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Situation dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest

L’insécurité gagne du terrain

Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest. © D.R

Les rapports de l’ONU sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest sont de plus en plus alarmants, en raison de l’insécurité grandissante dans ces régions, aggravés par l’instabilité politique chronique et des changements climatiques dévastateurs.

La situation sécuritaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest “continue de régner et de nuire à des vies innocentes”, a regretté lundi soir le chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (Unowas), Mohamed Ibn Chambas, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, consacrée à ces deux régions d’Afrique.

“Après la saison des pluies, les militants (terroristes, ndlr) ont de nouveau organisé des attaques audacieuses et meurtrières, notamment au Niger, où plus de 100 personnes sont mortes dans une seule agression il y a neuf jours”, a précisé le représentant spécial de l’ONU dans la région, soulignant que l’insécurité touche désormais des zones considérées jusque-là comme “sûres”, citant le cas notamment du nord-ouest du Nigeria, où les groupes terroristes Boko Haram et la branche locale de l’autoproclamé État islamique en Afrique de l’Ouest s’y sont installés depuis un moment. Ces groupes sont interconnectés aux réseaux criminels en tous genres et à des groupes de bandits, qui sont entre autres derrière la vague d’enlèvements de centaines de lycéens au Nigeria et de crimes contre des civils désarmés dans les pays du Sahel.

“90% des incidents mondiaux de piraterie maritime et de détournement d’avions se produisent dans le golfe de Guinée”, a-t-il rappelé, affirmant que cette dégradation sécuritaire s’accentue “malgré les efforts conjoints de la Force du G5 Sahel avec de multiples partenaires internationaux, dont la force française Barkhane, la force européenne Takuba, la Force multinationale interarmées et les armées nationales des pays du Sahel”, lit-on sur le site d’information de l’Organisation des Nations unies, dont le rapport trimestriel de son secrétaire général, Antonio Guterres, sur le Mali n’est pas des plus réjouissants, alors que le pays est en pleine période de transition politique. 

“Cette insécurité aggrave la situation humanitaire”, a-t-il expliqué, précisant qu’elle avait “poussé cinq millions de personnes à fuir les violences, soit 1,4 million de plus qu’en 2019”, détaille Mohamed Ibn Chambas, expliquant encore que “derrière ces chiffres, il y a des millions de vies humaines qui sont dévastées et des centaines de milliers d’enfants qui sont privés d’une éducation qui change la vie”.

L’instabilité politique et les changements climatiques contribuent aussi à l’aggravation de la situation sécuritaire, à l’origine de nombreuses violences électorales et intercommunautaires, dont profitent les groupes terroristes pour multiplier leurs actions armées, engager de nouvelles recrues et étendre leur influence dans les zones déshéritées.

Le “climat de plus en plus instable a provoqué des inondations massives, touchant plus de 1,7 million de personnes et entraînant la destruction de maisons et de moyens de subsistance”, a affirmé M. Ibn Chambas. “Nous devons nous attaquer aux causes profondes trop bien connues de l’exclusion, renforcer la gouvernance démocratique et donner une impulsion nouvelle et décisive à la lutte contre l’insécurité”, a-t-il conclu. 

 


Lyès Menacer


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