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Économie / Que sait-on?

Développement des relations Maghreb-Asie

Un marché maghrébin intégré, la seule issue

Le Maghreb enregistre 61% de ses échanges avec l’Europe. Les relations bilatérales des pays du Maghreb avec ceux des autres continents restent donc superficielles, voire faibles.
Avec une Europe en pleine tourmente financière, les pays maghrébins doivent diversifier leurs relations commerciales, notamment avec les pays asiatiques, pour réduire leur dépendance vis-à-vis de cette entité. C’est ce qu’ont tenu à expliquer, la semaine dernière, les participants au quatrième colloque Maghreb-Asie, qu’a organisé la Confédération des cadres de la finance et de la comptabilité (CCFC), que préside Karim Mahmoudi, sur les relations entre les pays du Maghreb et l’Asie. Pour réaliser cet objectif, les participants à ce colloque ont appelé à une intégration économique maghrébine pour développer et renforcer davantage la coopération entre les deux ensembles. L’économiste et expert en finance internationale, Camille Sari, fera un plaidoyer pour l’intégration maghrébine. Pour lui, un marché maghrébin intégré est la seule issue pour survivre dans un environnement économique mondialisé. “Grâce à l’intégration économique, le Maghreb peut gagner 2 à 3% de PIB supplémentaires”, plaide-t-il.
Le PIB des cinq pays maghrébins totalise quelque 350 milliards d’euros, soit l’équivalent de celui de la Grèce en proie à une grave crise financière, mais largement inférieur au PIB de la Chine ou du Japon.
Ce “qui démontre l’incapacité de ces pays à s’imposer comme partenaire régional fiable s’ils restent éparpillés”, explique M. Sari. Et de conclure qu’il est irrationnel de rester dans la “logique du territoire” au moment où les autres pays du monde cherchent à s’unifier et à créer des alliances pour être en position de force.
Dans son intervention, Mme An Qing, conseillère à l’ambassade de Chine, s’est étalée longuement sur les relations économiques et le développement de l’investissement entre la Chine et les pays du Maghreb. En matière de statistiques, la conseillère de l’ambassade de Chine a fait savoir qu’en 2012 le volume des échanges commerciaux entre la Chine et les cinq pays du Maghreb a dépassé 23,5 milliards de dollars. En ce qui concerne le commerce sino-algérien, il s’est élevé, selon la même intervenante, à 7,73 milliards de dollars. Mme An Qing a également mis l’accent sur la situation de la coopération sino-algérienne qui “se développe très rapidement depuis ces dernières années”. “On enregistre plus de 50 grandes entreprises chinoises installées en Algérie, et certaines ont plus de 30 ans de présence”, a souligné l’intervenante. Par ailleurs, Mme An Qing a plaidé pour une nouvelle plate-forme d’échanges entre l’Asie et les pays maghrébins, pour ouvrir de nouveaux champs de coopération entre les deux parties.
Pour sa part, l’ambassadeur du Japon, M. Tsukasa Kawada, a appelé les gouvernements des pays du Maghreb à motiver et inciter les entreprises japonaises à augmenter leurs investissements. “Je crois qu’il y a des sociétés japonaises qui ont la volonté de venir en Algérie. Ce qu’il faut faire, c’est leur donner un peu plus d’impulsion”, ajoute-t-il en recommandant, pour conclure, la création d’une “free zone” en Algérie à même de susciter une plus grande attractivité économique.
Tous les experts s’accordent à dire que le partenariat maghrébo-asiatique mérite une meilleure prise en charge de la part des décideurs à tous les niveaux.
Aux Asiatiques d’afficher une réelle et ferme volonté de venir investir dans la région, et à celle-ci aussi de préparer le terrain en offrant les conditions idoines pour leur implantation.
Le Japon, la Chine, l’Inde, pour ne citer que ces pays, ne peuvent choisir la destination maghrébine que s’ils trouvent en face un marché porteur et bien organisé.


S S