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Économie / Que sait-on?

Liberté de la communication

Alger, centre vil !

L’urbanisme, ce judicieux concept technique qui garantit une certaine organisation à la ville est une notion absolument occultée, aussi bien par les gouvernants que par les citoyens.

De la même sorte on néglige cette autre astucieuse pensée qui consiste à ordonner l’échange de biens et de services entre individus. Il s’agit naturellement du commerce. D’ailleurs, le lieu par excellence du négoce est la ville. Là où se concentre le plus gros de la population.  Puis, de cette alliance, est née l’idée de l’urbanisme commercial.  

L’urbanisme commercial
Une notion plutôt inconnue qu’ignorée. Il n’est pas effectivement courant de parler d’urbanisme commercial chez nous. Ce n’est pas dans notre culture. D’ailleurs, il y a carrément absence d’urbanisme. Quant au commerce… c’est le  souk ! De la même manière que chacun bâtit et occupe l’espace comme il l’entend, chacun vend et achète n’importe quoi, n’importe où. Pourtant, il ne saurait y avoir une activité commerciale, digne de ce nom sans une certaine organisation urbanistique. C’est la science de l’aménagement des espaces commerciaux. Un espace où les échanges de biens et de services puissent s’effectuer dans une relative aisance, garantie et sécurité.

Big bazar !
Un magasin, une échoppe, un kiosque, un bazar ou un drugstore sont tous des établissements  consacrés à l’activité commerciale ; seulement, chaque commerce répond à ses propres codes et a sa propre surface en fonction de la nature de son activité. Un commerce de grande distribution qui reçoit quotidiennement des milliers de clients ne peut raisonnablement se concevoir dans une rue exiguë, n’offrant aucune possibilité de stationnement et de déchargement par exemple. Un centre-ville grouillant et comptant de nombreuses rues commerçantes ne peut s’imaginer sans de grands parkings à plusieurs niveaux… Pourtant, cette anarchie urbano-commerciale existe bel et bien chez nous, sans donner l’impression de gêner qui que ce soit. Comme une forme de fatalité, on fait avec !  L’urbanisme commercial, comme tout concept cartésien, a besoin d’avoir ses marques techniques, ses repères historiques et scientifiques, en fonction  de son milieu. Sans quoi, il se verrait limité dans son évolution. Mais l’anarchie n’a aucune limite. Elle avance en roue libre. Les exemples sont légion. Rue Ferhat-Boussaâd, devenue piétonne malgré elle, à cause des marchands qui occupent ce qui reste des trottoirs, la rue Larbi-Ben-M’hidi où aucun petit chargement ou déchargement n’est possible aux heures de travail faute de place, les cités d’Alger et d’ailleurs, devenues de véritables souks à la criée au grand dam des riverains… La ville sans un minimum d’organisation est simplement invivable.  Autre aspect irrationnel en l’absence d’un urbanisme commercial réfléchi, la concurrence déloyale. En situation d’anarchie citadine, le commerçant qui exerce réglementairement son activité paie ses impôts et taxes, se voit souvent concurrencé sous son nez et à sa barbe par un revendeur établi devant sa propre porte. Bien entendu, le marchand ambulant, “exonéré” de toutes charges, peut consentir  quelques efforts sur les prix et rafler par la même occasion le plus gros de la clientèle.

Le commerce a foiré !
Une métropole comme Alger, à l’instar des autres grandes villes du pays, ne s’est pas inscrite dans une logique de localisation de l’activité commerciale. Le développement de la distribution de masse se fait normalement dans la périphérie des villes et non pas dans la ville. C’est tout récemment que de grandes surfaces ont ouvert leurs portes aux Algérois. D’ailleurs, en plus d’y aller pour faire leurs courses, certains ménages, faute de mieux,  en ont  fait leur sortie de week-end en guise de promenade.  Mais l’urbanisme commercial ne se résume pas seulement en la localisation de l’activité marchande. Sur la base d’études approfondies, cette matière scientifique permet à la ville d’avoir ses commerces à ses alentours, en plein air, forains, et aussi une activité centrée au cœur même de la ville. C’est juste une question d’organisation et de dosage en toute équité. Le principe même de la citadinité est de savoir que la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres !  En attendant, si rien n’est fait, on traînera encore longtemps  l’image destructrice et anarchique de nos centres urbains.


R. L.
liberterabahlarbi@hotmail.fr