Liberté Algérie Liberté Algérie - Le Quotidien http://www.liberte-algerie.com Liberté Algérie 2011 fr Liberté Algérie - Le Quotidien http://img.liberte-algerie.com/liberte_logo_black.jpg http://www.liberte-algerie.com Ce charlatan saoudien qui subjugue les algériens http://www.liberte-algerie.com/enquetes/ce-charlatan-saoudien-qui-subjugue-les-algeriens-l-invisible-docteur-mohamed-al-hashemi-sevit-a-mohammadia-170939 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/ce-charlatan-saoudien-qui-subjugue-les-algeriens-l-invisible-docteur-mohamed-al-hashemi-sevit-a-mohammadia-170939 2012-01-30 09:00:00 Enquêtes Djazia Safta Ce charlatan saoudien profite de la détresse et de la crédulité de ses victimes pour leur faire croire à ses miracles, moyennant des sommes astronomiques.

Ouverte depuis à peine une semaine à Alger, “la clinique” du Dr Mohamed Rashed Al-Hashemi connaît déjà un franc succès. Les “patients” y viennent des quatre coins du pays pour bénéficier du traitement miracle. Le buzz et le bouche à oreille créés autour de ce guérisseur trompe-la-mort font qu’un détour s’impose dans sa “clinique”, à Mohammedia (ex-Belle-Vue), un quartier résidentiel habituellement calme. Samedi 14h. à notre arrivée sur les lieux, une longue file de voitures stationnant le long des trottoirs vient perturber quelque peu la quiétude habituelle du quartier. Une dizaine d’hommes barbus se trouvent devant l’entrée d’un garage faisant office de clinique. Le milieu de la chaussée est investi. Badges à la poitrine, sur lequel il est écrit “parking à 50 DA”. Ils sont embauchés pour la sécurité. L’intérieur, composé d’une grande salle réservée à l’attente et dans un coin une grande table faisant office de comptoir sur lequel sont exposés flacons, bouteilles et autres bidons contenant les “remèdes miracle”. Dans une autre salle, deux filles en hidjab assises derrière leurs micros posent des questions aux malades ou à leurs proches. Après avoir fini de donner leurs réponses enregistrées sur micro, ils sont priés de revenir le lendemain pour avoir l’ordonnance et payer le traitement. Près d’une centaine de personnes venues soit pour consulter soit pour récupérer leurs traitements attendaient dans la grande salle de la “clinique”. Depuis sa venue en Algérie, Mohamed Rashed Al-Hashemi “guérisseur miraculeux” a fait beaucoup parler de lui. Accusé d’avoir escroqué des personnes malades au Maroc, il a été interpellé par la police à l’aéroport international Houari-Boumediene puis relâché. Il concrétise son projet d’ouvrir une clinique en Algérie. Mais le site du “docteur” a publié le 2 janvier un communiqué démentant l’existence d’une “officine” à lui en Algérie. Une certaine Dr Wafa, travaillant avec Al-Hashemi, a affirmé qu’ils n’ont aucun établissement en Algérie. “Nous n'avons aucune adresse en Algérie. Et si une personne vous dit le contraire, sachez que c'est un escroc qui va certainement chercher à vous voler votre argent. Faites donc très attention aux personnes prétendant travailler avec le docteur Al-Hashemi”, a-t-elle mis en garde. Elle ajouté que “si le docteur Al-Hashemi avait bien l'intention d'ouvrir, il a changé d'avis et a décidé de ne plus revenir dans votre pays”. La porte-parole a expliqué que le “docteur” refuse de revenir en Algérie “pour des raisons de moralité”. “Je suis dans le regret de vous informer que le docteur Al- Hashemi a fait l'objet d'une tentative de chantage en Algérie au sujet de l'ouverture de son annexe. En effet, la corruption gangrène ce pays et notre docteur a refusé ce chantage venant d'un haut responsable algérien dont nous tairons le nom et qui veut obliger le docteur à s'associer avec lui”, a argumenté le Dr Wafa. Elle a continué : “Ayant refusé de s'associer à ce genre de magouille haram, le docteur a été arrêté à l'aéroport d'Alger au moment où il s'apprêtait à quitter le pays pour une soi-disant histoire d'Interpol qui le recherche. Ce qui est archifaux. Puisqu'une semaine auparavant il était encore dans la ville française de Lyon où il a séjourné 5 jours à l'invitation du comité 37 de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon Grange Blanche.”
“Ceci dit notre docteur a pu regagner son centre médical du sultanat d'Oman, et l'ouverture d'une annexe en Algérie n'est plus à l'ordre du jour après cet épisode digne des grands bandits”, a-t-elle fait savoir. Pour appuyer ses propos, la “doctoresse” renvoie les lecteurs au site du “médecin”. “Je vous invite à visiter notre site http://dr-alhashemi-center.webnode.com fait pour les francophones et pour passer commande d'un traitement si vous le souhaitez, et que Dieu leur vienne en aide après cet épisode honteux de chantage et de corruption forcée”, a-elle-conclu.
Si Al-Hashemi n’a pas ouvert de “cabinet” en Algérie, alors “clinique” de Mohammedia à qui appartient-elle ?
Les filles travaillant sur place assurent que le “cabinet” est à Al-Hashemi et qu’il est même en Algérie.
“La clinique est bel et bien au docteur Al-Hashemi. Et chaque fin d’après-midi nous le rencontrons pour un debriefing de la journée pour les traitements nécessaires à chaque patient”, a assuré une des filles. Nous avons posé la même question à sa collègue, cette dernière a écarquillé les yeux en signe d’étonnement et, à son tour, elle a attesté que les lieux sont bien une propriété d’Al-Hashemi. Les personnes présentes sur place croient dur comme fer que la clinique est au “docteur”, bien qu’à ce jour personne ne l’ait vu. De plus, personne ne sait où loge le “médecin”. Nous demandons l’adresse du “docteur fantôme”, les filles disent qu’elle est “confidentielle”, tout en soutenant le rencontrer chaque jour.

Il faut avoir la foi
Rencontrée sur place, une femme de Laghouat s’est étonnée du fait que des gens habitant la capitale ignorent l’existence des lieux. “Je suis de Laghouat, je sais qu’Al-Hashemi a ouvert en Algérie depuis une semaine. Le docteur est une personne bien, la preuve il était en prison et on l’a libéré. Signe qu’il est honnête. Le médecin guérit tout sauf les personnes ayant des problèmes néphrologiques ou d’ORL”, soutient-elle.
Les malades viennent de tout le pays, et les prix exorbitants affichés ne semblent déranger personne. Il n’y a pas de traitement inférieur à 18 000 DA. “Peu importe le prix du traitement, le plus important c’est d’avoir la bonne foi (nia)”, a fait remarquer notre interlocutrice. Écoutant la conversation, un homme a rétorqué : “C’est Dieu le guérisseur ! Quel que soit le prix et le propriétaire des lieux, il faut avoir la foi pour guérir.” Mais la bonne foi n’est pas partagée par tous.
Car les 18 000 DA c’est le prix d’une dose (djoraâ), a expliqué une des vendeuses en ajoutant que la consultation est gratuite. Et bien sûr, un flacon ne suffit pas pour guérir.
De plus, les malades doivent se déplacer plusieurs fois. Un jour pour la consultation, un autre pour avoir le traitement adéquat et pour s’acquitter des frais de la prestation, et un troisième jour pour récupérer le médicament.
“Pour avoir le traitement, il faut consulter et payer à l’avance, puis aller au comptoir avec un bon. Nous devons être certains que vous pouvez payer pour inscrire votre demande et vous procurer le jour d’après le médicament”, a expliqué l’une des filles. Le malade doit croire que la “clinique” est bien au Dr Al-Hashemi sans jamais le voir, verser près de 20 000 DA pour un flacon d’une seule utilisation, sans savoir ce qu’il contient et sans avoir de doute à l’esprit. Pour Amine, un “barbu”, cette méthode de travailler est louche. “Prétendre guérir des personnes par des plantes sans les voir n’existe pas. C’est de l’escroquerie”, a-t-il dénoncé. “Les prix affichés sont faramineux. Comment une personne prétendant soulager les souffrances grâce à Dieu peut-elle pratiquer des prix pareils ?”, s’est interrogé notre interlocuteur.
Les traitements proposés par le “guérisseur” ne seraient pas si efficaces que cela. Le “médecin” et ses traitements nourrissent les forums de discussion. “Du moment qu’Al- Hashemi a le remède pour soigner des maladies telles que le sida, pourquoi ne met-il pas son secret à la disposition du grand public ? Au lieu de cela, ce charlatan profite de l'ignorance. Pis encore, il spolie les pauvres gens. Comme cette dame qui lui a envoyé un chèque de 1000 dollars en septembre 2006 pour recevoir les médicaments afin de soigner sa sœur atteinte du cancer de la gorge. Elle attend toujours les fameux médicaments !”, a témoigné un jeune sur un forum de discussion.
De son côté, une femme a affirmé que son père a failli mourir après avoir bu le traitement prescrit par le “fameux docteur”. “On a diagnostiqué un cancer à mon père, nous nous sommes rendus chez Al-Hashemi au Maroc. Après avoir pris la première dose, mon père a frôlé la mort. Cet homme n'a rien à voir avec la médecine.” Un autre a assuré qu’Al-Hashemi donne le même traitement à tout le monde, soit un litre d’huile d’olive, 500 g de miel, un flacon d’huile de nigelle, un sachet de sidr (jujubier), un sachet de sana makki (feuilles de séné) ainsi qu’un CD ou une cassette audio de versets coraniques récités par le vénérable cheikh.


D. S.

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Mais qui est Mohamed Rashed Al-Hashemi ? http://www.liberte-algerie.com/enquetes/mais-qui-est-mohamed-rashed-al-hashemi-170940 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/mais-qui-est-mohamed-rashed-al-hashemi-170940 2012-01-30 09:00:00 Enquêtes Djazia Safta Mohamed Rashed Al-Hashemi, âgé de 47 ans, est médecin et théologien d’origine saoudienne et installé dans la région d’Al-Buraimi, en Jordanie. L’homme prétend tout guérir : cancer, sida, diabète, psoriasis, hypertension artérielle, infertilité, panne d’érection… Toutes les maladies auxquelles la science n’a pas encore trouvé de remède. Son secret ? Huile d’olive, plantes naturelles et miel pur. Sa méthode ? Ingestion de ces produits pendant une vingtaine de jours accompagnée de versets coraniques. Le “docteur” est propriétaire d’une chaîne satellitaire, Al-Haqiqa (la vérité), qui émet en continu depuis le 1er novembre 2005.
La chaîne diffuse en boucle les témoignages de malades guéris de cancer et autres graves pathologies ainsi que des prêches de guérison (roqia) prononcés en direct par Al-Hashemi en personne. Le “guérisseur” affirme avoir obtenu son diplôme de docteur en médecine alternative à l’université de Robertstown à Denver (état du Colorado, USA). Ce même établissement dont les responsables, notamment Dixie Ellen Randock, Heidi Kae Lorhan et Roberta Markishtum, ont été condamnés en juillet 2008 par la justice américaine à 36 mois de prison pour fraude aux diplômes. Ces trois hommes ainsi que d’autres acolytes ont créé des dizaines d’universités, d’académies et d’instituts aux états-Unis pour vendre de vrais faux diplômes dans le monde entier moyennant quelques milliers de dollars.


D. S.

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Tamazight, l’exemple à ne pas suivre ! http://www.liberte-algerie.com/enquetes/tamazight-l-exemple-a-ne-pas-suivre-son-enseignement-patine-depuis-son-introduction-a-l-ecole-en-1995-170869 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/tamazight-l-exemple-a-ne-pas-suivre-son-enseignement-patine-depuis-son-introduction-a-l-ecole-en-1995-170869 2012-01-29 09:00:00 Enquêtes Mohamed Mouloudj Durant l’année scolaire de 1995-1996, 16 wilayas ont opté pour l’introduction de tamazight dans le cursus scolaire. Pour le kabyle, 32 519 élèves étaient inscrits sur un total national de 37 690.  Ce qui représente 86,28 % du taux national. Ce chiffre se répartit sur 13 440 élèves à Tizi Ouzou, 9 000 à Bouira,  7 941 à Béjaïa, 1 078 à Boumerdès, 584 à Sétif, 349 à Alger et enfin, 127 à Oran.

À la lumière des statistiques de l’enseignement de tamazight, fournies par le Haut-Commissariat à l’amazighité, HCA, l’on remarque que les obstacles mets en place par les pouvoirs publics pour contrer toute avancée de cet enseignement ont donné leur fruit, à savoir l’abandon de cet enseignement dans plus de 5 wilayas, alors qu’au lancement, il était question de le généraliser à toutes les wilayas du pays. Ainsi, cet enseignement introduit depuis 1995, dans toutes ses variantes, à savoir le kabyle, le chaoui, le targui, le chenoui, le m’zab et le chleuh, bat toujours de l’aile et n’arrive toujours pas à décrocher une place dans l’École algérienne. Il reste prisonnier de ce que le ministère de tutelle appelle “la demande sociale”.
Durant l’année scolaire de 1995-1996, 16 wilayas ont opté pour l’introduction de tamazight dans le cursus scolaire. Pour le kabyle, 32 519 élèves étaient inscrits sur un total national de 37 690. Ce qui représente 86,28% du taux national. Ce chiffre se répartit sur 13 440 élèves à Tizi Ouzou, 9 000 à Bouira, 7 941 à Béjaïa, 1 078 à Boumerdès, 584 à Sétif, 349 à Alger et, enfin, 127 à Oran. L’enseignement du chaoui représentait 9,03% avec 3 404 élèves, inscrits dans les écoles d’Oum El-Bouaghi, Batna, Biskra et Khenchela. Le targui était de 0,51%, le chenoui de 2,60%, le m’zab 1,54% et de 0,02% pour le chleuh. Ce dernier ne résistera pas longtemps puisque son enseignement sera abandonné, seulement, deux années après son lancement. Idem pour le m’zab qui sera, à son tour, abandonné en 1999 pour reprendre en 2003 et abandonné, encore une fois, en 2009. S’ensuivra le chenoui et le targui qui rendront le tablier en l’an 2000. Même topo pour l’enseignement du kabyle à Oran qui s’estompera durant l’année scolaire 2001-2002 pour ne plus jamais reprendre, contrairement à Batna qui a cessé d’être enseigné en 2002, avant de reprendre durant l’année scolaire de 2005-2006. Le targui, quant à lui, s’est effiloché en 1999 pour ne jamais reprendre, du moins, jusqu’à cette année scolaire.
Malgré ces défections, l’enseignement de tamazight a pris de l’ampleur dans d’autres régions qui l’ont “adopté” depuis 1995. Ainsi, le nombre d’élèves inscrits est passé de 37 690 en 1995 à 213 075 en 2011, contre 193 226 en 2010, 55 958 en 2000.

La Kabylie en pole position
En 1995, le nombre d’enseignants dispensant les cours de tamazight à Tizi Ouzou était de 81 enseignants pour un effectif d’élèves de 13 440. Ce nombre sera revu à la hausse, grâce au recrutement des licenciés de l’Institut de langue et culture amazighes de l’université Mouloud-Mammeri. Pour rappel, les deux départements de langue et culture amazighes de Tizi Ouzou et de Béjaïa ont été ouverts en 1990, sous la pression populaire engagée par le MCB. Un institut a aussi ouvert ses portes à Bouira, après le passage du centre universitaire colonel Mohand-Oulhadj au rang d’université depuis cette année. En 2011, la wilaya de Tizi Ouzou compte 628 enseignants, travaillant dans 848 établissements. Béjaïa dispose de 370 alors que le nombre été de 48 en 1995. L’enseignement est répartit sur 116 établissements. Bouira dispose de 167 enseignants exerçant dans 131 établissements, pour un collectif élèves de 28 474. Seulement 3 enseignants exercent dans trois établissements à Tamanrasset pour 615 élèves. Alger compte 4 enseignants dans seulement 4 établissements, pour 37 élèves, alors qu’en 1995, 8 enseignants assuraient les cours pour 349 élèves à la capitale. L’enseignement de tamazight risque de s’effilocher à partir de la prochaine année scolaire à Alger, avertissent les enseignants et le HCA. Faute d’instituer tamazight comme matière à part entière dans l’école, son caractère facultatif n’encourage nullement les apprenants, notamment ceux des classes d’examen.
100 016 élèves suivent régulièrement les cours de tamazight à Tizi Ouzou, avec 30 008 élèves au primaire, 59 978 au moyen et 10 030 au secondaire. Béjaïa compte 18 731 élèves au primaire, 30 222 au moyen et 5 785 au secondaire. 4 714 élèves sont inscrits au cours de tamazight au primaire à Bouira, 20 435 au moyen et 3 325 au secondaire. 3 826 élèves à Sétif, seulement dans le palier moyen.
Sur un total de 213 075 élèves inscrits dans les 9 wilayas où subsiste encore l’enseignement de tamazight, la Kabylie rafle la mise avec 187 961 élèves, tous paliers confondus. Sur 1 330 professeurs assurant l’enseignement, les quatre wilayas où il est dispensé, le kabyle arrive toujours en tête avec 1 186 enseignants. Sur le nombre d’établissements dispensant des cours en tamazight, sur 1 193 établissements dans 9 wilayas, la région de Kabylie compte 1 105.  Les statistiques “révèlent” aussi que l’enseignement de tamazight se concentre aussi au niveau du moyen.
Pour ainsi dire, hormis Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira et Batna, tamazight n’est enseigné dans aucune école primaire. Même scénario pour les classes du secondaire. Mis à part les wilayas susmentionnées avec Boumerdès et Alger, excepté Batna, aucun lycée d’Algérie ne dispense des cours de tamazight. Le caractère facultatif endossé à l’enseignement de tamazight rend la possibilité de le généraliser quasi impossible. Contrairement aux autres matières qui sont obligatoires, tamazight reste le maillon faible à l’Ecole algérienne, malgré son statut de langue nationale depuis février 2002. De ce fait, tamazight est l’exemple à ne pas suivre dans l’enseignement. Introduite grâce au combat de longue haleine mené par plusieurs générations de militants, elle reste prisonnière de considérations qui n’ont rien à envier à l’apartheid linguistique que les pouvoirs successifs exercent contre une donnée historique et sociale plusieurs fois séculaire.


M. M.

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“Il y a une injustice qui est commise à l’endroit de tamazight” http://www.liberte-algerie.com/enquetes/il-y-a-une-injustice-qui-est-commise-a-l-endroit-de-tamazight-youcef-merahi-sg-du-hca-170870 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/il-y-a-une-injustice-qui-est-commise-a-l-endroit-de-tamazight-youcef-merahi-sg-du-hca-170870 2012-01-29 09:00:00 Enquêtes Mohamed Mouloudj En tant que SG du HCA, M. Merahi plaide pour l’édification d’une École normale pour tamazight. Il revient sur la situation des enseignants, les revendications de son institution pour assurer la promotion de tamazight.

LIBERTÉ : En 1995, 16 wilayas du pays ont opté pour l’enseignement de tamazight à l’école. 16 années plus tard, cet enseignement subsiste seulement dans 9 wilayas. Selon vous, quels sont les obstacles qui freinent l’émancipation et la généralisation de cet enseignement ?

Youcef MERAHI : C’est la triste réalité, en effet. Il y a trois verrous qui peuvent expliciter cette situation de recul :
1. Le caractère optionnel de cet enseignement, qui donne à tamazight un statut d’orphelin au sein de l’école algérienne. Le libre choix est laissé aux élèves de recevoir cet enseignement ou pas. Cette matière est déclassée par rapport aux autres matières avant même qu’elle ne mette le pied à l’étrier. Puis nos enfants ont un rapport de rejet de l’enseignement d’une manière générale. Il y a un effet répulsif constaté depuis des années. Tamazight vient se surajouter, si j’ose dire, à un milieu déjà saturé, et des seize wilayas de 1995, il n’en reste plus que dix.
2. L’absence de formation des formateurs aggrave cet état, où tamazight, en sa qualité de matière d’enseignement en principe, aurait dû occuper une place centrale dans la stratégie du ministère de l’Éducation. Or, il est loisible de constater sur le terrain que les enseignants, dans leur écrasante majorité, c'est-à-dire près de 80%, sortent des trois universités de Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou. Si l’on veut pérenniser l’enseignement de tamazight, il aurait fallu, depuis déjà dix ans au moins, penser à ouvrir une école normale pour la formation des formateurs de cette matière. Au moment où cet enseignement s’éteint ici et là, le dernier exemple en date est la wilaya de Biskra, les responsables du MEN parlent de généralisation qu’il est impossible d’envisager à moyen terme.
3. En plus de ces deux contraintes majeures, il y a lieu de rajouter cette fantaisiste option de “demande sociale”. Je m’explique : pour qu’une classe de tamazight s’ouvre, il faut impérativement que les parents d’élèves en fassent la demande. Il y a une injustice qui est commise à l’endroit de cette langue maternelle. A-t-on appliqué aux autres matières, y compris la langue française, qui se transforme en seconde langue après la langue arabe, cette injonction de demande sociale ? Cela n’a jamais été le cas !
Cette régression peut aussi s’expliquer par le fait du désintérêt porté à l’endroit de cette matière par les gestionnaires eux-mêmes. Tamazight intègre l’emploi du temps en dernier ressort, après le sport et la musique. Ce qui nous fait dire qu’il y a des matières “nobles” et des matières “tierces”.
Je pense qu’il est impératif de diagnostiquer, d’évaluer et de rééquilibrer l’enseignement de tamazight. Un audit doit être fait de façon à faire de cette expérience, puisque cet enseignement reste expérimental quinze ans après son introduction dans le système éducatif de notre pays (quel paradoxe !), un événement concluant.

On ressent un manque de volonté politique pour remédier à cette situation, et même une volonté délibérée pour maintenir tamazight dans ce statut. Quelles sont vos revendications dans ce sens ?

Dans le dossier "amazighité", des pas considérables ont été faits. Mais je dis, qu’au regard du temps et des moyens qui lui ont été dévolus, nous aurions pu mieux faire. Maintenant, il est vrai que nous constatons l’absence de cette volonté politique pour remédier à cette situation. Il n’y a que notre institution qui agit pour que tamazight, dans toutes ses dimensions, retrouve sa place naturelle dans son pays.
Notre revendication est très simple : que l’ensemble des ministères s’engagent à la prise en charge sérieuse, généreuse, audacieuse et volontariste de ce dossier, chacun en ce qui le concerne naturellement. Nous sommes en 2012, et des prénoms amazighs sont encore refusés par nos municipalités au nom d’un lexique de prénoms limitatif et révolu, le décret date de 1981.
Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Où est l’amazighisation de l’environnement ? Où est le journal public en tamazight ? Où est le centre de recherche ou académie de langue amazighe (l’existant somnole depuis sa création) ? Qu’en est-il des modules de tamazight dans certaines filières des sciences sociales, humaines, juridiques et de communication ? etc.

La graphie reste un des épineux problèmes auquel cet enseignement fait face toujours. Pour des considérations idéologiques, certains proposent la graphie arabe, d’autres optent pour le latin et, à un degré moindre, le tifinagh. En tant qu’institution officielle, pour quelle graphie optez-vous et pourquoi ?

Ah, cette histoire de graphie ! Il n’y a pas trente six mille solutions. La société a tranché. L’histoire aussi. La pratique en milieu scolaire, universitaire et institutionnel a tranché également. Maintenant, s’il faut mettre en avant les considérations idéologiques, là c’est un autre problème. Tamazight possède un alphabet originel. Sauf que depuis près d’un siècle, les études menées sur, autour de et pour tamazight ont été faites sur la base du caractère latin par tous les spécialistes en la matière, de Boulifa, Mammeri aux chercheurs actuels.
Comment faire fi de tout ce travail et cet héritage ? Les tenants du caractère arabe, se basant sur des objectifs idéologiques, n’ont rien fait pour normaliser l’utilisation de ce caractère, contrairement aux utilisateurs du caractère latin. Je vise ici les spécialistes en langues. Et donc allons-nous bouleverser notre langue pour des raisons politiciennes qui ne déboucheront que sur une impasse ? Or, nous n’avons plus de temps à perdre car nous en avons perdu suffisamment. Il faut fructifier ce temps.

Quelle est la situation des enseignants de tamazight, lorsque l’on sait qu’ils font face à beaucoup d’obstacles ?
Tamazight a besoin de formateurs à tous les niveaux. Il faut pour cela ouvrir des écoles normales pour ce faire. Le manque est flagrant. La situation des enseignants actuelle semble être correcte ; elle se stabilise d’année en année ; elle se normalise par le fait que l’encadrement sort des universités. Mais la première promotion des enseignants de 1995, promotion Mouloud-Mammeri, dont le niveau était hétérogène, s’est vue intégrée dans des postes d’adjoints d’éducation et d’ouvriers professionnels chargés de l’enseignement.
Le drame est là justement ! Il aurait fallu depuis le temps, comme nous l’avons toujours demandé, leur assurer une formation qualifiante pour les intégrer en qualité de PEF ou de PEM. Ce qui nous a toujours été refusé.
En conclusion, nous demandons à tous les ministères concernés par l’amazighité, principalement le MEN, de réactiver les commissions mixtes afin de réexaminer encore les problèmes de l’heure et de fixer, pourquoi pas ?, une stratégie à court et moyen termes, au bénéfice de Tamazight.


M. M.

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Tamazight : Histoire et devenir http://www.liberte-algerie.com/enquetes/tamazight-histoire-et-devenir-il-fallut-plus-d-un-demi-siecle-pour-arracher-un-statut-de-langue-nationale-170871 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/tamazight-histoire-et-devenir-il-fallut-plus-d-un-demi-siecle-pour-arracher-un-statut-de-langue-nationale-170871 2012-01-29 09:00:00 Enquêtes Mohamed Mouloudj Après l’Independence, le modèle importé ou imposé à l’Algérie a brouillé ses repères historiques et identitaires, lesquels ont pu survivre à tant de conquêtes et de tentatives de dépersonnalisation entreprises depuis des siècles par tant de conquérants.

“Nous sommes des Arabes, des Arabes, six millions d’Arabes”.  Cette sentence lâchée par Ben Bella au lendemain de  l’Indépendance donnait déjà un aperçu de ce qui allait être la place de l’identité amazighe dans une Algérie émancipée du joug colonial. Elle fut l’obstacle majeur à son émancipation. Ce déni de reconnaissance et d’existence a ouvert le chemin à toutes sortes de dérapages. Emprisonnements, répression, exil forcé…, étaient le lot de tout militant se revendiquant “du camp des berbéristes”.  
La genèse de la revendication tire ses racines du Mouvement national. La crise “anti”-berbériste de 1949 au sein du PPA-MTLD, et l’assassinat de certains de ses initiateurs constituait la réponse des tenants de l’Algérie arabo-islamique à ceux qui défendaient une Algérie, tout simplement algérienne. Les raisons de la trêve entre les “protagonistes”  étaient animées surtout “par la priorité d’en finir avec le système colonial”.
Juste après l’indépendance de l’Algérie, des anciens maquisards ont pris le relais de la revendication. Leur apport à l’éveil identitaire était sans égal. Le travail de titans réalisé par l’académie berbère sous la houlette  de Bessaoud, les pressions des poseurs de bombes de 1976 ont ébranlé bien des consciences et bien des certitudes. Après l’Independence, le modèle importé ou imposé à l’Algérie a brouillé ses repères historiques et identitaires, lesquels ont pu survivre à tant de conquêtes et de tentatives de dépersonnalisation entreprises depuis des siècles par tant de conquérants. La chape de plomb ayant été imposée aux militants, il aura fallu attendre avril 1980 pour voir la jeunesse du Printemps amazigh sonner le glas du monolithisme linguistique imposé par le pouvoir de Boumediene et ensuite par celui de Chadli. L’ostracisme qui frappait l’identité amazighe vola en éclat devant l’acharnement des militants à redresser le cours de l’Histoire. Depuis, la répression vint s’ajouter à la méfiance qui caractérisait les relations, déjà tendues, qu’entretenaient les régions amazighes, notamment la Kabylie et le pouvoir central. La lutte étant “popularisée”, les militants berbéristes revoient leurs revendications à la hausse. Outre tamazight reconnue dans toutes ses composantes, les berbéristes  réclamaient  un état de droit et la promotion de la démocratie. En 1994, la Kabylie décide, face à la persistance du déni, “de boycotter l’école qui boycotte sa langue”. Manipulation et intox ont émaillé les huit mois de grève, avant qu’un haut-commissariat à l’amazighité, rattaché à la présidence soit installé. Un journal d’information télévisé fut lancé et tamazight fit son entrée à l’école algérienne, après tant d’années d’exclusion.
Mais ces concessions du pouvoir restaient insuffisantes aux yeux des militants berbéristes. L’assassinat de Matoub Lounès le 25 juin 1998  remit sur le tapis la revendication identitaire. En dépit de la grande mobilisation, le pouvoir refusa de céder. Il aura fallu l’année 2001, après l’impressionnante démonstration de force des militants kabyles lors des événements appelés communément “Printemps noir” et son lot d’assassinats et de répression -126 jeunes tués- pour que le pouvoir daigne, enfin, institutionnaliser tamazight en tant que langue nationale. Ironie de l’histoire, ce sont les mêmes sénateurs et députés qui ont voté la loi, reconnaissant tamazight, qui étaient peu de temps auparavant les farouches opposants aux revendications de la Kabylie. Cependant, un long chemin reste encore à parcourir pour cette langue millénaire puisque, si elle est admise dans les textes, elle reste confrontée à beaucoup de problèmes sur le terrain !


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“Tamazight me permet de m’épanouir.” http://www.liberte-algerie.com/enquetes/tamazight-me-permet-de-m-epanouir-mlle-rahmane-amira-eleve-en-5e-ap-170872 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/tamazight-me-permet-de-m-epanouir-mlle-rahmane-amira-eleve-en-5e-ap-170872 2012-01-29 09:00:00 Enquêtes Mohamed Mouloudj “Je suis très contente et très fière d’avoir la chance d’étudier tamazight, ma langue maternelle. Étudier ma langue me permet de m’épanouir. C’est une matière qui me convient très bien puisque je m’exprime dans la langue de ma mère et de mon père. C’est du naturel, ce n’est pas de l’importation. Tamazight est la langue de mes ancêtres, c’est notre sang.”

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“Le caractère facultatif relègue tamazight au bas de l’échelle…” http://www.liberte-algerie.com/enquetes/le-caractere-facultatif-relegue-tamazight-au-bas-de-l-echelle-mme-ould-amar-berdous-nadia-doctorante-enseignante-au-dlca-bouira-170873 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/le-caractere-facultatif-relegue-tamazight-au-bas-de-l-echelle-mme-ould-amar-berdous-nadia-doctorante-enseignante-au-dlca-bouira-170873 2012-01-29 09:00:00 Enquêtes Mohamed Mouloudj Liberté : À la lecture des statistiques sur l’enseignement de tamazight, on remarque que plusieurs wilayas ont décidé d’abandonner cet enseignement, tandis que d’autres le maintiennent et le renforcent. En tant qu’enseignante, quels sont les obstacles auxquels fait face tamazight à l’école ?
Nadia Ould-amar Berdous : Votre question est complexe, on ne peut pas réduire la question (telle qu’elle est posée) seulement aux problèmes que vivent les enseignants sur le terrain. Parce que les enseignants vivent les mêmes problèmes dans toutes les wilayas où l’enseignement de tamazight existe (y compris, bien entendu en Kabylie).  N’empêche qu’en Kabylie, l’enseignement de tamazight tient la route contre vents et marées, concerne de plus en plus d’établissements scolaires (tous cycles confondus) et est en train de se “normaliser”(dans le sens positif du terme).  Que l’enseignement de tamazight se concentre à hauteur de 90% en Kabylie n’est pas étonnant quant on connaît la volonté des enseignants, des élèves, des parents d’élèves et la détermination de toute la société, à braver ces obstacles et à asseoir cet enseignement sur des bases solides. La Kabylie à été toujours le fief de la revendication identitaire (les événements de 19 80, le boycott scolaire, le printemps noir…).  Quant aux obstacles que rencontrent les enseignants de tamazight, ils sont très nombreux mais découlent tous du grand problème qu’est le caractère facultatif, toujours en vigueur. Le maintien de ce caractère, en dépit des résultats positifs qu’enregistre cet enseignement, renseigne  sur le manque d’intérêt que l’État accorde à cette langue. En effet, au-delà des discours pompeux, rien de concret ne se fait sur le terrain pour promouvoir cette langue et son enseignement. Le caractère facultatif relègue tamazight au bas de l’échelle des matières  enseignées à l’école algérienne et met les enseignants dans une mauvaise posture. En effet, que peut un enseignant  devant un père qui veut dispenser son fils de l’enseignement de tamazight…que peut-il devant un directeur qui tire profit du caractère facultatif pour concocter comme il l’entend son emploi du temps…

Quelle est la situation des enseignants de tamazight. Dans quelles conditions évoluent-ils ?
En termes socioprofessionnels, la situation de l’enseignant de tamazight n’est pas différente de celle des enseignants des autres matières, ils vivent les mêmes problèmes ou bénéficient des mêmes. Cela étant, les enseignants de tamazight vivent des problèmes liés au statut de la langue (matière)  qu’ils enseignent.
Ce statut, ou plutôt ce non-statut, fait que (comme je l’ai souligné plus haut) on ne prend pas au sérieux l’enseignement de cette langue. Du coup, élaborations de programmes et mise à disposition de l’enseignement des outils didactiques appropriés sont pour ainsi dire pris avec le même “sérieux”.
Bien évidement, cela se répercute d’une manière négative sur l’activité pédagogique. Un autre problème inhérent au statut de quelques enseignants, notamment à Bouira, aurait dû, si volonté il y avait, trouver son épilogue.
En effet, quelques enseignants (des pionniers pour la plupart)  continuent d’exercer en qualité d’OP (ouvrier professionnel). Ce qualificatif méprisable n’entache en rien les compétences de ces enseignants qui avaient assumé avec sérieux leur tâche, depuis l’introduction de tamazight à l’école et dans des conditions précaires. Pourtant, il y avait, et il y a toujours, possibilité “de mettre à niveau” ces enseignants en leur offrant une formation. Cela est faisable par exemple, au niveau du DLCA de Bouira, pour peu que le MEN sollicite le ministère de l’Enseignement supérieur.

Quelle est la graphie adéquate pour la transcription de tamazight ?
Théoriquement toutes les graphies peuvent transcrire tamazight. On peut même en inventer une. Cependant, le caractère latin est en usage, depuis près d’un siècle. Ce n’est donc pas sérieux de remettre tout le travail accompli, depuis Boulifa et même avant, en cause juste pour des considérations idéologico-démagogiques.
En plus, personne n’a jamais empêché les défenseurs du tifinagh et du caractère arabe de transcrire avec ces graphies, si tant est tamazight leur tient à cœur. Soyons sérieux ! Cette histoire de graphie, comme on dit en kabyle, “teddez tebrez”.


M. M.

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Plus de 2 500 enfants algériens adoptés par des émigrés en France http://www.liberte-algerie.com/enquetes/plus-de-2-500-enfants-algeriens-adoptes-par-des-emigres-en-france-alors-que-des-centaines-de-dossiers-sont-en-cours-de-traitement-160906 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/plus-de-2-500-enfants-algeriens-adoptes-par-des-emigres-en-france-alors-que-des-centaines-de-dossiers-sont-en-cours-de-traitement-160906 2011-08-14 09:48:52 Enquêtes Rédaction de Liberté La démarche à suivre est aussi longue qu’éprouvante. Des centaines de requêtes de kafala déposées depuis des mois, voire des années, sont en effet toujours en attente au niveau des services administratifs chargés des dossiers de l’immigration et au niveau des services sociaux et judiciaires algériens.

L’ensemble de la procédure peut prendre jusqu’à trois ans. Les multiples allers et retours entre les deux pays supposent des frais de transport aérien, d’hébergement — pour ceux qui n’ont pas de famille en Algérie —, de séjour et bien entendu toutes les dépenses liées à la traduction des documents et la demande de visa pour l’enfant. Il faut, en effet, traduire en arabe les documents délivrés à l’étranger et inversement en français, les papiers remis par l’administration et les autorités judiciaires algériennes en prévision du retour. La traduction d’une feuille en Algérie coûte 900 dinars. Ce chiffre est à multiplier au moins par dix, en raison du volume de l’ensemble du dossier kafala.
Depuis que l’adoption a été interdite en Algérie et remplacée par ce qu’on appelle en droit musulman la kafala judiciaire, les choses sont devenues, en effet, plus compliquées pour les ressortissants algériens désirant adopter un enfant dans leur pays d’origine. La kafala n’induit pas un lien de filiation, mais impose au kafil (tuteur) de considérer l’enfant comme le sien et de prendre en charge son entretien, son éducation et sa protection. Seulement, elle ne cadre pas avec les procédures d’adoption classiques en vigueur dans certains pays européens. Du fait de sa non-ouverture à l’adoption internationale, le recueil par kalafa d’un enfant né en Algérie n’entraîne pas de plein droit son adoption en vertu des lois françaises, par exemple. Souvent les parents, désirant recourir à une adoption, se perdent dans le labyrinthe des démarches à entreprendre et l’interminable liste de documents administratifs à fournir. En France, pour ne citer que ce pays où la communauté algérienne est très forte, afin de garantir un maximum de succès au parcours qui mène à la kafala judiciaire, il faut obtenir l’agrément français délivré par le Conseil général au niveau du service chargé des questions d’adoption, dans le département de résidence. La requête peut prendre jusqu’à neuf mois, selon Katia candidate à une adoption en Algérie. Car, remettre cet agrément aux autorités consulaires françaises en plus des pièces demandées permet l’obtention du visa dans un délai moins long, semble-t-il. En l’absence de ce précieux papier, le consulat peut décider de diligenter en France une enquête sociale sur la famille ayant recueilli l’enfant par kafala, entraînant, ainsi un allongement des délais.
En novembre 2007, les autorités consulaires algériennes ont reçu pour consigne de leur ministère de tutelle, de ne plus accepter de demande en kafala si le requérant n’a pas obtenu l’agrément français. Cette exigence a été supprimée en mars 2010 pour des considérations qui restent inexpliquées du côté algérien. La requête de toute personne, qu’elle soit algérienne ou binationale (franco-algérienne), pour une kafala judiciaire doit passer par la suite par le consulat d’Algérie du lieu de résidence. Il faut savoir que l’agrément des autorités algériennes est valable un an. Il faut aussi penser à faire retranscrire au consulat algérien, les actes de mariage, de naissance en arabe pour ne pas avoir à le faire en Algérie. “J’ai adopté une petite fille en 2002. Elle a aujourd’hui 8 ans. Nous avons reçu dernièrement une réponse favorable pour la nationalité française ; avec ce document nous pourrons demander l’adoption ici et l’inscrire sur le livret de famille. Il est possible de prendre un enfant d’Algérie. Seulement il faut s’armer de courage et de patience”, témoigne Fadéla. Lotfi se souvient : “J’ai adopté une petite fille, il y a deux ans. C’était un peu long mais ça a abouti. Il ne faut pas baisser les bras, il y a beaucoup d’enfants qui attendent un sort meilleur là-bas. Surtout les garçons, car les gens résidant à l’étranger choisissent généralement de prendre des filles, considérant qu’il est plus difficile de gérer un garçon dans une société occidentale”.

L’indispensable visa
La Direction de l’action sociale (DAS) est le premier contact à établir en Algérie pour y retirer le dossier et le déposer à la pouponnière choisie.
à ce niveau, des échanges avec la psychologue et/ou l’assistante sociale et/ou le responsable, sont incontournables. Ensuite, il faut aller chercher l’acte de naissance de l’enfant à la mairie de son lieu de naissance, déposer le dossier de kafala auprès du tribunal compétent et constituer le dossier de concordance des noms auprès du ministère de la Justice. Et tout n’est pas fini. Après cette étape, il faut obtenir la kafala judiciaire, une ordonnance autorisant votre enfant à sortir du territoire national et une seconde ordonnance lui permettant d’obtenir un passeport individuel. Le choix du tribunal où déposer le dossier nécessite une adresse à faire valoir en Algérie, laquelle peut être celle d’un membre de la famille mais aussi celle de l’hôtel où le couple s’installe le temps de l’aboutissement des démarches. L’autorisation de sortie du territoire a une durée de validité d’un mois. Il faut donc, entre-temps avoir achevé les procédures avec la pouponnière et la DAS, ainsi que les démarches auprès du consulat pour la délivrance du visa. à ce niveau, ce n’est pas gagné d’avance. C’est même là que les choses se compliquent. L’adoption plénière n’étant pas admise en droit algérien, les enfants algériens recueillis par voie de kafala ne peuvent bénéficier de visa simple pour adoption. Ils peuvent toutefois se voir délivrer d’autres types de visa permettant leur entrée en France ou un autre pays étranger. Pour la France, la procédure est différente selon que le kafil est de nationalité algérienne ou française. Pour le kafil de nationalité algérienne, la demande de visa est instruite à l’issue d’une procédure de regroupement familial et cela en vertu des dispositions du protocole annexé à l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leur famille. Le kafil destinataire d’une décision favorable de regroupement familial doit introduire sa demande de visa pour l’enfant dans un délai qui ne peut excéder six mois à compter de la notification de cette décision. Le kafil de nationalité française pourra, lui, déposer auprès de ce même consulat une demande de visa de long séjour “visiteur” au profit de l’enfant ayant fait l’objet d’une décision prononçant son recueil légal.

Même avec un visa, l’enfant risque toujours l’expulsion
Il faut savoir qu’en France même avec un visa, l’enfant risque toujours l’expulsion. Difficile, effectivement de faire reconnaître l’enfant dans son pays d’adoption, qui n’assimile pas nécessairement le concept de l’adoption au sens maghrébin. L’Association des parents adoptifs recueillis par voie de kalafa (Apaerk), informe les parents désirant adopter en Algérie, sur les démarches à suivre, les conseille et les assiste dans leurs démarches. Sur son site, cette association rapporte que la cour d’appel de Chambéry a rejeté, en 2008, la demande d’adoption d’un couple, au motif que l’article 46 du code de la famille algérien interdit l’adoption, tandis que l’article 116 de ce même code définit la kafala comme l’engagement bénévole de prendre en charge l’entretien, l’éducation et la protection de l’enfant comme le ferait un père pour son fils. Convaincus qu’en refusant le bénéfice d’une adoption plénière ou simple à une enfant algérienne abandonnée, recueillie en vertu d’une décision de kafala, la cour d’appel a violé la Convention de New York relative aux droits de l’enfant, les époux se pourvoient en cassation. La haute juridiction judiciaire rejette leur pourvoi. Dans un arrêt du 15 décembre 2010, elle retient que la kafala, expressément reconnue par la Convention de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l’enfant, préserve l’intérêt supérieur de l’enfant. Il faut savoir qu’alors même s’ils bénéficient d’un agrément de leur département de résidence, ces parents éprouvent de très grandes difficultés à obtenir les visas. Les délais d’octroi des visas sont extrêmement longs. Entre trois à six mois au minimum. Cette attente n’est pas sans conséquence pour les familles adoptives, qui doivent entreprendre un véritable parcours du combattant : difficultés professionnelles, séparation très longue d’avec l’enfant recueilli, aller-retour souvent extrêmement coûteux. Il faut ajouter à cela l’absence de droits sociaux tels que le congé d’adoption ou l’inscription à la Sécurité sociale. Djamel B. revient sur son expérience d’adoption. “Le parcours est long pour obtenir un agrément français et une fois que tu obtiens un avis favorable tu dois te battre là-bas en Algérie pour avoir les documents officiels en un temps record mais cela en vaut la peine. Seulement un autre combat s’ouvre en France pour essayer d’obtenir l’adoption plénière”. Si Djamel s’est battu pour régulariser la situation de son enfant, d’autres parents adoptifs se contentent uniquement de ne pas quitter à nouveau le territoire français de crainte d’une expulsion. Des députés français et des membres du gouvernement ont été saisis par courrier par des associations activant dans le domaine dans une ultime tentative de les sensibiliser sur cet épineux problème. La sénatrice Mme Alima Boumediene-Thiery a attiré l’attention du ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire sur les conditions d’accueil, sur le territoire français, des enfants abandonnés et recueillis par kafala judiciaire en Algérie et au Maroc par des familles françaises titulaires d’un agrément français délivrés par les services d’adoption de l’aide sociale à l’enfance. Elle explique : “L’’inquiétude est réelle, les familles adoptantes se retrouvent bloquées avec leur enfant en Algérie et au Maroc, faute de délivrance de visa pour ces enfants malgré une autorisation de sortie de territoire de l’enfant par le juge compétent. Je souhaite donc aujourd’hui interpeller le gouvernement sur un sujet qui préoccupe de nombreuses familles françaises ayant choisi de recueillir dans leur foyer un enfant abandonné par la voie de la kafala judiciaire, une procédure qui concerne exclusivement le Maroc et l’Algérie et se substitue, dans le droit interne de ces pays, à la procédure de l’adoption, institution qu’ils ne reconnaissent pas”.
Selon elle, la kafala judiciaire est un parcours sécurisé, encadré et structuré qui permet le placement d’un enfant abandonné dans un foyer, sous le contrôle strict d’un juge. Il s’agit en réalité d’une mesure proche, quant à ses effets, de l’adoption simple. “Cette situation est liée à un problème très simple : l’absence de consignes et de circulaires des services compétents concernant le traitement spécifique des demandes de visas de parents recourant à la procédure de la kafala. Le problème a trait à l’arrivée légale en France des enfants. Nombre d’enfants entrent de façon illégale parce qu’ils ne peuvent pas obtenir de visa pour rejoindre leurs parents adoptifs. M. le secrétaire d’État, nous nous réjouissons que la circulaire que vous avez évoquée ouvre aux enfants recueillis par kafala les mêmes droits sociaux qu’aux enfants placés sous une autorité parentale déléguée, mais il serait souhaitable qu’on leur permette également d’obtenir plus facilement des visas pour arriver sur le sol français dans une situation légale”, plaide-t-elle.
N. H.

Repères

ll Selon les chiffres 2010, environ 21 000 enfants privés de famille ont été pris en charge dans le cadre de la kafala en Algérie, sur un total de 29 000 enfants privés de famille ou nés hors mariage. La fréquence des naissances illégitimes est de 3 000 naissances par an avancent les officiels, carrément le double d’après le mouvement associatif se préoccupant des femmes et des enfants en détresse. 15 000 enfants ont été recueillis, ces dix dernières années, en kafala par des familles résidant dans le pays et près de 3 000 autres ont été repris par leur mère ou autres membres de la famille. Dans le pays, il existe 35 foyers d’accueil et 3 centres de formation destinés aux encadreurs.

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Les promoteurs immobiliers privés sévissent toujours à Tizi Ouzou http://www.liberte-algerie.com/enquetes/les-promoteurs-immobiliers-prives-sevissent-toujours-a-tizi-ouzou-pratiques-peu-loyales-des-acquereurs-pris-en-otage-et-manque-de-controle-de-l-etat-160160 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/les-promoteurs-immobiliers-prives-sevissent-toujours-a-tizi-ouzou-pratiques-peu-loyales-des-acquereurs-pris-en-otage-et-manque-de-controle-de-l-etat-160160 2011-07-31 09:48:52 Enquêtes Rédaction de Liberté Appelés à soutenir les efforts de l’État, dans un secteur qui ressemble au mythique tonneau des Danaïdes, les promoteurs privés, qui ont certes leurs problèmes, traînent dans la réalisation des projets sans compter les pratiques déloyales qui font qu’ils n’ont pas forcément bonne presse.

Lorsque l’on se rapproche d’un promoteur immobilier à Tizi Ouzou, à l’effet d’acquérir un logement dans le cadre de la vente sur plan, l’on se croit forcément tout proche de la concrétisation d’un rêve : celui de quitter la maison familiale, et parfois la précarité, pour accéder enfin à son propre logement après tant d’années de sacrifices et d’économies. Mais, en dépit de toute l’attention accordée par l’État au secteur de l’habitat et l’arsenal réglementaire mis en place pour faire éviter à l’acquéreur d’éventuelles désillusions et autres déboires en cas de défaillance du promoteur, l’accès au logement promotionnel se fait-il toujours de façon sûre et dans le respect des lois en vigueur ?  Dans la wilaya de Tizi Ouzou, où le secteur de l’habitat, en général, connaît déjà de sérieux problèmes comme d’ailleurs en témoigne le bilan de réalisation à la fin  2009 qui révèle que le taux d’avancement du programme de logements dans la wilaya n’est déjà que de 54,86%, le logement promotionnel, notamment celui confié aux promoteurs privés, est en pleine crise. Avec un taux qui n’a pas atteint 5% à la fin 2009, il est devenu, à juste qualificatif, le parent pauvre du secteur de l’habitat. Si certains acquéreurs ont la chance de voir leurs logements enfin achevés, bien que dans des délais dépassant souvent ceux fixés initialement dans les contrats de vente et avec une qualité qui laisse parfois à désirer, d’autres, et ils sont plus nombreux, prennent leur mal en patience durant plusieurs années, mais sans pour autant voir le bout du tunnel puisque leurs logements, pourtant chèrement payés, deviennent au fil des années qui passent, un rêve de plus en plus inaccessible. Parfois une désillusion ! 
Lorsque les promoteurs font fi des lois autorisées à la création pour, à la fois, pallier le déficit de l’outil public de réalisation et à la demande sans cesse croissante en matière de logement, les promotions immobilières sont devenues, pour certaines d’entre elles, une véritable source de déboires et de stress pour des centaines d’acquéreurs qui se retrouvent menés en bateau, sinon traînés en long et en large par ces promoteurs privés qui, en l’absence du contrôle de l’État et profitant du déséquilibre toujours important entre l’offre et la demande de logement, ne lésinent toujours pas sur des pratiques à la limite du loyal et qui vont à contresens des lois en vigueur. C’est le cas, par exemple, de la réservation du logement qui est interdite par le décret législatif 93-03 du 1er mars 1993, relatif à l’activité immobilière mais que les promoteurs font tout de même perpétuer. “Un contrat de réservation ne doit donner lieu à aucun paiement”, est-il stipulé dans l’article 5 de ladite loi qui précise que “le contrat de réservation est nul juridiquement”. Pourtant sur le terrain, la “loi” des promoteurs est celle qui est toujours de mise. En recevant un postulant au logement promotionnel dans leurs bureaux, souvent de luxe afin d’amadouer et mettre en totale confiance le futur acquéreur du logement ou du mirage, selon les cas, le promoteur lui fait immédiatement savoir qu’il doit verser une somme représentant 20% du prix du logement contre la remise d’une attestation de réservation qui n’a aucune espèce de valeur juridique et ne contenant, parfois, même pas toutes les indications relatives au projet ou au logement acheté. C’est une fois ce versement des 20% du prix du logement effectué, que les déboires, sinon la prise d’otage de l’acquéreur, commencent alors, puisque les contrats notariés de vente sur plan qui donnent accès au crédit Cnep et à l’aide de l’État, ne sont établis en réalité que plusieurs années plu tard. Les exemples sont à vrai dire légion et les pratiques des promoteurs toujours les mêmes.

Les acquéreurs pris en otage
Comme de nombreux autres, les acquéreurs des 90 logements LSP à Alma, dans la commune d’Irdjen, ou encore ceux qui ont postulé à l’achat d’un logement dans le cadre des projets 82 et 120 logements chez un promoteur qui s’est curieusement nommé “Groupe Hasnaoui Centre” à Tizi Ouzou, en savent sans doute plus. Ils sont plus de 200 pères de famille à être dans l’expectative. Ces derniers ont dû d’abord attendre plus de deux ans après le versement de l’apport personnel pour parvenir enfin à la signature des contrats de vente sur plan comme en témoignent les dates portées dans les attestations de réservation et les actes notariés des acquéreurs. Des actes auxquels ne sont pas, faut-il le noter, annexées les attestations de garantie délivrées par le Fonds de garantie et de caution mutuelle, FGCMPI, comme prévu par la loi 93-03 qui stipule dans son article 11 que “l’attestation de garantie est obligatoirement annexée au contrat prévu à l’article 10 portant vente sur plan”. Cette assurance garantit, selon cette même loi, à l’acquéreur le remboursement des paiements qu’il aura effectués au promoteur dans le cas d’insolvabilité de ce dernier. “Qu’à cela ne tienne !” disent les acquéreurs pour lesquels la plus grosse problématique se pose surtout en termes d’avancement du projet sur le terrain et le respect des délais de réalisation.
Cinq ans après le versement de l’apport personnel, et près de trois ans après la signature du contrat notarié de vente sur plan, qui stipule pourtant que le délai d’achèvement du projet est de 18 mois auquel peut s’ajouter un prolongement de 5 mois, le chantier est encore à peine à ses débuts. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les futurs acquéreurs dont certains, las d’attendre, ont décidé de saisir les autorités compétentes dont la justice, les services de la wilaya et du ministère de l’Urbanisme. Dans la requête adressée au wali de Tizi Ouzou, sollicitant son intervention et l’ouverture d’une enquête par les services compétents “afin de mettre fin à leur calvaire”, les acquéreurs expliquent que “les délais de réalisation sont achevés et les versements des sommes nécessaires au titre du crédit CNEP et de l’aide CNL sont effectués alors que les travaux sont à l’arrêt pour certains projets et non encore entamés pour d’autres projets”. “Cette situation nous laisse des plus inquiets quant à l’utilisation de notre argent acquis après tant d’années de sacrifices”, est-il encore écrit dans la même déclaration. “J’ai versé au total 124 millions de centimes entre l’apport personnel et la première tranche du crédit Cnep mais voilà que je me retrouve encore mis en demeure par le promoteur pour en verser davantage alors que sur le chantier aucune avancée notable n’est enregistrée”, nous raconte Akir Salah, un des acquéreurs des 82 logements situés à M’douha tout en s’interrogeant “où va donc l’argent des acquéreurs qui ont non seulement versé leur apport personnel mais qui ont aussi mobilisé des tranches de crédit comme stipulé dans le contrat de vente”.

Les promoteurs
s’en lavent les mains
Les organismes financiers impliqués dans le montage financier triangulaire de ce genre de projets sont-ils censés contrôler l’avancement, sinon au moins le début, des travaux de réalisation de ces projets à chaque fois qu’il y a lieu de mobiliser les tranches de crédit et de l’aide CNL des acquéreurs au profit du promoteur ? Dans la convention signée entre l’acquéreur et la CNEP, l’article 08, qui fixe les modalités d’utilisation du crédit, stipule que 20% du crédit sont débloqués à la signature de la convention, 40% sur présentation d’un rapport technique établi par le bureau d’études du promoteur attestant la fin de l’infrastructure, 20% sur présentation d’un rapport technique attestant la fin de la superstructure, 15% à la fin du gros œuvre et 5% à la prise de possession. Il y a lieu de relever donc que ce n’est qu’à la mobilisation de la deuxième tranche du crédit au profit du promoteur que les organismes financiers procèdent au contrôle de l’avancement des travaux, et il est clair que c’est après le déblocage de la première tranche, qui n’est visiblement soumise à aucun contrôle, que certains promoteurs, dont Hasnaoui, se permettent tous les retards. Mais pour se justifier devant les acquéreurs, le promoteur en question impute tous les retards à la CNEP et la CNL qui n’ont pas, dit-il, débloqué les tranches de crédit de certains acquéreurs auxquels d’ailleurs, expliquent ces derniers preuves à l’appui, il a adressé des écrits  pour demander “le règlement des tranches suivant le mode de paiement fixé dans le contrat de vente sur plan” tout en mentionnant que “le retard de paiement a déstabilisé les plans de financement de l’entreprise et au même temps subit l’inflation des prix des matériaux de construction ». Un courrier qui présageait une révision des prix des logements que le promoteur n’a pas d’ailleurs tardé à appliquer quelques semaines plus tard.

Où est l’État ?
Devant de telles situations, les acquéreurs victimes de ces pratiques ne cessent de s’interroger si ces promoteurs sont contrôlés par l’État où bien agissent-ils à l’insu des institutions de l’État et échappent-ils à leur contrôle bien que les programmes qui leur ont été confiés sont inscrits par l’État dans le cadre du programme quinquennal ? À Tizi Ouzou, en tout cas, les promoteurs continuent d’agir comme s’ils n’ont de compte à rendre à personne ni même à l’État, en défiant les lois régissant le domaine, ni aux acquéreurs qu’ils prennent en otage durant des années, et ce, sans pour autant qu’ils soient inquiétés. Le ministre de l’Habitat, qui s’exprimait récemment sur les ondes de la radio Chaîne III, avait sans doute, toutes les raisons d’annoncer « la refondation du décret législatif  de 1993 dans le cadre duquel, a-t-il précisé, les promoteurs immobiliers qui se seraient rendus coupables de déviation, d’abus ou de fraude seront sanctionnés“, et aussi d’évoquer “le renforcement de la protection des clients des promoteurs immobiliers”.

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À la recherche des parents perdus http://www.liberte-algerie.com/enquetes/a-la-recherche-des-parents-perdus-le-drame-des-enfants-nes-sous-x-159837 http://www.liberte-algerie.com/enquetes/a-la-recherche-des-parents-perdus-le-drame-des-enfants-nes-sous-x-159837 2011-07-25 09:48:52 Enquêtes F Aouzelleg Le droit algérien de la famille ne donne aucun qualificatif pour désigner l’enfant né hors mariage, appelé en droit “enfant naturel”. Il n’en parle même pas car, l’enfance illégitime est un sujet tabou au sein de la société algérienne  pour des raisons d’ordre religieux, politique, mais surtout par “hypocrisie et animosité”.

Après l’accouchement, la mère, ne laisse aucune trace de son passé à l’enfant qui se voit attribuer un numéro par les services sociaux mais privé d’identité. Le premier besoin est d’ordre psychologique : lorsqu’on se sent “enfant de personne”, à un moment de la vie, la nécessité de savoir qui on est et pourquoi on a été abandonné, s’impose. Pour se construire, on a besoin de connaître ses racines.
Par ailleurs, on n’existe administrativement et socialement qu’à travers un nom créé de toute pièce : socialement, c’est difficile. En Algérie, le nombre de ces enfants nés sous X est de 3 000 par an, selon le chiffre officiel. Les associations annoncent 42 000 par an. “Un chiffre erroné !”, dément Mme Yamina Houhou, enseignante à la faculté de droit d’Alger. “Le chiffre dépasse de loin la réalité. Il est de plus de 42 000 par an par wilaya. En réalité, ils sont 9 000 ou 10 000, chiffre qu’on refuse de déclarer”, insiste-t-elle  “Une situation alarmante, tragique, voire dramatique qui nécessite une étude approfondie sur les conditions de ces enfants”, s’accordent à dire les juristes et sociologues. Pour Mme Houhou, “les naissances hors mariage ont toujours existé et existeront  toujours”. Il est à rappeler que dans les années 70/80, il était inconcevable que l’enfant illégitime reste avec ses parents, il devait être exclu de la tribu d’origine pour maintenir l’ordre social et préserver ainsi son prétendu honneur. Il est important de signaler que le droit de la famille algérien ne donne aucun qualificatif pour désigner l’enfant né hors mariage, appelé en droit “enfant naturel”. Il n’en parle même pas car, l’enfance illégitime est un sujet tabou au sein de la société algérienne pour des raisons d’ordre religieux, politique, mais surtout par hypocrisie et animosité. Toujours selon l’enseignante à la faculté d’Alger “le droit algérien ne définit pas l’enfant abandonné. Le droit de la famille prohibe l’adoption (article 46 du Code de la famille). Pour parer à cette prohibition, le législateur algérien a mis en place la kafala comme moyen de protection de l’enfant abandonné (avec ou sans filiation). Mais il s’est avéré que cet enfant est devenu une proie facile. En réalité, il ne bénéficie d’aucun avantage. Concernant l’héritage par exemple, il est nécessaire de développer une autre filiation sociale affective qui prime sur la filiation biologique”, proposera Mme Houhou. Quant à la filiation, elle demande que le législateur algérien applique la reconnaissance de l’enfant par  le test ADN. “Aujourd’hui, nous sommes devant une situation alarmante et une hypocrisie sociale qui perdure au nom de la morale religieuse”, souligne-t-elle. Elle ajoutera que “l’enfant né hors mariage est désigné par des termes populaires tels que ‘lakit’, ‘enfant trouvé’, ‘madjhoul el-nasab’ qui sont des insultes parce qu’il est né sous X et qu’il n’a pas de filiation, qui est pourtant un droit fondamental de l’enfant”, s’indigne notre interlocutrice. Elle propose que l’état réfléchisse à un concept pour la protection de cet enfant. C’est un droit personnel. Malheureusement, il y a des lacunes juridiques au niveau du Code de la famille qui interdit l’adoption mais autorise la kafala qui s’avère un concept insuffisant sur plusieurs plans. D’abord, sur le plan filiation, la concordance des noms reste un concept non clair. Aussi, il faut que la kafala soit un projet de vie et non un acte de charité. Quelqu’un qui prend un enfant pour la kafala c’est pour la vie. Malheureusement, le droit algérien ne considère pas le lien parental, la kafala est considérée comme un acte de charité et c’est pour cela que je dis que l’un des concepts qui est resté très pauvre c’est bien le concept de l’enfant né sous X. Le Code de la famille en fait un acte unilatéral. Or, il devrait être une mission noble qui consiste à construire un adulte de demain. Il est à souligner que cet enfant n’a aucune  protection naturelle après le décès du kafil (parent adoptif). Aussi, la kafala prend fin une fois les parents décédés. L’enfant se retrouve à la rue. Si c’est une fille, elle est exposée au danger de la prostitution, le garçon à la délinquance. également, l’une des grandes insuffisances est qu’en cas de divorce du couple kafil, elle n’implique pas les deux parents. L’un d’eux n’a pas droit de garde ni droit de visite. C’est contraire au droit civique. “Toutes ces lacunes doivent être étudiées, revues ou développer des concepts nouveaux sans qu’ils soient contraires à la moralité religieuse. Des concepts fondés sur le lien socio-affectif”, expliquera t-elle. Afin de protéger l’enfant né sous X, Mme Houhou demande que sa situation reste secrète  entre l’administration et l’école pour que cet enfant puisse avoir une vie et surtout une scolarisation normale. Pour rester dans la conformité religieuse et dans le respect  de la moralité de l’islam, “nous proposons une loi qui oblige le géniteur à reconnaître son enfant, soit par ADN, soit volontairement (la reconnaissance de paternité). éventuellement, de renforcer l’article 44 du Code de la famille : devant le tribunal, le juge doit accepter la reconnaissance de paternité sans obliger le demandeur de passer par le contrat de mariage. Nous ne proposons pas l’adoption lorsque la filiation de l’enfant est connue. Nous sommes pour la  filiation d’un enfant né sous X. C’est un droit et nous devons protéger cette catégorie de personnes qui est vulnérable et exposée à tous les dangers. On essaye de régler un phénomène de société qui n’a jamais fait l’objet de réflexion doctrinale, philosophique par rapport au divorce et à la succession ou l’héritage”, a conclu Mme Houhou.

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