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L’Algérie profonde / Actualités

L’Algérie profonde

Oran au rendez-vous des ratés d’un programme national

Alors que le plan d’élimination de la transmission du VIH mère-enfant était censé être appliqué, nous apprenons que, de 2005 à 2012, ce ne sont pas moins de 99 nouveaux cas d’enfants de moins de 14 ans qui sont porteurs du virus du sida.

Le 1er décembre, date de la Journée mondiale de lutte contre le sida, a donné lieu à de nombreuses manifestations et rencontres, notamment à Oran où, grâce à un partenariat entre l’association APCS, le planning familial français et l’Institut français, s’est tenue une conférence débat sur la question du sida chez la femme, du contexte social et des enjeux sociétal.
Mais par-delà tout ce qui a pu se dire à cette occasion, des chiffres et des déclarations ont provoqué la consternation parmi l’assistance, s’agissant de la transmission du sida mère-enfant, notamment avec la réaction de la vice-présidente de l’APCS.
En effet, cette dernière, infectiologue, a expliqué que le programme national d’élimination de la transmission du sida mère-enfant n’avait pas été appliqué jusqu’à ces derniers mois et de s’appuyer, entre autres, sur les données du seul service de référence pour tout l’ouest du pays, à savoir le service infectieux du CHUO. Ainsi, nous avons appris que si l’épidémie du virus se “féminise”, pas simplement dans notre pays, avec des explications liées au statut de la femme algérienne, des difficultés d’accès aux soins et à l’information, les violences et contraintes de l’époux, la conséquence en est ces chiffres inquiétants d’enfants naissant avec le VIH.
Depuis l’apparition des premiers cas de sida en Algérie et sur les 14 années qui ont suivi, il y avait eu 21 cas d’enfants naissant avec le VIH, mais alors que le plan d’élimination de la transmission du VIH mère-enfant était censé être appliqué, voilà que nous apprenons que, de 2005 à 2012, ce ne sont pas moins de 99 nouveaux cas d’enfants de moins de 14 ans qui sont porteurs du VIH, dont 82% ont été diagnostiqués ces six dernières années.
Ce constat amer interpellera l’assistance, s’étonnant de voir que de tels chiffres ne provoquent pas plus d’alerte de la part des pouvoirs publics. D’autant qu’il est acquis aujourd’hui, d’un point de vue d’enquêtes épidémiologiques, que la transmission du sida a lieu dans 94% des cas lors de relations sexuelles, dont 95% des relations hétérosexuelles.
Plus grave, les contaminations se font dans 41% dans le cadre du mariage. Cet élément est primordial pour comprendre l’impact de l’information et de la nécessité d’appliquer vraiment le programme d’élimination de la transmission mère-enfant d’autant, comme le répéteront les médecins, qu’une femme porteuse du VIH peut donner naissance à un enfant sain, du moment qu’elle est suivie et placée sous traitement anti-rétroviraux.

D. L