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A la une / International

Nouvelle journée de colère de l’opposition au Kenya

La police disperse violemment les manifestants

La police kényane a dispersé, hier, plusieurs centaines de partisans de l'opposition dans le centre de Nairobi et de Kisumu (Ouest) qui manifestaient contre la Commission électorale (IEBC), en amont de l'élection présidentielle prévue le 26 octobre après l'invalidation du précédent scrutin. La Cour suprême, saisie par l'opposition, a annulé début septembre le scrutin du 8 août, relevant de nombreuses irrégularités dans la transmission des résultats, estimant que l'élection n'était ni transparente, ni vérifiable, et accablant l'IEBC pour sa gestion du scrutin. L'opposition a conditionné sa participation à la nouvelle élection au remaniement en profondeur de l'IEBC et à l'octroi des contrats sur le matériel électoral à de nouveaux fournisseurs. Elle a également lancé fin septembre une campagne pacifique contre l'IEBC avec des manifestations qui ont pour l'heure une ampleur limitée. À Kisumu, un bastion de l'opposition et troisième ville du pays, située sur les rives du lac Victoria, quelque
500 manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus avant d'être dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre, qui ont également tiré des coups de semonce et distribué des coups de bâton, selon les médias locaux. Dans le centre de Nairobi, les forces de l'ordre ont joué au chat
et à la souris avec les manifestants, qu'ils dispersaient à l'aide de gaz lacrymogènes dès que ceux-ci formaient des groupes d'une vingtaine de personnes, selon des médias.
Dans la ville portuaire de Mombasa, un rassemblement d'environ 500 partisans de l'opposition s'est déroulé dans le calme. Depuis l'invalidation le 1er septembre de la réélection du sortant Uhuru Kenyatta avec 54,27% des voix, contre 44,74% à Raila Odinga, pouvoir et opposition sont engagés dans une surenchère rhétorique illustrant la profonde défiance existant entre le deux camps.
Le gouvernement a exclu tout remaniement en profondeur de l'IEBC. Jeudi, le parti au pouvoir de M. Kenyatta, 55 ans, a par ailleurs enclenché un processus législatif accéléré pour amender la loi électorale afin d'en gommer
les lacunes, l'opposition estimant que ces modifications reviendraient à rendre légales les irrégularités et illégalités soulevées par la Cour suprême dans son jugement.


R. I./Agences


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