Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Sidifan

Un des chefs de la révolte maure de 546 contre les Byzantins. Il est représenté comme l’un des principaux chefs de la coalition engagée dans le conflit sous la direction d’Antalas*.

Rappelons que cette insurrection a été déclenchée à la suite de l’assassinat du frère d’Antalas, mais aussi des pressions exercées par les Byzantins sur les tribus berbères. Il s’allia avec les Laguatan, venu de Tripolitaine, ainsi que les Maures des montagnes et du désert. Durant l’affrontement qui précédait la grande bataille de 546, Carcassan, qui représente la tribu des Ifuraces,  commandait l’aile gauche de l’armée maure, tandis que Sidifan commandait l’aile droite, et Ierna, chef des Laguatan, le centre.
Quant à Antalas, il se tenait en retrait, avec les réserves. Corripe, dans la Johannide, écrit à propos de Sidifan : “Puis se présentent en armes les escadrons légers des cavaliers que conduit Sidifan. Terrible, le guerrier vole au milieu de ses soldats, confiant dans son coursier, et il ébranle et pousse au combat ses bataillons armés” (II, 47). Dans l’affrontement qui précédait la grande bataille de 546, qui allait décider du sort de la guerre, il commandait l’aile droite de l’armée insurgée. “Au milieu d'eux était l’ardent Sidifan, l'instigateur de la guerre et le maître des opérations ; il dirige à l'aile droite ses cavaliers et ses étendards. À l'aile gauche, Carcasan se tient avec ses troupes et répand dans la plaine entière son innombrable armée, les Ifuraces, qu'il mène au combat. À ses côtés commandent Mélangus, Gontal, Guentan, Alacanza, le cruel Itungun, le prompt Autilite, le vaillant Gatubar et ces mille chefs que les Syrtes ont envoyés au combat” (IV). Si Sidifan est traité d’“instigateur de la guerre”, c’est sans doute par ce qu’il a été le premier à répondre à l’appel d’Antalas. Le nom de Sidifan est d’origine berbère.
Il dérive d’une racine encore attestée dans les parlers berbères actuels, sdhf “être noir” et asett’af “noir”, la finale “an” est formatrice des adjectifs : asett’fan “étant noir”.
C’est un nom prophylactique, destiné à écarter le mauvais sort. Un équivalent moderne est Akli.


M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com