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A la une / International

Détention secrète et abusive de militants et d’activistes politiques

Riyad épinglée par Human Rights Watch

Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite. © D.R

Profitant de la crise sanitaire liée à la Covid-19, le royaume wahhabite a multiplié ces derniers mois les atteintes aux droits de l’Homme avec comme objectif le musellement de toute voix discordante.

C’est le constat fait dimanche par l’ONG de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW). Dans un rapport publié dimanche sur son site, cette ONG déplore que “certains détenus éminents soient coupés de tout contact avec les membres de leurs familles et leurs avocats depuis déjà plusieurs mois”. L’organisation a adressé au ministre des Affaires étrangères une lettre demandant l’autorisation de se rendre dans le pays et d’y effectuer des visites privées dans certaines prisons, une demande restée lettre morte jusqu’ici, alors que “cette situation soulève de graves inquiétudes quant à la sécurité et au bien-être des détenus”.

Le communiqué de HRW déplore en outre que les autorités saoudiennes aient interdit officiellement les visites de prisonniers à travers le pays depuis mars 2020, afin de limiter la propagation de la Covid-19. Mais, ajoute-t-il, des activistes saoudiens et d'autres sources affirment que les autorités ont également refusé indûment à de nombreux dissidents emprisonnés et à d’autres détenus de communiquer régulièrement avec le monde extérieur.

“Les autorités saoudiennes semblent déterminées à intensifier les souffrances de certains détenus et de leurs proches en leur refusant la possibilité de se parler, empêchant ainsi les familles d’être rassurées quant à la situation des détenus”, a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. “Tous les prisonniers devraient pouvoir communiquer sans entraves avec leurs familles et le monde extérieur, surtout en ces temps difficiles”, a-t-il soutenu. “Un membre de la famille d’une militante des droits des femmes emprisonnée a déclaré à Human Rights Watch qu’ils n’avaient pas reçu d’appels téléphoniques de cette activiste depuis plus de deux mois

.” Un proche de Salman al-Awda, un éminent religieux qui est également emprisonné, a indiqué que la famille n'avait plus de nouvelles de lui depuis mai, rapporte HRW. Citant des proches d’une autre éminente militante des droits des femmes, Loujain al-Hathloul, l’ONG de défense des droits de l’homme a indiqué que les autorités saoudiennes ont emprisonné secrètement cette militante pendant plus de deux mois. Les autorités saoudiennes détiennent ces trois personnes depuis plus de deux ans dans des conditions qualifiées d’abusives par des sources bien informées.

Elles sont visées par des charges douteuses, et leurs procès ont été ajournés à plusieurs reprises d’une manière qui viole leurs droits fondamentaux. L'ancien prince héritier Mohammed ben Nayef est détenu sans inculpation depuis son arrestation en mars, selon ses avocats, et l’ONG dit ignorer le lieu précis où il se trouve actuellement. Le contact avec le monde extérieur est un droit essentiel de tout détenu, rappelle Human Rights Watch.

Les normes internationales stipulent que les détenus doivent pouvoir “communiquer avec leur famille et ceux de leurs amis auxquels on peut faire confiance, à intervalles réguliers tant par correspondance qu'en recevant des visites”.       

 

 

 K. Benamar


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