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International Dimanche, 15 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Une journée près de la frontière syro-turque

À Atmah, on prend les armes ou on creuse des tombes

Par : Rubrique Etranger

Samedi à l'aube, les hauts-parleurs de la mosquée réveillent la population d'une petite ville  syrienne près de la frontière turque : “Peuple d'Atmah ! un groupe de révolutionnaires est encerclé par les forces du régime. Que tous ceux qui ont une arme viennent les aider !”.
Juste après l'appel, femmes et enfants montent sur les toits, les yeux tournés avec anxiété vers une colline de sable et de rocs à la végétation  galeuse derrière laquelle retentissent des rafales d'armes automatiques et quelques explosions, dans le bourdonnement d'hélicoptères de l'armée. De jeunes hommes, Kalachnikov à l'épaule, foncent à moto vers la zone. “Atmah n'a jamais été attaquée depuis le début de la révolution” en mars 2011, explique Shadi, 24 ans, qui craint comme tout le monde que les hélicoptères ne s'en prennent ensuite à la ville et à ses 8 000 habitants.  À 7h40, les hauts-parleurs crachotent à nouveau : “À ceux qui n'ont pas d'armes : venez au cimetière creuser des tombes et préparez-vous à enterrer des martyrs !”.
À 8h20, tombe finalement un sinistre résumé de la situation : “Il faut creuser plus de tombes ! ceux qui n'ont pas d'armes, prière d'aider à creuser des  tombes. Les martyrs sont nombreux. Prière également de venir à l'hôpital donner votre sang !”.  Dans la nuit, 25 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL, composée essentiellement de déserteurs) avaient attaqué à l'arme légère, pour la troisième fois en quelques semaines, un poste de contrôle gouvernemental situé à quelques kilomètres d'Atmah, entre les villages kurdes de Diwan et de Talsallour. Mais l'opération a mal tourné : 10 rebelles ont été tués et 15 autres blessés, selon des sources médicales et un journaliste de l'AFP qui a vu les cadavres. “On a attaqué le poste de contrôle”, un bâtiment en béton sans âme, “vers 3h. On le contrôlait à 5h30, on avait tué huit soldats, 15 autres avaient fui. Mais un quart d'heure plus tard, les Kurdes sont venus” de Talsallour, raconte un combattant se faisant appeler “Abou Moujahid”.
Avec ce poste de contrôle, “l'armée syrienne perturbe le commerce (...). Ils arrêtent tout le monde. On les a prévenus plusieurs fois mais ils n'ont pas écouté”, explique ce jeune homme mince vêtu d'une tenue de camouflage et indemne après les combats. “On n'a pas eu le choix”.
Selon plusieurs de ses compagnons, les Kurdes, “armés par le régime” du président syrien Bachar Al-Assad, étaient nettement plus nombreux que les combattants de l'ASL à l'origine de l'attaque. Sans les renforts venus d'Atmah ainsi que d'autres villages sunnites des environs et l'aide des Kurdes de Diwan pour évacuer les morts et les blessés sous les roquettes des hélicoptères, personne ne serait revenu, disent-ils. Au final, “tout ça était inutile”, soupire un combattant au bras bandé.  
Vers 8h, “les Kurdes se sont repliés à Talsallour, et on a abandonné le poste de contrôle à cause des hélicoptères...”
En fin de matinée, ils sont des centaines à rendre hommage aux morts dans les herbes folles du cimetière d'Atmah. “Nous irons au Paradis par millions”, scande la foule, “Dieu bénisse ces martyrs !”.
Les hommes se frottent les mains puis le visage avec du sable — il n'y pas d'eau malgré les 40°C à l'ombre —, et s'alignent pour la prière devant une dépouille au visage sanglant, déchiqueté. Le père et le fils du combattant mort, en larmes, l'embrassent doucement sur la joue. Puis “Abou Abdo” est mis en terre. Des hommes s'activent toujours avec pelles et pioches sur neuf autres tombes. “Jusque-là, on avait eu une dizaine de morts seulement depuis le début de la révolution”, confie Moustapha, 19 ans, un ancien étudiant en économie qui a rejoint les rangs de l'ASL mais ne trouve pas d'arme. “Notre peuple est assassiné, il faut se défendre ! Bachar nous voit comme des moutons à égorger. Mais nous sommes des êtres humains”.

 

Commentaires 

 
#2 Boumed 17-07-2012 07:21
Consciemment ou non , ces gens sont en train de détruire leur pays, personne n'est là pour soutenir une dictature, mais force nous est donnée pour reconnaître que la Syrie est sous le coup d'un vaste complot qui vise à la rayer du nombre des pays potentiellement dangereux pour la "survie" de l'Etat sioniste et raciste d'Israël, cela ne fait aucun doute, c'est pour cette raison je pense, que pour le commun des algériens, la propagande qui insiste à nous faire digérer qu'un président est en train de massacrer son peuple ne tient pas la route. je pense personnellement que tout Etat a le droit de se défendre contre des terroristes qui tentent à le déstabiliser , formule et règle que l'occident utilise souvent, mais juste quand cela arrange ses intérêts .
 
 
#1 nasri azedine 15-07-2012 17:34
Ceux qui ont fait la révolution en tunisie ne sont pas au pouvoir, en nahda décimée au paravant n'a pas participé à la révolte et pourtant c'est ce parti qui recolte la mise.Idem en egypte ce ne sont pas les fréros qui ont déclenché la révolte, mais ils ont pris le train en marche ils sont arrivés à destination.Alors pauvres gens de syrie votre menu ne changera pas avec les barbus, les sionistes trouveront des excuses qu'ils ne négocient pas avec les intégristes - ADIEU golan, A DIEU CHEVRES VEAUX ET VACHES. qui vivra verra.
 
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