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Économie / Que sait-on?

Rencontre de HSBC-Algérie

La charge de Benachenhou contre la mauvaise allocation des ressources de l’Etat

La rencontre organisée le 12 février à Alger par la banque HSBC-Algeria, en présence de figures célèbres de l'économie nationale, comme les ex-chefs de gouvernement Smail Hamdani et Ahmed Benbitour, de Réda Hamiani, président du FCE ainsi que de Mathilde Lemoine, directrice des études économiques et de la stratégie des marchés d'HSBC France, a surtout retenu l’attention par la communication de Abdelatif Benachenhou, “Comment l’Algérie qui épargne comme la Chine et qui investit comme aucun autre pays peut-elle connaître une croissance aussi molle ?”, s’est interrogé en substance l’ancien ministre des Finances. Pour M. Benachenhou, l’explication est à rechercher du côté du dérèglement de l'allocation de la ressource qui “ne va pas là où il faut”.
La rente liée aux hydrocarbures revient à 80% à l’Etat, notamment à travers la fiscalité, a-t-il rappelé. “Mon sentiment est que c’est trop”, a-t-il poursuivi, affirmant que l’usage de “la mère des ressources” devrait être révisée et faire l’objet d’un plus large débat. C’est surtout la répartition de la dépense publique, représentant près de 45% du PIB, selon les chiffres donnés par l’ancien grand argentier du pays, qui pose problème. Rappelant que beaucoup de ressources sont utilisées pour faire un gros effort de rattrapage dans le domaine des infrastructures, l’ancien ministre des Finances considère néanmoins que “l’investissement actuel n’ouvre absolument aucune perspective pour la jeunesse diplômée”, du fait de la modicité des investissements réalisés dans les industries et les services modernes par les entreprises tant publiques que privées, alors que ce sont ces investissements qui, pour lui, “représentent l’avenir du pays”. Fidèle à un de ses leitmotivs martelés au cours des dernières années, M. Benachenhou souligne que les dépenses consacrées à l’action sociale de l’Etat ne cessent d’enfler et accaparent désormais plus d’un cinquième de la richesse nationale. Il juge en outre le secteur de la santé “sous-financé” et le budget de l'éducation nationale, qui concentre 7% du PIB, “mal réparti”.
Autre exemple de mauvaise allocation des ressources, la politique publique du logement accapare 3% du PIB, alors que les financements bancaires n’y contribuent qu’à hauteur de 1,2% à peine. “Les banques publiques et privées croulent sous les liquidités, et c’est l’Etat qui finance encore le logement !”, s’est également exclamé l’ancien ministre.
Les subventions sur les produits énergétiques sont également sur la sellette, et M. Benachenhou préconise dans ce domaine plus de transparence et le vote par le Parlement du niveau des subventions à allouer à Sonelgaz et à Sonatrach afin “de sortir de la démarche actuelle de déresponsabilisation antiéconomique”.


H. H.