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A la une / International

Lutte globale contre le terrorisme

La FIDH dénonce une instrumentalisation par des États autoritaires

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. © D.R

Outre le problème de “l’inflation des entités onusiennes… qui paralyse une coopération entre États”, ces mêmes entités “sont aujourd’hui dirigées par des États peu respectueux des droits humains”.

La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a publié hier un rapport accablant dans lequel elle dénonce l’instrumentalisation par certains pays de la lutte contre le terrorisme pour faire taire toute voix discordante et en violation de droits humains les plus élémentaires. Ce volumineux et détaillé document de 186 pages, qui sera présenté et discuté avec le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, explique qu’aujourd’hui la lutte antiterroriste est fortement “entravée” par certains pays. Tout en estimant que “l’inflation d’entités onusiennes, dont les mandats se chevauchent plus qu’ils ne se complètent (…)” sont en partie responsables de ces entraves, le rapport de la FIDH souligne que “ces entités sont aujourd’hui dirigées par des États peu respectueux des droits humains”, lit-on dans le communiqué synthétisant ce document. “La lutte contre le terrorisme est devenue la priorité majeure de la communauté internationale, permettant une coopération d’ampleur inédite entre les États membres”, expliquent les rédacteurs du texte, ajoutant que “cette mobilisation a entraîné une inflation institutionnelle et bureaucratique, le Conseil de sécurité adoptant ou mettant en œuvre des dizaines de résolutions, stratégies et structures onusiennes chargées de lutter contre le terrorisme”. Mais cette stratégie semble être inefficace, car “il en résulte une structure à mille têtes, qui n’est plus en mesure de remplir sa mission”, souligne la FIDH, affirmant qu’“il est frappant de s’apercevoir comment un petit nombre de pays (dont la Russie, l’Arabie Saoudite, l’Égypte) et leurs alliés ont pris le contrôle des entités onusiennes chargées de la lutte contre le terrorisme en les finançant et/ou en y assumant des postes clefs”. Mais “dans le même temps, ces États mettent en place des législations nationales draconiennes (qui) ont pour conséquence la répression des sociétés civiles, la persécution des opposants politiques et des militants des droits humains, et la perpétration de crimes graves contre les populations civiles”. Sous le couvert d’État d’urgence et de lutte contre le terrorisme, des pays ont trouvé le moyen de faire taire toute voix discordante, de réprimer opposants politiques et militants des droits de l’homme, d’interdire d’activité de nombreux partis politiques et organisations de la société civile, ainsi que l’emprisonnement systématique et sans la moindre preuve de toute personne suspectée de soutien au terrorisme. “Ces dérives risquant d’alimenter à leur tour «l’extrémisme violent» et générer davantage d’actes terroristes”, a averti cette organisation qui rappelle, au passage, que “l’actuel leadership de l’Égypte au sein de l’appareil onusien de lutte contre le terrorisme ne peut pas être dissocié de sa propre politique nationale de lutte contre le terrorisme”. Et pour cause, “cette politique a conduit à l’emprisonnement de milliers de défenseurs des droits humains, journalistes et voix dissidentes, dans des conditions de détention horribles et mondialement connues”, dénonce la FIDH, notant ceci : “Malgré un état d’urgence devenu permanent, l’action du gouvernement égyptien pour vaincre la menace terroriste est restée vaine.” Cette manière d’agir du Caire “a en revanche produit une législation antiterroriste utilisée comme couverture légale pour réduire au silence les dissidents et étouffer toute velléité de société civile indépendante”. Le rapport en question s’est également penché sur l’un des pays que d’autres rapports d’ONG et de services de renseignements occidentaux ont ouvertement accusé d’alimenter le terrorisme à travers le monde. Il s’agit de l’Arabie saoudite qui, avec ses pétrodollars, a réussi jusqu’à maintenant à bénéficier du silence complice de ses alliés occidentaux. “De même, l’Arabie saoudite continue d’exercer une influence majeure sur l’architecture de la lutte contre le terrorisme des Nations unies, et d’être saluée comme un partenaire de choix dans ce combat, et ce, en dépit des graves violations des droits humains commises sur son sol et de sa politique internationale : bombardements indiscriminés au Yémen ; sanctions contre le Qatar ; rôle régulièrement allégué dans la propagation idéologique et matérielle de l’idéologie jihadiste...”, note la FIDH, concluant que “les efforts déployés pour combattre le terrorisme et l’extrémisme ne sauraient en effet être dévoyés pour permettre la persécution des défenseurs des droits humains, la répression de la société civile ou justifier la perpétration de graves crimes contre l’humanité”.


Lyès Menacer

 


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