Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Tafounak

Ce prénom féminin d’origine berbère est encore en usage au Hoggar. C’est une forme de tifinagh qui désigne l’écriture berbère, encore en usage chez les Touareg. Le tifinagh dérive de l’alphabet libyque, attesté dès l’Antiquité et figurant sur de nombreuses stèles. L’ écriture libyque a été en usage jusqu’à la fin de période romaine, puisque des auteurs tardifs, comme Corippus, en font mention dans leurs écrits. Elle s’est vraisemblablement éteinte vers le 5e ou 6e siècle de l’ère chrétienne, et quand les Arabes arrivent, à la fin du 7e siècle, elle n’était plus utilisée. Ce système d’écriture a survécu chez les Touareg du Sahara, et aujourd’hui il a été remis à l’honneur au Maroc, où il a été adopté pour transcrire le berbère, et, en Algérie, principalement en Kabylie, où il est employé dans les enseignes.

On a rattaché le tifinagh à l’alphabet phénicien, mais cette hypothèse a été contestée. Le rattachement du mot tifinagh au mot finiqî “phénicien” n’est pas admissible. En effet, le mot finiqî  n’est pas sémitique mais… grec, et provient de phoenici, qui signifie “homme rouge”, par référence à la couleur pourpre que fabriquaient les Phéniciens, il n’a donc pu être reçu des Phéniciens qui devaient disposer d’un terme propre pour se désigner. Nous pensons que phoenici est la traduction de Himyar, mot issu d’une racine sémitique signifiant également “rouge” dans les langues sémitiques. Ces Himyar sont les mêmes que ceux de l’Arabie du Sud qui ont fondé dans la haute Antiquité un royaume puissant et sont allés s’installer au 2e millénaire avant J.-C. sur les côtes du Liban. Voilà qui écarte une origine phénicienne pour tifinagh. Par contre, une étymologie du mot par le berbère est possible. Si l’interprétation que l’on rencontre dans les milieux militants kabyles, tifi nnagh “notre trouvaille”, est à écarter, celle que l’on propose, par le touareg nigérien, asefinagh “explicitation” paraît plausible. La notion d’“explicitation” est ici liée à la légende d’un héros civilisateur qui, tout en révélant l’écriture aux hommes, a réservé la signification cachée des lettres aux seuls initiés.


M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER