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Séisme au Mexique

Frida Sofia, l'imaginaire petite fille ensevelie

Au milieu du drame qui venait de secouer  Mexico, elle représentait l'espoir de tout un peuple. Mais Frida Sofia, 12 ans,  dont le sauvetage a tenu en haleine les médias du monde entier, n'existait pas.  Un puissant séisme. Une école effondrée au sud de la capitale. Des enfants  morts et d'autres disparus. Il y aurait des survivants. Dès mardi, cette histoire devien “l'histoire” à suivre du tremblement de  terre qui frappe le Mexique. Les ruines de l'établissement privé Enrique-Rebsamen fourmillent bientôt de secouristes, de bénévoles et de journalistes.  Des parents éplorés attendent des nouvelles. Le décor est planté. Mercredi, le récit prend forme: il y a des indices qui montrent qu'une  fillette est vivante sous les décombres. Des secouristes au ministre de  l'Éducation en passant par des responsables de la marine, qui supervise les  opérations, tous livrent aux médias des détails qui donnent corps à “Frida  Sofia, 12 ans”. Leurs déclarations face aux caméras font le tour du monde. “Elle a bougé les doigts, elle a dit qu'elle était +très fatiguée+”,  “elle est sous une table en marbre dans sa classe d'anglais, elle s'y trouve  avec d'autres camarades en vie, elle a bu de l'eau grâce à un tuyau”: du  style direct ou indirect, certains médias locaux et secouristes vont loin dans  les détails.
    
Douche froide  

“Nous avons dû changer de stratégie pour réaliser une découpe (dans les  décombres). Le temps presse et nous espérons d'ici peu pouvoir secourir la jeune fille et ceux qui sont avec elle”, déclare ainsi mercredi à la presse  l'amiral José Luis Vergara, qui se garde toutefois de confirmer le prénom.  “J'ai apporté de l'oxygène et des sels pour elle”, ajoute à l'AFP une des  bénévoles. Pourtant, des pans de l'histoire ne collent pas. Sur la chaîne Televisa,  principal groupe de médias d'Amérique latine qui couvre en direct l'évènement,  le même ministre de l'Éducation Aurelio Nuño regrette qu'il n'y ait “aucun  proche” de l'enfant devant l'école. Sur la liste d'élèves de l'établissement,  pas de Frida Sofia.   Jeudi en fin de journée à Mexico, c'est la douche froide: Frida Sofia “n'a  jamais existé”, annonce Angel Sarmiento, le ministre de la Marine. Plus de voix  au milieu des décombres, plus de doigts qui bougent, plus d'histoire. “Le gouvernement fédéral nous a toujours dit qu'il y avait une fillette et  qu'elle était sur le point d'être secourue en vie. À présent, ils changent de  version. C'est révoltant”, a notamment tweeté Carlos Loret de Mola, un des  présentateurs-vedettes de Televisa, principale chaîne mexicaine et cible de la  colère des internautes qui l'accusent d'avoir dramatisé l'affaire.  Phénomène d'hallucination collective dû au choc du séisme ? La fatigue  a-t-elle troublé la clairvoyance des sauveteurs ?