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Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

La concurrence de l’informel

La naissance d’une grande surface ne se fait jamais sans forceps. Achat d’espace, bail ou concession se négocient au prix fort. Si fort, qu’il n’est plus possible de s’inscrire dans la logique des bas prix, comme le veut la tradition pour ce type de commerce multiple, de masse.
à moins de tourner à perte ! Cependant, en affaires, comme pour toute activité lucrative, le dernier maillon de la chaîne est le client. Il vient en aval de toutes les charges et divers frais consentis par l’opérateur.
étant situé tout en bas de l’échelle, il supporte tout. Le client n’est pas là pour réaliser des bénéfices, il paye, un point c’est tout. Et malgré la meilleure des volontés et toutes les prouesses managériales des opérateurs, c’est le client, roi qu’il est, qui porte la couronne. Les impôts augmentent ?
Tant pis, c’est le client qui régale ! L’euro coûte plus cher ? C’est pareil… et ainsi de suite pour tous les surcoûts.

Untel et le Souk el-fellah !
Aujourd’hui encore, il est difficile pour nous d’envisager la grande distribution, sans faire référence à cette époque des souks el-fellah, fort heureusement révolue. C’est un mauvais repère dans le temps pour les ménages algériens. En plus de payer, il fallait connaître untel pour un bidon d’huile ou un plateau d’œufs. Bien évidemment, la grande distribution, ce n’est plus comme cela de nos jours.
Maintenant, dans l’esprit d’un client libre, la grande surface, comme il a eu à le constater lors de ses déplacements à l’étranger, c’est synonyme de qualité et d’économies à réaliser. Ce dont on est encore loin.

David et Goliath
Mais comment réaliser un tel objectif lorsqu’à la base tout est biaisé. Un système fiscal inadapté, des formules d’importation d’un autre âge, la corruption à tous les niveaux de l’administration, la cherté du bail et, pour boucler la boucle, un marché parallèle à l’échelle de tout le pays, non assujetti à quoi que ce soit et encouragé par le pouvoir.
Une belle concurrence aux apparences de David et Goliath. Avec un tel système, il y a peu de place pour le marché de la grande distribution digne de ce nom. Un espace où convergeraient des familles entières en quête de produits de qualité à moindre coût. Bien des enseignes internationales se sont essayées à ce commerce de masse, non sans y laisser des plumes. Pourtant, à y voir de loin, tout plaide en faveur d’un marché florissant.
Un potentiel client prometteur, estimé à plus de 3,5 millions de consommateurs pour la seule capitale. Un axe routier en accroissement, un port à proximité de la ville, une main-d’œuvre bon marché, mais c’est compter sans un inébranlable concurrent : le marché parallèle.
D’ailleurs y a-t-il plus grandes surfaces que tous les trottoirs du pays ? Ni registre du commerce, ni facture, ni contraintes fiscales, ni local à payer, ni personne pour vous contrôler. Tant que le marché est informel, donc inexistant, il n’y a plus rien à contrôler. Circulez, il n’y a rien à voir ! Ainsi, tout le monde trouve son compte.
Quant à la protection des consommateurs et de ce qu’ils mettent dans leurs assiettes ou sur leurs épaules, on dira comme d’habitude : Allah ghaleb ! C’est le destin du consommateur algérien. Il continuera à faire son shopping sur les trottoirs, ça entretient les rapports sociaux et le traditionnel marchandage à l’ancienne.
“Ayaw el-batata” !!! Un cri qui collera encore longtemps à nos oreilles citadines !
R. L.
Liberterabahlarbi3c@hotmail.com