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Ramadhan Dimanche, 28 Août 2011 10:48 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Le ramadhan en Turquie

Quand le vent du Bosphore souffle la tolérance

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Dans ces deux grandes villes de l’ex-Sublime Porte, le mois de Ramadhan est plus dans sa dimension spirituelle, sans impacter sur le rythme de la vie
au quotidien.

Ankara, capitale administrative et deuxième grande ville, après Istanbul, de la Turquie, jeudi 11e jour de Ramadhan correspondant au 11 août 2011. Si la population turque est à 99% musulmane, le décor “ramadhanesque” qui chamboule foncièrement le quotidien d’autres pays de même confession, n’y est pas du tout ressenti. Ici, la vie poursuit son cours le plus normalement du monde ; comme lors du reste des mois de l’année, magasins, cafés-bars et autres restaurants, tous ouverts, vous accueillent à tout moment. Le jeûne n’y semble  guère constituer cette  pratique sacrée d’une société, ce rite, et encore moins une contrainte sociétale. Pour les descendants des Ottomans, musulmans soient-ils, le jeûne paraît plutôt comme une pratique spirituelle individuelle et non pas un rite socioreligieux.
Mais le plus captivant dans ce pays eurasiatique reste cette grande tolérance  qu’affichent ses citoyens en ce mois de piété, justifiant du coup le statut de leur République laïque, fondée par le légendaire président Mustafa Kemal Atatürk, surnommé le Victorieux, (gazi en turc). Fondée sous son impulsion, en 1923,  sur les décombres de l'Empire ottoman défait par la première guerre mondiale, la Turquie sauvegarde toujours son cachet de république “démocratique, unitaire, constitutionnelle et laïque”. Mieux encore, les résidents des deux rives du Bosphore, séparant les parties asiatiques et européennes de Turquie, semblent cohabiter à merveille.

99% de la population
est musulmane, le pays est laïc
La prise du pouvoir, depuis 2002, par le parti pour la justice et le développement, en turc AKP (adalet ve kalk¦nma partisi), présidé par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, (ancien maire d’Istanbul), n’est pas pour changer la donne. En effet, l’actuel pouvoir taxé d’“islamiste” ne semble pas moins ouvert et tolérant, du moins sur cette question de faire ou ne pas faire carême et d’autres questions cultuelles, en ce Ramadhan 2011 coïncidant avec notre visite des deux villes majeures de Turquie, en l’occurrence Ankara et Istanbul.
Cette dernière ville, berceau de plusieurs brassages de populations, accueille une moyenne de 5 millions de visiteurs par jour. En dépit de la multiplication de minarets qui poussent comme des champignons dans cette métropole, le vendredi y est vécu comme dans un pays occidental. Le week-end étant universel, hormis les appels à la prière fusant des différentes mosquées, dans les rues on ne remarque presque qu’aucun indice digne d’autres pays musulmans. S’il est dommage qu’on n’ait pas eu le temps nécessaire pour aborder suffisamment de sujets avec les autochtones, qui semblent éviter habilement de parler politique, la mentalité y paraît foncièrement tolérante.
Vraiment pas de place au rejet d’autrui. Un principe qui semble être “imposé” même aux plus radicaux parmi les ressortissants dont les nombreux “hadjis” (pèlerins) transitant par Istanbul pour rejoindre la Mecque en cette période favorable pour la omra. C’est le cas de ces centaines de hadjis algériens, des barbus islamistes, qui, une fois à bord de l’avion de Turkish-Airlines, paraissaient comme tolérants de tous les “pêchés”! En effet, ils n’y montrèrent aucune gêne devant les passagers non jeûneurs, y compris les buveurs de produits alcoolisés. Appliquent-ils la sunna du prophète (QSSSL), autorisant les voyeurs à ne pas jeûner, ou respectent-ils les mœurs locales ?
En d’autres lieux et temps, on ne serait peut-être même pas tenté de leur poser une telle question. N’a-t-on pas déjà arrêté et incarcéré des non-jeûneurs en Algérie ? Promouvoir le tourisme, dites-vous ! Leur pays étant devenu une destination touristique d’excellence, les Turcs semblent avoir bien compris le principe qu’on ne peut faire du tourisme sans la tolérance. Tolérance de toutes les religions et les mœurs de l’humanité.  Ici, on ne vous importune jamais pour votre appartenance ou pratique religieuse. “Faites-vous carême?” est certes, la question d’accueil qu’on vous pose presque là ou vous vous rendez, en turc ou en anglais, seule langue alternative chez les Turcs, très fiers de leur identité. Mais ce n’est qu’une formalité d’usage, manière de savoir comment agir avec vous, mais surtout comment vous mettre à l’aise. Le sujet est souvent clos aussitôt que votre réponse fuse. Qu’on vous serve ou pas, vous êtes assurément bien accueillis.
En Turquie, le seul moment où on sent vraiment le Ramadhan “généralisé”, (Ramazan en turc), c’est à l’heure de l’adhan, (azan), appel du muezzin à rompre le jeûne. Le f’tour, (Iftar en turc), n’est pas forcément pris chez soi. Avec des amis ou en famille, les jeûneurs préfèrent généralement s’attabler dans la multitude des restaurants spécialisés. Les commensaux n’y sont pas forcément tous des jeûneurs. L’art culinaire turc étant bien riche et diversifié, des plats copieux, traditionnels ou améliorés, sont proposés partout. On comprend parfaitement pourquoi les jeûneurs turcs ne vaquent pas à la corvée de faire la cuisine, durant le mois de Ramadhan.

Sacré Iftar !
L’heure  du f’tour est cependant respectée  dans tout le pays. Le f’tour sacré ! À l’aéroport international d’Istanbul, aucun accès, ou presque, entre les différentes zones n’est permis, le personnel jeûneur étant autorisé à rompre le jeûne. Dans la ville, les taxis y sont presque tous immobilisés. En termes d’animation, les nuits d’Istanbul n’ont rien à envier aux grandes métropoles européennes. Les embouteillages notamment au niveau du grand pont traversant le Bosphore, sont bien les témoins de la grande ambiance qui anime cette ville très peuplée.
Au carrefour des axes Russie - Méditerranée et Balkans - Moyen-Orient, sur l'antique route de la Soie, aujourd'hui sur le tracé d'oléoducs d'importance stratégique, la Turquie a toujours été un carrefour d'échanges économiques, culturels et religieux. Elle est située en Asie (Asie mineure) à 97 % et en Europe (Trakya, soit la Thrace orientale) à 3 %. Toutefois, 17 % de sa population, (75,78 millions), vit sur le sol européen et la plus grande ville turque, Istanbul compte environ 20 millions d’âmes (!), qui est en majeure partie sur le continent européen.
La Turquie a des frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Le territoire turc est bordé au nord par la mer Noire, à l'ouest par la mer Égée et au sud par la partie orientale de la mer Méditerranée : le Bassin levantin.
La Thrace orientale (Europe) et l'Anatolie (Asie) sont séparés par la mer de Marmara et les détroits, (ou les bras de mer), du Bosphore à l'est et des Dardanelles à l'ouest. De part sa situation géostratégique, à cheval sur deux continents, la Turquie constitue aujourd’hui, une véritable courroie de transmission entre les cultures et civilisations orientales et occidentales. Choc des civilisations, dites-vous ? 

 

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