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Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

En quête d’un toit

Rurbanisation
En 1966, avant tout programme national de l’habitat, 13% des logements urbains étaient constitués de bidonvilles. Vers la fin des années 2000, l’on dénombrait plus de 2 millions. Une des raisons essentielles à cela, les événements dramatiques des années 90 avec leur lot de frayeur et de misère qui avaient accéléré le processus de déplacement des populations rurales vers des agglomérations urbaines plus sécurisées. Mais, malgré les multiples opérations de relogement des familles issues des bidonvilles, les gourbis sont aussitôt réoccupés par de nouveaux débarqués. C’est même devenu un juteux business pour bon nombre de communes, notamment dans la capitale.   Et ainsi de suite… Les bidonvilles se développent sur des espaces plus ou moins dévalorisés, à la périphérie de la ville, à proximité des sous-zones d’habitation ou de décharges publiques. Une sorte de juxtaposition de deux zones urbaines. L’une structurée dans un cadre officiel et l’autre, informelle, considérée comme marginale. En tôle ou en dur, ces constructions sommaires abritent des populations tous azimuts. Elles sont, pour le plus grand nombre, d’origine rurale, et pour certaines, constituées de personnes très à l’étroit dans le foyer familial. Toutes ces familles se côtoient au quotidien, en attendant de se retrouver à nouveau, pour les plus heureuses, rassemblées dans des logements sociaux, érigés en cités dortoirs. D’ailleurs, un des éléments fondamentaux qui caractérise le tiers-monde, c’est l’urbanisation rapide et désordonnée, sans politique d’entretien ni d’espace de vie communautaire. Autre aspect hideux, ô combien révélateur du laisser-aller du secteur, c’est le niveau de décrépitude du vieux bâti. Et il se trouve que c’est exactement ce pâle visage urbanistique que présente l’Algérie de 2012.

Vieux bâti, vieux dossier !
Le vieux bâti relève également du secteur de l’habitat. Et il connaît les mêmes problèmes. Certes, il n’y a aucun danger à construire moche et avec beaucoup de retard, mais il peut par contre y avoir “mort d’homme” si on continue à tergiverser dans la prise en charge de cet embarrassant dossier du vieux bâti. Quand on connaît la fragilité des nombreuses bâtisses de nos vieilles villes et l’exposition aux risques sismiques de notre pays, l’on ne peut que croiser les doigts. Mais le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme devrait, lui, pouvoir faire un petit peu plus que cela ! Le 21 mai 2003, c’est déjà loin, mais rien de cohérent n’a été fait depuis. Sinon, des lois ! Et on ne le sait que trop bien, les lois ne valent que si elles sont appliquées pour tous et de la même manière. Pour les conditions d’octroi d’un logement social, par exemple. Le principe de deux poids deux mesures a souvent fait déborder le vase. Il a fait sortir l’oued de son lit. Et depuis, il ne dort plus, le pauvre Oued. Il veille à tout ! Surtout à l’affichage des listes des heureux lauréats au relogement social. Si seulement, l’État avait permis l’émergence d’une véritable société civile, structurée et administrativement reconnue, loin des critères d’obédience politique, on n’en serait pas aujourd’hui à envoyer les bras fortement armés des services de sécurité pour éteindre des flammes humaines, en détresse.

Un logement pour ‘’esset’ra’’ !
Le social est une question profondément humaine et fragile. Par conséquent, elle se doit d’être traitée avec justesse et impartialité. Notamment lorsqu’il s’agit d’un produit aussi sensible qu’un logement. Ça symbolise l’intégration à sa société, l’abri décent, rassembleur de l’ensemble de la famille. Dans les traditions algériennes, le foyer est effectivement ce qu’il y a de plus représentatif de la dignité humaine, “esset’ra”.
On n’a pas le droit, par simple négligence bureaucratique, enjeu politique, ou prévarication, briser le rêve de toutes celles et ceux, encore nombreux, en quête d’un toit. Cependant, il serait souhaitable de rétablir la notion de pauvre et de riche.
Quand le bâtiment va, tout va…


R. L.
liberterabahlarbi3c@hotmail.com