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Autres / Récit de Adila Katia

Les doutes

21e partie

Résumé :  Akli est impuissant malgré le traitement qu’il prend. Fadhéla a repris son travail, elle est heureuse d’avoir repris contact avec ses malades et ses amis. Akli est malade de jalousie et de colère. Il se met à l’épier, voyant en chaque homme un amant.

- Cela fait trois fois que cet homme vient, fait remarquer Akli à sa femme dès que le malade, un homme d’âge moyen, a quitté le cabinet. Je peux savoir pourquoi il vient aussi souvent ?
- Je te rappelle que je suis médecin, lâche Fadhéla. S’il est venu, c’est pour se faire soigner ! Mon cabinet n’est pas un club de rencontres !
- Cela fait trois fois qu’il vient, insiste son mari. S’il n’a pas eu de résultats dès le premier traitement, il peut aller s’adresser à un autre médecin !
- Les médecins ne manquent pas dans le quartier. S’il doutait de mes capacités, il se serait adressé à quelqu’un d’autre, répond-elle. Il me fait confiance ! Mais pourquoi toutes ces questions ? Pourquoi ? Cela te gêne que les malades me soient fidèles et me fassent confiance ? l’interroge-t-elle en le regardant dans les yeux. Tu peux me dire pourquoi ?
- J’ignore pourquoi mais je n’aime pas l’idée que tu puisses voir un autre homme que moi, lui confie-t-il avec peine. Même malade ! Que tu le touches, qu’il te regarde le toucher ! J’en ai les cheveux et les poils qui se dressent ! Ces pensées m’insupportent ! Celui-là, je ne le sens pas ! Mon flair ne me trompe jamais ! La prochaine fois, envoie-le à un confrère ! Débrouille-toi pour ne plus le suivre !
- Les hommes qui viennent à mon cabinet sont des patients, rien d’autre, lui affirme-t-elle avec sûreté. Si tu crains que je tombe amoureuse de l’un d’eux, ça ne risque pas d’arriver ! Mon cœur est déjà pris, ma place est auprès de toi. Comment peux-tu encore en douter ? Je t’aime Akli !
- Moi aussi ! soupire-t-il. Pardonne-moi de douter de tous les hommes qui t’approchent ! S’ils te voient comme moi je te vois, je sais qu’ils doivent avoir envie de te parler, de se rapprocher de toi par tous les moyens possibles ! Quitte à se rendre malades tous les jours ! À ne pas prendre les médicaments comme tu l’as prescrit, d’en faire ce que tu leur déconseilles ! Tu comprends ? Les doutes m’empoisonnent l’esprit, le cœur ! Allah ghaleb ! Je ne sais pas ce qui me prend. C’est peut-être à cause...
- Je te comprends chéri, l’interrompt Fadhéla. Ce sentiment de frustration, d’impuissance t’empêche de raisonner clairement. Dis-toi qu’il est passager !
- Tu crois que ça va passer ? l’interroge son vieux mari. Les médicaments n’ont rien fait !
- Tout se passe là ! lui dit-elle en désignant la tête. Ton envie d’avoir un enfant en a été la cause. Sinon, tout allait bien avant !
- Oui, reconnaît-il. Mais tu crois vraiment que ça fonctionnera de nouveau ?
- Oui, c’est passager, lui assure-t-elle. Tu verras plus tard, ce ne sera qu’un mauvais souvenir.
Le vieil homme reprend espoir. Comme pour chasser les idées noires qui lui gâchent la vie et la suspicion qui le gagne à chaque fois qu’un homme passe les portes du cabinet, les après-midi où elle travaille il s’en va se promener. Parfois il va voir ses fils et ses petits-enfants. Cela lui permet de ne pas être seul, de ne pas s’enfermer avec de sombres pensées et surtout le temps passe. Pas aussi vite qu’il le voudrait, mais durant les trois heures où sa femme est prise par son travail, il ne peut pas se plaindre d’avoir été seul.
Quelques jours après, il ne peut s’empêcher de retourner dans les environs, tenté de l’attendre dehors. Il achète au passage des fleurs et des gâteaux pour le goûter. Depuis le trottoir d’en face, il pouvait voir les derniers malades sortir du bâtiment. Ils avaient toujours l’ordonnance à la main. Il y avait un pharmacien, à quelques mètres de là. Il sent ses cheveux se dresser sur sa tête en reconnaissant l’un d’eux. Il n’apprécie pas le fait qu’il continue à parler à sa femme en dehors de la salle d’attente.
- Tiens ! Mais qu’est-ce qu’il lui veut encore ? Le sang du vieux mari ne fait qu’un tour. Une fois de plus, il ne peut s’empêcher de douter de cet homme qui prétexte être malade pour approcher sa femme. Comment pouvait-elle être aussi naïve et aveugle ? Il n’y a que lui pour voir clair en son jeu !
- Je vais donner une leçon à ce filou ! se dit-il en se dirigeant vers eux, alors que Fadhéla était en pleine discussion avec lui.
En l’apercevant, elle lui sourit mais son sourire tombe d’un coup quand il lui donne brusquement les fleurs et les gâteaux, pour empoigner par la veste le malade avec qui elle était en conversation. Choquée, elle ne réagit pas quand il se met à le corriger, comme un vulgaire voyou.


(À suivre)
A. K.


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