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A la une / Magazine

Souvent, les jeunes des deux rives de la Méditerranée se sont connus par Internet

Multiplication des mariages mixtes à Bouzeguène

Ces mariages mixtes constituent l’aboutissement de nombreuses et belles rencontres jalousement concoctées à travers internet entre jeunes Kabyles résidant en Algérie et jeunes filles de nationalité française ou binationales d’origine maghrébine.

Les villages de la commune de Bouzeguène (à une soixantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou) ont enregistré, ces dernières années, plusieurs célébrations de mariages mixtes dans cette ambiance traditionnelle qui caractérise les unions sacrées du mariage en Kabylie.
L’image de tous ces couples franco-algériens qui déambulent, tous les matins, dans les ruelles du chef-lieu, renseigne sur la fréquence des unions qui, même célébrées en France, replongent dans l’ambiance des belles fêtes traditionnelles qui caractérisent les mariages dans les villages. Les deux familles organisent la Fatiha autour d’un fastueux couscous offert à tous les villageois et l’union est bel et bien scellée, surtout dans cette région de haute Kabylie jadis connue par son émigration massive en France, notamment dans la région marseillaise, qui remonte au XXe siècle déjà. En fait, ces mariages mixtes constituent l’aboutissement de nombreuses et belles rencontres jalousement concoctées à travers internet entre jeunes Kabyles résidant en Algérie et jeunes filles de nationalité française ou binationales d’origine maghrébine.
Les rencontres via le web se sont multipliées ces dernières années, car c’est devenu une motivation pour tous les jeunes de la région même si, au demeurant, elles ne se concrétisent pas toujours mais, bien souvent, la passion entretenue durant de nombreux mois à travers la “webcam”, aboutit à des liens solides et sincères qui mènent tout droit au mariage.
Un véritable conte de fées au village d’Ath Azouane C'est ce qui est arrivé, il y a quelques jours, au village d’Aït Azouane (commune de Bouzeguène), où deux jeunes qui se sont rencontrés et séduits par internet se sont mariés dans la pure tradition kabyle. Ils s’appellent Djilali Azouani et Aurélie Toulemont.
L’un est Kabyle, et l’autre Bretonne. Étrange coïncidence pour les deux amoureux originaires de deux régions qui revendiquent, depuis la nuit des temps, la promotion de leurs deux cultures ancestrales. C’est dire que cette belle relation amoureuse a finalement donné lieu à la naissance d’un joli couple interculturel et par là-même à un beau mariage de… cultures. Pour concrétiser cette union, Aurélie est venue en Kabylie accompagnée de sa famille et de ses proches.
Originaire du pays Bigouden, en Bretagne, Aurélie a connu Djilali il y a plus de quatre ans, selon le père d’Aurélie. “Lorsque ma fille m’a informé qu’elle voulait se marier avec ce jeune homme, j’étais surpris, je ne savais pas quoi dire, mais j’avoue que j’étais quelque peu opposé à sa demande. L’Algérie pour moi était un autre monde. Les médias l’ont diabolisée avec le terrorisme qui a sévi durant plusieurs années, à telle enseigne qu’il est devenu, pour nous, un pays invivable. Nous avons beaucoup souffert avant d’accéder aux désirs de notre fille”, nous a expliqué M. Toulemont. “Nous avons également souffert d’un grave accident de la circulation survenu à ma fille qui a failli perdre la vie et qui a passé plusieurs semaines à l’hôpital avant de sortir du coma.” Chaise roulante et une infinité de séances de rééducation, elle a finalement repris totalement l’usage de ses membres. L’amour toujours plus fort, les deux familles se sont retrouvées, tout récemment au village d’Aït Azouane. Une dizaine de membres de la famille bretonne, dont la future mariée Aurélie Toulemont, a donc rallié gaiement le village Aït Azouane comme dans un véritable conte de fées.

Djilali et Aurélie se marient dans la pure tradition kabyle
Il y a avait beaucoup de monde, ce jour-là, autour de la demeure de Mohand Azouani, père du marié et fils de chahid dont le nom du valeureux père est porté sur le fronton de l’école primaire du village.
Sur le balcon de la maison familiale, trois drapeaux ont été accrochés, l’emblème berbère en vert et or, celui de la Bretagne, en noir et blanc et celui du pays Bigouden (Finistère), en jaune et rouge.
La cérémonie débuta par la traditionnelle Fatiha, où M. Toulemont, Français de confession chrétienne, a accepté d’être le tuteur de sa fille. On lui a appris la formule à dire et à répéter trois fois, en réponse à la demande de mariage formulée par le père du jeune homme.
L’imam, après avoir longtemps discouru sur les bases religieuses du mariage musulman, a demandé à connaître les tuteurs des deux époux. Par trois fois, le père “Da Mohand” prononcera la formule rituelle devant plusieurs dizaines de témoins. “Je demande la main de votre fille, Aurélie, pour mon fils Djilali”, demande à laquelle répondra M. Toulemont : “J’accepte ! J’accepte ! J’accepte !”, et ce, avant que l’imam n’invite “Da Mohand” à déposer une somme d’argent sur la table. Le père d’Aurélie se contentera alors de prendre une somme symbolique de 2000 DA représentant la dot de la mariée qu’il exhibe en public. Le mariage, réunissant deux jeunes issus de confessions différentes, fut ainsi conclu par la récitation de la Fatiha, scellant officiellement les liens du mariage entre Djilali et Aurélie.
Dans la soirée, un grand gala de chants, de musique et de danses du terroir a égayé la fête sur la grande place du village et s’est poursuivi dans une ambiance indescriptible jusqu’aux premières lueurs du matin. N’est-ce pas que l’amour et l’union d’un couple se construisent autour de valeurs communes et cela dépasse souvent la question d’appartenance religieuse ou ethnique, car un couple mixte est avant tout un couple de jeunes gens qui s’aiment même s’ils relèvent des deux rives de la Méditerranée.
Après un séjour d’une semaine au village, ponctué de belles visites touristiques dans plusieurs régions de Kabylie, la famille Toulemont de Bretagne, séduite par l’hospitalité et la gentillesse des habitants de la région, est repartie rassurée et surtout soulagée par la tournure des événements, à un tel point qu’elle compte revenir, pour un séjour plus long, durant les prochaines vacances d’été.

KAMEL NATH OUKACI


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