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Multimédias Samedi, 01 Octobre 2011 10:48 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Le bLog à ne pas manquer

Un cyclope à sa fenêtre

Par :

Chroniques vives, lucides et intelligentes sur tout ce qui nous entoure. “Une femme à sa fenêtre” est le titre d’un blog hébergé par TV.org, le blog d’une journaliste algérienne (Ghania Mouffok) qui sait voir et décrire ce qui la touche, la fascine, la dérange… en Algérie ou ailleurs. Elle donne rendez-vous à ses lecteurs une fois par semaine…
Dans son dernier billet, elle réagit entre autres au discours du président Obama. On vous offre l’intégralité de la chronique titrée “Obama est un cyclope. Moi aussi”
Je suis prête en cette aube de ce XXIe  siècle passionnant à revoir mes classiques comme m’y invitent des amis de bonne foi, des éditorialistes africains et autres segments de la mediaklatura émergente qui tentent d’expliquer à ma conscience obtuse que certes, l’Amérique est une grande puissance soucieuse de ses intérêts et “c’est normal”, mais qu’elle n’est pas le deus ex machina qui décide de tout et que les choses étant complexes par ailleurs, depuis sa riche histoire, ses contradictions internes, elle est contrainte parfois à être du bon côté du manche, comme en Libye par exemple parce que “quand même on ne pouvait pas laisser les Libyens se faire massacrer.”
Soit, depuis mon Afrique des dictateurs, malmenée, déconsidérée, réduite à ses migrants, à sa dette, à sa paresse, à son manque de rationalité et à sa décolonisation que l’on nous dit ratée, je suis prête à jeter à la poubelle, Frantz Fanon, Mahmoud Darwich, Wangari Maathai, Djamila Bouhired, Salvador Allende,la lutte des classes, les rapports dominants/dominés, soit, je n’écrirai pas impérialisme, je n’écrirai pas coup d’État, puissances étrangères, souveraineté nationale et encore moins populaire, je n’écrirai pas peuple. Je suis prête à vider ma mémoire et je suis même prête à jeter ma seule richesse : mes livres, ainsi que tous les foulards de ma mère et de ses sœurs du Sud et du Nord qui ont été mes étendards berbéro-prolétaro-planétaires. Me voilà nue.
Je viens de naître, et telle une affamée je cherche de nouvelles lectures pour sortir de mes archaïsmes. Pour commencer mon apprentissage, histoire d’aller à la source, je vais lire le dernier discours du président Barack Obama devant “la communauté internationale” réunie cette semaine en Assemblée nationale aux Nations unies. Je lis. Il veut la paix et une paix durable. D’ailleurs, Il compte se retirer de l’Irak, de l’Afghanistan et comme j’ai perdu la mémoire, je dis : OK. Maintenant que les Libyens sont libres, que l’ex-plus grand pays d’Afrique, le Soudan, a été paisiblement découpé en deux, il reste la Syrie, l’Iran, le Yémen, Bahreïn, l’Arabie Saoudite, heu pardon, ce pays n’est pas sur la liste, je confondais avec la Corée du Nord. Je lis, je lis, la paix, la paix c’est bien, la paix et encore la paix parce que c’est mieux que la guerre explique l’Amérique, et comme j’ai perdu la mémoire, je dis encore : OK.
Je continue à lire : Ah, voici le chapitre que j’attendais : la Palestine. Obama le sait, il dit : Je sais, en particulier cette semaine, que pour beaucoup de personnes ici rassemblées une question est la pierre de touche de ces principes, une épreuve pour la politique étrangère des États-Unis : il s’agit du conflit entre les Israéliens et les Palestiniens. Je n’aurais pas dit mieux. Il dit qu’il est frustré de la lenteur dans le règlement de ce conflit, cela nous fait un point commun à Obama et moi. Il dit : “Mais comprenez bien ceci aussi. L’attachement de l’Amérique à la sécurité d’Israël est inébranlable, et notre amitié pour Israël est profonde et durable.”
Ça j’aime moins, puis je me dis : après tout l’Amérique a le droit comme n’importe qui de choisir ses amis, et on ne  peut pas lui reprocher de ne pas être l’amie de la Palestine puisque ce pays n’existe pas et c’est bien là “la pierre de touche”. En revanche, les Palestiniens existent et Obama lui même le reconnaît, comme il reconnaît que “(…) chaque partie a des aspirations légitimes, et c’est en partie ce qui rend la paix si difficile.” Que faire ? aurait dit Lénine, euh pardon, un reste de mémoire pavlovienne. Il répond : “On ne sortira de l’impasse que lorsque chaque partie aura appris à se mettre à la place de l’autre ; que chaque partie verra le monde à travers les yeux de l’autre... C’est ce que nous devons promouvoir.”
Voilà une bonne idée, voir le monde avec les yeux des autres, cela nous fait deux points communs puisque c’est exactement ce que je m’échine à faire ce matin et c’est laborieux, j’en conviens, parce que ce n’est pas facile : l’histoire c’est comme la mémoire, c’est un disque dur que même les missiles ne peuvent effacer.
Dans le cadre de la promotion du monde vu par les yeux des autres, Barack Obama nous décrit le monde vu par Israël, je lis: “Israël est entouré de voisins qui lui ont fait la guerre à maintes reprises.” C’est terrible. “Des citoyens israéliens ont été tués par des tirs de roquette dirigés contre leurs maisons et par des attentats suicides à la bombe dans des autobus.” C’est horrible. “Les enfants d’Israël savent, avant même d’arriver à l’âge adulte, que dans toute la région d’autres enfants apprennent à les haïr.” C’est scandaleux ! “L’État d’Israël, petit pays de moins de huit millions d’habitants, voit autour de lui un monde où les dirigeants de pays beaucoup plus grands menacent de le rayer de la carte”. C’est vraiment des méchants ! “Les juifs portent le fardeau de siècles d’exil et de persécutions, et de souvenirs encore frais dans la mémoire des six millions des leurs qui ont été tués uniquement en raison de leur identité.” C’est indiscutable ! Maintenant pour continuer cet exercice salvateur “pour une paix durable dans le monde”, voyons le monde par les yeux des Palestiniens, puisque la Palestine n’existe pas.

Je lis… je relis.. je relis. Rien.
Je lis, je lis, je relis. Rien
J’en conclus que le président des États-Unis ne voit que d’un œil. C’est donc un cyclope. Mais sur terre après tout, il n’y a pas que la Palestine, il y a les Grecs, la crise financière, ça aussi c’est l’actualité qui dit l’état du monde et qui réveille mes vieux archaïsmes comme ma détestation de l’austérité pour les pauvres, du FMI, de la Banque mondiale, du marché souverain, des inégalités sociales, du fardeau insupportable des femmes  etc. etc.
Je lis : “Aujourd’hui, nous devons affronter les défis découlant de cette crise. La relance est fragile. Les marchés demeurent volatiles. Trop de gens sont au chômage. Trop d’autres doivent se débattre rien que pour joindre les deux bouts.” S’il y a “trop de gens” d’un côté, il y a peut-être “peu de gens” de l’autre côté. Il y a d’un côté, la majorité et de l’autre la minorité. Je lis, je cherche la minorité, quelque chose du genre : “Peu de gens sont trop riches. Peu d’autres se débattent pour spéculer à coups de milliards de dollars sur des marchés volatiles.” Je lis, je relis. Rien, les riches, ils n'existent pas.
J’en conclus qu’Obama voit le monde comme un riche mais pas comme un pauvre.
Il voit le monde comme un Israélien mais pas comme un Palestinien.
Il voit les insurgés libyens mais il ne voit pas l’Otan.
Il voit l’Iran mais pas l’Arabie Saoudite.
J’en conclus qu’Obama a des problèmes de vision, tout le temps il lui manque un œil.
J'en conclus : OK, l’Amérique d’Obama n’est plus hégémonique, ni même impérialiste, elle est juste borgne, you know. Ce n’est pas honteux mais “soyons honnête” comme dirait Obama, c’est un peu gênant quand on vient de prendre la responsabilité d’affirmer qu’“on ne sortira de l’impasse que lorsque que chaque partie verra le monde à travers les yeux de l’autre...”  Aussi dans le cadre de la “paix durable” et dans cette optique étasunienne,  je propose que quelques uns d’entre nous continuent de se sacrifier pour rendre à l’Amérique l’œil qui lui manque. L'œil de l'Autre.
Je me porte volontaire, telle une kamikaze de la paix. Non ! Laissez-moi! Laissez-moi  retrouver ma veille mémoire, mon histoire et mes livres et mes étendards de femme de la planète des invisibles, le devoir m'appelle:  l’Amérique a besoin de  mon œil.

 

Commentaires

 
#8 prince 06-01-2012 20:20
israel juste une base militaire déguisé en synagogue,
tout comme diego garcia, groenland, japon
toutes l'europe, les 3/4 des pays de la planete
partout dans le monde des bases militaires us,
dans la mer la terre les airs l'espace internet
un monde sous surveillance globalisé
sous la menace diffuse d'un ogre gourmand,
qui rappel à tout le monde qui est le big boss,
budget annuel 1000 milliards de dollars,
plus 1.000 autres de la drogues et la maffia,
qui dit mieux ?
Just Boycott caca cola and israel
car il faut leurs confisquer leurs porte mannaies
à ces mauvais garnements qui mac la planete
avec leurs jouets nucleaires, la drogue, les armes, les médias
les usa sont dirigé par les francs maçon
depuis leurs indépendance
leurs devises, "après moi plus personne"
alors just...; "yes we can to"
 
 
#7 St-Just 03-12-2011 16:49
Très beau style, humour très fin et inattaquable rhétorique. Mes compliments, madame.
 
 
#6 larabe 22-11-2011 04:12
L'amérique et Israel , c'est le début de leurs fin
 
 
#5 Mansour Essaïh 09-11-2011 02:38
) Lorsque H. Obama a terminé sa récitation devant le lobby sioniste, Netanyahou qui ne l'avait pas lâché des yeux lui a lancé avec beaucoup de malice mêlée à un sentiment de triomphe : "Thank you Mister President". Ce n'était pas vraiment pour le remercier, mais pour lui dire : Très bien petit, tu as bien appris ta leçon et, surtout, ne l'oublie pas jusqu'aux prochaines élections. Après les élections tu pourras aller au diable.
 
 
#4 SALAH31 06-11-2011 03:48
Salut,
OBAMA, une vraie girouette qui est aux mains des israeliens. Dommage, le monde arabe et musulman avaient une haute opinion de ce personnage. Il les a déçu en se pliant devant la volonté des lobbs juifs américains...
 
 
#3 alia 03-11-2011 15:06
Obama,pauvre de lui ! et pauvre de nous qui avions cru en lui un moment ...
 
 
#2 Mansour Essaïh 29-10-2011 19:55
2)Le lendemain de l'entretien, Mo-barack Hussein Obama a répondu présent à la convocation de l'AIPAC. On lui a tiré les oreilles et on lui a dicté ce qu'il doit dire. Tel un chat, il gonflait le buste pour imiter l'allure majestueuse du lion et répétait par cœur la leçon : L’attachement de l’Amérique à la sécurité d’Israël …..
 
 
#1 Mansour Essaïh 29-10-2011 19:54
1)Que ce soit avec ses deux yeux ou avec son œil de cyclope, (Mo)barack Hussein Obama regarde sans être capable de voir. En plus, il entend mais n'écoute pas. Enfin et c'est plus grave, il parle sans rien dire.
Rappelez-vous sa dernière rencontre avec Netanyahou. Ce dernier l'a poussé dans ces derniers retranchements au point qu'il avait l'air de vouloir éclater en sanglot. Tout au long de l'entretien télévisé Netanyahou ne le lâchait pas de ses DEUX YEUX. Nous avions l'impression, que ce dernier allait lui assener une paire de claques s'il continuait à prôner l'existence de deux états sur la terre de la Palestine. Touché dans sa dignité de président du plus puissant pays de la planète (Dieu merci, pas pour longtemps encore), il ne faisait que se détourner et regarder les mouches au plafond pour cacher son désarroi.
 
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DILEM DU 25 OCTOBRE 2014
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