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A la une / International

Riyad opère une série d'arrestations d’opposants

Arabie saoudite : vers une succession mouvementée

Riyad sous haute tension © D.R.

Pris en étau entre révolutions de palais et contestations tribales, le régime wahhabite entre, aujourd'hui, dans une zone de turbulences dont on ne connaît pas encore l’issue.

Tout a commencé le 21 juin dernier, lorsque le roi Salmane Ben Abdelaziz Al-Saoud a décidé de désigner son fils Mohammed Ben Salmane, 31 ans, comme héritier du trône d’Arabie saoudite, en remplacement de son neveu Mohammed Ben Nayef, un membre de la dynastie, qui avait été préalablement nommé en avril 2015 comme prince héritier et vice-Premier ministre d'Arabie Saoudite. L’ayant démis de tous ces titres au profit de son fils, le roi Salmane, qui serait atteint, selon une rumeur insistante, de la maladie d’Alzheimer, aura donc créé un précédent. Pour faire avaler la “pilule”, une décision inédite s’il en est, le souverain wahhabite a annoncé, par la même occasion, des “réformes” ambitieuses laissant entendre qu’une nouvelle génération s’apprêtait à accéder au trône, rompant ainsi avec une gérontocratie vétuste et des mœurs pour le moins rétrogrades. L’équilibre du pouvoir, qui reposait jusque-là sur des alliances tribales, n’est pas pour autant acquis. Le changement dans l'ordre de succession a du mal à passer. Des contestations se sont fait entendre même dans le sérail. Et pour couper court à la “protesta” en cours et/ou à venir, une série d'arrestations vient d’être opérée. Parmi la vingtaine de personnes arrêtées figure en bonne place cheikh Salman al-Awdah, un prédicateur très en vue et considéré comme l’un des chefs de file du courant de la sahwa (l'éveil). Son courant qui prône une synthèse entre l'organisation des Frères musulmans égyptiens et la pensée religieuse dogmatique des wahhabites avait déjà été réprimé en 1994 et vaudra à Salman al-Awdah une incarcération jusqu’en 1999. Depuis, le célèbre prédicateur s’est tenu à carreau en évitant par exemple d’appeler en 2011 à un “printemps arabe” en Arabie Saoudite alors qu’il apportait son soutien aux autres mouvements dans les pays voisins et dans le monde arabe. Cette figure de “l’opposition” islamiste, considérée par Al-Quds Al-Arabi, le journal arabe édité à Londres, comme “un des piliers de l’opinion publique” en Arabie Saoudite s’était seulement contentée d’investir les débats sur le système éducatif, sur les libertés publiques et individuelles et notamment sur la limitation des pouvoirs du monarque. Selon plusieurs médias arabes, cheikh Salman al-Awdah aurait été arrêté, cette fois, à cause d’un appel à la réconciliation avec le Qatar, le pays voisin avec lequel le régime wahhabite est actuellement en bisbille, et qu’il aurait lancé sur son compte twitter suivi, rappelle-t-on, par 14 millions d’abonnés. Si l’arrestation de six prédicateurs est confirmée, on évoque également la détention d’intellectuels dont un poète et un historien. Alors que les autorités saoudiennes faisaient état, mardi, de l'arrestation de Saoudiens et d'étrangers s'adonnant à des “activités d'espionnage au profit de parties étrangères”, un porte-parole de Human Rights Watch (HRW), interrogé hier par l'AFP, a estimé, pour sa part, que celle-ci pourrait être liée à la volonté du jeune prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane, fils du roi, de consolider son pouvoir. “Ce que je peux dire, c'est que cela reflète très bien l'approche de l'Arabie Saoudite contre toute dissidence politique ou religieuse”, a déclaré ainsi Adam Coogle, chercheur sur le Moyen-Orient à HRW. Sur les réseaux sociaux, la riposte s’organise. Un compte twitter intitulé “Motakal” (détenu) a été mis en place pour défendre les personnes arrêtées. Ses animateurs, qui ont lancé une pétition demandant la libération des détenus, redoutent d'autres arrestations. Pris en étau entre révolutions de palais et contestations tribales, le régime wahhabite entre, aujourd'hui, semble-t-il, dans une zone de turbulences dont on ne connaît pas l’issue.


Mohamed-Chérif Lachichi


 


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