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A la une / International

Il se présente comme le candidat consensuel pour une sortie de crise en Libye

Basit Igtet veut se placer comme alternative

©D. R.

Ce quadragénaire, natif de Benghazi et homme d’affaires installé en Suisse, qui dit avoir rencontré la majorité des responsables politiques et militaires, se dévoile comme le représentant B. C. B. G., tendance à la mode, de la mouvance islamiste.

Un nouvel acteur a surgi hier sur la scène politique libyenne en organisant un rassemblement pacifique sur la place Verte. Basit Igtet est arrivé hier à l’aéroport de Tripoli en provenance de Suisse pour participer à “cet événement historique”, selon ses propos, auquel il a appelé. Il se place ainsi en alternative aux institutions déjà en place qu’il accuse d’avoir fait pire en sept ans que le kadhafisme en quarante ans. Il accuse tous les acteurs politiques de rouler pour des postes et la rente. Tout comme il dit n’être lié à aucun parti politique, ni aux résidus du régime de Kadhafi ni aux islamistes gérant avec des milices. Ni Saradj, ni Haftar et encore moins Seïf El-Islam n’échappent à son acerbe critique. Il entend imposer le changement, apporter la paix, par la mobilisation populaire. Son programme est une remise en cause de l’ancien système et ses hommes et des hommes actuels qui font tout sauf de la politique. Pourtant, son arrivée à l’aéroport de Tripoli démentira ses propos. En effet, il a été accueilli à sa descente d’avion par deux figures islamistes : Saber Ali Mansour Abu Turkia (gendre de l’extrémiste prédicateur El-Ghariani) et Idriss Abdeslam Boukechata al-Aribi, compagnon d’Abdelkrim Belhadj, leader du groupe islamique combattant reconverti dans la politique dont les milices contrôlent Tripoli. Le courant islamiste semble l’avoir de son côté adoubé. Le jeune, natif de Benghazi, homme d’affaire installé en Suisse, qui dit avoir rencontré la majorité des responsables politiques et militaires, se dévoile ainsi comme le représentant B.C.B.G., tendance à la mode, de la mouvance islamiste, sur le modèle d’Ennahda tunisien ou d’un Erdogan sans l’arrogance. Le rassemblement a eu lieu comme prévu avec essentiellement les slogans contre ceux qu’il dénonçait alors qu’il était attendu sur un discours apaisé. D’ailleurs, un autre rassemblement contre lui a été rapidement improvisé au même endroit, place des Martyrs. Les manifestants dénonçaient sa présence à Tripoli, le groupe islamiste combattant, ainsi que le conseil consultatif de Benghazi. C’est donc raté pour lui qui voulait une entrée tonitruante dans Tripoli. Il est également trahi par le timing qu’il a choisi pour son rassemblement populaire à Tripoli qui sera suivi par deux autres, plus tard, dit-il, l’un au Sud et l’autre à Benghazi. En effet, cet événement politique intervient à une journée de la tenue de la réunion à Tunis de la commission parlementaire, qui regroupe des élus des Parlements de Tobrouk et Tripoli et des représentants du gouvernement d’union nationale, chargée, entre autres, de l’amendement de l’accord de Skhirat (Maroc). Il s’agit notamment de dissocier le conseil présidentiel de la chefferie du gouvernement, deux fonctions cumulées jusque-là par Al-Saradj. Al-Saradj hériterait de la seule fonction de chef du gouvernement et le maréchal Haftar pourrait faire son entrée au conseil. Selon l’accord, une personnalité civile sera désignée à la tête du ministère de la Défense nationale. Par ailleurs, le clan Kadhafi peut faire aussi son entrée en scène avec la libération de Seïf El-Islam, leur chef de file, et d’autres détenus blanchis, qui s’imposeraient sur l’échiquier de la réconciliation nationale. Une perspective que seuls les islamistes rejettent catégoriquement. Mais cette perspective semble faire son chemin avec l’assentiment de certains autres courants dans le cadre d’un accord qui rassemblera toutes les tendances et régions du pays.

Djilali B.


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