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Violences au Mali

Près de cent personnes tuées dans un village dogon

Des militaires maliens en patrouille dans un village. © D. R.

Les violences intercommunautaires ont repris depuis quelques mois, surtout dans le centre du Mali, où l’absence de l’État a livré les populations à toutes les violations des droits de l’homme, selon le constat de l’ONU.

Un nouveau carnage a été commis au Mali, où au moins 95 habitants d’un village dogon ont été sauvagement exécutés par des individus armés, dans la nuit de dimanche à hier, ont indiqué des sources officielles et locales. Le bilan risque d’être revu à la hausse, selon les médias locaux qui affirment qu’en dehors des victimes, seulement 50 habitants ont répondu à l’appel sur environ 300 âmes que compte le village de Sobane-Kou, dans la région de Mopti. “Des hommes armés non identifiés ont attaqué le village de Sobanou dans la commune de Sangha, cercle de Bandiagara, région de Mopti, ce dimanche 9 juin 2019”, a rapporté le journal en ligne Studio Tamani. “Selon le maire de la commune de Sangha, sur une population de trois cents habitants, seulement 50 personnes répondent à l'appel aujourd'hui”, a ajouté la même source, soulignant que “ce massacre survient quelques mois après un autre perpétré à Ogossagou dans la même région, qui a fait plus de 160 morts”.

Si l’attaque n’a pas encore été revendiquée, l’on s’accorde à penser qu’il s’agirait de violences intercommunautaires dans une région qui connaît ces derniers mois une véritable recrudescence de ce genre de tueries. “Nous avons pour le moment 95 civils tués, les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps”, a déclaré sous le couvert de l'anonymat un élu de la commune de Koundou (cercle de Koro), où se situe ce village, a rapporté pour sa part l’AFP. “Selon les civils, ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler. C'est un village de 300 habitants. C'est vraiment la désolation”, a ajouté cette source. “C'est un village dogon qui a été quasiment rasé”, a pour sa part indiqué une source sécuritaire malienne. “Nous sommes sur le terrain avec des élus, nous avons déjà compté 95 civils tués”, a-t-elle ajouté. Le carnage d’hier intervient au lendemain de la publication par la mission onusienne de maintien de la paix au Mali d’un rapport trimestriel sur la situation dans ce pays du Sahel.

Le rapport de la Minusma a fait état d’au moins 415 personnes tuées dans différentes attaques, durant la période allant du mois de mars à mai. “Au total, il y a eu 245 atteintes à la sécurité au cours desquelles 333 civils ont été tués et 175 blessés ainsi que 145 signalements d’enlèvements de civils”, a relevé le rapport de la Minusma qui a été présenté à l’ONU le 6 juin. “Dix explosions ont par ailleurs provoqué la mort de 11 autres civils et blessé 26” autres personnes, a ajouté la même source. Du côté des forces de défense et de sécurité maliennes, le rapport du Secrétaire général de l’ONU a relevé que 67 soldats ont été tués et 51 blessés dans 35 attaques. Le même rapport indique que “quatre soldats de la paix ont été tués et 12 blessés” dans 12 attaques ayant visé la Minusma. Selon le rapport de l’ONU, les attaques ont particulièrement touché des régions du nord (Gao, Ménaka, Tombouctou et Kidal) et des régions du centre (Mopti, Guiré et Koulikoro).

 

Lyès Menacer

 



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