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Économie / Que sait-on?

Liberté de la communication

Banque ou plantation d'oseille ?

En théorie, le système bancaire algérien est passé du mode de gestion planifiée à l’économie de marché. C’était au début des années 1990. Mais, aujourd’hui encore, plus de 20 ans après, on barbote dans une sorte de phase de transition. Pour l’instant, on a toujours pied. Mais, le risque d’une noyade certaine nous guette. Attention aux… vagues !

En matière de modernisation, nos banques ont, il est vrai, remplacé le vieux mobilier et badigeonné les façades. Il y en a même qui ont adopté le concept de la banque assise. Sans doute pour pouvoir lire tranquillement son journal, bien installé, en attendant son tour. Il est vrai aussi que depuis peu, la procédure nécessaire à l’ouverture d’un compte a été considérablement allégée. Finalement, à part ces petites choses, la banque algérienne reste égale à elle-même. Un simple tiroir caisse. Une institution qui ne se distingue presqu’en rien d’une administration de la fonction publique où le terme “impossible” règne, encore et toujours, en maître incontesté.  

Impossible !

“Impossible n’est pas français”, dit-on ! Mais, apparemment, ce terme si négatif a choisi son camp pour élire domicile au sein du pitoyable système bancaire algérien. C’est devenu quasiment une seconde nature pour un banquier de dire “non, ce n’est pas possible.”  Les opérateurs économiques en savent un bout.
Aujourd’hui, il est de notoriété publique, les banques sont considérées parmi les institutions qui enregistrent les plus grands retards dans le processus général de modernisation et de développement des structures de l’économie. Elles constituent l’entrave incontestable dans la relance de l’économie algérienne.
Cela fait 20 ans depuis que l’on ressasse le même discours qui consiste à exiger des banques, une accélération de leurs programmes de restructuration et l’adaptation de leurs performances aux besoins de la demande. “Impossible !”, semble vouloir dire la corporation. Mais être si réfractaire au changement depuis si longtemps, c’est quand même bizarre ! Et si le problème venait, finalement, d’ailleurs ? D’un système de gouvernance qui n’a jamais mis à la disposition des gestionnaires des banques l’arsenal juridique indispensable à un changement de cap. L’arsenal essentiel à une gestion bancaire plus autonome, plus libre, où l’acte, voire le risque de gestion n’est pas traité au pénal… Ben, voyez-vous, pour un banquier, il ne fait pas bon vivre en Algérie. Combien sont-ils à avoir goûté aux geôles pour avoir exécuté des ordres d’en haut.
Ou pour ne pas avoir exécuté les ordres… le tarif est le même !  Le secteur bancaire algérien a longtemps souffert des conséquences dues aux hésitations et aux tergiversations, ainsi que du manque de clarification dans les objectifs et la démarche des réformes.
L’Etat est certainement la cause première des dysfonctionnements dans l’activité bancaire. Le rôle des pouvoirs publics est effectivement décisif dans le développement et la réglementation d’un secteur financier stable et entreprenant.
A condition, bien entendu, d’y mettre toute la volonté politique appropriée pour faire d’une banque autre chose qu’un vulgaire tiroir-caisse, et des banquiers autre chose que de simples fonctionnaires,  gratte-papier, sans initiative aucune.

Chèque en blanc !

Face à une économie de plus en plus exigeante et plus complexe, le système financier ne peut plus demeurer au stade de simple circuit d'acheminement des fonds du Trésor vers les entreprises publiques. Il se doit d’être capable de jouer un rôle actif dans la mobilisation et l'affectation des ressources.
Cette mutation requiert essentiellement l'emploi d'instruments d’une politique monétaire fondée sur le marché, la déréglementation des taux d'intérêt, la libéralisation progressive des transactions courantes et des mouvements de capitaux, et l'assouplissement de la politique de change.
Des préalables, que seuls les pouvoirs publics, seraient à même de mettre en place.
Sinon, comment expliquer l’activité quasi médiocre des banques étrangères de réputation installées chez nous ? En fait, force est de constater que c’est tout l’environnement  des affaires qui demande à être revu.
A réinventer la banque en tant que service public… au service de ce dernier. Ainsi, la qualité des prestations ne serait plus qu’un vain mot. “Impossible” deviendrait alors “possible”.  Une banque, ce n’est pas un ilot isolé au milieu d’un océan. Et, à ce prix là, l’on pourra sans crainte signer un chèque en blanc à nos banquiers !


R. L.