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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

100e partie et fin

Résumé : Yahia est retourné chez lui pour s’arranger avec Majda, mais celle-ci, blessée dans son orgueil, prépare ses valises. Elle veut divorcer. Afef a beau supplié sa mère, elle refuse d’écouter. Yahia ne l’empêche pas de partir et espère qu’elle se calmera au bout de quelques jours. Sa belle-famille la priera de réintégrer son foyer…

Quelques semaines après, il reçoit une convocation. Majda refuse de revenir et a demandé le divorce. Il a tenté de l’appeler chez ses parents mais elle a refusé ses appels. Afef avec qui il se connecte, de temps à autre, quand elle échappe à la surveillance de sa mère, lui apprend qu’elle a décidé de couper avec lui. Elle promet de venir durant les vacances. Yahia approvisionne son compte régulièrement. Il regrette d’avoir tout fait foirer. Elle lui manquait. Seul, face à ses regrets, il cherche souvent la compagnie de son fils et de Maria. Il a conscience que même si elle a encore des sentiments, il devra patienter pour que tout redevienne comme avant. C’est un matin de printemps qu’ils se sont mariés après, il écrit une demande au juge des affaires familiales pour reconnaître son fils, né hors mariage civil. La requête a été vite acceptée à la joie de Salem qui pouvait enfin porter son nom. Yahia est fier de le présenter à ses amis et collègues. Toutefois une petite ombre dans son bonheur, Maria lui refusait de vivre avec eux. Chaque matin, il apporte croissants chauds et des fleurs. Ils prennent le petit-déjeuner ensemble avant de se séparer pour aller travailler. Parfois il l’invite à déjeuner aux restaurants où ils avaient l’habitude de se retrouver. Un soir, il profite de la présence de Salem pour proposer une sortie à trois, loin de l’effervescence de la capitale, mais le jeune homme refuse.
- Vous pouvez partir tous les deux, dit-il. Vous avez le droit de vous reposer loin du tumulte de la ville !
- Je lui ai proposé d’aller en Espagne, mais elle refuse…
Maria comprend qu’il veuille à tout prix se rapprocher d’elle, mais elle n’est pas encore prête. Elle a encore en tête, toutes ces années où elle a souffert, les mois où elle a dû lutter pour se remettre de son attaque. Il lui a fallu des heures et des heures, chez le kiné, avant de retrouver son autonomie. Elle porte en elle des plaies qui tardent à guérir. Yahia ne gagnera pas de sitôt sa confiance. Dans le fond, elle n’est plus la même, mais il ne baisse pas les bras. Lui, l’aime encore plus. Quand il la voit en train de rire avec leur fils, à le taquiner, car il aime se rendre à Tunis, pour voir son amie et sa sœur, quand ses yeux noirs lancent des flammes lorsqu’elle est en colère. En général, c’est quand il sèche un cours, pour le retrouver. Ou lorsque lui, son cher mari, vient sans prévenir.
- Maria, je ne peux pas m’empêcher de rêver. Ah ! Maria, j’ai la nostalgie de nos moments d’amour ! Je meurs à petit feu. Ton traitement cardiaque aurait-il eu raison de ton cœur ? N’as-tu pas pitié de moi ?
- Yahia, je t’aime et apprécie ta présence… Mais ne m’en demande pas trop !
- Tu es ma femme, j’ai des droits sur toi ! lui dit-il. Je voudrais passer mes nuits ici, me réveiller près de toi ! Je veux pouvoir m’occuper et prendre soin de toi ! Je t’aime Maria ! Tu me tues en me renvoyant chez moi, chaque soir !
- Pas besoin de me le rappeler ! Mais c’est à prendre ou à laisser ! Je te demande du temps. Rien que du temps…
- Pitié ma belle, nous avons perdu tant d’années ! Je n’en peux plus des aller-retour entre nos appartements ! Tu dois choisir entre le tien ou le mien ! D’ailleurs, Salem m’a parlé de prendre son indépendance et je n’ai pas su quoi répondre, lui apprend Yahia. Il a envie de vivre seul. Peut-être qu’il a envie de se marier ?
 - Il est encore trop jeune, réplique Maria. Ne  l’encourage pas à prendre son indépendance, pour qu’on soit obligés d’être ensemble ! Dis-lui qu’il a toute le temps pour trouver la femme de sa vie ! Il ne doit pas se précipiter, faire des choix qu’il regrettera toute sa vie !
- Est-ce que tu le regrettes ? De l’avoir eu ? précise-t-il.
- Non, jamais… Yahia prend sa main et la porte à ses lèvres. Il lui fait un aveu qui l’émeut jusqu’aux larmes.
- La vie sans toi était vide de sens ! Je revis depuis que Salem est entré dans ma vie ! Si avant, j’étais comme le vent, maintenant je suis ton prisonnier. Je me suis rendu de bon cœur et quoi que tu fasses, je suis heureux et comblé par ta présence ! Je patienterai le temps qu’il faudra… Je t’aime tant…
Maria soupire et laisse couler les larmes. Elle l’aime depuis si longtemps que d’être sa femme est un souhait qu’elle a, tant de fois, fait du plus profond de son cœur. Mais même s’il a fini par se réaliser, Yahia ne pourra jamais comprendre qu’elle a une armure invisible, tenant à protéger son cœur qui a connu tant de peine. Il y a des années, Yahia était inaccessible. Aujourd’hui, c’est son cœur qui l’est… Je remercie les lectrices et lecteurs qui n’ont pas cessé d’aimer et de réagir durant la publication de la nouvelle. J’espère que vous avez eu autant de plaisir dans sa lecture que j’en ai eu dans son écriture.


Adila Katia


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