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L’origine des prénoms employés en Algérie

Kaddour, Kaddoura

Kaddour est l’un des prénoms les plus connus de la nomenclature traditionnelle algérienne. Ce prénom masculin vient du verbe arabe “qadara” “être capable de faire quelque chose, avoir la force, avoir la compétence”, par extension “décréter” (Dieu). Kaddour est la forme dialectale de qâdir “qui a pouvoir sur une chose”. La forme Kaddoura, de même sens, est à la fois masculin et féminin. Parmi les Kaddoura célèbres, le plus cité est Sidi Kaddoura ou Saïd Ben Ibrahim Kaddoura, imam et érudit algérien du 17e siècle. Il naquit vers 979 dans la ville d’Alger, mais sa famille était originaire de Kaddoura, une localité du Sahel (Tunisie), proche de l’île de Djerba. Kaddoura fit sa formation dans les sciences religieuses auprès de cheikh Belkacen al-Matmati. Après la mort de son père, en 1001, il partit faire une retraite dans la zaouïa de cheikh Abou Ali Abahloul, près de Ténès, où il demeura près de trois ans. Au bout de cette période, il retourna à Alger et rejoignit son maître, Belkacem al-Matmati. Celui-ci, qui revenait du pèlerinage à La Mecque, prit en main la Grande mosquée d’Alger (Djamaa Lekbir). Le jeune homme put ainsi continuer sa formation en fiqh, le droit islamique, et les sciences du Coran, lecture, hadith… Kaddoura, toujours dans le souci de parfaire ses connaissances, se rendit à Tlemcen, un autre pôle de la connaissance. Il fut l’élève d’al-Maqqari, de Tlemcen, et, de cette ville, il entreprit un long périple qui le conduisit au Tafilalet à Sidjilmasa, Beni Abbas, où il rencontra l’un de ses maîtres, Ahmed Ben Abdellah al-Sijilmasi. Il partit ensuite à Fès, dernière étape de son périple. Il revint enfin à Alger, muni des connaissances nécessaires pour assumer les charges qu’on lui confiait : son maître, cheikh al-Matmati, le désigna pour le seconder dans l’enseignement qu’il donnait et il assuma la responsabilité des habous, les biens de mainmorte. Plus tard, il fut nommé imam et muphti de la Grande mosquée d’Alger. Il était apprécié pour ses compétences et adulé par la population, il mourut en odeur de sainteté. On lui connaît de nombreux ouvrages, encore à l’état de manuscrits. .


M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com