Liberté Algérie Liberté Algérie - Le Quotidien http://www.liberte-algerie.com Liberté Algérie 2011 fr Liberté Algérie - Le Quotidien http://img.liberte-algerie.com/liberte_logo_black.jpg http://www.liberte-algerie.com Question de l’Heure http://www.liberte-algerie.com/economie/question-de-l-heure-l-economie-algerienne-est-elle-performante-163729 http://www.liberte-algerie.com/economie/question-de-l-heure-l-economie-algerienne-est-elle-performante-163729 2011-10-05 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté


L’économie algérienne est-elle à reconstruire ? Présentée autrement, la question serait sommes-nous sur la bonne voie et il suffit de persévérer pour se propulser, dans quelques années, au rang de pays émergent ou faut-il au contraire opérer une réingénierie globale de notre système économique et social ?  Dans le domaine politique, nous sommes en train de reconsidérer le mode de fonctionnement de la globalité du système. La scène économique semble plus timide. Mis à part les débats du Cnes et la tripartite qui ne semblent pas remettre en question et en profondeur le mode de fonctionnement de notre économie, nous sommes dans un schéma de continuité. On ne semble pas envisager d’autres alternatives, d’autres schémas que ceux qui ont prévalu jusqu’à présent. Nous allons bientôt fêter le cinquantième anniversaire de notre indépendance sur un constat amer. Globalement, en matière d’économie, l’échec, sur le long terme est flagrant. Nous n’avons qu’à faire une petite comparaison avec les pays qui étaient aussi pauvres que nous (Chili, Espagne, etc.). En 1964, nous avions un PIB par habitant plus élevé que celui de la Corée du Sud. Aujourd’hui, son indicateur est plus de sept fois supérieur au nôtre. Et elle a un PIB 6,5 fois celui de l’économie nationale. Nous avons bénéficié d’une rente pétrolière supérieure de 17 fois à toute forme d’aide que la Corée a reçue. “Mais comment un pays aussi riche arrive-t-il à avoir une économie hors hydrocarbures si faible ?” Avec des politiques économiques optimales et constantes, notre PIB et notre niveau de vie auraient dû être au moins neuf fois ce qu’elles sont aujourd’hui. Sur le long terme, il n’y a aucun doute possible sur l’échec de nos politiques économiques. Je sais qu’il y a beaucoup de théories du complot qui circulent. Elles stipulent dans leur simplisme que l’Occident ne nous laisserait pas nous développer. Certes, ils ne vont pas nous faciliter la tâche. Mais s’ils pouvaient faire barrière à toute nation qui aspire au développement, l’Indonésie et la Malaisie en feraient sûrement partie. Mais pourtant ces pays ont formulé des stratégies étanches. L’Occident n’a pas pu contrecarrer leur développement.
Mais rien ne sert de se lamenter sur son sort. La seule question pertinente de nos jours est : a-t-on tiré toutes les conséquences de nos échecs passés pour repartir du bon pied et éviter les pièges du passé ? Sommes-nous enfin sur la bonne voie ? Autant on admet que le système politique a besoin d’un sérieux processus de redressement, autant on considère qu’en matière de politique économique nous sommes sur la bonne voie et que le développement est seulement une question de temps. Nous serions en train de nous propulser au rang de pays émergent. Je vous fais grâce de l’avalanche de chiffres dont les plus importants sont : le taux de croissance moyen hors hydrocarbure est passé de 1% à 5,8% après 1999, le taux de chômage de 27% en 1999 est descendu à 10% en 2011. L’inflation est maîtrisée (moins de 4%), la dette extérieure presque entièrement repayée et nous jouissions de plus de 174 milliards de dollars de réserves. Ceci dit, il ne faut pas également nier que plusieurs décisions judicieuses furent prises : le payement de la dette, la constitution d’un fonds de stabilisation des dépenses et la sécurisation des avoirs extérieurs ne sont qu’un échantillon de pratiques de bonne gouvernance. Il y en a de nombreux autres dans tous les domaines. Mais en moyenne, notre économie fonctionne-t-elle efficacement ? Je voudrais insister sur un point capital. Les économistes qui utilisent les indicateurs ci-haut (croissance, chômage, niveau des réserves, inflation), sans les compléter par d’autres, ne manqueront pas d’arriver à des résultats biaisés. Pour une économie comme la nôtre, dotée d’une rente, les conclusions seront inévitablement erronées. Je prendrai un seul indicateur, néanmoins le plus important pour illustrer l’analyse : la croissance économique. Avant la crise des subprimes, l’Algérie et la Corée du Sud avaient presque les mêmes performances dans ce domaine (autour de 6%). On fait abstraction des différences culturelles et historiques, qui bien sûr, expliquent en grande partie le différentiel de performance sur le long terme (continuité et efficacité des choix opérés). Il faut considérer les résultats en fonction des ressources consommées. En économie, nous avons deux types de croissance. Le premier est du type intensif ; c’est l’appareil de production qui crée de la valeur ajoutée (richesse) dont une partie est réinvestie pour créer plus de biens et de services. En Corée du Sud ce sont Hyundai, Samsung, LG et autres qui exportent, font des bénéfices et avec l’appui d’un système bancaire aussi performant, mobilisent des ressources pour croître plus sainement. C’est du muscle. La seconde est de type extensif : c’est une rente ou un endettement extérieur qui permet au pays de construire des infrastructures et de monter des industries. Mais dès que l’injection de ressource s’arrête, la croissance s’effondre et une crise grave s’ensuit. C’est notre cas. C’est de la graisse. Nul ne doit être fier d’une croissance extensive. Il faut s’en sortir le plus rapidement possible. Le second test est également facile à comprendre ; même si les économistes l’expriment à travers des schémas mathématiques et des estimations économétriques complexes. Il consiste à répondre à la question suivante : lorsque l’état injecte 1 dollar dans l’économie, quel serait le montant total de biens et de services qui sera créé par l’appareil de production, à partir de cette dotation initiale. Par exemple, lorsque l’État coréen injecte 1 dollar dans l’économie, ce dernier est transformé en 3 dollars de biens et de services. Ce sont les estimations dont nous disposons. Mais en Algérie, lorsque l’état injecte 4 dollars dans l’économie, on produit avec 1 dollar de biens et de services. C’est ce qui explique pourquoi l’État injecte 33% du PIB (hors hydrocarbures) chaque année pour en tirer une croissance moyenne de 6%. Je sais que la comparaison avec le Corée est truffée de pièges historiques, sociologiques et culturels. Même si on intégrait ces dimensions, le différentiel de performance est si énorme que les choix de politique économique constituent l’essence des disparités en matière de réalisations. Nous admettons maintenant que le processus démocratique accuse beaucoup de retard. Des consultations et des décisions viennent d’être prises. Des avis divergent sur les diagnostics et les solutions. Normal ! Mais au moins les choses bougent. Mais on a l’impression que le système économique n’est pas remis en cause. Tout au plus accepte-t-on de dialoguer sur des questions de pure forme, des considérations tactiques. On exclut toute refonte globale du modèle. Or, c’est absolument ce qu’il nous faut. Notre système économique est génétiquement défaillant. Nous devons refonder son essence et ses modes de fonctionnement. Nous devons agir sur son ADN. Le Cnes devrait approfondir son travail dans le sens d’une remise en cause globale et se rapprocher beaucoup plus des débats et enjeux qui ont eu lieu sur la scène politique.

(*) Economiste, PhD en gestion d’entreprise

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Le FMI veut éviter une “décennie de croissance perdue” http://www.liberte-algerie.com/economie/le-fmi-veut-eviter-une-decennie-de-croissance-perdue-reunion-d-automne-des-institutions-de-bretton-woods-163349 http://www.liberte-algerie.com/economie/le-fmi-veut-eviter-une-decennie-de-croissance-perdue-reunion-d-automne-des-institutions-de-bretton-woods-163349 2011-09-28 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté On a appris, cette semaine, à l’occasion des réunions d’automne des institutions de Bretton woods, que le FMI a été chargé par les membres du G20 de préparer un  plan d’action international qui sera adopté en octobre et novembre prochains  pour   contrer une crise économique qui enfle et menace, depuis l’été dernier, de devenir incontrôlable .
Une nouvelle démonstration, après celle du sommet de Londres voici près de 3 ans, de l’importance centrale et croissante de cette institution dans la gestion de l’économie mondiale, particulièrement en temps de crise. Une bonne raison aussi pour se pencher avec attention sur le dernier «rapport sur les perspectives de l’économie mondiale», rendu public le 21 septembre.  Dans la confusion provoquée par l’accélération et la multiplication des signaux de la crise économique au cours des derniers mois, le FMI se révèle la seule institution capable de proposer dans un délai record à la fois un bilan très détaillé de la situation de l’économie des principales régions du monde, mais également une grille de lecture sur les causes et les origines de la crise, en même temps qu’un programme d’action pour endiguer son développement. Un rôle croissant et une performance qui renseigne aussi a contrario sur la pertinence et l’intérêt de beaucoup des commentaires et des caricatures, qui continuent de caractériser sur la scène nationale une grande partie du débat public et médiatique autour de cette institution.

Une phase dangereuse
pour l’économie mondiale
“L’économie mondiale se trouve dans une nouvelle phase périlleuse. L’activité mondiale a fléchi et est devenue plus inégale, la confiance s’est effondrée depuis peu, et les risques de dégradation de la situation augmentent. Sur fond de fragilités structurelles non corrigées”. L’auteur de cette entrée en la matière peu rassurante est l’économiste en chef du FMI, François Blanchard. Il est rejoint par Christine Lagarde qui, dans une conférence de presse, juge “dangereuse” la situation actuelle de l’économie mondiale. À l’origine de ces inquiétudes,  deux constatations. La première concerne la faiblesse de la croissance économique mondiale, qui donnait déjà des signes de fatigue au début de l’année et qui se confirme. La deuxième est plus récente, il s’agit d’une “forte augmentation de l’incertitude budgétaire et financière, particulièrement prononcée depuis le mois d’août”.
D’après les projections du FMI, la croissance mondiale s’est réduite sensiblement en 2011 et  va continuer à ralentir, tombant à un rythme d’environ 4 % jusqu’à la fin de 2012, contre plus de 5 % en 2010. La croissance sera particulièrement faible dans les pays avancés, qui devraient connaître une “expansion anémique” d’environ 1,5% en 2011 et 2% en 2012. Elle sera plus “robuste” dans les  pays émergents et en développement, qui se maintiendraient encore à un rythme solide d’environ 6 % en 2012. Pour ces derniers pays, les situations sont très contrastées et varient d’une performance moyenne d’environ 9 % pour la Chine et l’Inde à un peu plus de 4% pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, en passant par environ 5% pour l’Amérique latine et près de 6% avec de fortes variations entre les pays pour l’Afrique subsaharienne.
Au sujet de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord, le rapport du FMI note que “Les mouvements des prix des produits de base et les troubles sociaux continuent de définir la situation et les perspectives des pays de la région. L’évolution à court terme fait encore l’objet d’incertitudes inhabituellement fortes, dues essentiellement à l’instabilité de la situation politique et sécuritaire de certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, ainsi qu’à un manque croissant de visibilité au sujet de la demande extérieure.
Les cours élevés du pétrole ont favorisé jusqu’à présent les pays exportateurs de pétrole de la région, tout en posant des difficultés aux pays importateurs de pétrole. Dans les pays exportateurs de pétrole, l’activité a également été stimulée par des politiques macroéconomiques
de relance globale. Dans le même temps, dans plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, l’activité a subi les conséquences des troubles sociaux et des conflits en cours, qui pèsent lourdement sur les recettes du tourisme, les entrées de capitaux et les investissements.”

Un scénario catastrophe
Malheureusement, ce scénario officiel de repli en bon ordre de la croissance mondiale, qui reste la prévision centrale du FMI, est de  plus en plus battu en brèche au cours des derniers mois. Sa réalisation suppose en effet que “les dirigeants européens endiguent la crise qui sévit à la périphérie de la zone euro, que les décideurs américains trouvent le bon équilibre entre le soutien de l’économie et le rééquilibrage des finances publiques à moyen terme, et que la volatilité des marchés financiers mondiaux ne s’empire pas.” Dans la période la plus  récente, le FMI observe l’apparition de “risques de dégradation” manifeste. Le premier risque  est que la crise de la zone euro échappe au contrôle des gouvernants,  Le second est que l’activité aux États-Unis, qui mollit déjà, subisse un blocage politique pour ce qui est de l’assainissement des finances publiques,
Pour l’institution de Washington, ces “éventualités auraient de graves conséquences pour la croissance mondiale. Le regain de tension pourrait miner les marchés et établissements financiers dans les pays avancés. Les cours des matières premières ainsi que les flux commerciaux et financiers mondiaux diminueraient sans doute nettement, ce qui grèverait la croissance des pays émergents et en développement. La zone euro et les États-Unis pourraient replonger dans la récession, l’activité se situant en 2012 près de 3 points au-dessous des projections évoquées plus haut. Les autres pays subiraient aussi des dommages considérables.”

Éviter une décennie
de croissance perdue
Dans le but d’éviter la réalisation de ce scénario catastrophe, le FMI plaide en faveur de politiques plus énergiques. Des politiques qui  pourraient “éviter une décennie perdue de croissance dans les pays avancés, et qui serait extrêmement dommageable pour tous.”
Le plan d’action qu’il préconise comporte trois volets. Premièrement, un volet budgétaire. “Il ne faut pas que le rééquilibrage des finances publiques soit trop hâtif, sinon il risque de miner la croissance. Il ne faut pas qu’il soit trop lent, sinon il risque de saper la crédibilité. Son rythme doit être fonction de la situation propre de chaque pays, mais il reste indispensable que le rééquilibrage soit crédible à moyen terme. Certains pays auront besoin de beaucoup de concours extérieurs pour y parvenir.”
Deuxièmement, des mesures financières. “Il faut redonner de la force aux banques pour que le crédit et la croissance tendancielle augmentent. Pour un certain nombre de banques, en Europe surtout, cela nécessitera de nouvelles injections de capitaux, de sources privées ou publiques.” Troisièmement, le rééquilibrage des comptes extérieurs. “Un certain nombre de pays d’Asie, notamment la Chine, ont d’énormes excédents courants et ont fait part de leur intention de privilégier non plus la demande extérieure, mais la demande intérieure. Ces plans ne peuvent pas être mis en œuvre du jour au lendemain, mais il importe qu’ils soient déployés aussi rapidement que possible.”
Ce n’est, conclut le rapport du FMI qu’ “au prix de ce rééquilibrage à l’échelle mondiale que nous pouvons espérer une croissance plus forte dans les pays avancés et, par extension, dans le reste du monde ».

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La loi de finances 2012 en phase avec les prévisions du FMI http://www.liberte-algerie.com/economie/la-loi-de-finances-2012-en-phase-avec-les-previsions-du-fmi-163350 http://www.liberte-algerie.com/economie/la-loi-de-finances-2012-en-phase-avec-les-previsions-du-fmi-163350 2011-09-28 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté Les enseignements pour l’Algérie ne sont pas  absents de la dernière publication du FMI. Au chapitre de la croissance économique, on note tout d’abord que notre pays figure parmi les pays en développement, dans la région où cette dernière est la moins forte (environ 4% au cours des dernières années). Il est plus irritant de constater, qu’au sein de la région, l’Algérie confirme son statut de pays à faible croissance avec une performance de 3,3% enregistrée  en 2010 et des prévisions révisées en baisse à 2,9% en 2011et 3,3% en 2012. Ajoutons que ces prévisions  figurent dans le scénario le plus optimiste du FMI et ne tiennent pas compte des risques de dégradation évoqués plus hauts. Le rapport du FMI relève à ce sujet, pour l’ensemble de la région Mena, que “les risques de révision à la baisse des prévisions sont élevés. Les risques externes ont trait à la dégradation des perspectives aux États-Unis et en Europe, qui pourrait déprimer fortement l’activité et, partant, les prix des produits de base, ou ralentir davantage les flux de financements extérieurs vers la région.” Dans ce dernier cas, la répétition du scénario de l’année 2009 avec une baisse de croissance plus forte que prévu et la contraction des recettes extérieures, voire la disparititon de l’excédent de la balance des paiements, serait de nouveau à l’ordre du jour en 2012.
Les développements enregistrés depuis le début de l’année sur le front des dépenses budgétaires sont également évoqués à propos de l’ensemble de la région Mena. “Depuis quelque temps, les pouvoirs publics ont subi des pressions pour augmenter les dépenses courantes -afin de financer à la fois la hausse des dépenses sociales et les subventions des produits de base- et résoudre des problèmes sociaux pressants. L’augmentation des dépenses consacrées aux subventions aux combustibles et à l’alimentation, conjuguée à des pressions visant à relever les traitements et les retraites de la fonction publique, fait peser une lourde charge sur les finances publiques. De plus, une expansion budgétaire risque d’évincer davantage les investissements privés nécessaires et d’entretenir les problèmes de création d’emplois dans le secteur privé.” Une analyse que semblent désormais partager officiellement les autorités algériennes. La note de présentation du projet de loi de finances pour 2012, rendue publique voici quelques jours, évoque une réduction nécessaire des allocations de ressources  en raison des incertitudes qui planent sur la croissance économique mondiale et de ses possibles répercutions sur les recettes extérieurs de l’Algérie dans des termes qu’on pourrait croire empruntés directement aux perspectives économiques tracées par le FMI.

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LES AVERTISSEMENTS DE LA BANQUE D’ALGÉRIE http://www.liberte-algerie.com/economie/les-avertissements-de-la-banque-d-algerie-la-conjoncture-au-premier-semestre-2011-162929 http://www.liberte-algerie.com/economie/les-avertissements-de-la-banque-d-algerie-la-conjoncture-au-premier-semestre-2011-162929 2011-09-21 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté

Le dernier rapport de conjoncture de la Banque centrale pointe (presque) toutes les fragilités  de l’économie nationale.

Sur la lancée des informations rendues publiques à la fin du mois d’août au sujet de la gestion des réserves de change, c’est de façon très précoce et dès le 12 septembre  que le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Laksaci, a livré, dans un exercice qui est devenu un rendez-vous traditionnel des banquiers du pays, les grandes lignes du rapport de conjoncture de la Banque centrale pour le premier semestre 2011. L’occasion pour la Banque d’Algérie de distiller quelques avertissements discrets sur les conséquences de la politique macroéconomique du gouvernement.
L’évolution de la balance des paiements inspire tout d’abord à la Banque d’Algérie des commentaires assez sereins. La position financière extérieure nette de l'Algérie s’est ainsi “consolidée” au premier semestre 2011. Le solde de la balance courante qui a atteint plus de 9,6 milliards de dollars est jugé “appréciable”. Une performance due, bien sûr, à l’envolée des prix du baril qui ont atteint en moyenne 112 dollars depuis le début de l’année  contre 77 dollars au premier semestre 2010. Les recettes d’exportation d’hydrocarbures passent de 27,6 milliards de dollars au premier semestre 2010 à 35,8 milliards de dollars au premier semestre 2011 malgré une diminution en volume d’environ 3%.
En dépit de ces bons résultats, la Banque d’Algérie souligne les “incertitudes liées à l’évolution des prix pétroliers en 2011”. On sait que depuis le début de l’été ces incertitudes se sont amplifiées.

Le boom des importations  de biens de consommation
C’est surtout au chapitre des importations que la Banque d’Algérie signale des évolutions inquiétantes. Le rapport note que “les importations de biens sont en forte hausse de 15,7%, atteignant 22,3 milliards de dollars au premier semestre 2011. Cette hausse porte plus particulièrement sur les produits alimentaires (60%) et les produits bruts (36%). La Banque d’Algérie aurait pu mentionner également les importations de biens de consommation non alimentaires, en hausse de près de 30% selon le CNIS (plus 33% pour les importations de véhicules de tourisme) En revanche, les biens d’équipement et les demi-produits ont augmenté modérément (9,2%). La Banque centrale souligne ainsi  que “le montant des importations de produits alimentaires et de biens de consommation a atteint près de 90% de celui des importations de biens d’équipement industriels au premier semestre 2011. Cela indique clairement une modification de la structure des importations de l’Algérie, au détriment des biens d’équipement et des demi-produits qui représentaient les deux tiers en 2010”. Le rapport tente de tempérer la dureté de ce commentaire en soulignant de façon très peu convaincante que “cette nouvelle tendance ne peut être que conjoncturelle, d’autant qu’elle résulte notamment d’un fort effet prix inhérent aux importations des biens alimentaires et des biens de consommation”.
Une tendance d’autant plus inquiétante qu’elle est renforcée par l’évolution des importations de services qui volent de record en record.“Cette importante hausse (13,9%) par rapport au premier semestre 2010 concerne pour l’essentiel les importations des services techniques par les entreprises, principalement celles du secteur des hydrocarbures, des services des transports et des services des administrations publiques.” On peut souligner, même si le rapport ne le fait pas, que les importations de services se situent désormais entre 12 et 13 milliards de dollars en rythme annuel. Ce qui autorise des prévisions globales d’importation de biens et services de plus de 58 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2011.

Un solde négatif  des mouvements de capitaux
Pour compléter ces informations sur l’état des paiements extérieurs de l’Algérie au premier semestre, l’institution dirigée par M. Laksaci relève également un solde négatif des mouvements de capitaux “en raison notamment des transferts, plus importants, des associés de Sonatrach et des revenus au titre des investissements à l’étranger (il s’agit des intérêts produits par les réserves de change) en baisse par rapport au premier semestre 2010”.
Le déficit enregistré en matière de mouvements de capitaux est dû, en outre, “aux importants remboursements au premier trimestre 2011 du principal de la dette extérieure soit près de 1 milliard de dollars qui ont permis de réduire la dette extérieure à court terme dont l’encours est donc passé de 1,7 milliard de dollars à fin décembre 2010 à 1 milliard de dollars à fin juin 2011.
En matière d’investissements étrangers les locataires de la villa Joly font preuve d’un optimisme de bon aloi en relevant que les flux d’entrées de capitaux au titre des investissements directs étrangers bruts sont passés de près de 1 milliard de dollars au premier semestre 2010 à 1,3 milliard de dollars au premier semestre 2011 “correspondant à une amélioration en la matière à en juger, par ailleurs, par les intentions d’investissement enregistrées”.
Au total, le solde global de la balance des paiements du premier semestre 2011 a atteint 9,1 milliards de dollars, alimentant l’accumulation des réserves officielles de change dont le montant s’élève à 174 milliards équivalent dollars à fin juin de l’année en cours.

L’explosion  des dépenses de l’État
C’est sans doute dans le domaine de l’évolution du budget de l’État que figurent les indications les plus critiques de la Banque d’Algérie même si ces dernières restent enveloppés dans des commentaires destinés à en atténuer la portée.
La dépendance renforcée des finances publiques vis-à-vis des recettes pétrolières est la première constatation : “L’évolution favorable des prix des hydrocarbures au premier semestre 2011 s’est matérialisée par des recettes budgétaires provenant des hydrocarbures accrues par rapport au premier semestre de l’année passée (36%). Elles ont atteint 70% des recettes budgétaires totales.”
La Banque d’Algérie confirme surtout l’explosion des dépenses de fonctionnement de l’État depuis le début de l’année : “Les dépenses budgétaires totales enregistrent une augmentation significative en contexte de quasi-stabilisation des dépenses d’équipement en rythme semestriel (891 milliards de DA au premier semestre 2011), la forte augmentation des dépenses courantes résulte principalement de celle des dépenses de personnel et des transferts courants. En accroissement de 70% par rapport à leur montant du premier semestre de 2010 (675 milliards de DA). En particulier, les subventions aux EPA sont en très forte hausse ainsi que les différents autres soutiens pris en charge par le budget”. Même si la Banque d’Algérie prends soin de commenter cette explosion des dépenses en estimant qu’“elle témoigne de l’effort accru de l’État en termes de couverture sociale en 2011”, elle n’oublie pas non plus de préciser que désormais près de 60% des dépenses de fonctionnement de l’État sont financés par la fiscalité pétrolière.

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tout va bien dans le secteur bancaire http://www.liberte-algerie.com/economie/tout-va-bien-dans-le-secteur-bancaire-162930 http://www.liberte-algerie.com/economie/tout-va-bien-dans-le-secteur-bancaire-162930 2011-09-21 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté L’esprit (modérément) critique dont la Banque d’Algérie  fait preuve vis-à-vis de la politique macroéconomique conduite par le gouvernement fait place dans le cas de son propre domaine de compétence, c'est-à-dire la supervision du secteur bancaire, à un bilan très fortement teinté d’autosatisfaction. Le rapport semestriel relève tout d’abord que “les crédits distribués par les banques opérant en Algérie aux entreprises et ménages,  ont significativement augmenté au premier semestre 2011, confirmant la poursuite du dynamisme des crédits à l’économie et situant l’Algérie dans le groupe des pays émergents à croissance rapide du crédit. De plus, la hausse des crédits  concerne aussi bien les banques publiques (11,2%) que les banques privées (16,4%), pendant que son rythme est inégal entre les banques.
La croissance est plus contrastée du point de vue des bénéficiaires des crédits : “La hausse appréciable des crédits aux entreprises privées (10,2%) s’est accompagnée d’une hausse plus importante des crédits au secteur public (13,4%) et une hausse modérée des crédits aux ménages (3,4%). Néanmoins, les crédits immobiliers aux ménages se sont accrus de 12,50% et ont atteint 74% du total des crédits aux ménages.” Parallèlement, la part des crédits à court terme est en baisse au profit des crédits à moyen et long terme. “Le dynamisme du financement à moyen et long terme de projets d'investissement, notamment en syndication bancaire, est ainsi conforté et appuyé par un rallongement des maturités de financement bancaire”, note la Banque centrale.
Ajoutant que les taux d’intérêt ont baissé : “Le taux d’intérêt moyen pondéré par type de crédits a légèrement diminué au premier semestre par rapport à son niveau de fin 2010 et fin 2009” et que les créances non performantes des banques sont également en recul (16% en 2011), la Banque d’Algérie conclut sur un satisfecit général : “Des conditions financières favorables et une solidité financière renforcée des banques contribuent à conforter le rôle du canal crédit dans l’allocation des ressources d’épargne financière accrues en 2011, qu’il s’agisse des dépôts des ménages et entreprises privées ou des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.” Tout va donc pour le mieux dans le secteur bancaire.

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Les grands argentiers sortent de leur mutisme http://www.liberte-algerie.com/economie/les-grands-argentiers-sortent-de-leur-mutisme-gestion-des-reserves-de-change-162200 http://www.liberte-algerie.com/economie/les-grands-argentiers-sortent-de-leur-mutisme-gestion-des-reserves-de-change-162200 2011-09-07 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté L’actualité financière de l’été qui s’achève a été dominée par la crise des dettes souveraines qui a culminé avec la dégradation, intervenue le 5 août dernier, de la note de la dette des états-Unis. En Algérie, elle a eu pour premier effet de renforcer la pression exercée sur les autorités financières dans le but de les amener à communiquer plus largement sur la gestion des réserves de change du pays.

Coup sur coup, c’est le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, puis le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Laksaci, qui sont intervenus publiquement en apportant, à la mi-août, de nombreuses précisions à la fois sur le montant, la composition, le rendement et plus généralement la gestion de ces réserves. Ce bel effort de transparence est notamment le résultat de la publication du rapport 2010 de la Banque d’Algérie sur l'évolution économique et monétaire. C’est ainsi qu’on a appris, lors d'une rencontre consacrée fin août à la présentation de ce rapport, que, selon M. Laksaci, les réserves de change de l'Algérie s’élevaient à 162,2 milliards de dollars à fin 2010, contre 148,9 milliards à la fin 2009. Soit une augmentation de 13,3 milliards de dollars au court de l’année écoulée. Un rythme d’accumulation qui s’est ralenti sensiblement au cours des 2 dernières années. Après une période comprise entre 2007 et 2008 au cours de laquelle elles ont augmenté d’un montant supérieur à 30 milliards de dollars par an, le rythme d’accumulation des réserves de change nationales était revenu en 2009 à un niveau inférieur à 10 milliards de dollars, sous l’impulsion à la fois du recul des recettes et de l’augmentation des importations du pays stimulées par l’importance des programmes d’investissements publics. Pour 2011, compte tenu d’un volume d’importation qui est parti pour établir un nouveau record historique, le niveau d’augmentation des réserves devrait se situer de nouveau dans une fourchette de 10 à 15 milliards de dollars, en ligne avec les prévisions formulées dans ce domaine par le FMI notamment. La principale nouveauté contenue dans les informations communiquées par M.Laksaci concerne le rendement du stock des réserves de change qui n’avait donné lieu jusqu’ici qu’à de rares informations. Selon le gouverneur de la Banque d’Algérie, les placements des réserves de change à l'étranger ont rapporté 4,60 milliards de dollars en 2010, et 4,74 milliards de dollars en 2009. Les données rendues publiques remontent même jusqu’à l’année 2005 avec un pic de rendement de 5,1 milliards en 2008. Le rapport de la Banque d’Algérie confirme en outre qu’environ 98% de ces placements, répartis entre les Etats-Unis et l'Europe, sont effectués en portefeuille de titres souverains (valeurs d'Etat).

Un rendement  de 4,60 milliards  de dollars en 2010
Seuls les 2% restants sont actuellement déposés dans des banques commerciales internationales. Le souci louable d’information et de transparence manifesté au cours des dernières semaines par les responsables financiers algériens a néanmoins, peut-être, été gâté par une tendance compréhensible à embellir les résultats de leur gestion. Certains experts financiers signalaient au cours des derniers jours que le rendement annoncé de 4,60 milliards de dollars en 2010 intégrerait une forte réévaluation (de l’ordre de 40%) de la valeur du stock d’or détenu par l’Algérie. Au total, le rendement des réserves de change proprement dites serait donc plus proche de 2% que des 3% annoncés aussi bien par M. Laksaci que par M. Djoudi. Autre enseignement majeur des interventions de cet été : la crise des dettes souveraines n’aura pas pour l’instant d’influence sur la gestion des réserves de change du pays. “La politique de gestion des réserves menée par la Banque d'Algérie depuis 2004 a prouvé son efficacité en 2011”, s'est réjoui M. Laksaci.

Vers la poursuite  d’une “gestion prudente”  des réserves
Le gouverneur de la Banque d’Algérie s'est notamment félicité de la politique de diversification des devises entrant dans la composition des réserves.
La poursuite de la stabilité financière externe de l'Algérie à moyen et long termes “repose fortement sur la poursuite de la gestion prudente des réserves officielles de change par la Banque d'Algérie”, a-t-il affirmé. Il s'agit, à cet effet, “de continuer à préserver la valeur du capital, en minimisant les risques de perte de la valeur marchande des actifs par le maintien d'un portefeuille diversifié, à maintenir un niveau élevé de liquidité, avec des actifs revendables à tout moment et enfin à optimiser le rendement”, a expliqué M. Laksaci. Quelques jours plus tôt, c’est M.Karim Djoudi qui affirmait également que la crise de la dette américaine n’aura pas d’incidence sur les placements algériens. Le ministre des Finances estime que “les placements de l’Algérie à l’étranger sont sécurisés” et rejette avec vigueur l’option évoquée périodiquement d’un investissement des réserves de change du pays dans des actifs privés à travers la création d’un fonds souverain.
Pour Karim Djoudi, ce type de placement est caractérisé par “un couple risque/rendement très important, mais ça reste un choix spéculatif, et quand on a la responsabilité de gérer l’argent de la collectivité nationale, on ne spécule pas”. Conclusion : déposer les réserves de change en valeurs d’Etat reste “le meilleur choix pour l’Algérie”.

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Sonatrach et les investisseurs privés… http://www.liberte-algerie.com/economie/sonatrach-et-les-investisseurs-prives-investissements-a-l-etranger-162201 http://www.liberte-algerie.com/economie/sonatrach-et-les-investisseurs-prives-investissements-a-l-etranger-162201 2011-09-07 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté La recherche de la sécurité des placements étant à l’origine du refus des autorités financières algériennes de créer un fonds souverain, leur position dans ce domaine sera certainement confortée par les pertes subies par ces fonds à la suite de la chute récente des marchés boursiers. On peut se demander en revanche si les appels à un assouplissement de la loi algérienne en matière d’exportation de capitaux par les opérateurs économiques ne vont pas trouver un supplément de crédibilité dans le contexte de la crise en cours des dettes souveraines. A l’heure actuelle, seul le groupe Sonatrach, qui depuis des années finance ses acquisitions à l’étranger avec des créances non perçues sur ses clients, ainsi que vient de le montrer encore récemment sa prise de participation dans le capital de l’espagnol Gas Natural, bénéficie dans ce domaine d’un statut privilégié. De nombreux opérateurs économiques privés manifestent une impatience croissante à l’égard de la rigidité de la réglementation dans ce domaine. Beaucoup d’entre eux soulignent que leur déploiement à l’international est aujourd’hui bloqué par les restrictions imposées au financement des investissements à l’étranger par les règlements de la Banque d’Algérie. Un banquier commente : “Notre réglementation sur l’investissement est l’une des plus archaïques du monde. Sa mise à niveau devrait passer d’abord par la suppression de l’autorisation d’investir délivrée par la CNI, et ensuite par un examen au cas par cas des projets d’investissement à l’étranger des opérateurs économiques, ainsi que le font beaucoup de pays voisins.” Pour l’heure, les autorités algériennes se contentent d’annoncer plus modestement la mise en place, d’ici la fin de l’année 2011, d’un dispositif de couverture contre le risque de change. Son principe, adopté par la tripartite du printemps dernier, permettra, selon M.Karim Djoudi, aux opérateurs économiques effectuant des transactions avec l’extérieur “de fonctionner dans un environnement stabilisé en limitant les incertitudes liées au risque de change mais aussi les risques d’inflation”.

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LA RÉFORME AU RALENTI http://www.liberte-algerie.com/economie/la-reforme-au-ralenti-banques-et-assurances-159988 http://www.liberte-algerie.com/economie/la-reforme-au-ralenti-banques-et-assurances-159988 2011-07-27 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté Plus question depuis fin 2007 de privatiser ni même d’ouvrir le capital des institutions financières publiques, le développement du secteur privé sévèrement encadré, priorité au renforcement de la supervision et à la consolidation du rôle des banques et des compagnies d’assurances publiques. Retour sur une  “réforme bancaire et financière” qui tourne au ralenti depuis plus de 3 ans.


Commençons par un peu d’histoire récente. Ce que les pouvoirs publics  ont désigné au cours des dernières années sous le vocable de réforme financière est un programme global de modernisation conçu dans le cadre d’une collaboration discrète entre le FMI, la Banque mondiale et le ministère des Finances algérien, dirigé à l’époque par M.Benachenhou assisté de Karim Djoudi au titre de ministre délégué à la Réforme financière.
Ce programme a été préparé pour l’essentiel au cours des années 2003 et 2004, et adopté par le gouvernement algérien à la fin de l’année 2004. En simplifiant à peine, on peut considérer que sa mise en œuvre  s’est poursuivie sans encombre jusqu’à la fin de l’année 2007, date à laquelle l’une de ses dispositions phares qui concernait le processus de privatisation  d’une grande banque publique en l’occurrence le CPA, a été interrompue officiellement pour cause de crise financière internationale.
Quelques mois plus tard, en juin 2008, la suppression du ministère chargé de la Réforme financière, occupé à cette date par Mme Fatiha Mentouri, fut la mesure la plus spectaculaire adoptée lors de la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ahmed Ouyahia.
Une analyse en raccourci pourrait conclure rapidement à la mise au placard depuis 3 ans de cet ambitieux programme de mise à niveau de l’ensemble du secteur financier algérien. Une conclusion qui appelle (à peine) quelques nuances.

Un programme
de libéralisation ambitieux
Les ambitions et l’audace, même pour l’époque, de ce programme ne font en tous cas pas de doutes. Qu’on en juge : cette nouvelle “vision stratégique” visait à transformer en profondeur le paysage financier algérien à travers, tout d’abord, une réforme des banques publiques y compris au moyen de la privatisation de plusieurs d’entre elles. Le CPA devait ouvrir la voie et montrer le chemin à la BDL.
La privatisation était conçue comme le moyen le plus efficace et le plus rapide de favoriser la concurrence et la diversification des acteurs, des activités et des produits et services proposés à la clientèle dans un secteur bancaire algérien dominé par une poignée de mastodontes publics.
Une démarche symétrique était élaborée pour le secteur des assurances avec au menu, également, la privatisation d’une des 3 compagnies publiques et la séparation de l’assurance dommages et des assurances de personnes. Une feuille de route à forte connotation libérale équilibrée par l’objectif affiché de renforcer les moyens et les prérogatives des organismes de supervision du secteur. La mise à niveau des infrastructures, à travers la modernisation du système de paiement via la télécompensation et le développement de la monétique, n’a pas été oubliée et figurait également au programme.

Priorité au renforcement
de la supervision
De cette ambition, le gouvernement dirigé depuis juste trois ans par Ahmed Ouyahia semble surtout, ainsi qu’on pouvait s’y attendre, avoir retenu le volet consacré au renforcement de la supervision du secteur. C’est dans cette optique que l’ordonnance du 25 août 2010 a apporté de nombreuses modifications à la loi sur la monnaie et le crédit. Ces dernières ont commencé par confirmer l’application aux banques et aux compagnies d’assurances de la nouvelle législation sur l’investissement étranger. Toute ouverture par un investisseur étranger est conditionnée désormais par la détention de 51% du capital par des actionnaires nationaux. De même, le droit de préemption de l’État en cas de vente par un investisseur étranger s’applique également au secteur financier. L’État algérien s’est doté en outre d’un droit de regard sur les délibérations au sein des organes dirigeants des banques existantes en s’attribuant pour la première fois une “action spécifique”  dans le capital des banques privées.
Elle lui permet d’être représenté au sein de leurs conseils d’administration sans disposer néanmoins du droit de vote. Le reste des mesures adoptées l’été dernier vise à renforcer les missions de  contrôle des organismes de supervision   qui se voient ainsi confier le pouvoir d’autoriser la mise en place de toute nouvelle prestation à la clientèle ainsi que celui de fixer les rémunérations des prestations.

Une ouverture contrariée
“L’ouverture du secteur financier algérien est une option irréversible”, affirmait, juste après la suspension du processus de privatisation du CPA, Mme Fatiha Mentouri. Irréversible ? Peut-être, mais la vitesse à laquelle cette ouverture se poursuit fait penser ces dernières années à un exercice de surplace. Plus question tout d’abord de privatisation ou d’ouverture même partielle du capital d’une banque ou d’une compagnie d’assurances publiques.
L’ouverture du secteur emprunte donc essentiellement le canal du développement de l’activité des institutions financières privées déjà installées sur le marché algérien. Dans ce domaine, l’action des autorités financières algériennes semblent en outre s’inspirer d’une doctrine non écrite visant à limiter la part de marché des banques et des compagnies d’assurances privées au-dessous d’un seuil qui ne dépasse pas aujourd’hui environ 15%. Le contrôle plus strict de la Banque d’Algérie sur la croissance des réseaux et les instructions récentes du Premier ministère  invitant à privilégier les banques publiques dans l’attribution des agréments semblent confirmer cette orientation. La forme la plus controversée du contrôle exercée par la Banque d’Algérie sur le développement du secteur bancaire reste cependant l’exclusion qui ne dit pas son nom de tout projet de banque algérienne privée. Les faillites de la banque El-Khalifa et de la BCIA ont laissé des traces, le paysage bancaire algérien continue de présenter la singularité par rapport à tous les pays de la région de n’être constitué que de banques publiques et de banques privées d’origine étrangère.
La situation est inverse dans le secteur des assurances, mais les seuls accords de partenariat, conclus au cours des dernières années en vue de dynamiser un secteur dramatiquement sous- dimensionné, s’inscrivent dans la même direction et associent uniquement des entreprises publiques algériennes avec des institutions financières étrangères (AXA-BEA-FNI, SAA-Macif, et l’accord de distribution CNEP-Cardif dans la bancassurance).

La capacité d’inertie
des acteurs publics
Le blocage de la réforme financière à travers le maintien d’une très forte prépondérance du secteur public provoque un certain nombre de conséquences non recherchées. On peut tenter de mentionner quelques-unes d’entre elles.
La première concerne l’excellente rentabilité des banques privées qui, plus réactives, plus professionnelles et adossées à des réseaux internationaux performants, sont incitées à élaborer des stratégies de “niche” et ont tendance à se concentrer sur les activités les plus profitables (financement du commerce extérieur, captation de la clientèle haut de gamme des entreprises et des particuliers), réalisant ainsi ce qui est classiquement désigné un “écrémage” du marché. Du point de vue plus général de la diversification des activités d’un secteur financier algérien considéré généralement comme très peu “sophistiqué” et en dépit de l’apparition de nouveaux acteurs au cours des dernières années (sociétés de garantie des crédits principalement), l’absence de dynamisme et de capacité d’innovation des entreprises financières publiques est à l’origine d’un retard persistant.
Le leasing s’est développé sous l’impulsion des seules banques privées, le capital-risque est quasiment inexistant, les assurances de personnes restent au stade embryonnaire. Le développement de ces nouvelles activités par les entreprises publiques et la création récente de filiales spécialisées dans chacun de ces domaines reste tributaire des injonctions de la tutelle et se heurte à une forte capacité d’inertie de la plupart des  acteurs financiers publics.

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Le paiement en espèces fait de la résistance http://www.liberte-algerie.com/economie/le-paiement-en-especes-fait-de-la-resistance-159989 http://www.liberte-algerie.com/economie/le-paiement-en-especes-fait-de-la-resistance-159989 2011-07-27 09:48:52 Economie Rédaction de Liberte Au chapitre des infrastructures, la réforme du système de paiement a été la grande affaire de ces dernières années dans le secteur bancaire algérien. Elle s’est surtout traduite, dès 2004, par la normalisation des chèques, opération préalable à la mise en place d’un système interbancaire de télécompensation qui a été réalisée entre 2006 et 2007. L’amélioration de la qualité de service qui a résulté de cette importante opération, qui a mobilisé pendant plusieurs années l’ensemble des banques (ainsi que les CCP) sur un projet commun de modernisation, n’a pas pour autant contribué de façon décisive à la généralisation du chèque en temps que moyen de paiement. Le retard considérable accusé par le développement de la monétique, notamment dans son volet carte de paiement, explique également que la majorité des transactions continuent aujourd’hui d’être réglées en espèces plus de 10 ans après le lancement de la réforme du système de paiement.

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“Former des compétences de haut niveau” http://www.liberte-algerie.com/economie/former-des-competences-de-haut-niveau-m-belmihoub-directeur-de-l-ecole-nationale-superieure-de-management-a-liberte-159596 http://www.liberte-algerie.com/economie/former-des-competences-de-haut-niveau-m-belmihoub-directeur-de-l-ecole-nationale-superieure-de-management-a-liberte-159596 2011-07-20 09:48:52 Economie Rédaction de Liberté Dans cet entretien, le premier responsable de l’École aborde l’importance de l’ouverture de cette nouvelle institution de formation au service de l’économie nationale, appelée à être un vecteur de développement des ressources managériales en Algérie. Particularité : les moyens financiers ne constituent pas un handicap à l’accès à l’École. Priment surtout la compétence et la motivation du candidat.


Quels sont les objectifs assignés à l’École nationale supérieure  de management ?
L’École nationale supérieure de management a été créée pour satisfaire des besoins de formation en management considérables. Jusqu’à maintenant, le système universitaire algérien ne comprend pas une institution en son sein,   une école de management comme telle. Il y a au sein des universités des départements de formation au management mais la mission demeure une initiation et une culture générale en management. L’école de management vise une formation de haut niveau telle que précisée par le décret de création de l’école : “L’école assure des missions de formation supérieure, de recherche scientifique et de développement technologique dans le domaine du management… elle se spécialise aussi dans la formation des compétences de haut niveau, et aussi en management des entreprises et des organismes dans tous les domaines de l’activité économique aussi bien industrielle que de service en intégrant dans le cursus de formation l’expérience sur le terrain” (art 4 du décret de création.) Aujourd’hui, tous les pays développés ou émergents s’appuient pour la conduite de leur développement et pour la gestion de la transition sur des écoles de management de qualité. Ces écoles sont dotées de ressources matérielles et technologiques mais surtout de ressources humaines de premier plan. Une école de management se distingue des autres établissements de formation supérieure par son organisation (structure de sa gouvernance), son modèle pédagogique, son corps enseignant (universitaires, consultants, chefs d’entreprise…) son ouverture sur le monde des affaires et aussi la qualité de ses étudiants, souvent ces derniers ont déjà accompli une formation universitaire initiale (licence, ingéniorat…) dans les différentes disciplines universitaires et ils viennent à l’école de management pour acquérir une deuxième compétence. D’ailleurs notre école, dans sa politique de communication, utilise le slogan
“École de la deuxième compétence”. J’ajouterai que les écoles de management, à travers le monde, sont généralement situées sur des sites bien étudiés et des locaux de haut standing. Aussi, le mode de gouvernance d’une école de management doit intégrer tous les éléments de différentiation cités, particulièrement la présence dans les organes d’administration des représentants des entreprises, des chambres de commerce et d’autres instances professionnelles. Notre école, la seule aujourd’hui dans le système universitaire à permettre à quatre chefs d’entreprise (publique et privée) d’être dans son conseil d’administration.

Quels sont les atouts de l’École supérieure face à la concurrence des écoles privées de management ?
Nous sommes pour la concurrence ; seule une concurrence saine permet l’émergence de vraies écoles de management (publiques et privées). Sur le segment “formation supérieure universitaire de type master”, le nombre d’écoles est très limité, nous souhaitons vivement qu’il y ait d’autres écoles pour d’abord satisfaire la demande et ensuite pousser à la qualité de la formation. Nous avons un atout majeur, contrairement à ce qu’on peut penser, c’est une école publique, de service public, ouverte à tous les candidats quel que soit le milieu social d’appartenance et leur lieu de résidence, nous ne sélectionnons pas nos étudiants sur la base de leurs moyens financiers, mais uniquement sur leurs compétences et leur motivation. Aujourd’hui, la demande de formation est telle que plusieurs écoles sont nécessaires pour la satisfaire. À terme, la qualité de la formation fera la différence.

Comment garantissez-vous la qualité de la formation ?
ll Notre école a défini un modèle pédagogique qui intègre trois types de ressources professorales, ce qui lui assure une qualité dans la formation : un tiers d’enseignants universitaires résidents, un tiers d’enseignants universitaires de la diaspora et un tiers de formateurs venant du monde de l’administration, des entreprises et des consultants. Ce modèle pédagogique va être testé sur les deux premières promotions avant d’intégrer progressivement une autre composante, les professeurs de management des universités et écoles prestigieuses étrangères dans le cadre de programmes de coopération.

Pouvez-vous présenter les formations qui seront dispensées par l’Ecole nationale supérieure de management à partir de septembre prochain ?
Pour la rentrée de septembre 2011, nous lançons trois masters : a - Master en “management et économie industriels des réseaux et infrastructures”, premier programme du genre lancé en Algérie. Les besoins dans ce domaine sont énormes : industries de réseaux, télécoms, énergies, eau, infrastructures ; Il est ouvert aux ingénieurs diplômés des écoles et universités (génie industriel, statistiques, économie appliquée, économie pétrolière, recherche opérationnelle, agronomie…)
b - Master en “management des organisations”, programme généraliste ouvert à un éventail plus large de diplômés de l’enseignement supérieur (sciences sociales, sciences économiques et commerciales, sciences politiques, sciences de l’ingénieur…) c - Master en “management par la qualité”, ce programme est à vocation professionnelle et est ouvert à tous les diplômés d’une graduation universitaire.

Quelles sont les perspectives tracées à moyen terme pour la nouvelle École ?
À terme, en 2012, un département “formation continue” sera totalement dédié  à la formation supérieure professionnelle en management et sera ouvert aux cadres des entreprises et administrations en activité. L’organisation pédagogique et administrative sera adaptée aux besoins de ce segment des apprenants. Des informations sur les contenus des programmes et les conditions d’inscription sont disponibles sur le site www.mesrs.dz/php.

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