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La nouvelle de Adila Katia Mercredi, 04 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Je t’attendais 39e partie

Par : Adila KATIA

RÉSUMÉ : Ramdhan rentre du travail avec son collègue et ami Kader. Il a aperçu une forme dans le coin et s’en est approché pour en avoir le cœur net. Son geste sauve Yamina. Il demande à Kader, d’appeler les secours. Ils sont bouleversés. Une ambulance vient l’emmener aux urgences. La police prend note de leurs numéros et adresses. Ils rentrent chez eux. Ramdhan pense encore à elle…

- Calmez-vous ! Ne pleurez plus… Vous êtes entre de bonnes mains, dit l’infirmière. On va vous faire une radiographie !
Yamina répond par une plainte douloureuse. Elle fait peine à voir. Son visage est plein d’ecchymoses. Elle a un énorme œdème sur la partie inférieure du visage et une limitation de l’ouverture buccale, avec de fortes douleurs qui déstabilisent l’équipe des urgences. Ce n’est pas la première fois qu’ils ont affaire à ce genre de blessures.
- Ne bougez pas…
La radiologue qui s’occupe de son cas se montre patiente avec elle. Elle attend qu’elle ne pleure plus et qu’elle veuille bien écouter ses directives. Elle lui fait une radio de la face.
- Merci, lui dit-elle en tapant le rapport sur le micro après avoir détecté une fracture au niveau de la mandibule.
Elle imprime le rapport. Yamina émet un son inaudible. Elle regarde une infirmière rapprocher un fauteuil roulant où elle l’aide à s’asseoir. On l’emmène dans une autre pièce où un stomatologue prendra connaissance du rapport de la radiologue.
- On va remettre de l’ordre dans tout ça, dit-il très peiné pour elle. Je vous injecte un anesthésiant, comme ça, vous vous sentirez mieux et vous n’aurez pas mal !
Il attend un moment, le temps que le produit fasse son effet. Il continue de lui parler afin de la détendre et surtout pour qu’elle réalise à quel point elle avait de la chance.
- Hier, une femme a été agressée par son mari avec qui elle était en instance de divorce ! Ce n’était pas la première fois qu’il s’en prenait à elle ! Mais cette fois, il l’avait abandonnée près d’une voie ferrée alors qu’elle était inconsciente. Lorsque des enfants l’ont trouvée le lendemain, elle était déjà dans le coma ! Aux urgences où elle a été emmenée, ils n’ont rien pu faire pour elle ! Tout ceci pour vous dire que vous avez de la chance, cela aurait pu être plus grave ! Vous auriez pu y laisser un œil ou même la vie ! Ce n’est pas juste ce qui vous est arrivé… Je voudrais vous donner un conseil. Lorsque la police vous interrogera, écrivez-lui le nom de votre ou vos agresseurs !
Yamina hoche la tête. Il s’occupera d’elle pendant un bon moment.
Le stomatologue décide de lui faire une réduction par blocage bi-maxillaire qui constitue à mettre en place, sur chacune des deux mâchoires, un système d’arcs métalliques qui permettront de maintenir un articulé dentaire normalisé grâce à des élastiques.
- La fixation est normalement en place au bout de quatre à six semaines, dit-il. Je vous reverrais régulièrement. Je vais vous prescrire des médicaments contre la douleur, des antibiotiques et des bains de bouche. Vous devrez avoir une alimentation liquide puis molle pendant trois ou quatre semaines. Vous pourrez utiliser une paille… M’avez-vous compris ?
Yamina cligne des yeux.
- Ne parlez pas. Arrangez-vous pour avoir toujours un petit bloc-notes afin d’écrire ce que vous voulez dire ! Je ne voudrais pas que vous souffriez davantage... vous comprenez ? Vous restez en observation durant quatre jours. Je passerais vous voir en fin de journée, lui dit-il avant de se tourner vers l’infirmière accompagnatrice. J’en ai fini avec elle pour l’instant ! Monique, vous pouvez l’emmener à sa chambre.
Elle bouge la tête pour le remercier. L’infirmière l’aide à descendre du fauteuil du chirurgien-dentiste et à s’asseoir dans le fauteuil roulant. Elle la conduit dans une autre aile de l’hôpital dans une chambre à deux lits inoccupés.
- Vous voulez le lit près de la fenêtre ou celui-ci ?
Yamina choisit celui près de la fenêtre, le montrant du doigt. Elle se lève du fauteuil, soutenue par l’infirmière et s’étend sur le lit. Elle peut apercevoir les branches des arbres que le vent balance. L’éclairage public lui permet de voir l’entrée des urgences. On sort des blessés de l’ambulance des pompiers. Elle n’est pas la seule victime ce soir.
- Je vais chercher vos affaires, dit l’infirmière Monique tout en déposant près d’elle, des serviettes en papier. Attendez, je vais vous couvrir…
Elle l’aide à enlever sa veste et ses chaussures qu’elle range dans un placard avant de la couvrir d’une couette. Yamina salive beaucoup. En étant couchée la tête légèrement en arrière, elle déglutie plus facilement. Mais la douleur est toujours là. Elle a beau tenter de se contrôler mais au moindre mouvement elle ressent un étirement douloureux. Elle ferme les yeux pendant un cours moment. Elle se sent mieux. Elle voudrait dormir, oublier ce cauchemar qu’elle a vécu ce soir.
Un bruit de pas attire son attention mais elle garde les yeux fermés.
- Je crois qu’elle s’est assoupie, entend-elle. Voulez-vous patienter dans le couloir ou repasser demain ? propose l’infirmière Monique.
- Oui, je peux attendre un moment… Qu’a dit l’oculiste ? Et le chirurgien-dentiste ?
- Son œil est juste tuméfié. Quant à sa mâchoire, il faudra plusieurs semaines pour qu’elle se consolide. Un spécialiste s’est occupé d’elle. Sachez que c’est toujours ainsi lorsqu’il y a une fracture, dit Monique. Vous êtes de sa famille ?
Yamina entend l’homme toussoter.
- Non, je ne suis pas de sa famille, répond-il. C’est moi qui l’ai trouvée… Je suis venu aux nouvelles. Est-ce qu’on a cherché après elle ?
- Je ne crois pas…
- Si elle avait de la famille, elle se serait manifestée, ne serait-ce qu’en appelant aux urgences, pour se renseigner !
- Puisqu’elle ne peut pas parler, avez-vous pensé à regarder son portable ?
- Non, c’est interdit. Seule la police peut se le permettre, dit l’infirmière avant de les apercevoir. D’ailleurs, les voilà !
Ramdhan se tourne et reconnaît un des policiers vu quelques heures plus tôt, en compagnie d’un autre, de garde à l’hôpital…


(À suivre)
A. K.

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