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Alors que la situation des réfugiés au Soudan inquiète

Le conflit s’enlise dans le Tigré éthiopien

Les miliciens de l'État d'Amhara, voisin du Tigré, se battent aux côtés de l'armée fédérale. © D.R

Le conflit dans la région du Tigré, en Éthiopie, place 2,3 millions d'enfants en besoin d'aide d'urgence et des milliers d'autres, qui se sont réfugiés dans des camps au Soudan, dans une situation précaire, a indiqué hier l'Unicef.

Le conflit enclenché depuis deux semaines dans le Tigré éthiopien s’enlise de jour en jour, alors qu’Addis Abeba affirme par la voix de son Premier ministre Abiy Ahmed qu’elle est sur le point de reprendre le contrôle de la situation. Hier, les autorités locales ont affirmé qu’au moins trois roquettes ont été tirées dans la nuit par les forces dissidentes du Tigré sur la capitale de la province voisine d'Amhara, Bahir Dar, sans toutefois enregistrer de victimes ou de dégâts. Ces explosions dans la ville ont été suivies par des tirs d'armes automatiques de plusieurs minutes, a rapporté l’AFP. Un responsable de la communication de la région d’Amhara, Gizachew Muluneh, a indiqué à l'AFP vendredi matin que trois roquettes avaient été tirées en direction de Bahir Dar depuis le Tigré, mais qu'elles avaient raté leurs cibles.

Deux ont atterri près de l'aéroport et une dans un champ de maïs, a-t-il ajouté, précisant qu'elles n'avaient fait ni victime ni dégâts. “Je suppose qu'ils visaient l'Agence (de presse officielle) Amhara Mass Media, l'aéroport et la tour de télécommunications à côté”, a déclaré M. Gizachew à propos des autorités du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), dont les troupes affrontent l'armée fédérale éthiopienne depuis le 4 novembre. L'agence Amhara Mass Media a également attribué les tirs à “la junte illégale du TPLF”, qui dirige la région dissidente du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie. Le 13 novembre, des roquettes avaient déjà visé l'aéroport de Bahir Dar et celui de Gondar, autre localité d'Amhara située à une centaine de kilomètres plus au nord.

Le TPLF avait revendiqué ces tirs, affirmant avoir infligé de “lourds dégâts” aux installations militaires des deux aéroports, utilisés selon lui par les appareils de l'aviation éthiopienne bombardant le Tigré. Les autorités du Tigré avaient également revendiqué le lendemain le tir de roquettes sur Asmara, capitale de l'Érythrée voisine, pays qui borde toute la frontière nord du Tigré, accusant les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser leur territoire et l'armée érythréenne de prêter main-forte à l'armée éthiopienne dans des combats au sol au Tigré.

Sur le plan humanitaire, la situation est chaotique, avec l’augmentation du nombre de réfugiés éthiopiens qui ont fui dans le Soudan voisin. Les autorités soudanaises ont évoqué le chiffre de 200 000 réfugiés éthiopiens si la guerre se prolonge. Selon le représentant du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) au Soudan, Axel Bisschop, plusieurs milliers de réfugiés arrivent chaque jour à la frontière. À ce rythme, 200 000 réfugiés pourraient entrer au Soudan durant les six prochains mois, a-t-il expliqué, lors d'un point de presse virtuel retransmis à Genève.

L. M./Agences


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