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A la une / International

Au moins 13 arrestations de membres de l'exécutif régional

Madrid maintient la pression sur les indépendantistes catalans

L'indépendantiste Carles Puigdemont (au centre), président du gouvernement catalan, annonce la date du référendum séparatiste. ©D. R.

Le président régional de la Catalogne a accusé, hier, le gouvernement espagnol d'avoir imposé un état d'urgence dans cette région du nord-est de l'Espagne, après le gel de ses finances et l'arrestation de 13 hauts responsables.

Les autorités espagnoles ont mis, hier, à exécution leurs menaces d’empêcher la tenue du référendum d’indépendance de la Catalogne, en procédant à l'arrestation de treize hauts responsables de l'exécutif de la région, où les indépendantistes ont aussitôt appelé à manifester contre l'opération. Une porte-parole de la Garde civile a confirmé à l'AFP “13 arrestations de hauts responsables du gouvernement de Catalogne et 22 perquisitions”, alors que les opérations de police se multiplient pour empêcher l'organisation le 1er octobre d'un référendum d'autodétermination interdit par la justice. Le président régional de la Catalogne a accusé d’ailleurs, hier, le gouvernement espagnol d'avoir imposé un état d'urgence dans cette région du nord-est de l'Espagne, après le gel de ses finances et l'arrestation de 13 de ses hauts responsables. Le gouvernement “a suspendu de facto l'autonomie de la Catalogne et appliqué de facto un état d'urgence”, a affirmé le président catalan, Carles Puigdemont, après ces arrestations, en accusant le gouvernement de Mariano Rajoy d'être “totalitaire” et de violer les “droits fondamentaux”. Le gouvernement catalan avait auparavant confirmé l'arrestation du bras droit du vice-président catalan Oriol Junqueras, le secrétaire général de la vice-présidence Josep Maria Jove. Un porte-parole de l'exécutif catalan a également précisé que les arrestations avaient un lien avec “les sites internet du référendum”.
Les motifs des arrestations n'ont cependant pas été annoncés par la Garde civile ni le ministère de l'Intérieur. On ignorait hier matin si elles intervenaient uniquement pendant les perquisitions ou seraient suivies de placements en garde à vue pour interrogatoire. La Cour constitutionnelle avait prévenu directement, par le biais de courriers adressés personnellement, les dirigeants et les fonctionnaires catalans qu'ils ne pouvaient pas coopérer à l'organisation du “scrutin illégal” du 1er octobre. Après avoir adopté le 6 septembre une loi organisant le référendum, en annonçant qu'aucune autre norme ne pouvait entrer en conflit avec elle, les indépendantistes ont ignoré l'avertissement et continué à organiser la consultation. L'annonce des arrestations a immédiatement entraîné une manifestation de plusieurs centaines, puis plusieurs milliers d'indépendantistes, devant le siège du département d'Économie de l'exécutif catalan à Barcelone, premier bâtiment visé par les perquisitions. “Résistons pacifiquement. Sortons pour défendre nos institutions de manière non violente”, a tweeté Jordi Sanchez, président d'un des principaux mouvements indépendantistes issus de la société civile, l'Assemblée nationale catalane (ANC). “Ils ont commis une grande erreur. Nous voulions voter et ils ont déclaré la guerre”, a-t-il aussi écrit. “Je demande (...) que l'on revienne à la normalité”, a déclaré de son côté le chef du gouvernement espagnol, le conservateur, Mariano Rajoy dans les couloirs du Parlement à Madrid.
Il avait auparavant défendu devant les députés les mesures prises par son gouvernement et les agissements de la justice “pour faire respecter la loi” en Catalogne. “Je demande que cessent les menaces des radicaux contre les maires, les conseillers et les fonctionnaires qui défendent la légalité”, avait aussi déclaré M. Rajoy.

R. I./Agences


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