIA à la Libye qui l’emprisonne. Il est libéré en mars 2010, en compagnie de 211 autres terroristes, sur demande du ministre de la Justice et parole donnée de ne pas ne plus commettre d’attentats. Promesse de salafiste !

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La “démocratie” des terroristes et du Qatar ! http://www.liberte-algerie.com/contributions/la-democratie-des-terroristes-et-du-qatar-171622 http://www.liberte-algerie.com/contributions/la-democratie-des-terroristes-et-du-qatar-171622 2012-02-08 09:00:00 Contributions AlI EL HADJ TAHAR L’“ingérence humanitaire” en Libye a engendré des dizaines de milliers de morts (certains parlent de 150 000 morts et de
200 000 blessés)(1). Certes, jamais on ne connaîtra le nombre réel des victimes mais les sept mois d’offensive se sont soldés par 26 323 sorties aériennes, 9 658 raids de bombardement, 7 700 bombes et missiles tirés, sans citer les bombardements navals et les dizaines de milliers d’obus, roquettes et missiles tirés par les milices à leur solde ! Un crime abominable et injustifiable a été commis en Libye alors que Kadhafi avait promis à son peuple et à l’OUA une nouvelle Constitution ! L’Otan, ses commanditaires et protégés avaient cyniquement et froidement mis à exécution leur plan, car ils avaient peur de la sanction des urnes. Froidement et avec préméditation, ils ont ignoré les propositions de médiation de l’OUA et du Venezuela pour parachuter des fantoches et des pantins. Aussitôt intronisé, Abdel Jalil a promis à Israël que la Palestine n’est pas sa priorité et aux Qataris que la polygamie et la charia seront rétablies et les lois progressistes de Kadhafi mises au rebut. Aux séides qui l’ont placé, il réserve des contrats juteux, en puits de pétrole et en factures de destruction et reconstruction(2).
Un rapide coup d’œil à la liste de ses acolytes dans cette soudaine “ingérence humanitaire” qui veut “libérer” les Arabes de leur joug prouve que les intentions de l’Otan sont malsaines : on instaure donc une démocratie avec l’aide de l’Arabie Saoudite et du Qatar ? Ces monarchies absolutistes n’ont même pas un minimum de vie politique. Dans le premier, la femme n’a même pas le droit de conduire une voiture et dans l’autre, où une famille accapare toutes les richesses du pays, l'émir Hamad cumule les postes de chef de l'État et de Chef du gouvernement ! Le plan vise plutôt à nous imposer ces modèles archaïques et pourris. Il ne vise pas seulement la Syrie mais tous les pays arabes ayant ne serait-ce qu’un soupçon de démocratie ! Ce germe de démocratie, le Qatar et l’Arabie Saoudite veulent l’extirper afin qu’il ne contamine pas leurs peuples maintenus sous l’oppression avec la bénédiction des USA qui pillent leurs richesses. Au Qatar, les travailleurs immigrés sont des esclaves mais Doha n’envisage même pas d’adhérer à la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants. Sur instigation de qui la FIFA lui a-t-elle accordé l’organisation de la Coupe du Monde 2022 sans penser au droit de ces esclaves chargés de la construction des stades ? (3) En tout cas, en novembre 2011, la Confédération syndicale internationale et plusieurs autres syndicats ont remis à M. Sepp Blatter une lettre qui annonce l’organisation d’une campagne syndicale intitulée “Pas de Coupe du Monde au Qatar sans respect du droit du travail”. 80% de la population de ce pays se compose d’ouvriers étrangers dont l’écrasante majorité dort sur des lits superposés dans des conditions infernales.   
L’Otan fait donc ses “révolutions démocratiques” avec Abdel Jalil, ce même ministre qui a jugé et emprisonné les infirmières bulgares et de nombreux islamistes libyens, dont il devient par la suite le leader ! Elle fait ses “révolutions démocratiques” avec les chefs terroristes d’Aqmi, ces Ismael as-Salabi, Abdelhakim al-Assadi, Ali Salabi et Abdel Hakim Belhadj ! L’Otan remplace un “dictateur” par ses complices et par des criminels ! Les salafistes et des terroristes d’Al-Qaida sont eux aussi parmi les partants de la “révolution syrienne” !
Les monarchies pétrolières sont donc exemptes de démocratie mais il leur est fait appel pour instaurer des “démocraties” en Syrie, en Libye et ailleurs ! En vérité, c’est leur modèle que l’Otan veut nous imposer avec force navires de guerre, missiles et bombardiers ! Le but lointain vise à balkaniser nos pays, pour une domination définitive et sans retour.
Très vite mise à exécution, l’attaque contre la Libye s’inscrivait donc dans un plan étudié depuis longtemps et mis en branle juste après la première “intervention humanitaire” française en Côte d’Ivoire pour installer Ouattara et destituer le président Gbagbo. Il a suffi d’une manifestation le 15 février 2011 fomentée par Abdel Jalil à Benghazi et suivie d’une émeute deux jours après pour que la Libye soit accusée de génocide et de crimes barbares par l’ONU, qui adopte une résolution à peine neuf jours après ! Destituer devient un jeu d’enfant désormais ! Les drames causés récemment par l’Otan en Irak, en Côte d’Ivoire et en Libye nous imposent d’exiger que les Syriens ne fassent pas les frais d’un phosphore blanc et de bombes incendiaires, selon le Centre tunisien de relations internationales  !(4)
Le plan de l’Otan vise à restructurer la carte du monde arabe, d’abord en créant l’instabilité et le chaos dans les pays visés, avec pour but second de les rendre vulnérables afin d’atteindre l’objectif final de leur émiettement en mini-États sans poids ni capacités et dont les ressources seront à disposition des pillards de richesses. La mainmise sur les richesses arabes, la sécurité d’Israël, le containment (endiguement) de l’Iran, de la Russie et de la Chine, exigent une refonte de la carte en mini-États, de préférence ennemis les uns des autres car créés sur la base confessionnelle et culturelle. Le Soudan, qui a subi une propagande mensongère d’assassinat de deux millions de chrétiens, a fini par être divisé il y a à peine quelques mois de cela en deux  états répondant à ces critères confessionnels ! Le plan de l’Otan vise à démembrer nos pays et nous imposer des frontières conformes aux desseins expansionnistes, impérialistes et sionistes actuels. Alors adieu la Palestine ! Surtout lorsque l’émir du Qatar aura catapulté d’autres sbires !
Maintenant que la menace de l’Otan pèse sur n’importe quel pays, plusieurs nations manifestent leur inquiétude comme l’a résumé Thébo Mbeki, ancien président d’Afrique du Sud : “Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c’est un grand désastre”(20 septembre 2011). D’ailleurs, arborant son sourire visqueux, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a même la délicatesse de nous prévenir après la chute de Tripoli : “Comme l’a prouvé la Libye, on ne peut pas savoir où arrivera la prochaine crise, mais elle arrivera”, disait-il le 5 septembre 2011 ! Suivez mon regard… “De facto, le Conseil de sécurité, d’un outil de conciliation et de maintien de la paix, devient un instrument de guerre”, écrit Robert Charvin, juriste international, professeur émérite de droit à l'université de Nice Sophia-Antipolis et doyen honoraire de la faculté de droit et des sciences économiques de Nice. Un conseil de sécurité qui a adopté une résolution pour l’invasion d’un pays musulman, l’Irak, sur la base de mensonges relatifs à sa possession d’armes de destruction massive, un Conseil de sécurité qui adopte une résolution contre la Libye sur la base d’une vidéo fabriquée par Al Jazeera !
Robert Charvin a répertorié les violations flagrantes au droit international et les crimes commis au nom de ce même droit par l’Otan qui a visé de nombreuses cibles civiles, des voies de communication, des centres industriels ainsi que d’autres centres vitaux et même des monuments historiques. Elle n’a pas hésité à attenter délibérément à la vie du président d’un pays membre des Nations unies ! Il ajoute : “Le principe qui semble découler de cette pratique occidentale, c’est que ce ne sont plus les États qui ont droit au droit international, ce sont les régimes bénéficiant de l’aval des puissances occidentales.”
La première violation du droit est que l’Otan a outrepassé le mandat de l’ONU car elle se devait de boucler le ciel afin d’empêcher le décollage des avions libyens, or elle a vite commencé à bombarder les cibles militaires et civiles. Mais à la télé, la “beauté des images” des avions et des navires donnait l’impression qu’il s’agissait d’un jeu vidéo. Oui, un jeu vidéo car dans cette opération il y a eu des milliers de victimes d’un côté et aucune victime occidentale ! Dans un jeu vidéo, on ne se soucie pas des morts chez l’ennemi ! Les photos figurant dans le reportage que Pierre Piccinin (5) a réalisé en Libye après la “victoire” du CNT en novembre 2011 montrent des dégâts matériels qui donnent une idée de l’ampleur des pertes humaines ! Des villes entières acquises à Kadhafi transformées en ruine par les bombardements de l’Otan ! Les Libyens ont dit à ce journaliste qu’il y a eu des milliers de victimes comme le laissent penser les photos. Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Alliance atlantique peut être fier : “L’Otan et ses partenaires ont appliqué avec succès le mandat historique de l’Organisation des Nations unies pour protéger le peuple de la Libye”. Mandat historique !
Mais Abdel Jalil, le chef du CNT, fête la victoire à l’ONU le 20 septembre 2011 devant les présidents Obama et Sarkozy, le SG de l'ONU Ban Ki-moon et d'autres dirigeants lors d'un Sommet des “amis de la Libye” en marge de l'Assemblée générale des Nations unies et il dit : “Nous avons perdu
25 000 martyrs, il y a le double de blessés”. Il ne parle que des “martyrs”, pas des “infidèles” de Kadhafi ! Avec son titre de chef d’État, il ne parle que du camp qui l’a amené au pouvoir, car les dizaines de milliers d’autres qui ont défendu l’honneur de la Libye ne sont pas reconnus comme Libyens ! Aussi catastrophique que le chiffre d’Abdel Jalil et que le nombre d’obus et de missiles devrait donc être le nombre des morts, des blessés, des vies cassées, d’enfants traumatisés, de terreurs vécues, de dégâts matériels engendrés, d’infrastructures bombardées pour augmenter la facture de la “reconstruction”, de maisons détruites et qui ne seront jamais remboursées… Car pour l’Otan peu importe la paix, la quiétude et la sécurité et encore moins le développement des peuples de nos pays. Seul compte son projet qui épouse parfaitement la dictature néolibérale et sioniste qui doit régner partout pour bien marcher. Quitte à passer sur le corps de dizaines de milliers d’Irakiens, Libyens, Syriens…


A. E. T.


NOTE 1 :
Le journaliste américain Webster Tarpley qui a couvert l’invasion contre la Libye parle de 150 000 morts.
http://rt.com/news/syria-terrorism-cia-destabilization-863/
http://www.legrandsoir.info/30-000-bombes-60-000-morts-une-sacree-mission-humanitaire-counterpunch.html

NOTE 2 :
http://www.pierrepiccinin.eu/article-libye-lettre-de-libye-kadhafi-mort-la-conquete-s-acheve-l-occupation-s-impose-la-resistance-s-orga-92568600.html
http://www.michelcollon.info/Kadhafi-mort-la-conquete-s-acheve.html

NOTE 3 :
http://www.bwint.org/default.asp?Index=3828&Language=FR
Rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur le Qatar :
http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/docs/14session/A.HRC.14.2.Add.1
_fr.pdf
Article avec images sur les conditions des travailleurs au Qatar :
http://www.rue89.com/2008/07/07/au-qatar-visages-des-soutiers-de-la-croissance

NOTE 4 :
http://tunisitri.wordpress.com/2011/10/19/beni-walid-bombarde-au-phosphore-blanc/

NOTE 5 :
http://www.pierrepiccinin.eu/article-libye-lettre-de-libye-kadhafi-mort-la-conquete-s-acheve-l-occupation-s-impose-la-resistance-s-orga-92568600.html
Dans une interview, le chercheur américain Serge Adam parle des méthodes employées par les pays de l’Otan pour faire de la désinformation, de la propagande, de la manipulation des foules et des services ennemis.
http://sergeadam.blogspot.com/
http://www.youtube.com/watch?v=To6TyvghLaQ&feature=share
Blog en anglais : http://www.qatarbook.fr/
http://www.infosyrie.fr/actualite/al-qaida-rejoint-avec-reserves-la-coalition-americano-euro-saoudienne).

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Ingérence étrangère : Libye, Syrie, à qui le tour ? http://www.liberte-algerie.com/contributions/ingerence-etrangere-libye-syrie-a-qui-le-tour-171509 http://www.liberte-algerie.com/contributions/ingerence-etrangere-libye-syrie-a-qui-le-tour-171509 2012-02-07 09:00:00 Contributions AlI EL HADJ TAHAR En Occident, toute opposition armée est combattue par l’État avec force et désignée comme terroriste : IRA, ETA, FLNC corse, ALNS corse, ANC corse, Brigades rouges, PKK turc…  

Pourquoi donc les terroristes qui sèment la mort en Syrie sont-ils soutenus, armés, équipés et entraînés par ce même Occident au mépris de toutes les lois internationale sur le terrorisme et sur l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays libre ? Pourquoi plusieurs pays de l’Otan soutiennent-ils militairement et logistiquement ces mercenaires alors que la délégation de la Ligue arabe était encore sur place pour vérifier les informations relatives aux supposés massacres perpétrés par l’armée et la police syriennes ?
Plusieurs médias occidentaux dont le Canard Enchaîné ont révélé que leurs pays ont envoyé des agents (CIA, MI6, DGSE, BND…) pour soutenir et former les terroristes islamistes déguisés en “révolutionnaires” ou en “déserteurs” (1). Ces révélations ne laissent aucun doute sur les intentions de ces pays dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne veulent pas le bien de la nation arabe. Plusieurs autres informations indiquent que la Turquie sert de base arrière avant l’attaque espérée. Des reportages diffusés sur des chaînes françaises ont montré leurs journalistes et de supposés “révolutionnaires armés” rentrer illégalement en Syrie depuis la Turquie. Est-il normal que ces journalistes accompagnent des hommes en armes qui tuent et sabotent dans un pays indépendant ? Est-il normal que ces pays envoient des militaires former des révolutionnaires ou des contre-révolutionnaires dans des pays indépendants ? Hillary Clinton, quant à elle, a trouvé normal d’exhorter ces “révolutionnaires” (que sa CIA sait bien être des terroristes salafistes) de ne pas déposer les armes, suite à la promulgation d’une loi sur le pardon et la repentance par l’état syrien et visant à ramener les égarés au droit chemin !
Elle a fait sa fetwa conjointement avec Cheikh Al-Qardaoui, le nouveau laudateur du sionisme, l’homme providentiel de la fitna, qui a déjà applaudi les terroristes de l’AIS et du GIA. Après avoir prêché pour l’offensive contre la Libye de Kadhafi aujourd’hui il joint sa voix à celle d’Hillary Clinton pour le djihad contre le “régime” syrien, c’est-à-dire à tuer, à détruire, terroriser... Dans l’effectif de l’Otan rien ne manque donc : pas même les imams de service ! Ne s’étonnent plus ceux qui pensent que le terrorisme islamiste est un outil et un instrument de la Maison-Blanche et de l’Otan, comme il l’a toujours été depuis longtemps et surtout depuis la guerre d’Afghanistan.
Les états impérialistes ont déjà soutenus et continuent à soutenir des dizaines de dictateurs sanguinaires comme Bokassa, Mobutu, Omar Bongo, Gnassingbé Eyadéma, ces valets du néocolonialisme qui a sucé et continue de sucer des états soumis. Ils ont installé, protégé et armé les dictatures les plus féroces, celles de Jorge Videla, responsable de la mort de 30 000 Argentins, de Pinochet, responsable de la mort de 3200 Chiliens et de 38 000 cas de torture, de François Duvalier (Papa Doc) et son fils Jean-Claude Duvalier (Baby Doc) en Haïti, du général Carlos Castillo Armas au Guatemala, puis du général Efraín Ríos Montt qui rase 440 villages et tue près de 200 000 Mayas ou les jette par hélicoptère dans l'océan Pacifique, celle d’Anastasio Somoza, le dictateur nicaraguayen qui régna de 1936 à 1956 et auquel succédèrent ses fils Luis et Anastasio et qui sont commis plus de 97 000 crimes et engendré des dizaines de milliers de morts, celle du sinistre Franco, les colonels grecs et beaucoup d’autres criminels de guerre et d’assassins que les USA et les pays de l’Otan ne se sont jamais cachés de soutenir. Aujourd’hui ils se découvrent soudainement des vertus altruistes à travers cette “ingérence humanitaire” qui veut cacher la nouvelle face de l’impérialisme version XXIe siècle. Aucun, vraiment aucun dictateur arabe, ni Saddam, ni Ben Ali, ni Kadhafi, ni Moubarek, n’a commis les crimes des criminels cités plus haut et protégés par les USA et les autres pays de l’Otan.
Par quel miracle l’impérialisme peut-il se transformer en saint et nous vouloir du bien aujourd’hui ? Ces anciens colonisateurs n’acceptent même pas la repentance pour leurs crimes en Algérie, en Tunisie, au Sénégal, au Vietnam, au Cambodge et ailleurs tout en prétendant vouloir “aider” des pays arabes à se libérer de leurs “dictateurs” ! Oui, “aider” comme ils l’ont fait en l’Irak qu’ils ont transformé en un champ de ruines ! L’Irak où ils sont responsables de la mort de deux millions de personnes ! L’Irak que leur “ingérence humanitaire” a plongé dans une crise et une désolation qui n’ont jamais existé sous Saddam, le supposé dictateur assassiné un jour de l’aïd ! “Aider” comme ils l’ont fait en Afghanistan, transformé en terre de pavot, de pauvreté et de terrorisme, ce virus occidental qui a défiguré les paroles d’Allah et du prophète et semé la discorde ! Produit de la CIA, le terrorisme islamiste a commencé en Afghanistan et il continue d’être leur instrument de destruction, leur arme de division, leur outil de discorde. Divides ut regnes !
Les escadrons de la mort qui opèrent en Syrie agissent comme les Contras, ces criminels aidés et financés par le CIA de Ronald Reagan et qui ont fait 30 000 morts au Nicaragua ! Tirs aveugles, bombes, kidnappings, destructions ! C’est également ainsi qu’a commencé la “révolution libyenne”, avec une horde de criminels dirigés par les chefs de l’AQMI et que le CNT de la “Libye libre” d’Adel Jalil a désignés comme responsables politiques ou militaires : Abdel Hakim Belhadj, Ismael as-Salabi, Abdelhakim Al-Assadi et Ali Salabi. Le plan islamiste qui a échoué en Algérie où il s’est fracassé contre la résistance de l’armée et du peuple, s’est concrétisé en Libye. Comme un fruit mûr, la Tunisie et tombée et sa “révolution” détournée par l’islamiste qui l’a peut-être concoctée. Le même plan est en train de viser la Syrie, avec les moyens du terrorisme islamiste et une coalition d’opposants, islamistes et libéraux, tous vivant à l’étranger et que ne semble réunir que leur vue commune sur la paix avec Israël et leur insistance pour une intervention de l’Otan afin d’en découdre le plus tôt possible avec El-Assad comme leurs alliés libyens ont fait avec Kadhafi, en provoquant la mort de milliers d’innocents et le destruction des biens.
Des personnes qui demandent une ingérence militaire dans leur propre pays sont-ils des opposants ou des traîtres ? Une opposition qui ne venait qu’en touriste en Syrie est-elle représentative du peuple ? Une opposition qui est propulsée au devant de la scène internationale par une propagande sans pareille dans l’histoire de l’humanité ne peut être nationaliste et ne peut que s’inscrire dans un projet de trahison qui dépasse la seule Syrie et qui vise le monde arabe tout entier, si ce n’est le monde entier et que nous allons démonter dans cette analyse.
L’opposition syrienne réellement représentative se trouve en Syrie avec le peuple et se compose de nassériens, de socialistes, libéraux, gauchistes, trotskistes et même d’islamistes nationalistes… Cette opposition refuse toute ingérence militaire étrangère et partage avec le pouvoir la vue sur la question sacrée de la Palestine, mise au-dessus de toute autre considération. El-Assad ne pouvait-il pas régler ses problèmes avec Israël à la manière de Sadate, qui a signé les accords de Camp David le 17 septembre 1978 ou du roi Hussein de Jordanie qui a signé un traité de paix israélo-jordanien le 25 juillet 1994 ?
La Syrie n’a qu’une chose à dire : “Paix avec Tel-Aviv” pour que cessent immédiatement les attaques terroristes islamistes, et Bachar deviendrait le chef d’état le plus démocratique du monde ! Le Golan syrien est occupé depuis 1967 et annexé par Israël depuis 1981 mais ni Hafidh El-Assad ni Bachar n’ont sacrifié la fierté et la dignité pour sa rétrocession. Et si l’ONU se souciait de la légalité internationale pourquoi n’exige-t-elle pas d’Israël la rétrocession de ce territoire dont le Conseil de sécurité a pourtant condamné l’annexion ?
Les millions de personnes qui manifestent à Damas et ailleurs contre l’ingérence étrangère et le terrorisme qui frappe leur pays attestent d’une maturité et d’une conscience que la question palestinienne est intimement liée au nationalisme qui fonde l’union et la culture de ce peuple. La culture d’Israël et de faire plier les nations par la force, et le seul état arabe qui s’oppose à cela est celui de Syrie.
Les promesses des nouveaux chefs libyens et tunisiens à Israël présagent des concessions que devront faire les pantins que l’Otan veut installer à Damas ! C’est aussi cette trahison que refusent les Syriens qui savent que le complot est plus vaste que cela. Pourquoi cette ONU toujours si prompte à sanctionner les Arabes et les musulmans ne fait-elle rien contre l’état hébreu qui possède des centaines de bombes atomiques, et qui sont une menace perpétuelle pour la région et pour le monde ?
En Syrie, le président cristallise cette conscience que la cause palestinienne est au cœur de la dignité nationale, une conscience pétrie dans le refus de l’humiliation subie chez les voisins qui sont en paix avec Israël mais que leur conscience ne laisse pas tranquille. Car les cris des bébés et des enfants palestiniens parviennent jusqu’à eux. C’est un état qui ne plie pas devant l’hégémonie sioniste qui garantit cette dignité, payée par la perte de tout un Golan et que nul Syrien ne veut voir rétrocéder par la trahison d’une cause sacrée.
Une cause sacrée qu’une poignée de Syriens vivant à Paris et Londres promettent de fouler aux pieds en s’alliant aux terroristes pour l’imposer l’humiliation. Mais la voix nationaliste s’est exprimée à travers des manifestations grandioses à Damas et ailleurs, des manifestations qui montrent qu’aimer son “dictateur” peut être un droit et une fierté, si tant est bien sûr que ce président en soit un ; ce qui est absurde car le niveau économique, culturel et social de ce pays prouve le contraire. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et le Conseil national syrien (CNS) dirigé par Bourhan Ghalioun sont représentés par des opposants installés à Paris, Londres et New York. Est-il possible que ces opposants qui vivent depuis des années à l’étranger soient représentatifs d’un pays qu’ils visitent en touristes, une ou deux fois par an ? Formé essentiellement de libéraux et d’islamistes, ils soutiennent une “Armée syrienne libre” (ASL) essentiellement constituée d’éléments d’Al Qaeda pour arriver au pouvoir ; et leur trahison les a condamnés à demeurer en exil ou à rendre des comptes comme elle a condamné les chefs politiques du parti algérien dissous à se taire à jamais ! Bourhan Ghalioun enseigne en France où il vit de manière permanente. Zuhayr Salim, un autre membre essentiel de ce CNS, est un islamiste vivant à Londres qui révèle les desseins de ce courant extrémiste dans un entretien sur le blog d’opposants kurdes (KurdWatch) sous le titre sécessionniste : “En enfer l’identité syrienne ! Nous ne reconnaissons pas la Syrie.” Abdel Halim Khaddam, 73 ans, ancien vice-président installé en France, a lui aussi reçu les promesses parisiennes de prendre le fauteuil de Bachar. Il se targue de moderniste mais pose en photo avec le théoricien d’Al Qaeda, l’imam Al-Qardaoui dont il partage l’option ingérence. Khaddam dit que l’armée syrienne est une “armée d’occupation” et souhaite “une intervention militaire occidentale comme en Libye”. Tous ces “opposants” soutiennent les agissements de terroristes islamistes qui s’affublent du titre d’Armée syrienne libre et dont les forfaits sont aussi barbares que ceux diligentés par le FIS en Algérie. Complice de ce complot, la Ligue arabe squattée par Qatar a proposé à Damas un “projet” qui met la charrue avant les bœufs et vise donc à donner le pouvoir aux islamistes : ses préalables sont le transfert du pouvoir du président El-Assad au profit de son vice-président, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale et l'organisation d'élections "libres".
Quid du projet de constitution que le gouvernement est en train de rédiger avec l’opposition nationale et que les syriens ne verront probablement jamais si les valets de Qatar prennent le pouvoir.


A. E. T.



NOTE 1 :
A. Synthèse de l’article du Canard Enchaîné par le Nouvel Observateur :
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111122.OBS5105/la-dgse-va-t-elle-former-les-deserteurs-syriens.html
B. Le témoignage du journaliste américain est dans une vidéo
à cet URL :
http://rt.com/news/syria-terrorism-cia-destabilization-863/

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Entre morts et mémoires http://www.liberte-algerie.com/contributions/entre-morts-et-memoires-albert-camus-171239 http://www.liberte-algerie.com/contributions/entre-morts-et-memoires-albert-camus-171239 2012-02-03 17:50:57 Contributions M. BELHASSEB
« Oui, c’est vrai. Des hommes et des sociétés ont marqué ce pays avec leur civilisation de sous-officiers. Ils se faisaient une idée basse et ridicule de la grandeur et mesuraient celle de leur Empire à la surface qu’ils couvraient. Le miracle, c’est que les ruines de leur civilisation soient la négation de leur idéal. Car cette ville squelette, vue de si haut dans le soir finissant et dans les vols blancs des pigeons autour de l’arc de triomphe, n’inscrivait pas sur le ciel les signes de conquête et de l’ambition. Le monde finit toujours par vaincre l’histoire. »
Albert Camus, Le vent à Djémila, p.,31.3.



La pose d’une plaque commémorative (sic) sur le frontispice de la maison natale d’Albert Camus à Dréan (ex Mondovi), il y a quelques jours, par l’ambassadeur de France en Algérie, ne relève pas de l’anodin vue des deux rives. Vue de l’autre rive, l’événement se prête bien à cette lecture chargée, voire même surchargée de sens, à la veille d’une élection présidentielle où se multiplient les gestes ravivant la mémoire commune entre l’Algérie et la France. Si François Hollande a préféré jeter des fleurs sur la Seine à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961, Nicolas Sarkozy, qui voulait panthéoniser Camus au début de son mandat, a préféré le commémorer à la source, sur sa terre natale ! Vue de cette rive ci, rien n’a été dit et le wali d’El Taref qui accompagnait l’ambassadeur de la France faisait dans le diplomatiquement correcte puisque le silence pèse lourd sur l’homme et son œuvre parce qu’ici la mémoire de Camus n’a pas droit à la parole. Pareil encore pour le cinquantenaire de la mort de l’écrivain, il y a deux ans où toute parole était non seulement souhaitable mais interdite puisque une pétition circulait déjà pour interdire toute activité commémorative de cet événement.
Entre ces passions de part et d’autre des deux rives que reste-t-il aujourd’hui aux lecteurs algériens de cet homme et de son œuvre ?
La question est pertinente et se pose avec acuité chaque fois qu’il est question de Camus et de son œuvre qui porte l’Algérie dans ses moindres interstices. Car que serait cette œuvre si on lui ôtait sa terre nourricière, sa sève même ?
Le poids du silence sur Camus, ici, a bien une cause : c’est cette conviction que se sont faite, depuis l’indépendance de l’Algérie, certains de nos compatriotes parmi les plus instruits qu’Albert Camus reste un écrivain français, un colonialiste de la première heure. Ses écrits dépeignent le colonisateur et sa conscience d’hégémonie sur les autochtones et autres arabes qui constituent juste un élément du décor. Or, cette position est-elle indemne de parti pris politique et idéologique ? Un parti pris à la peau dure puisqu’il a résisté cinquante années durant sans même qu’il ait été soumis à la critique scientifique. Le peu de travaux universitaires ou autres contributions, d’ailleurs, ne font que reconduire cet établissement définitif. On se rappelle alors le numéro spécial de la revue de l’ILE de 1990, Albert Camus au présent, qui, dans son préambule affichait cette volonté d’une « lecture algérienne » celle justement de consacrer l’établissement définitif. A la veille de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, ne sommes-nous pas appelés à revoir cette lecture définitive de l’œuvre camusienne qui nous dit, qui nous écrit ? Cette entreprise relèverait alors du dépassement même des préjugés et autres égoïsmes car elle appellera à la pertinence scientifique, à la lecture productive, celle qui élargirai l’horizon de l’œuvre et l’inscrirai dans de nouveaux contextes puisque ceux qui ont vu l’écriture de l’œuvre sont largement consommés et largement dépassés ! Cette entreprise de renouvellement de la lecture des textes de Camus doit concéder, au moins, ce qui a été admis par les lectures, et qui reste la préoccupation fondamentale de Camus, à savoir : l’homme aux prises avec son destin. Du coup, la question de la réception de l’œuvre camusienne reste d’actualité. Il est évident, à en croire Paul Ricoeur , que l’œuvre reste ouverte et soumise à son lecteur à qui elle appartient et à qui revient le devoir d’élargir et/ou de renouveler son horizon en fonction de ses propres attentes. Cette perspective arracherait l’œuvre de l’horizon qui l’a vu naître et l’inscrirait dans un horizon nouveau celui du présent du lecteur. Il s’agit, pour dire simple, décontextualiser l’œuvre et la recontextualiser en permanence ce dont dépend, fondamentalement, la conscience de la lecture. Car, au demeurant, l’Algérie d’aujourd’hui n’est pas celle d’il y a cinquante ans !
Un constat : si les lecteurs d’aujourd’hui ont conscience de ce fait ils auront conscience certainement que l’œuvre les interpellent…! Le problème encore est que notre mémoire de Camus est vouée au silence et que toute tentative de se le remémorer s’avèrerai vaine du fait que des gardiens de la conscience sont là veillent à ce que cette mémoire camusienne soit vouée aux oubliettes, aux silences. Le paradoxe est que la mémoire qui travaille l’œuvre de part en part, et nous travaille, refuse tout enfermement dans le passé au profit du présent même s’il faut créer des morts conscientes : « Créer des morts conscientes, c’est diminuer la distance qui nous sépare du monde à jamais perdu, et entrer sans joie dans l’accomplissement, conscient des images exaltantes d’un monde à jamais perdu. »  C’est bien cette âpre leçon de la terre d’Algérie que Camus a commencé à apprendre dès sa tendre jeunesse. S’il faut s’en apprivoiser, il suffit de parcourir ses premiers écrits écrits entre 1933 et 1935 et publiés entre 1937 et 1939, à savoir L’envers et l’endroit et Noces. Ecrits dans lesquels Camus, il le dit dans la Préface de la réédition de L’envers et l’endroit de 1958, n’a pas beaucoup marché. Il est resté le même. Ces essais sont définitifs, emblématiques même, dans l’ensemble de l’œuvre. Ils racontent les tribulations d’un jeune homme aux prises avec son destin qu’il essaye d’apprivoiser en cherchant des évidences dans la contemplation de la terre d’Algérie et de sa lumière ; où le jeune homme empoignant ses angoisses
errait et allait à la rencontre du monde avec sa conscience lucide : « A cette extrême pointe de l’extrême conscience, tout se rejoignait et ma vie m’apparaissait comme un bloc à rejeter ou à recevoir. J’avais besoin d’une grandeur. Je la trouvais dans la confrontation du désespoir profond et de l’indifférence secrète d’un des plus beau paysage du monde. J’y puisais la force d’être courageux et conscient à la fois. »  Ne trouve-t-on pas ces traces dans le « Premier homme » puisque cette errance conduit l’écrivain, le jeune homme, vers cet immense oubli, vers la patrie des hommes de sa race, le lieu de l’aboutissement d’une vie commencée dans ses racines ; le lieu même de la lecture si, toutefois, la lecture accèderait à la conscience de l’œuvre ! Toute conscience d’une œuvre est conscience de lecture, nous dit encore Ricoeur. L’Algérie de Camus telle qu’il l’écrit tout au long de son œuvre se concentre dans ses premiers écrits forgés dans ces « images simples et éternelles », source unique que l’écrivain a gardé au fond de lui. Pour Camus de cette époque, et même pour celui de l’après Nobel, cette source unique irriguée des senteurs et des odeurs de la terre ocre de son enfance algéroise, son ciel bleu écru et la mer argentée, et de loin en loin encore le désert qui se révéla une nuit à Janine… l’a forgé comme homme et comme artiste et lui a donné sa mesure profonde ce sur quoi, en effet, il revient dans la Préface de 1958 : « Pour moi, je sais que ma source est dans L’envers et l’endroit, dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu et dont le souvenir me préserve encore des deux danger contraires qui menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction. »                                                                     
Il y a dans l’œuvre de Camus une conscience réelle de sa terre natale. N’est-elle pas d’ailleurs la force unique qui le travaille chaque fois qu’il se mettait à écrire ? Oui, cette conscience est aigue chez ce petit pauvre de blanc de Beb El oued que Jean Grenier, le maître et le tuteur incontestable, avait bien orienté vers des réflexions profondes. C’est lui encore qui l’orienta vers Saint Augustin et Plotin dans ses débuts universitaires. Son mémoire de DES traitait déjà de ces deux philosophes de cette rive ci, deux hommes du Sud, comme lui, méditerranéens et nord africains ! L’homme Camus, et l’artiste aussi, était obscurément, comme il le dit, resté attaché à ses racines du sud, comme Faulkner, à jeter de la lumière sur cette partie obscure en lui que la critique française de l’époque, et même d’aujourd’hui, a oubliée. Ni L’Etranger, ni La Peste, ni L’Exil et le royaume ni encore moins Le Premier homme n’ont fait l’économie de l’Algérie. Elle est cette conscience aigue de l’œuvre qui la ferait accéder à l’éternité de la lecture ! Il n’a point de risque dès lors de dire que cette terre natale tant aimée est celle là même qui dessine cette géographie de l’absurde, quant on sait que l’absurde est ce dur face à face de l’homme avec son destin ; elle serait alors la terre de la révolte, la révolte même faible de l’esprit !
S’il est question, pour le lecteur aujourd’hui, de saisir la profondeur du questionnement absurde n’est-ce pas la terre d’Algérie qui lui apporterait des réponses ? Non seulement des réponses mais les évidences même sur une réflexion profondément humaniste et franchement orienté vers l’universel. S’il est en effet un sens auquel pourrait accéder l’œuvre, et de ce fait de sa lecture ce serait cet universel humain car au demeurant que serait l’Algérie sans cette aspiration à l’universel !
Le travail de renouvellement de lecture qu’il nous appartient aujourd’hui d’effectuer à propos de Camus devrait dégager notre mémoire des clivages idéologiques pour l’inscrire dans l’ordre universel du monde : «  Ce pays est sans leçons. Il ne promet ni ne fait entrevoir. Il se contente de donner, mais à profusion. Il est tout entier livré aux yeux et on le connaît dès l’instant où l’on en jouit. Ses plaisirs n’ont pas de remède, et ses joies restent sans espoir. Ce qu’il exige, ce sont des âmes clairvoyantes, c’est à dire sans consolation. Il demande qu’on fasse un acte de lucidité comme on fait un acte de foi. Singulier pays qui donne à l’homme qu’il nourrit à la fois sa splendeur et sa misère ! » Au delà de la guerre des mémoires, comme le dit si bien Mohamed Harbi, ces mots retentiront comme un cri de grâce et délivreront l’œuvre et son lecteur des jougs idéologiques de circonstance. Ce qu’il faut au travail de renouvellement de lecture, à la décontextualisastion et recontextualisation de l’œuvre c’est de donner parole à notre mémoire sourde, interdite de parole, victime alors d’égoïsmes qui n’apporterait rien aux aspirations universelles de l’Algérie d’aujourd’hui. Camus reste un écrivain de chez nous, un écrivain d’ici. Il mérite la place qui est la sienne parmi nous, sans préjugés ni égoïsmes, car au moins il nous ouvre les yeux sur notre présent, sur un présent impérissable…!


M.BELHASSEB( enseignant de littérature française à l'université de Guelma ), le 30 janvier 2012.



1 - Albert Camus Au présent, revue de l’ILE d’Alger, OPU, 1990.
2 - Paul Ricoeur, Temps et Récit, TIII, particulièrement le chapitre IV, le monde du texte et le monde du lecteur, Seuil, Paris, 1986.
3 - Albert Camus, Le Vent à Djémila, p., 31.    
4 - Albert Camus, La mort dans l’âme, p.,  94.
5 - Préface de la réédition de 1958, p., 2.
6 - Albert Camus, L’été à Alger, p.,34.

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France-Maroc, une relation incestueuse http://www.liberte-algerie.com/contributions/france-maroc-une-relation-incestueuse-un-livre-decortique-les-liens-entre-les-deux-pays-171061 http://www.liberte-algerie.com/contributions/france-maroc-une-relation-incestueuse-un-livre-decortique-les-liens-entre-les-deux-pays-171061 2012-01-31 09:00:00 Contributions Rédaction de Liberté Ali Ammar, fondateur de l'ancien hebdomadaire marocain indépendant Le Journal, et Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au Monde, expert du Maghreb, viennent de publier Paris-Marrakech : luxe, pouvoir et réseaux, une enquête fouillée qui démontre les complicités entre le pays royal et la classe politique française, gauche et droite. Ce livre permet de comprendre pourquoi la France est toujours du côté de Rabat dans ses conflits avec Alger. Nous en proposons quelques extraits.

Le rite ne change pas. Que la France se mette en congé et voilà Marrakech saisie par la fièvre. “Vacances” rime alors avec “effervescence” pour la cité presque millénaire. à l'aéroport international Marrakech-Menara, l'agitation est palpable. Le hall d'arrivée ressemble à un souk. On s'y bouscule gentiment sous l'œil goguenard des policiers de service. Les douaniers aussi sont à leur poste, près de la sortie. S'ils auscultent, palpent, fouillent les valises des Marocains de retour au pays, ils délaissent les bagages des touristes français. Bienvenue “dans le plus beau pays du monde”, comme l'assure la publicité de l'office du tourisme. à deux pas des guichets des passagers “normaux”, la file réservée aux diplomates et aux équipages s'écoule en bon ordre. Qui aurait imaginé qu'autant d'ambassadeurs, actifs ou à la retraite, fréquentent Marrakech ? Peu de têtes connues parmi ceux qui, passeport à la main, valise à roulettes dans l'autre, patientent devant les policiers plantés derrière leur comptoir comme les caissières d'un supermarché. Ni ministre, ni dirigeant politique, ni parrain du CAC40. La raison est simple. à peine débarqués, quelques-uns de ces happy few se sont engouffrés dans une limousine qui les attendait au pied de la passerelle de l'avion ; les autres se sont dirigés tout naturellement vers les salons pour VIP installés un peu à l'écart. Les formalités y sont douces. Traitement de faveur identique pour les clients de la Mamounia et d'une poignée de palaces pris en main et choyés dès leur arrivée. Un salon particulier les accueille avec boissons fraîches et serviteurs en gants blancs. En ce Noël 2010, Marrakech a fait le plein de beau monde. C'est une fin d'année hors du commun. Un cru exceptionnel. Jamais jusqu'alors Kech n'a réuni autant de membres de la France d'en haut. Jamais autant de VIP n'ont débarqué de Paris.
Premier de cordée, Nicolas Sarkozy a donné le ton. Au départ, le président français et son épouse Carla avaient d'autres projets : changer d'hémisphère, aller en Afrique du Sud pour oublier la France et ses frimas. Marrakech, ils y étaient pour le réveillon 2009. Pourquoi ne pas aller voir ailleurs ? Mais une offre royale, de celles qu'il est délicat de rejeter, les a contraints à changer de destination. Comme l'année précédente, le monarque mettait à la disposition du couple présidentiel, flanqué d'un des enfants de Carla, Jna Kébir, le dernier-né de ses palais, mélange d'architecture mauresque et de décoration africaine. Caché dans la palmeraie, Jnan Kébir est réputé enchanteur même si l'atmosphère, selon des confidences chuchotées, se révèle un brin ennuyeuse lorsqu'on n'est pas un contemplatif.
Dans le sillage du président, c'est le noyau dur du sarkoland qui a débarqué à Kech. En tête du cortège, l'indispensable Hortefeux, fidèle comme un chien à son maître, déjà annoncé comme directeur de campagne du candidat Sarkozy en 2012, venu avec madame, Valérie Hortefeux, et les époux Balkany, couple sulfureux et provocateur arrivé tout droit de son fief des Hauts-de-Seine. Entre ceux-là, tous grognards de la sarkozie, que de combats communs, de complots, de bagarres contre la chiraquie, contre son ange noir. Dominique de Villepin, contre la gauche, contre le centre...! Fût-il question de ces années de conquête de l'élysée lors du dîner qui les réunit ? Peut-être, mais alors comme d'une bataille victorieuse dont il fallait tirer les enseignements pour le prochain combat, la présidentielle 2012.
Rien n'est gagné. à un an et demi de l'élection présidentielle, les sondages d'opinion sont médiocres et la droite en piteux état. Les centristes menacent de s'émanciper et de faire cavalier seul. Candidat malheureux à Matignon, Jean-Louis Borloo, l'ancien ministre de l'Environnement, laisse dire qu'il pourrait se lancer dans la course à l'élysée, au risque d'affaiblir la droite au profit de la gauche. Un autre ex, Hervé Morin, un temps à la Défense, fait de même et rêve d'un destin national. Ces faux durs, il faut tenter de les amadouer. Pourquoi pas ici à Marrakech, puisqu'ils s'y trouvent. Jean-Louis Borloo, tout juste débarqué avec son épouse, la journaliste de télévision Béatrice Schönberg, d'Essaouira, un autre lieu de villégiature marocain à la mode dans l'élite française, est donc reçu à dîner lui aussi. Sans grand succès. L'ex-futur Premier ministre parle volontiers de Marrakech où il possédait encore il y a peu une maison de 700 m2, agencée par une architecte d'intérieur française et ouvrant de plain-pied sur un golf, mais de ses ambitions élyséennes il ne souffle mot. Quant à Hervé Morin, c'est un Brice Hortefeux qui est désigné pour l'amadouer et lui faire espérer un retour en grâce. Peine perdue également. La diplomatie du tajine appliquée à la cuisine française se révèle décevante.
Hervé Morin est descendu au Es-Saadi, un établissement cinq étoiles, refuge désuet et hors de prix de la France du bouclier fiscal. La milliardaire Liliane Bettencourt en a longtemps été une inconditionnelle, en particulier de son restaurant, connu depuis un demi-siècle comme la meilleure table du Maroc.
Le Es-Saadi, pour une partie rénové, doit son attrait à ses neuf hectares de jardin, à sa dizaine de piscines, à ses suites orientales et à ses villas rococo. Chacune est typée : ambiance indienne, persane, romaine, berbère. Il y en a pour tous les goûts. Avec l'hôtel Plaza Athénée à Paris, le Es-Saadi est le seul établissement à abriter dans ses murs un institut de beauté Dior inauguré comme il se doit : des centaines d'invités au dîner de gala — Fanny Ardant, Nadine Trintignant, Jacques Chancel, Yann Arthus Bertrand (...).
Brice Hortefeux est dans le même établissement, logé et nourri également aux frais de la princesse. Mais impossible de connaître le nom de l'amphitryon. Il s'agit d'un “ami” présent sur place, se contente-t-il de répondre à des journalistes curieux. En revanche, le ministre jure ses grands dieux qu'il est venu à Marrakech avec ses propres deniers, en empruntant un vol régulier.
Tout dégoulinant de luxe qu'il est, le Es-Saadi n'est pas ce qui se fait de mieux à Marrakech, loin s'en faut. Le summum c'est le Royal Mansour, dans le quartier huppé de l'Hivernage, un palace plus discret que la Mamounia et le seul au fond qui sait faire la différence entre un millionnaire et un milliardaire (...) à l'automne 2010, le couple présidentiel y était arrivé incognito. L'élysée n'avait rien dit, jurant aux journalistes que Nicolas et Carla se reposaient en France, au Cap Nègre où la belle-famille du président possède une résidence. Médiocre mensonge.
Le Royal Mansour mérite que l'on s'y attarde. Classé en 2011 parmi les hôtels “les plus extraordinaires du monde” par le Conde Nast Traveler, la bible des voyageurs fortunés, il se présente comme une médina reconstituée. Une médina cinq étoiles, flamboyante mais factice, hors sol, une collection de faux-semblants avec ses cinquante-trois riads immaculés, à la fois proches les uns des autres mais indépendants. Un monde clos et désincarné, sans bruit ni agitation, à deux pas de la ville et de la vraie vie (...) C'est une utopie pour milliardaires. Une fois passée la réception, le palace s'ouvre sur une enfilade de salons feutrés, de bars, où des garçons aux gestes étudiés servent des alcools forts plus que centenaires, de fumoirs où l'on propose des havane hors de prix, de restaurants tout justes ouverts et déjà consacrés. Le tout dans une débauche de marbres multicolores marquetés, de fer forgé, de cuirs, de zelliges, de plafonds de bois ouvragés dorés à la feuille, de meubles incrustés de nacre (...)
En cette fin 2010, un bel échantillon de la France des nantis est à pied d'œuvre. Les ministres, ceux qui l'ont été, ceux qui aspirent à le devenir, on l'a vu, sont en nombre. Mais la gauche est loin d'être absente. Peut-être même est-elle davantage présente grâce à DSK qui, joker des socialistes face à Sarkozy pour quelques mois encore, agit comme un aimant (...)
à Marrakech, DSK a comme voisin un éphémère secrétaire d'état de l'ère François Mitterrand, Thierry de Beaucé, qui exploite depuis des années avec un ami brésilien, Homero Machry, le riad Madani, l'ancienne demeure du grand vizir, le Glaoui, transformé en maison d'hôtes avec jardin de rêves et piscine en terrasse sur plus de 3000 m2. Le cinéaste François Ozon, la fille de François Mitterrand Mazarine Pingeot, et Bety Lagardère, la veuve de Jean-Luc, s'y rendent à l'occasion.
Vit surtout, à deux pas de là, Bernard Henri-Lévy, propriétaire lui aussi d'un riad digne de la couverture d'un magazine de décoration avec ses zelliges flamboyants, ses murs intérieurs peints en tadellakt, ses fenêtres voilées par des moucharabiehs (...)
L'interviewer politique Jean-Pierre Elkabbach est de ceux qui, dans le sillage de Jacques Sanchel, viennent régulièrement à Marrakech. Homme de télévision et candidat perpétuel à la direction de France Télévisions, Guillaume Durand est également un habitué de Marrakech. Jean-René, la patron de Vivendi, a ses habitudes à Marrakech. Des habitudes d'homme très riche. Il possède depuis plus de dix ans une propriété, Dar El-Sadaka, installée dans une oliveraie de 13 ha. Dans cet univers baudelairien où “tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté”, on vit en nabab, servi par un discret ballet de babouches. Pour d'autres, ce sont des plaisirs autrement pimentés qu'ils sont venus chercher à Marrakech. Ils tournent autour du sexe (...). Depuis 2005, les bas-fonds de la ville mais aussi les riads repliés sur eux-mêmes, les palaces étoilés, les bars branchés, les night-clubs baroques, les restos chic, les résidences tapageuses et les villas cossues avec leurs vigiles sourcilleux ont supplanté Bangkok, longtemps destination phare du tourisme sexuel. Aujourd'hui, la capitale thaïlandaise est moins attirante. Trop éloignée de l'Europe. Trop exposée aux tsunamis. Et trop turbulente du point de vue politique. à Marrakech, la paisible, quel que soit le lieu de sortie, le sexe est tarifé et omniprésent et les prix aussi variés que les prestations. Tarif de la soirée pour une ambiance croisée dans un endroit à la mode dans le quartier huppé de l'Hivernage : environ 200 euros (...) Depuis qu'une crise immobilière sévit à Marrakech, des centaines de meublés sont disponibles pour des durées très brèves, parfois une seule nuit. Au total, elles seraient 20 000 âgées de 16 à 30 ans à offrir leurs services dans l'espoir de gagner jusqu'à 15 000 euros par mois pour les plus sollicitées. La passe furtive, elle, se négocie autour de dix euros dans les bosquets attenants aux murs de la Koutoubia, la vénérable mosquée du XIIe siècle, symbole de la cité. Tarifs identiques dans les jardins du centre-ville et sur la fameuse place Djemaa El-Fna, lieu de la drague improbable, rebaptisé le “souk des pédés” par les Marrakechis (...) Partout à Marrakech, il suffit d'un regard de clients étrangers en quête de sexe facile pour que des jeunes proposent leurs services. Sauf qu'ils ont pour la plupart en 15 et 18 ans. Pire, certains d'entre eux se retrouveraient sur le trottoir dès le plus jeune âge, en moyenne à 9 ans. Tous viennent du Mellah, l'ancien quartier juif de la ville. à deux pas de la médina, c'est un réservoir de chair fraîche (...) Il faut l'admettre : une frange de touristes se rendent au Maroc pour le sexe, pour la drogue, pour une gamme de plaisirs qu'ils ne peuvent se permettre aussi facilement dans leur pays d'origine (...)
Qu'il s'agisse de vendre l'image d'un Mohammed VI démocrate, épris de justice sociale et à l'écoute d'un peuple qui le vénère, de défendre la “marocanité” du Sahara occidental face à l'Algérie et au Front Polisario, ou de célébrer le Maroc “dragon économique de l'Afrique”, les lobbystes ne manquent pas, à droite comme à gauche, prêts à monter en première ligne par intérêt ou par conviction.
On les voit alors à la télévision, on les entend à la radio, ils signent des tribunes libres et des pétitions dans les journaux, courent les colloques et les séminaires — quand ils ne les organisent pas eux-mêmes — avec un discours bien rodé. Le nombre des thuriféraires du royaume fait honneur au professionnalisme des Marocains, passés maîtres dans l'art de s'attacher des “amis” bien mieux que ne le font leurs voisins algériens.
Pas de recette unique dans leurs poches. Les Marocains jouent plusieurs cordes. L'attachement au pays natal en est une... Les cadeaux petits ou grands sont une autre façon de s'attacher des fidélités.
Une invitation tous frais payés à un festival de musique, à un colloque de haute volée, à l'inauguration d'un palace à Marrakech, un bout de terrain constructible, une décoration... rien de tel pour se faire des obligés français qui auront à cœur de renvoyer l'ascenseur (...) La liste des amis de la monarchie a beau être très fournie, elle ne l'est jamais assez vue de Rabat. Recruter de nouvelles têtes est une obsession quotidienne pour les responsables marocains en poste en France (...)


Ali Ammar et Jean-Pierre Tuquoi

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