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Les affrontements armés entre les Touareg et les Toubous ont fait des dizaines de morts

Sebha : l’autre guerre libyenne

Des hommes armés, blessés à la suite d’affrontements entre tribus. © D .R.

Le sud de la Libye, quasiment oublié par les médias, est le théâtre d’une guerre d’influence bien avant la chute de l’ancien régime d’El-Kadhafi. Les mouvements terroristes islamistes  y ont fait aussi leur refuge.

Une quarantaine de personnes ont été tués, en l’espace d’une semaine, lors des affrontements opposant les tribus touareg à leurs rivales des Toubous, dans le sud libyen, où une guerre fait rage loin des projecteurs des médias et de l’agitation diplomatique de la communauté internationale. Les combats qui se déroulaient auparavant à Ubari, près de la frontière algérienne, se concentrent depuis quelques jours dans l’autre ville Sebha, située à 770 kilomètres au sud de la capitale Tripoli. Les chefs de ces tribus se sont rencontrés à maintes reprises pour une cessation des combats, mais la trêve ne durait que quelques jours. 
La dernière entrevue remonte à la semaine dernière et avait abouti à la signature d’un accord pour la fin des combats. Dans une Libye en guerre, les Touareg et les Toubous s’affrontent pour le contrôle des villes-clés d’Ubari et de Sebha, alors que tout au début de la chute de Mouammar al-Kadhafi, les deux communautés assuraient la sécurité dans le sud de la Libye, chacune dans sa zone d’influence. Mais la situation a dégénéré quelques mois plus tard, chaque communauté cherchant à mettre la main sur les ressources pétrolières dans le sud de la Libye et le trafic d’armes vers les pays du Sahel. Alertés par ce qui se passe dans ces deux zones, des Touareg vivant en Europe ont commencé à se mobiliser pour alerter l’opinion internationale sur ce qu’ils qualifient d’exactions de civils et de destruction de quartiers entiers avec des bulldozers. Incertains de l’issue du dialogue interlibyen, parrainé par l’ONU, les Toubous et les Touareg cherchent à renforcer leur position, mais en choisissant la voie des armes que celle du dialogue politique. “Attestant d’un retournement inattendu de la situation politique, ces affrontements intriguent certains observateurs, qui constataient encore il y a peu une certaine alliance stratégique des Touareg et des Toubous dans la zone pour faire face aux menaces qui guettent leurs régions respectives”, a dénoncé l’association de la diaspora touareg en Europe dans un communiqué. Qualifié de “sanctuaire des jihadistes” par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le sud de la Libye est en fait infesté par les mouvements terroristes qui l’utilisent comme une base arrière, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique et Ansar Eddine qui ont été acculés, en 2013, par l’armée française dans le nord du Mali. La guerre opposant les Touareg et les Toubous compliquera, à coup sûr, la situation sécuritaire déjà catastrophique, dans le sud de la Libye et profitera surtout à l’organisation de l’État islamique qui s’implante progressivement dans le nord-côtier du pays. Profitant de cette guerre intercommunautaire, l’État islamique (EI/Daech) a obtenu des renforts qui ont transité par le Soudan, sans qu’ils soient inquiétés par les Toubous qui vivent en majorité dans le sud-est de la Libye.


L.M.

 


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