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Sauvons le Temoulga, sauvons nos montagnes !

Sur la RN4, à peine sorti de la ville d’El-Attaf en direction de Chlef, un spectacle affligeant heurte la vue et révolte la conscience. Des échancrures béantes défigurent de part et d’autre l’angle quasi droit que forme la montagne du Temoulga millénaire. Plus d’une vingtaine de carrières d’agrégats s’acharnent à amputer sans répit les deux bras rocheux qui se rejoignent pour former un horizon si proche et si présent dans la vie de générations d’Attafis. Le soir tombé, un voile sombre, caractéristique du smog londonien, s’assoit en dôme sur la ville, épaisse masse de poussière qui affecte la santé des petits et grands. Véritable crime contre la nature, la disparition du Temoulga, sa lente agonie, donnent sa pleine signification à la tare sociale de l’argent sale qui dénature les rapports humains et la relation à l’environnement naturel.
Depuis des années, les carrières fonctionnent sans interruption, mettent à mal les constantes environnementales et empoissonnent la vie des familles : défiguration hideuse de la montagne, disparition du couvert végétal, explosions permanentes qui ébranlent et fissurent les maisons, pollution de l’air et augmentation galopante des maladies respiratoires. Elles fonctionnent à plein régime, au mépris de tout et de tous. En dépit de leurs protestations sporadiques, les citoyens de la ville sont impuissants à protéger leur santé et leur environnement. Les autorités locales font la sourde oreille, les propriétaires des carrières ne leur accordent nulle attention, quand ils ne les menacent pas de représailles du haut de l’impunité et des appuis d’en haut dont ils se targuent. Aux destructions de forêt tropicales, à la déforestation, à la disparition des espèces animales ou végétales et des langues, nous allons ajouter en Algérie un écocide inédit, la disparition des montagnes, “l’évaporation des montagnes” par la magie de la toute-puissance de l’argent. Les précédents existent : “Dans la chaîne des Bibans, il y a ce qu’on appelle Azrou El-Kébir et il y a aussi Azrou Sghir, une petite montagne située à 4 kilomètres de là. Cette montagne a quasiment disparu à force d’être exploitée. Oui, ils ont bouffé une montagne ! La force de l’argent a fait disparaître cette montagne qui renfermait trois cavités”, s’indignait et dénonçait en 2016 M. Mohamed Belaoud, président de la fondation Terre (Blida). Le fait est unique en soi, la négation des droits environnementaux des citoyens ne semble plus connaître de limite, alors que nous subissons déjà une insalubrité criante et des dégradations et atteintes à l’environnement naturel désastreuses. Espérer une miraculeuse écologisation des sphères politiques (salutaire) ou une prise de conscience spontanée des propriétaires des carrières serait peine perdue. Seule une mobilisation de la société civile empêcherait une nouvelle “zone de sacrifice aux intérêts privés destructeurs” de s’étendre. Devant toutes les impasses politiques, je suis convaincu que les graines du changement en Algérie se trouvent dans la défense de la Terre.
Sauvons le Témoulga, sauvons nos montagnes !


M. M.
(*) Écrivain      


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