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Femme en Algérie : Syndrome de Stockholm ou simple résignation ?

©D.R.

En Algérie, le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes les femmes ne sont pas des Simone de Beauvoir. En fait, peu nombreuses sont les femmes qui sont impliquées dans les mouvements féministes et rares sont celles qui seraient prêtes à vouer leur vie à cette cause. Pourtant, sur la question des inégalités hommes-femmes et de la ségrégation sociale vis-à-vis de la femme, la majorité aurait bien des histoires vécues à vous raconter.

 Face à ce silence, deux questions fondamentales se posent : Les femmes auraient-elles finit par capituler sous le poids des représentations collectives et de la structure sociale largement patriarcale ? Ou pire encore, ne seraient-elles pas devenus consciemment ou pas,  de ferventes adeptes de la domination masculine ? Pour répondre à ces questionnements sur la condition de la femme dans l’Algérie d’aujourd’hui, et dans le souci non pas de rester sur les axes majeurs de revendications des mouvements féministes, mais plutôt de faire dans une contextualité à la société algérienne, Une réflexion axée sur le vécu des femmes algériennes s’impose.

-Quels droits pour les femmes en Algérie ?          

Actuellement en Algérie, pour ce qui est des droits des femmes, la référence reste la version du code de la famille adoptée en 1984 qui est principalement inspirée de la Charia. Elle  a été  l’objet d’une importante réforme en 2005 votée par le parlement, apportant certaines améliorations aux droits de la femme,  jugées cependant insuffisantes voir même de « Trompe l’œil » par les associations féministes.

 Ce code de la famille en vigueur,  assure l’oppression des femmes du fait que leurs droits sont dans plusieurs cas sujets à des conditions contrairement à ceux des hommes.  Ce qui est contradictoire avec la constitution (article 29)  qui stipule l’égalité des citoyens (hommes et femmes) en terme de droits et qui proscrit toute discrimination fondée sur les préjugés de sexe, de race ou de métier. Cette situation fait des femmes en Algérie des victimes de leurs propres droits. Mais qu’en est il justement de ces droits, qui sont dit : principalement inspirés de la Charia,  sont ils compatibles avec la mentalité des femmes algériennes  d’aujourd’hui ?

Ainsi, en ce qui concerne le mariage, par exemple, actuellement la femme algérienne a besoin d’un représentant « wali », sorte de tuteur qui peut être une personne de son choix, mais cela n’en demeure pas moins une remise en cause de la capacité de la femme à choisir seule et librement son futur mari.

 Un mari qui, soit dit en passant, en cas de divorce se doit d’assurer  une pension alimentaire et un domicile décent à sa femme et ses enfants, ce qui est un des principaux amendements revus par la réforme de 2005 du code de la famille. Mais cette loi est largement bafouée, comme en témoignent de nombreuses femmes divorcées, surtout quand le dit ex-mari se remarie, ce qui est valable dans la plupart des cas du fait que les pères contrairement aux mamans ne risquent pas de perdre leur droit de garde sur les enfants en cas de Remariage. Une inégalité flagrante, pour ces femmes qui peinent à joindre les deux bouts, et à se reconstruire  dans une société aussi stéréotypée que la nôtre.

 Ce même mari  à qui la loi donne le droit à la polygamie, une pratique dont l’intégrité est universellement réfutée,  car donnant à la femme un statut ni plus ni moins d’objet de collection. L’homme algérien aurait donc jusqu’au jour d’aujourd’hui le droit de se confectionner un véritable Harem, avec pour condition principale  l’accord de la femme ou des femmes précédentes.

 Ce qui nous ramène a notre questionnement premier, la femme algérienne moderne serait elle prête à accorder ce droit à son mari ? vu le nombre d’hommes ayant accès a cette pratique, la réponse est : non. De ce fait, pourquoi les algériennes acceptent- elles de vivre sous la menace d’une telle pratique sans demander leur reste ?  Est-ce de la peur, de l’indifférence ou  de la résignation face à une situation qui semble inchangeable ou bien de la conviction par rapport à la légitimité religieuse de ces lois ?

 Dans les deux cas, le raisonnement est faux. SI les femmes algériennes ne revendiquent pas leurs droits, ce ne sont surement pas les hommes algériens à tendance machiste qui le feront pour elles. Quant à la légitimité de ces lois en leur référence  à des préceptes religieux, que l’algérienne d’aujourd’hui se détrompe, le code de la famille en vigueur est plus religieux dans la forme que dans le fond. Alors que celles qui le défendent dans cette optique de fidélité à la religion sachent qu’elles ont tout autant que les féministes un combat à mener. Mais en toute logique, un code de la famille prônant l’égalité hommes-femmes serait plus juste, du fait qu’il n’empêcherait pas une application privée des préceptes religieux, peut- on en dire autant du code de la famille actuel envers les droits revendiqués par les féministes ?

-La violence envers les femmes enfin criminalisée.

  La violence envers les femmes est un sujet pour le moins unificateur. Car toute personne sensée  condamnerait pareil agissements. Et depuis mars 2015, c’est surtout la loi qui les condamne. Faisant de l’Algérie le deuxième pays  du Maghreb, après la Tunisie, à criminaliser la violence contre les femmes. Sachant que par Violence, on entend violence physique, psychologique et même économique au sein du couple. Mais aussi tous type de harcèlement incluant le harcèlement dit de rue, des femmes. Un comportement indécent et inacceptable qui s’est pourtant banalisé ces dernières années. Privant ainsi les femmes et surtout les jeunes filles de jouir de leur liberté de circuler en toute quiétude. Utilisant le code vestimentaire qu’il s’octroi le droit de juger inapproprié voir vulgaire, comme prétexte pour justifier un comportement qui n’est rien d’autre que la manifestation de la frustration et du manque de civisme répandus.

  Alors que les femmes sachent qu’elles ont la loi de leur coté comme moyen de défense, au moins dans ce cas de figure.  Et qu’elles ne soient pas les premières à se jeter la pierre les unes les autres car la violence quelle qu’elle soit n’est en aucun cas justifiable. Que la victime soit voilée ou pas,  qu’elle se soit permise de sortir de jour comme de nuit, qu’elle revendique un droit de maitrise de sa sexualité ou pas.  Toute la question est dans les barrières sociétales à abolir ou pas, d’égalité hommes-femmes à rétablir ou pas.

  La condition de la femme est le reflet de la société, le moyen de plus concret de mesurer le chemin parcouru vers la modernité. Le tout est de savoir une bonne fois pour toute si les algériens, et plus précisément les algériennes veulent de cette modernité ou pas. Qu’on sorte de cette schizophrénie collective et qu’on se décide à adopter une démarche commune qui prendrait en charge toutes nos caractéristiques culturelles, religieuses et sociales, dans la perspective d’une Algérie de demain meilleure.   
 

Fatma SEKER 

              NOMAD(EPAU)/Rédaction Numérique de "Liberté"

                                                                                                                                     

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