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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

14e partie

Résumé : Maria n’ose pas sortir de sa chambre. En face de l’hôtel, une gargote sert de la loubia et du poulet rôti. L’odeur lui rappelle qu’elle n’a rien pris de la journée. Da Ramdhan vient l’interroger. Maria lui raconte la vérité…

Da Ramdhan a ramené de quoi dîner du restaurant de la ruelle d’en face. Maria est affamée mais elle grignote beaucoup plus qu’elle ne mange. Elle pense à ses frères et à sa mère. Cela lui coupe l’appétit.
-D’où viens-tu ?, lui demande le vieil homme.
-D’un village loin d’ici, répond-elle.  
-Oui, je sais bien, mais je dois en savoir plus sur toi ! Je ne peux pas te garder ici sans connaître ton nom et sans savoir d’où tu viens !, insiste-t-il. Qu’est-ce qui me prouve que tu ne me mens pas ?
-Non, non !, s’écrie-t-elle en rougissant. Jamais, jamais je ne mens !
-Raconte-moi pourquoi tu ne t’entendais pas avec ton beau-père ?
-Je l’ignore. Tout ce que je faisais n’était pas assez bien ! Je ne le supportais plus, raconte la jeune fille. Parfois ma mère ne cessait de me prier de me taire, de ne pas lui répondre ! De toujours lui obéir, mais c’était plus fort que moi ! Je n’obéissais jamais au bon moment !
-Est-ce qu’il était correct avec toi ?
-Oui, oui…
-Tu en es sûre ? Ne sentais-tu pas qu’il tentait d’obtenir autre chose de toi ?
Maria repousse son assiette. La vue de la nourriture lui rappelle que ses frères ne dîneraient pas ce soir.  
-Non, non… Ma mère m’avait aussi posé la question ! Franchement non, il n’avait jamais rien tenté, répond-elle en détournant le regard. Mais je ne me sentais pas en
sécurité !
-C’est pourquoi tu as décidé de partir le jour même de l’enterrement de ta mère ! J’ai de la peine pour toi ! Une mère est irremplaçable ! Qu’elle repose en paix ! Prie pour son repos ma fille ! Prie… Même moi, je prierais pour elle ! De quoi est-elle morte ?
-J’ignore ce qu’elle avait précisément. Elle est restée presque un mois à l’hôpital, raconte-t-elle. Puis il y a eu cette querelle entre mon beau-père et les cousins de maman. Elle voulait être enterrée au village et il l’a très mal pris ! Il refusait qu’on s’y rende ! Je n’ai pas supporté et j’ai profité de l’aube pour m’y rendre ! Le hasard a voulu que je ne la voie pas ! Elle était déjà enterrée !
-Et qu’as-tu fait d’autre ? Comment as-tu fait pour venir sur Alger ?, l’interroge-t-il. Ne me dis pas que tu as fait de l’autostop !
-Non, jamais ! Mais franchement, j’ai pris quelques billets des économies de mon beau-père pour pouvoir partir ! Il faudra que je trouve du travail, dit la jeune fille. Je veux m’en sortir ! Je ne peux plus retourner au village ! C’est vital !
Elle essuie ses larmes alors qu’il pose une main compatissante sur son bras. Elle est mal à l’aise et retire son bras.
-Maintenant que je suis au courant de tout, je vais pouvoir t’aider dans la mesure du possible, lui promet le vieil homme. Si tu veux, à partir de maintenant, tu m’appelles aâmi Ramdhan !
-D’accord, merci !
-Ne me remercie pas ! C’est la moindre des choses ! Je ne peux pas t’abandonner ! Je ferais tout pour t’aider, lui promet-il. Si tu as besoin de quoi que ce soit, il faut me le dire ! J’ai mon neveu qui ne devrait pas tarder à passer ! Je pourrais l’envoyer faire des achats, mais je dois savoir ce dont tu as besoin !
-Il me semble avoir pris le nécessaire, répond-elle. Merci de vouloir prendre soin de moi, dit Maria. J’avais peur de l’inconnu, et là je réalise que j’ai de la chance ! Je suis bien tombée !
-Non, ne t’en fais pas ! Tant que tu vivras sous mon aile, il ne t’arrivera rien de fâcheux !, promet-il. D’ailleurs, dès que j’aurais un moment, je vais me renseigner pour t’obtenir des papiers ! Comme ça, tu seras libre et tu pourras aller à ta guise ! Mais comme tu es encore mineure, cela sera un peu délicat ! Mais ne t’en fais pas, tout problème a une solution !
Tu peux dormir tranquille ! Je serais un père pour toi ! Maria est toute heureuse, convaincue que la chance est de son côté. Elle ne voit que le bon côté des choses. Elle ne peut pas s’imaginer que c’est pour l’avoir sous son contrôle qu’il propose son aide. Elle est trop naïve.
Tout de suite débarquée de son village, elle se fie aux apparences au risque de se faire avoir. À moins d’un miracle, elle ne s’en sortira pas…


 (À suivre)
 A. K.


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