Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

Cotisations réelles pour remboursements virtuels !

un système crédible ne doit pas avoir cent ans, mais il doit être de son temps. Il se doit, de temps à autre, regarder le calendrier. C'est-à-dire que lorsque, en 2012, vous déboursez mille dinars pour une visite médicale spécialisée, l’on ne devrait pas vous rembourser sur la base des tarifs applicables en 1972 ! Que de choses ont changé depuis. Même le pouvoir d’achat… figurez-vous !

Insécurité sociale !
La sécurité sociale n’est plus de nos jour ce “petit plus’’ tant recherché par les demandeurs d’emploi. Il y en a même qui, lors de la négociation de leur salaire, convoitent la contrepartie financière destinée à la couverture sociale. “Cet argent-là que je dépense tous les mois pour recevoir des broutilles ou une piteuse pension de retraite, je préfère encore le garder dans ma poche !” vous rétorqueront-ils.
Ce n’est sûrement pas le raisonnement le plus sage, mais il faut reconnaître que recevoir quelques dinars en guise de remboursement d’une série de bilans, d’analyses biologiques et d’imageries médicales, chèrement payés, rubis sur l’ongle, n’encourage pas pour une démarche citoyenne.
Cotiser plus de trente années durant, pour avoir, à la clé, une pension de retraite livrée aux aléas d’une érosion d’un pouvoir d’achat bancal, ça donne à réfléchir ! Ils sont en effet assez nombreux à demander à leur employeur de ne pas les déclarer et de leur verser l’équivalent de leur cotisation en plus du salaire.

Les vieilles habitudes ont la peau dure !
Autre élément de dépréciation du système de sécurité sociale en Algérie, la qualité de service. En nette amélioration, certes, en matière d’accueil, mais loin d’encourager le salarié à se soumettre aux mille et une lenteurs bureaucratiques, notamment en ce qui concerne le contrôle médical, quasi systématique. C’est devenu un reflexe absolu.
Cette pratique s’applique aujourd’hui de manière déraisonnable sur presque tous les cas, parmi les plus fragiles, les obligeant à effectuer des déplacements risqués, faute de service de contrôle à domicile, voire de proximité. Malades chroniques, personnes âgées, la Cnas remet en cause toutes les ordonnances établies par les médecins, quel que soit leur niveau ou spécialité. Une question, d’ailleurs, souvent décriée par le conseil de l'Ordre des médecins, qui y voit par là une grave entorse à l'éthique et à la déontologie médicale. Pour les maladies, hélas encore trop nombreuses, non traitées en Algérie, il existe, en théorie, des conventions bilatérales pour la prise en charge médicale à l’étranger. Le transfert pour des soins hors du pays requiert le traitement et l’approbation d’une commission médicale. Parmi les cas éligibles aux soins à l’étranger, certains types de cancers nécessitant des techniques chirurgicales de pointe non maîtrisées en Algérie.Mais, en général, pour le malade lambda, il a le temps de mourir plus d’une fois avant d’avoir le quitus pour l’étranger.
En réalité, les soins à l’étranger, c’est juste réservé pour une certaine catégorie de citoyens, pas comme les autres. Pour ceux-là, la couverture, elle, est très large, à plusieurs places. Pour le moindre petit bobo ou accouchement, les meilleurs hôpitaux et cliniques étrangers leur ouvrent les bras.
Et bien entendu, c’est au frais de la princesse. Même des professeurs algériens, d’hôpitaux, impuissants et frustrés de ne pouvoir ni guérir ni envoyer à l’étranger leurs patients gravement atteint, ont souvent dénoncé cette politique des deux poids, deux mesures. La presse algérienne privée aussi en a souvent fait l’écho, mais les vieilles habitudes ont la peau dure. Si pour certains l’autorisation représente un visa pour la vie, pour les autres c’est tellement laborieux et interminable que cela devient un visa pour la mort.  

Inégalités sociales !
Partant, de là, l’on retiendra que la sécurité sociale est un vieux système théorique, plus qu’authentique, partiel, plus que complet et impartial, plus qu’équitable. Sa protection en cas de maladie, de maternité, d’invalidité, de départ à la retraite ou de décès, est souvent remise en cause. Ce qui, de par sa vocation d’assistance et de protection, gagnerait à coller davantage à la vraie vie, à un pouvoir d’achat actuel et non pas faire le lit de nouvelles inégalités sociales. Parce que même malade, l’on arrive encore à faire la part des choses et une juste lecture des événements qui nous entourent.
Lorsqu’on exige à chaque fois d’une personne âgée ou souffrante de se déplacer pour un contrôle, parce qu’on remet en cause l’acte médical du médecin, ou qu’on lui signifie un niet catégorique devant une demande de soins avérés à l’étranger, synonyme d’une condamnation à mort, alors qu’on délivre le quitus pour un simple bobo à un nanti, ça fait désordre dans la société. Dans ces conditions, la sécurité… sociale n’a plus de sens !


R. L.
liberterabahlarbi3c@hotmail.com