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Impasse politique et sécuritaire en Libye

Le plan de sortie de crise de Fayez al-Serraj

Fayez al-Serraj, président du Conseil présidentiel. © D.R.

Dans son discours télévisé, le président du Conseil présidentiel et chef du gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez al-Serraj, a prôné l’unité des Libyens, avec toutes leurs différences ethniques et divergences politiques.

Le président du Conseil présidentiel, issu de l’Accord de Skhirat en décembre 2015, Fayez al-Serraj, a proposé, samedi soir, la tenue d’élections présidentielle et législatives au cours du mois de mars 2018, lors de son discours à la télévision publique libyenne. “J’appelle à la tenue d’un double scrutin présidentiel et législatif dans le courant du mois de mars 2018, lequel permettra l’émergence d’un chef d’État, un Parlement, qui disposeront d’un mandat de 3 ans tout au plus, ou jusqu’à la fin de la rédaction d’une nouvelle constitution et son adoption. Suite à quoi il sera procédé à l’élection d’un nouveau président par suffrage universel”, a-t-il déclaré, énumérant 9 points en guise de plan de sortie de crise en Libye.
Le futur président aura par la suite la charge de poursuivre la mise en œuvre du processus politique, selon la feuille de route établie par l’accord de paix onusien, selon la vision livrée par M. Al-Serraj. Tout en affirmant que le Conseil présidentiel “n’est pas partie prenante du conflit et ne vient pas appuyer un camp au profit d’un autre”, il explique que ses propositions viennent en appui pour la poursuite du processus politique en cours. Le patron du GNA demeure toutefois intransigeant sur les questions liées à la Défense. Selon lui, il est nécessaire de “prendre en compte le principe de séparation des pouvoirs et d’alternance pacifique au pouvoir, tout comme il est indispensable de laisser l’institution militaire sous autorité civile”, a-t-il insisté, soulignant aussi la nécessité d’“élaborer une stratégie globale pour la défense et la sécurité nationale et l'unification de l'établissement militaire, avec le soutien et l'activation de l'armée, la police et les institutions de sécurité qui leur sont affiliées”. M. Al-Serraj reconnaît la difficulté de gérer l’aspect sécuritaire de la crise libyenne, avec la multiplication du nombre de milices, dont certaines dépendent des chefs de tribus et d’autres de groupes ou personnes appartenant à des mouvements politiques. Ce pourquoi il propose d’“élaborer un programme national pour la collecte des armes, la démobilisation ou l'intégration des membres des formations armées dans les institutions publiques et dans un laps de temps spécifié”. Mais il est d’abord urgent, a-t-il ajouté, d’observer un cessez-le-feu concerté à travers toute la Libye, en dehors évidemment de la lutte anti-terroriste qui doit se poursuivre pour venir à bout de la présence de l’autoproclamé État islamique en Libye et des cellules d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. En réaction à son plan de sortie de crise, des politiques libyens ont estimé que la proposition de Fayez al-Serraj est inscrite dans la “plateforme de Février”, approuvée en 2014. Pour rappel, un accord entre Fayez al-Serraj et le controversé maréchal Khalifa Haftar avait été conclu à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) en mai dernier pour modifier l’Accord de Skhirat et mettre fin aux divisions qui minent le pays depuis la chute de l’ancien régime de Tripoli en 2011.

 


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