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La nouvelle de Yasmina Hanane Mardi, 11 Mars 2014 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Les oranges amères 62e partie

Par : Yasmine HANANE

Résumé : Aimed parle de Doria à son père. Il était si épris d’elle qu’il ne tarit pas d’éloges à son sujet. Hassen comprenait son fils… Il lui demande tout juste de ne pas refaire ses erreurs et promet d’être présent à l’exposition prévue à l’institut. Entre-temps, Aimed demande à son père les raisons de son célibat.

Aimed garde le silence et attend que son père daigne poursuivre. Ce dernier rejette encore un long nuage de fumée et reprend :
-Ta question tombe aussi à point, car, pas plus loin qu’hier soir, je repensais à une femme que j’ai rencontrée alors que je n’étais pas encore divorcé de ta mère… Tu connais d’ailleurs mieux que moi les raisons de notre mésentente, et celles qui m’ont mené à la quitter… Tu n’avais à l’époque que trois ans. Je ne pouvais me décider à t’abandonner. Mais après cet accident, dont je garde encore les séquelles, j’ai dû me rendre à l’évidence : ta mère ne m’a jamais aimé… Je n’étais que le dindon de la farce…
Il pousse un soupir :
-Lorsque j’ai rencontré cette femme, il ne m’avait fallu que quelques secondes pour comprendre qu’elle était celle que j’avais toujours cherchée. C’était le coup de foudre ! Oui, ça existe, je peux te le confirmer.
-Et ensuite… ?
-Cette rencontre avait remué quelque chose en moi. J’ai compris que cette femme m’aimait, et je voulais le lui rendre, en lui proposant de lier nos destins. Rien qu’à la pensée que je pouvais un jour la perdre, je devenais fou. Elle était journaliste. Un jour, alors qu’elle était en couverture dans une autre ville, j’ai parcouru des centaines de kilomètres pour la rejoindre et être à ses côtés… J’ai alors tenté l’impossible pour la décider à m’épouser. Elle ne cessait de me répéter qu’elle ne pouvait construire son bonheur sur les débris d’un foyer… Elle jugeait inadmissible que je quitte ta mère pour l’épouser elle… Je lui avais pourtant juré que notre ménage battait de l’aile, et que c’était juste toi qui me retenait… Hélas ! Elle persistait dans son refus… Pis encore… Elle m’a quitté sans crier gare, alors que je dormais encore à l’hôtel… De retour dans notre ville, j’ai tenté de la joindre… Impossible ! Elle ne répondait pas à mes coups de fil et ne rentrait chez elle qu’à des heures tardives. Pourtant, mon cabinet ne se trouvait qu’à quelques mètres de l’immeuble où elle habitait. Un soir, je décidais de l’attendre toute la nuit s’il le fallait… Je devais lui parler… Absolument la revoir et lui parler… Je monte dans mon véhicule et attends impatiemment son retour… Elle est enfin là. Mais pas seule… Elle était avec un homme… Ils discutèrent ensemble un moment, puis elle prend congé de lui… J’attendis que l’homme s’éloigne pour monter derrière elle… Mais elle était déjà rentrée, et je n’ai pu que tourner comme un lion en cage devant la porte de son appartement… Dépité, je redescendis les escaliers, en me promettant de tenter de la rencontrer une autre fois… Peut-être serais-je passer à la rédaction… Mais c’est cette nuit-là que j’ai eu cet accident qui m’a plongé des semaines durant dans le coma… Lorsque j’ai pu quitter l’hôpital, mon premier réflexe était d’entamer rapidement une procédure de divorce et de mettre fin définitivement à la vie d’enfer que je menais avec ta mère. Une fois toutes les formalités accomplies, je tente de renouer avec ma bien-aimée… Je me rendis alors à son journal… C’était le seul endroit où je pouvais être certain de la rencontrer… Mais le destin mit fin à toutes mes espérances… Ce jour-là, j’ai cru que le monde allait s’écrouler, lorsque j’ai appris que la femme pour laquelle mon cœur battait et pour qui j’étais prêt à tous les sacrifices venait de se marier… Elle avait même quitté la ville…
Hassen passe la main sur son visage :
-Depuis, plus jamais aucune femme n’a compté pour moi. J’en ai rencontré des dizaines… Les unes plus belles que les autres… Des femmes intelligentes et cultivées qui ne demandaient qu’à tomber dans mes bras… Mais aucune d’elles n’avait pu remplacer l’amour de ma vie… Alors j’ai suivi mon destin, et poursuivi mon existence sans demander mon reste… Le jour où tu es venu vivre avec moi, j’ai retrouvé un peu de ce bonheur que j’ai cru perdu à jamais… Toi seul avait pu donner un sens à ma vie mon fils… Voilà, pourquoi je ne me suis jamais remarié…
Il se tut. Sa première cigarette s’était consumée, et il en avait encore allumé deux autres, sans s’en rendre compte. Le mégot de la dernière était encore entre ses doigts. Il sentit sa brûlure sur sa peau, mais ne cherche même pas à l’éteindre… Aimed pousse le cendrier devant lui :
-Eteins ce mégot


(À suivre)
Y. H.


 
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