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Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Tissila

Ce prénom féminin, relevé en Kabylie, est d’origine berbère. Le mot tissila appartient aux Touareg et signifie “chaussure” ou “savate”, plus particulièrement chaussure de haute facture. Son synonyme, ighatimen, a donné naissance à un rite du mariage bien connu des Touareg. Évoquons d’abord l’importance des chaussures dans la culture et la tradition berbères. Le trousseau de la mariée comporte toujours des chaussures de toutes sortes. Si aujourd’hui, il ne s’agit que de satisfaire à une tradition qui exige, en plus des robes, des chaussures, il s’agissait, autrefois d’un rite. Ainsi, dans la région du Chenoua, le rite du mariage exigeait du futur époux qu’il offre à son épouse et à ses parents les plus proches plusieurs chaussures. Il y avait les chaussures sans contreforts, genre babouches, les chaussures montantes et les sandales. Le rite était appelé hirkassen, d’un mot signifiant “chaussure”. Il s’agissait d’offrir une sorte de compensation, en échange de la femme qu’il recevait. Ce mot, attesté dans plusieurs dialectes berbères (en kabyle, on dit arkas pour les chaussures de labours), il a fourni le verbe herkes “traîner des savates”, passant dans l’arabe dialectal maghrébin sous la forme herkes, de même sens.
Chez les Touareg, le don des sandales prend un sens encore plus symbolique. Le rite du mariage dure sept jours. Le premier soir, à la nuit tombée, la mariée quitte la tente familiale pour rejoindre la tente nuptiale. Elle est entourée de femmes qui veillent à ce qu’on ne la touche pas, pour éviter les mauvais esprits et le mauvais œil. Le mari, accompagné par un groupe d’hommes, arrive le premier. Quand la mariée s’approche de la tente, elle est interceptée par un groupe de jeunes gens qui veulent l’empêcher d’accéder à la tente nuptiale. Ils réclament les ighatimen, des sandales luxueuses, fabriquées au Niger. Un simulacre de discussion s’ensuit et une ou deux paires d’ighatimen sont offerts à l’un des opposants, le fils de la sœur du père. C’est seulement alors que l’obstacle est levé. On sait que dans le mariage touareg, le fils de la sœur du père est l’époux préférentiel : en lui offrant une paire de sandales, on lève en quelque sorte ce droit, et la fille peut  épouser un autre..

M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com


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