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LDF 2017: Le secteur de la construction en question

©D.R.

Pour finir 2016 en beauté, l’APN a adopté le projet de loi de finances de l’année 2017. Une hausse excessive des taxes risque de vider beaucoup de portefeuilles. Carburants, tabac, internet et communications téléphoniques semblent avoir été surtaxés. Qu’en est-il du domaine de la construction, sera-t-il aussi touché par cette loi de finances ? Quel sera le devenir des projets d’architecture et de génie civil après le vote de cette nouvelle loi ?

La réponse est OUI. La construction sera aussi touchée par les restrictions budgétaires de la loi de finances, mais il semblerait que deux catégories de projets se distinguent : ceux en cours de réalisation et ceux qui n’ont pas connu un début de réalisation. Les premiers connaissent déjà des retards de paiement dû à leurs recours au trésor public quand il s’agit bien évidemment du domaine public. La solution serait d’entreprendre des partenariats public/privé avec des banques, les convainquant ainsi de l’intérêt de ces projets. Mais ceci ne reste guère une tâche facile, car les banques algériennes ne financent que rarement des projets d’envergure, et avec des taux exorbitants. Pour ce qui est de la deuxième catégorie, le Premier ministre avait annoncé dans une instruction qu’aucun nouvel investissement de l’Etat ne sera entrepris jusqu’à nouvel ordre. Ainsi beaucoup de projets qui n’ont pas encore connu de début se retrouvent gelés.

D’après des experts du domaine, les projets d’infrastructure du PDAU d’Alger (routes, réseaux de transports …) seront maintenus vu leur importance en terme de priorités. Pour ce qui est des projets d’architecture (musée de l’Afrique, la grande salle de Ouled Fayet …) connaitront surement un gèle. Seuls des investisseurs intéressés, qui pensent que ces projets méritent un encouragement pourront les faire démarrer.

Les symptômes de cette loi sont loin d’être totalement cités. Les licenciements qui se préparent, ou devrait-on dire qui ont déjà commencé, ne sont que l’une des conséquences de ce projet de LDF.

 Ajoutons à la crise, le départ précipité et massif à la retraite, décrété au dernier délai qu’est le 31/12/2016 sinon des centaines de milliers de dossiers déposés avant cette date limite témoigneront certainement d’un déficit considérable au trésor national.

 Le secteur privé sera, bien évidemment le plus touché par ces pertes d’emploi. Ne bénéficiant par des caisses du trésor public, il devra faire son affaire avec des investisseurs privés. A voir les premiers symptômes d’une maladie certaine, nous nous demandons si le vote de cette loi est la meilleure option qu’a eu l’Algérie pour subvenir aux besoins de ses citoyens en 2017 ? Un pays riche, habité par des pauvres, n’est pas l’ironie du sort ? Nous restons perplexes à ce sujet.

                                                                                                Celya BENYAHIA

NOMAD(EPAU)/Rédaction Numérique de "Liberté"