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Le travail de la terre rebute à Relizane

Danger sur les cultures maraîchères

Les agriculteurs peinent à trouver de la main-d’œuvre. ©D. R.

Le manque de main-d'œuvre, comme dans plusieurs autres secteurs d’activité, met en péril les investissements agricoles.

De nombreux cultivateurs maraîchers de la wilaya de Relizane, contraints de renoncer à leurs productions de salade, de carottes ou d'oignons en raison du manque de main-d'œuvre, estiment que cette situation met en grand danger les cultures maraîchères. Plusieurs agriculteurs rencontrés dans les zones où se concentrent 80% des investissements agricoles dans cette wilaya affirment avoir été contraints d’abandonner les terres destinées à la culture maraîchère, en raison de l’absence de main-d’œuvre, qui, font-ils remarquer, n’a pourtant pas besoin de qualifications particulières puisqu’il ne s’agit que de mettre en terre, d’arroser et de récolter des légumes. Malgré cela, déplorent-ils, le personnel est devenu “une denrée rare”, ce qui met en péril leurs investissements. Un cultivateur de salade avoue son impuissance à dénicher de la main-d’œuvre même s’il soutient verser un salaire de 1200 dinars par jour à des jeunes gens qui sont aussi nourris, transportés et hébergés. Malheureusement, dit-il en levant les bras au ciel, “ils travaillent généralement moins d’une semaine avant de déguerpir, trouvant sans doute que vendre des cigarettes dans les coins de rues est plus rémunérateur et, surtout, moins fatigant”. Cette rareté a d’autres explications du côté des travailleurs. Ces derniers estiment en effet que “la véritable raison” de cette désaffection pour les métiers agricoles tient au fait que la rémunération proposée par les producteurs et les éleveurs est “tellement en deçà des efforts demandés qu’elle s’assimile à de l’exploitation”. Des jeunes gens rencontrés près de la moquée  Nour, lieu habituel de rassemblement des demandeurs d’emplois journaliers, affirment que le travail de la terre est “excessivement difficile surtout lorsque le soleil tape dur en été ou sous le froid glacial en hiver”. Ils insistent sur le fait que les salaires proposés sont “une misère”. Une source responsable des services agricoles se range sans ambiguïté du côté des producteurs. Elle affirme que la wilaya de Relizane “souffre d’une absence totale de main- d’œuvre agricole, ce qui freine le développement de la production et favorise, indirectement, l’expansion de l’arboriculture fruitière, notamment l’oléiculture”. Elle ajoute que “cette situation hypothèque la croissance du secteur agricole et entrave son progrès, autant que la dérégulation du marché et les conditions de commercialisation des légumes” qui restent, selon notre source, “défavorables aux cultivateurs”.

E. Yacine