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La nouvelle de Yasmina Hanane Mardi, 18 Mars 2014 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Les oranges amères 67e partie

Par : Yasmine HANANE

Résumé : Les toiles de Doria ne passèrent pas inaperçues. Elle est heureuse de constater que les gens appréciaient ses œuvres, en particulier Les oranges amères. Cependant, sa joie est entravée par l’absence d’Aimed. Camélia lui rappelle que des journalistes l’attendaient alors que son père faisait ses éloges.

Doria lève la main et interrompt son père :
-Je ne suis rien du tout, je viens à peine d’entamer ces quelques esquisses. Ne le croyez pas, il dit n’importe quoi pour vous épater… Elle s’était adressée au groupe de journalistes en faisant un clin d’œil à son père. Ces derniers, subjugués par autant de simplicité et de complicité entre le père et la fille, les entourèrent pour les bombarder de questions. On interroge Doria sur sa manière de voir les choses, sa façon de vivre, ses voyages et les raisons qui l’ont amenée à aimer l’art sous toutes ses formes… Ses inspirations venaient à n’en pas douter de son milieu familial… Elle était la fille unique d’un couple très uni et très cultivé. Elle répondit à toutes leurs questions sans omettre de détails mais ses yeux furetaient sans cesse dans la foule. Aimed n’arrivait pas. Elle s’excusa et s’éloigna pour tenter encore une fois de le joindre sur son portable.  Cette fois-ci, il décrocha. Doria poussa un soupir de soulagement avant de l’interroger sur son retard :
-Aimed ? Mais où es-tu donc ? Cela fait plus de deux heures que nous t’attendons. J’espère que tu n’as pas oublié l’exposition ?
-Non, j’arrive. Mon père avait une urgence à l’hôpital… J’ai attendu son retour… Je ne voulais pas venir seul… Tu comprends… Toi, tu es avec tes parents…
-Oui… Il y a aussi des journalistes et beaucoup de gens qui s’intéressent à tes œuvres… Je suis heureuse de constater que La femme aux œillets ne passe pas inaperçue.
-Eh bien, tu m’en vois heureux. C’était une idée à toi, ce tableau… Je ne voulais pas l’exposer…
-Alors tu verras bientôt que tu avais tort. Allez, arrive, je t’attends. Nous vous attendons.
-Nous sommes déjà en route, désolé pour le retard… Nous serons à l’institut dans moins de vingt minutes.
-Parfait.
Camélia ne se sentait vraiment pas bien. Tantôt elle avait froid et tantôt chaud… Elle touche son front, et constate qu’elle n’était pas fébrile. Ce n’était pas exactement de la fièvre qu’elle avait. Il y avait en elle quelque chose qui ne s’exprimait pas nettement… Elle avait tout à coup envie de fuir. De partir loin de cette exposition et de ces gens. Elle ressentait davantage cette boule d’angoisse qui la prenait au milieu de la foule. Son estomac se comprimait et elle avait du mal à respirer.
Elle s’éloigne  de la salle d’exposition et se dirige vers les vestiaires. Un coup d’œil à son reflet dans le miroir lui dévoile la rougeur de ses joues… Pourtant elle n’était pas habituée à ces états de passage du chaud au froid. On dirait que son sang bouillait, puis se glaçait.
Elle porte une main à ses tempes et sent les pulsations de son cœur. Pourquoi avait-elle soudain l’impression que quelque chose de fâcheux allait arriver ?
Elle met ses deux mains sous le robinet et laisse l’eau couler sur ses paumes, puis elle met une main sur son cou et une autre sur sa nuque. Elle ferme les yeux et prend une longue inspiration. Là, ça va aller, ça va aller, se dit-elle.
Un calme précaire l’envahit. Elle savait que la crise était là… Une crise d’angoisse comme elle n’en avait pas eu depuis longtemps. Pourquoi ? Pourquoi ce mauvais pressentiment tenace qui remontait de son âme ?
Elle aspire une longue goulée d’air… Ses poumons la brûlèrent et un courant d’air remonta le long de sa colonne vertébrale.
Elle verse quelques gouttes de parfum dans un mouchoir et le porte à son nez… Parfois, lorsqu’elle était contrariée, ce geste l’apaisait.
Quelques secondes plus tard, elle se sentit mieux. Elle tire sur sa jupe pour la défroisser, remet une mèche rebelle en place, puis retrace son rouge  à lèvres. Là… On n’y verra que du feu.
Curieusement, elle repense à certains passages de son ancien récit alors qu’elle était amoureuse de Hassen. Que devient-il donc ? Etait-il encore marié ?
Elle repense à un paragraphe où elle décrivait leur première rencontre. Il portait cette alliance de malheur qui l’avait empêchée de donner libre court à son amour pour lui.
Pourquoi repensait-elle à tout ça maintenant alors qu’elle devrait être auprès de sa fille ?
Elle sursaute… Doria était aussi la fille de Hassen. C’est peut-être pour cela qu’elle repensait à lui…
La jeune fille lui avait parlé de Aimed… Le fils de Hassen s’appelait aussi Aimed.
Elle secoue la tête. Si elle s’amusait à faire autant de rapprochements, elle finirait par piquer une crise de nerfs.

(À suivre) Y. H.

 
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