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A la une / Magazine

La fiction retrace la vie du président Manuel Texeira Gomès

“Zeus” en fin de tournage à Béjaïa

© D.R.

Zeus, une fiction cinématographique algéro-portugaise retraçant la vie du défunt président portugais Manuel Texeira Gomès (1862-1941), mort en exil à Béjaïa en 1941, arrive en fin de montage, selon la productrice Amina Bedjaoui Haddad.  

Réalisé par Paulo Félipé Montéro, le film est déjà bouclé dans sa grande partie, notamment celle inhérente à la vie du président et son parcours au Portugal. Il ne reste qu’à lui adjoindre les séquences en rapport avec Béjaïa, a-t-elle précisé, sans pour autant fixer de calendrier sur la fin du montage ou encore sa sortie en salle.
Les dernières scènes ont cours actuellement à la Casbah de Béjaïa et devraient se poursuivre dans quelques quartiers de la ville, où le président avait pris le pli de se promener quotidiennement, attendant son retour à Lisbonne. Établi en 1931 à la chambre 13 de hôtel L’Étoile, aux abords de la place mythique du 1er-Novembre (ex-place Gueydon), d’ailleurs restée en l’état à ce jour, Teixeira Gomes était, selon les souvenirs de citadins, un homme jovial, courtois, toujours élégamment vêtu mais qui fréquentait peu.
Hormis le pharmacien et son épouse (Algériens) et son inénarrable ami Amokrane avec lequel il a entretenu des relations fortes, il a vécu volontairement isolé jusqu'à sa mort en 1941, préférant consacrer ses jours aux promenades, à la contemplation, à la lecture, à l’écriture et à l’échange
épistolaire.
Chaque matin, quand le temps le permettait, il avait pris l'habitude de s’attabler sur la terrasse de la place Gueydon, un magnifique balcon donnant sur le port et la rade de Béjaïa, duquel il suivait le mouvement des bateaux. “C’est mon heure portugaise. Je l’ai appelée ainsi, parce que c’est l’heure à laquelle je reçois le courrier de mon lointain pays. J’apprends les nouvelles de mes amis, de mes filles et de mes petits-enfants que je n’ai pas connus. C’est l’heure la plus heureuse de ma vie”, écrivait-il alors à l’un de ses meilleurs amis resté au pays, ne cachant pas son envie d’y retourner un jour.
Pendant dix ans passés à Béjaïa, à l’hôtel L’Étoile, il n’a jamais pris d’ailleurs un bail locatif de plus de huit jours, espérant pouvoir quitter son exil d’une semaine à l’autre. Il a dû finalement renoncer à son rêve, consacrant sa vie à l’écriture et produisant une pléiade d’œuvres magnifiques, dans divers domaines, mêlant le conte, le roman et le théâtre.
L’homme livresque dans ses connaissances avait la sensibilité à fleur de peau. Il écrivait sans arrêt. Du reste, c’est sa passion pour les lettres et les arts qui l’a poussé en partie à quitter les travées du Bélem, le palais présidentiel, en décembre 1925, s’étant retrouvé coupé de tout ce qui faisait son bonheur alors, notamment les livres et les tableaux, mais aussi poussé à l’évidence par l’extrême agitation politique, entretenue alors par les tenants de la monarchie déchue et les partisans de la dictature salazariste.
Contrarié dans son projet de fonder une République authentique, il décida de tirer sa révérence, après seulement 26 mois de gouvernance.
Il décida de quitter son pays alors à bord du Zeus, un bateau en partance pour la Méditerranée, voyageant seul, jusqu'à son arrivée à Béjaïa en 1931, où il a décidé de se fixer pour la beauté de ses paysages et de leur similitude avec de sa région natale de Portimao. “Je regarde la mer, les montagnes, les paysages avec la curiosité d’un ressuscité”, avait-il confié quelques années plus tard, assurant que Béjaïa, “une sorte de Sinatra au bord de l’eau, est une terre d’élection”.
Autant de jalons que le film polarise et qui magnifie l’histoire d’un parcours atypique, dont la rupture, au lieu de jeter le rideau sur l’homme, l’a surtout magnifié. Personnalisé par le grand acteur lusophone Sind Filipe, accompagné de l’Algérien Idir Benaïbouche qui a tenu le rôle de son ami Amokrane, Texeira Gomès est à lui seul une grande fresque humaine.


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