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Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Lakhdar, Khadra

Lakhdar, prénom masculin, et son pendant féminin, Khadra, sont issus de l’adjectif arabe akhdar “vert”. La couleur verte est, comme on le sait, hautement symbolique dans la culture musulmane : elle représente principalement l’islam.
Un Lakhdar algérien célèbre est Lakhdar Ben Khellouf, poète algérien d’expression arabe du XVIe siècle. Il s’appelait Abou Mohammed Lakehal Ben Abdellah Ben Khellouf al-Maghraoui. Il aurait changé son prénom Lakehal (le Noir), en celui de Lakhdar (le Vert), à la suite d’un rêve qu’il aurait fait. Il appartenait à la tribu des Zarif, l’ethnique al-Maghraoui l’affilie à la confédération berbère des Maghraoua. Originaire du Dahra (à l’époque djebel Maghraoua), on ne connaît ni la date de sa naissance ni celle de son décès, mais on sait, par un de ses poèmes, qu’il vécut 125 ans. Pauvre, il ne put se rendre au pèlerinage de La Mecque. Il voyagea d’ailleurs très peu, son déplacement le plus notoire fut une visite pieuse au mausolée de Sidi Boumediene, à Tlemcen. Poète, Lakhdar ben Khellouf fut aussi un guerrier : devant la menace que faisaient peser les Espagnols qui occupaient des villes algériennes, il prit les armes et combattit. Il participa notamment à la bataille de Mazagran, auprès des troupes de Hasan Agha, fils de Kheiredine. Les Espagnols, commandés par le comte d’Alcaudete, furent battus, et un poème de Ben Khellouf immortalisa cette victoire. Dans ses poésies en arabe dialectal, il y raconte sa vie, parle de sa famille, notamment de sa mère Kella et de sa femme Guenou. Mais ses plus célèbres compositions sont les panégyriques de Prophète Mohammed, à tel point qu’il a été surnommé “maddah al-rasûl”, “le panégyriste de l’Envoyé”. Il dit lui-même que le Prophète lui parut en songe 90 fois. Lakhdar Ben Khellouf compte parmi les patrons de Mostaganem. Son mausolée, situé dans la commune de Sidi Lakhdar (wilaya de Mostaganem), est aujourd’hui un lieu de pèlerinage. On admire surtout le palmier qui s’y trouve, un arbre que le poète aurait lui-même planté. Selon la légende, le palmier, aussitôt planté, dépérit. Les disciples voulurent l’arracher mais Ben Khellouf l’aurait interdit. “Ce palmier nous survivra et indiquera ma tombe”, dit-il.

M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com


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