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Économie / Finances

Finances

Transition énergétique : l’impératif

L’hôtel Hilton d’Alger a abrité, mardi 8 avril, la 18e Journée de l'énergie, organisée par le Laboratoire de valorisation de l'énergie, de l'École nationale polytechnique (ENP). Cet événement qui se tient chaque année en commémoration de Youm el Ilm, la Journée du savoir, s’est intéressée cette année au thème “Une nécessaire transition énergétique pour garantir le développement durable de l’Algérie”. Les experts participant à cette 18e Journée de l’énergie ont fait part de la nécessité de mettre en place un modèle de consommation de 2030-2050 qui permettra de freiner la consommation des énergies fossiles. Ils ont estimé que “la politique énergétique actuelle ne mène pas à une transition nette et nécessaire pour aller vers une nouvelle vision basée sur la sobriété énergétique et le développement durable”.
À cet effet, ils ont proposé une feuille de route “pour un passage en douceur du fossile aux énergies douces à l’horizon 2040, en misant sur une rente utilisée rationnellement”.
Dans une communication intitulée “Géopolitique de l’énergie : transition énergétique et développement durable en Algérie”, le directeur de recherche du Laboratoire de valorisation des énergies fossiles de l’ENP, le professeur Chemseddine Chitour, a dressé un tableau pas très reluisant.
Pour lui, le monde de l’énergie devient de plus en plus complexe et dangereux et l’avenir sera de plus en plus incertain. La vulnérabilité de l’Algérie tient à trois paramètres : le déclin inexorable de ses ressources fossiles, l’incertitude concernant les prix internationaux et une consommation débridée où l’efficacité et les économies d’énergies sont absentes. Le professeur a souligné que “seule une transition énergétique permettra de tourner le dos aux énergies fossiles et développer les gisements d’énergie verte, mais aussi le moment venu d’exploiter les gaz de schiste quand la technologie sera mature”. Abondant dans le même sens, l’ancien P-DG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, qui a présenté le potentiel en énergie dont dispose l’Algérie, a indiqué que la rente ne sera pas la même à partir de 2030-2040, du fait que la productivité des gisements non conventionnels est généralement faible et leur rentabilité reste à démontrer par rapport aux énormes investissements nécessaires.
Il a, à ce titre, appelé à envisager dès maintenant “un nouveau modèle de consommation énergétique et surtout une nouvelle économie indépendante des hydrocarbures”.
Le constat du vice-président du Cnes, Mustapha Mékidèche, est sans appel. L’Algérie qui a été pionnière dans la mise en valeur industrielle et commerciale du gaz est, aujourd’hui, dans une position de producteur fragilisée et d’exportateur menacée.
Il a estimé nécessaire de fonder un nouveau consensus autour d’une stratégie de sécurité énergétique ajustée aux nouvelles menaces et opportunités. Pour ce faire, il évoquera l’arbitrage entre exportation et marché domestique, ainsi que des révisions adéquates en termes de tarification.
L’ancien directeur de Sonatrach, Tewfik Hasni, a plaidé, pour sa part, pour une définition du modèle de consommation énergétique.
Ceci commencera, selon lui, par l’étude des tendances énergétiques, aussi bien sur le marché local qu’à l’export. “La prise en considération du nouveau paradigme, basé sur la rareté des ressources à l’avenir, nous introduira à l’économie verte. La rationalisation dans l’utilisation des ressources va s’imposer du fait de la rareté des ressources.”

S. S.